‹ Leçons cliniques sur les maladies mentales et sur les maladies nerveuses professées à la Salpêtrière [electronic resource]Chapitre 11 sur 207 · DÉLIRE HYPOCONDRIAQUE · texte numérisé non relu

DÉLIRE HYPOCONDRIAQUE

inaptitude à être impressionnée par la morphine ; j'ai pu, chez elle, pousser la dose du médicament à un chiffre très élevé (tout près de 60 centigr. par jour), sans qu'elle ait jamais ressenti lemoindreeffet physiologique et sans que son état mental se modifiât. Cette malade n'était certainement pas une paralysée générale.

Un mot sur un certain délire hypocondriaque que M. Baillarger considère comme appartenant spécialement à la folie paralytique.

Les travaux sur ce sujet, de ce maître, forment un véritable corps de doctrine, ils ont suscité des discussions dans les Sociétés savantes ; autour d'eux sont venus se grouper de nombreux mémoires, les uns destinés à corroborer ses idées, les autres cherchant d'une façon plus ou moins heureuse à les infirmer.

Je ne puis que vous les indiquer, en vous priant de vous y reporter (i ) .

Enfin on trouve, dans l'Appendice au Traité de Griesinger ("2), qui résume toutes les idées de M. Baillarger sur la paralysie générale, les conclusions suivantes.

« Depuis trois ou quatre ans, j'ai recueilli un si grand nombre de faits, que l'importance du délire hypochoiidriaque comme symptôme de la paralysie générale ne me parait pas douteuse. Cependant l'opinion que j'ai émise a soulevé et soulève encore des critiques; je suis bien loin de m'en étonner et de m'en plaindre ; tout ce que je demande, c'est qu'on observe avec soin et sans pi'évention ; qu'on recherche le délire hypochondriaque chez les paralysés plongés dans la mélancolie avec stupeur, et qui se refusent à prendre des aliments, et l'on trouvera le plus souvent des conceptions délirantes iiypochondriaques qui, dans l'état de semi-mutisme où sont les malades, passent ordinairement inaperçues. »

M. Dufour, dans sa thèse (3) sur l'hypochondrie (17 août 1800), soutient l'opinion de M. Baillarger.

(1) Baillarger, Gazette des hôpitaux, 1857, p. i78. — Séance du 20 novembre 1857 à la Société de médecine de la Seine. — Note sur le délire hijpocliondriaque considéré comme symptôme et comme signe précurseur de la paralysie générale, lue à l'Institut, dans la séance du 17 septembre 1860.

(2) llaillarger. Appendice au Traité des maladies mentales de Griesinger, 1869. (o) Dufour, Etude sur l'hypochondrie et le délire hypochondriaque, 17 août 1800.

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