VINGT-CINQUIÈME LEÇON
De l'épilepsie. — Divisions. Symptômes. Complications. Etiologie.
Messieurs,
Je vais vous parler aujourd'hui d'une maladie difficile à définir, l'épilepsie. Nous pensons cependant que l'on peut dire que c'est une maladie chronique, apyrétique, caractérisée par des attaques convnlsives, des vertiges, des absences, qui frappent Vindividu d\me façon irrégulière, au milieu de la santé, souvent, en apparence, la plus parfaite.
L'épilepsie est bien une maladie et non pas un symptôme, malgré ce que peuvent dire certains auteurs, qui ne me paraissent pas avoir suffisamment vécu au milieu d'une population d'cpileptiques. L'épilepsie confirmée se traduit, en effet, par une physionomie à part, donne à l'individu des caractères spéciaux, et imprime à l'intelligence une tournure particulière.
Nous admettons une épilepsie idiopathique , une épilepsie sgmptomatique, et une épilepsie sgmpathique.
L'épilepsie idiopathique est celle dont les causes prédisposantes sont une grande impressionnabilité, de l'exaltation de la sensibilité ît dont les causes occasionnelles sont des émotions vives, des impressions pénibles, la peur, l'onanisme, des excès vénériens. Le nom d'épilepsie idiopathique doit aussi être donné à ces cas où la maladie est en rapport avec des névroses héréditaires, telles que l'hystérie, lachorée, et à plus forte raison l'épilepsie; mais il n'est pas nécessaire que les ascendants aient été épileptiques; il suffit qu'ils aient eu une névrose de l'ordre convulsif, ou même quelquefois une névrose non convulsive. Né avec une semblable prédisposition hérédi-
DE L'EPILEPSIE
taire, un individu devient épileptique, sous l'influence de certaines conditions, aussi bien qu'il serait devenu choréique ou hystérique.
L'épilepsie symptomatique se lie manifestement à quelque lésion matérielle des centres nerveux ; ainsi à une fracture du crâne, aune tumeur du cerveau, à une déformation du rachis.
L'épilepsie sympathique se rattache à une lésion des nerfs périphériques, aux vers intestinaux.
Symptômes. — L'épilepsie ne se caractérise pas d'emblée d'ordinaire. En effet, lorsqu'on interroge un épileptique, on apprend que, dans l'immense majorité des cas, l'intervalle de temps qui a séparé le moment de la cause efficiente et le moment de la première attaque a été occupé par des symptômes variés, mais caractéristiques; ainsi, après une peur, des enfants sont pris d'un tremblement général qui persiste un certain nombre d'heures, puis ils éprouvent pendant quelques jours des sensations diverses de la nature des auras, des secousses partielles ou générales, des tics, des étourdissements, des bourdonnements d'oreille. Ces phénomènes se compliquent bientôt de symptômes plus significatifs, qui ont été décrits par Th. Herpin, sous Je nom dJaccès incomplets, et qui consistent en crampes d'un membre, convulsions partielles, spasmes viscéraux, vertiges, commotions (1).
Ce n'est le plus souvent qu'après l'existence de la maladie, à l'état fruste, pendant quelques jours, quelques mois, des années même, que se déclare la premièi e attaque convulsive. Alors l'épilepsie est confirmée; elle est constituée par des attaques, des accès, des vertiges, des absences, des troubles divers de la motilité et de la sensibilité, des phénomènes moraux et intellectuels, et par des intervalles de santé parfaite.
Les attaques sont annoncées quelquefois par des prodromes de durée et de forme très variables. — Certains malades éprouvent ou manifestent pendant quelques heures de l'irascibilité, de la mobilité, de la tristesse, plus rarement de la sérénité ou de l'enjouement; quelques-uns ressentent de la fatigue, des palpitations de cœur, de la lourdeur de tète ; des malades observés par Jackson sentaient toujours avant l'attaque une odeur extraordinaire; trois épileptiques
(1) Th. Herpin, Des accès incomplets (l'épilepsie. Paris, 1867.