DÉLIRE DE GRANDEUR ET MÉLANCOLIQUE
triste, il s'y mêlait cependant un peu de délire ambitieux, c'est pourquoi nous plaçons ce cas dans notre troisième groupe.
Chez la malade qui fait le sujet de l'observation suivante, la paralysie générale semblait remonter à un an lors de l'enlrée dans mon service, elle était cependant encore à la première période. Le délire a surtout revêtu la forme ambitieuse, mais à un moment donné de la première période, il s'y est joint un délire de persécution ; la malade croyait qu'on voulait l'empoisonner.
Obs. XXXL — Paralysie générale. — Hallucinations. — Lypémanie. — Idées de
grandeur, de richesses.
La nommé G , cinquante-trois ans, est entrée dans mon service le 14 janvier 1869.
Pas d'hérédité. Dans l'état de santé, elle avait un bon caractère.
La maladie a commencé il y a un an, à la suite du chagrin qu'elle a eu de ne pouvoir vivre sous le même toit que son fils qu'elle venait de marier. Sa bru l'a, pour ainsi dire, mise à la porte.
La physionomie exprime le dédain.
Tremblement de la langue, la bouche ouverte.
20 avril. — Est prise d'un malaise subit motivé par :
État syncopal, chute à terre, teinte violacée des lèvres.
Une demi-heure après, je la trouve somnolente, avec AO" dans l'aisselle, des frissonnements, et de la diminution de la sensibilité à la douleur.
31. — Pupille gauche moins large et moins contractile à la lumière artificielle que la droite. — T. A., 38^4. — Pouls, 80°.
Obs. XXXIL — Paralysie générale. — Délire de grandeur et mélancolique. — Persécutions imaginaires.
La nommée J..., quarante-deux ans, est entrée le 10 mai 1868. Père mort d'une affection aiguë.
Mère paralysée.
Malade depuis cinq ans environ. A eu à celte époque un éi'ysipèle de la face. 11 y a dix-huit mois, ont eu lieu les débuts de la maladie.
Le raisonnement a commencé par être singulier et le caractère irritable. Puis elle a eu plusieurs attaques de paralysie, principalement du côté gauche durant un quart d'heure à vingt miuutes. Paralysie de la langue consécutive.
Il y a six mois, a eu une sorte de léthargie pendant trois jours, et tous les signes de la catalepsie.
A la suite, incohérence, parole hésitée et tremblante; idées de grandeur et de richesses.
"2 septembre. — Sortie.
PARALYSIE GÉNÉRALE
Dans ce cas la maladie paraît avoir eu une évolution lente, sa première période n'a pas duré moins de dix-huit mois ; le délire ambitieux dominait, le délire mélancolique s'y joignait par intervalles.
Obs. XXXIH. — Paralysie générale accompagnée de délire ambitieux et mélan colique. — Hallucinations. — Démence. — Troubles de l'odorat et de la parole Inégalité pupillaire.
La nommée M...., quarante-trois ans, est entrée dans mon service le 8 mars 1874-. Contracture et déviation de l'orbiculaire des lèvres au niveau du sillon naso-labial. Pupille droite plus large que la gauche. Vue moyenne. Odorat nul.
Parole non troublée. Pas d'ataxie de la langue ni des lèvres. Rien de particulier au cœur, aux poumons.
Pas d'anesthésie ni de parésie des membres, du tronc et de la face. Diminution considérable de la mémoire du temps. 15 mars. — Même délire. La parole est embrouillée par moments. Juin 1874-. — Même état.
Lorsque cette malade est entrée pour la première fois à la Salpêtrière, elle était déjà manifestement atteinte de paralysie générale ; mais le délire aiïect'àil surtout la forme mélancolique.
Après une rémission de quelques mois, la maladie reprit son cours.
De graves complications du côté du cerveau mirent en grand danger la vie de cette femme, et eurent pour résultat de hâter singulièrement l'évolution de la maladie et d'amener très rapidement la démence.
Obs. XXXiV. — Paralysie générale. — Début de la maladie, il y a dix ans, par de Vamnésie. — Parésie à gauche, ily a sept ans. — Alternatives de délire mélancolique et de délire gai. — Particularités offertes par la pupille gauche sous l'influence de l'atropine.
La nommée R...., quarante-neuf ans, est entrée à la Saipêtrière le 13 aoiit 1872. Déjà placée une première fois à Sainte-Anne.
Au déliut de la maladie, perte de la mémoire, inconscience de ses actes, cessation de la parole ; puis elle parla tout bas lorsqu'elle recommença à prononcer des mots. Peu d'amélioration après un séjour de trois mois dans l'asile. Est restée avec lamémoire affaiblie; avait de grandes frayeurs et disait toujours qu'on voulait l'arrêter; répétait des choses incohérentes; gémissait, se plaignait, était agitée.
Appétit irrégulier; malaise, amaigrissemenl.