‹ Leçons cliniques sur les maladies mentales et sur les maladies nerveuses professées à la Salpêtrière [electronic resource]Chapitre 149 sur 207 · PRODROMES DE L'ATTAQUE · texte numérisé non relu

PRODROMES DE L'ATTAQUE

soignés par Herpin percevaient avant l'accès une odeur agréable, toujours la même. Les hallucinations de la vue sont plus fréquentes que les autres; chez quelques individus les accès commencent par des perturbations de l'ouïe, des bourdonnements, etc. J'en ai observé un certain nombre qui avaient à la fois des hallucinations de la vue et de l'ouïe. Je vous montrerai une jeune fille de mon service qui entend pendant quelques secondes avant l'attaque, des voix qui lui disent des mots désagréables, et aperçoit des figures grimaçantes.

Il est des malades chez lesquels ces prodromes précèdent les attaques de plusieurs jours; et quelquefois ces signes avant-coureurs ne se manifestent que la nuit par de l'insomnie, des cauchemars, des rêves fantastiques, voluptueux.

Les accès débutent quelquefois par une sensation subite de froid qui, d'abord localisée dans un point de la périphérie cutanée, se généralise en s'accompagnant de hissons.

Le tournoiement des objets, l'obscurcissement delà vue, le passage d'un nuage ou d'un brouillard devant les yeux, l'étourdissement, une sorte de vague de l'intelligence, la concentration de l'esprit sur une idée fixe, une espèce de rêve souvent fantastique, s'observent aussi parfois au début des attaques, des accès et des vertiges.

Ces prodromes s'observent moins fréquemment que Vaura. Ce mot désigne une sensation qui part d'un point du tronc ou des membres et se porte vers le cou et la tète. Elle est comparée tantôt à un vapeur Iroide, tantôt à de l'étoutïement, quelquefois aune sensation de bien-être, à un mouvement intérieur, à une palpitation, à une crampe, à des soubresauts musculaires.

Si l'on consulte les statistiques d'IIerpin (1) et Delasiauve (2), on arrive à conclure que l'aura part à peu près aussi souvent de l'épigastre, de la région périombilicale, du tronc, que des membres. Dans les membres, l'aura qui précède les attaques a pour siège habituel l'un des membres thoraciques et surtout les mains; vous avez vu dans mon service des malades chez qui elle occupait un ongle, un seul doigt, toujours le même; elle occupe rarement la tête.

(1) Herpin, Dti pronostic et du traitement de l'épilepsie. Paris. 1852.

(ïi) Delasiauve, Trciilé de l'épilepsie. Histoire, traitement, médecine légale. Paris, 1854

DE L'ÉPILEPSIE

Le spasme qui accompagne l'aura tend toujours à monter vers les muscles dont les nerfs prennent naissance près de la partie antérieure de l'encéphale ; pendant l'ascension de la sensation, les malades ressentent ordinairement des palpitations musculaires, des tremblements et des secousses (Herpin); l'aura des membres qui précède les accès incomplets, les vertiges, peut consister en sensation de frôlement, d'engourdissement d'une partite de la main, en une crampe douloureuse très limitée, en légers soubresauts des tendons, en palpitations musculaires. L'aura peut consister en une sensation d'engourdissement ayant son siège dans le scrotum.

L'aura abdominale et thoracique, qui précède les attaques, paraît avoir le plus souvent son siège dans l'estomac; les autres organes sont, par ordre de fréquence, les intestins, le pharynx et les organes intra-pelviens. Les malades comparent alors leur sensation initiale à un spasme, à une crampe, à une sensation de constriction, de resserrement, de pression, de torsion, de tortillement, de chaleur; très fréquemment, les spasmes s'accompagnent de borborygmes, d'éructation, de nausées, de régurgitations, de vomissements, de coliques, de ténesme du rectum, de la vessie. S'il s'agit d'aura pharyngée, les malades éprouvent dans le pharynx une sensation de chatouillement, de picotement, suivie d'un sentiment d'obstruction.

Si l'aura débute par les organes respira toii-es, les épileptiques signalent nettement un spasme du larynx; ils parlent de resserrement du cou, d'étranglement, d'étouffements, de suffocation, d'oppression brusque (Herpin). Chez un certain nombre de malades, j'ai vu les attaques, et même les absences commencer par de violentes palpitations de cœur, par une douleur précordiale qui montait à la gorge et à la tête, et qui, arrivée là, était accompagnée de perte de connaissance.

J'ai vu dans mon service une femme qui cherchait à se retirer de la bouche comme un corps étranger. La respiration peut alors être gênée, comme dans une sorte de strangulation. Certains enfants se précipitent dans les bras de la personne présente et l'étreignent, d'autres courent sans direction. C'est après ce stade, souvent très court, qu'on voit les muscles volontaires de la face, à partir des maxillaires, être pris tantôt de convulsions antérieures au trouble et

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