DESCRIPTION DE L'ATTAQUE
A la période tétanique succède la période clonique, qui débute par des secousses fortes, rapides, de courte durée, séparées par des intervalles calmes, bientôt suivies de convulsions cloniques qui agitent le corps plus ou moins violemment et prédominent le plus ordinairement dans une moitié ou une partie du corps.
J'ai vu des malades qui, dans l'intensité des secousses cloniques, se soulevaient par bonds et se retournaient complètement ; le sol en* était ébranlé. Les secousses sont tellement considérables quelquefois, qu'elles peuvent lancer le corps au loin : ainsi un enfant de Bicêtre, complètement idiot, paraplégique et stupide, par conséquent hors d'état de simuler, était lancé à 40 centimètres de sa chaise; il y tombait dans une position perpendiculaire à celle qu'il avait auparavant.
La face participe à ces convulsions cloniques et prend une expression de plus en plus hideuse et repoussante, qu'elle doit surtout au tiraillement des traits, à la tuméfaction des lèvres et du nez, à l'écume buccale, à la teinte livide, aux plis accentués du front, des tempes, des ailes du nez. Les convulsions des yeux, qui sont portés en tous sens et roulent dans leurs orbites, augmentent encore l'aspect repoussant de l'épileptique.
La mâchoire inférieure participe à ces secousses et les mouvements de rapprochement et d'écartement successifs amènent surtout des plaies de la langue, lorsque celle-ci se présente entre les mâchoires. On l'a vue quelquefois séparée en deux.
L'écume qui s'échappe de la bouche et est rejetée avec force, est souvent mêlée de sang, sans pourtant que ce dernier signe indique sûrement que la langue ait été mordue ; je me suis assuré, à plusieurs reprises, que ce sang provenait d'une exhalation faite à la surface de la muqueuse des premières voies, et qu'on devait comparer ce phénomène au piqueté rouge que l'on observe souvent à la face, et l'expliquer par l'arrêt de la circulation veineuse que produit l'état tétanique des muscles du cou et par une transsudation du sang.
Cependant la respiration est râlante; ce bruit est produit par l'air inspiré et expiré qui bat l'écume buccale pharyngée L'expiration, la toux amènent l'expuition de mucosités qui s'échappent par la bouche et le nez. A ce moment, le malade pousse, quelquefois pendant plusieurs minutes, des cris, des rugissements.
DE L'ÉPILEPSIE
C'est au début de cette période, alors que l'état tétanique est intense et l'asphyxie profonde, que l'éjaculation a été observée; les auteurs ont expliqué ce phénomène par une action congestive exercée sur le plancher du quatrième ventricule ; mais ce symptôme peut aussi dépendre d'une stimulation exercée sur les ganglions sacrés du grand sympathique, car, ainsi que l'a démontré Valentin, et que l'admet Longet, l'irritation du ganglion lombaire inférieur de l'un et de l'autre côté, ou encore du premier ganglion sacré, produit très souvent chez les lapins et les cobayes, plus rarement chez le cheval, des contractions dans le canal déférent et les vésicules séminales. Ségalas a, d'un autre côté, constaté que si l'on agit avec un stylet, de haut en bas, sur la moelle épinière, l'éjaculation a lieu.
L'émission involontaire de l'urine, si fréquente pendant les attaques, les vertiges, et qu'on observe, même pendant de simples absences, est due à la même cause, à .une stimulation exercée sur le sympathique lombo-sacré par l'intermédiaire de la moelle épinière irritée.
Les bruits de gaz que l'on entend parfois dans les intestins, l'émission involontaire des fèces, sont dus à une même cause stimulante exercée sur le grand sympathique. Les vomissements qui précèdent quelquefois la convulsion, qui l'accompagnent ou qui la suivent immédiatement, sont dus à une excitation du pneumogastrique et du diaphragmatique.
L'attaque type d'épilepsie se termine par du stertor, du ronflement trachéal, s'accompagne d'une sueur profuse, d'une haleine dont l'odeur fétide est causée par un dégagement considérable d'ammoniaque, et dure un certain temps après l'accès.
L'attaque légère, le vertige, l'absence, ne sont suivis d'aucune augmentation de chaleur.
Lorsqu'une attaque d'épilepsie est au contraire intense, il est rare de ne pas constater un peu d'augmentation de la chaleur centrale, du nombre des pulsations et des mouvements respiratoires. Ainsi la température axillaire monte facilement à 38% le pouls à 84-88, et le nombre des respirations à 24-28.
Une attaque d'épilepsie dure en moyenne de trois minutes à dix minutes, et, sur ce temps, la période tétanique dure quelques