DÉLIRE HYPOCONDRIAQUE
La inême année, M. Moreau (1), de Tonrs, lut à l'Académie un mémoire intitulé : « Du délire hjpochondriaqae et de la paralysie générale. » Il a cherché quelle était la fréquence relative du délire hypocondriaque dans la paralysie générale et dans les autres formes d'aliénation mentale, et les résultats fournis par cette étude sont incontestablement favorables à l'opinion de M. Baillarger.
M. Michea partage aussi cette manière de voir; il cherche même à donner l'explication de ce délire hypocondriaque.
Mais, par contre, M. Pinel, dans une première discussion à la Société médico-psychologique en 1857, ditqu'ila constaté plusieurs fois le délire dont parle M. Baillarger, mais qu'il ne l'a nullement considéré comme un délire spécial, mais tout simplement comme une complication qu'on remarque, non seulement dans la paralysie générale avec folie, mais même dans les diverses espèces d'aliénation mentale.
« J'ai, dit-il ailleurs, dans ma maison de santé, depuis une dizaine d'années, une àMwo. (\\\\,^diV intervalles, présente le délire mélancolico-hypochondriaque à un haut degré. Elle s'imagine qu'elle va mourir, que son estomac, ses intestins, sont percés, bouchés ; son foie est gâté, pourri ; elle n'a plus de cœur ; son pouls ne bat plus ; elle crache ses poumons ; elle ne respire pas, etc. Cette dame n'a jamais offert la moindre trace de paralysie. »
M. Linas réfute énergiquement, dans sa thèse de 1857 et dans maintes autres occasions, le caractère spécial du délire hypocondriaque.
Marcé et enfin M. Materne se refusent aussi à admettre la différence de l'hypocondrie paralytique de l'hypocondrie simple. (Materne, thèse du 22 juillet 1869.)
Tous ces dissentiments d'auteurs compétents vous démontrent de la façon la plus évidente combien il serait imprudent à vous, qui n'avez pas et qui ne pouvez pas avoir une grande habitude des maladies mentales, de poser un diagnostic en vous fondant sur les seuls caractères du délire.
Mais allez-vous dire, l'étude des troubles psychiques de la folie,
(I) Moreau (de Tours), Du délire hijpochondriaqiie et de la paralijsie générale, mémoire lu à r Académie de médecine le 20 décembre 1860.