Leçons cliniques sur les maladies mentales et nerveuses
Depuis 1887, j'ai fait tous les ans à la Salpêtrière, pendant mes périodes de suppléance, une série de leçons cliniques sur la sémêiologie et le diagnostic des affections mentales ou nerveuses ; enseignement tout à fait libre, sans le moindre caractère officiel.
Chaque année, plusieurs de ces leçons ont été résumées dans différents journaux périodiques par des élèves des services, MM. A. Marie, Béchet, H. Meige. Une série a fourni la matière de mon livre sur les Troubles du langage chez les aliénés.
Sur les instances d'auditeurs fidèles, j'ai réuni dans ce volume vingt des dernières leçons, faites en 1893-1894, en reproduisant à leur suite quelquesunes de celles qui avaient été publiées antérieurement.
Elles ont été pour la plupart recueillies par M. H. Meige, qui a bien voulu se charger de les rédiger et de revoir les autres. Il s'est imposé là, par un dévouement tout amical, une tâche ingrate. Je crois qu'il l'a menée h bonne fin.
Malgré tous nos efforts, je ne un' dissimule pas les imperfections de ce travail.
Nous avons cherche avant tout à conserver à ces leçons leur physionomie clinique.
Aussi la bibliographie pourra-t-elle sembler restreinte. C'est avec intention que je l'ai limitée à quelques indications; une leçon clinique n'est-elle pas surtout une démonstration et non une revue critique ?
En revanche, j'ai accumulé et détaillé un certain
nombre de faits choisis parmi ceux qu'une pratique
spéciale de quinze années m'a permis de recueillir.
A défaut d'autre avantage, ce volume sera tout au
moins un recueil de documents.
J'ai toujours cherché à rester aussi simple que possible, à me maintenir strictement au point de vue de l'observation clinique.
C'est, je crois, le principal dans l'élude des aliéie aussi bien pour In pratique que pour les recherches scientifiques de tout ordre, dont il constitue !;i base nécessaire el indispensable.
On pourra sans doute me reprocher de m'y être limité d'une façon trop étroite. Les auditeurs qui m'ont fait l'honneur de suivre ces conférences auront certainement constate par eux-mêmes que s'il («lait possible de faire mieux, je ne pOUVaiB guère, malgré
toute ma bonne volonté, faire autre chose dans les conditions où je me trouvais placé, avec les matériaux restreints et l'installation précaire dont je disposais.
J'ai tenté d'en tirer le meilleur parti possible ; j'espère qu'on me tiendra compte de mes efforts.