‹ Leçons cliniques sur les maladies mentales et sur les maladies nerveuses professées à la Salpêtrière [electronic resource]Chapitre 152 sur 207 · CONSÉQUENCES DE L'ATTAQUE · texte numérisé non relu

CONSÉQUENCES DE L'ATTAQUE

secondes; la période la plus longue est celle des convulsions cloniques.

La fin de l'attaque est ordinairement suivie d'un sommeil qui peut durer plusieurs heures et qu'il est toujours important de respecter au point de vue de l'intelligence.

A son réveil, l'épileptique a une physionomie souvent hébétée; il demande quelquefois ce qui s'est passé; il n'a conservé aucun souvenir des premiers phénomènes de l'attaque. Il se sent seulement fatigué, courbaturé, il accuse de la céphalalgie, il est sombre et rêveur.

Il n'est pas rare d'observer, après des attaques, de l'aphasie, de l'hémiplégie, le plus souvent transitoires, mais quelquefois aussi définitives, de l'anesthésie partielle unilatérale ou môme bilatérale dont les limites sont, dans certains cas, singulières. La parésie et l'anesthésie ne se montrent pas exclusivement dans les membres où les convulsions ont été prédominantes; on observe aussi le piqueté ecchymotique de la face après les grandes attaques sous forme de petites taches rougeûtres comparables à des piqûres de puces. Ces taches indiquent d'une façon sûre qu'une attaque a été violente, et, dans l'impossibilité où l'on est de les produire volontairement, elles constituent un des meilleurs signes pour reconnaître si une attaque a été simulée ou non.

Les attaques sont le plus souvent isolées et séparées les unes des autres par des intervalles variables de quelques heures à plusieurs mois. L'épileptique se remet alors plus ou moins et présente parfois tous les attributs de la bonne santé. Dans un petit nombre de cas, au contraire, une attaque est suivie immédiatement de plusieurs autres, de façon à constituer un paroxysme, un état de mal. Trousseau désignait ces sortes d'attaques sous le nom à' imbriquées (1).

Dans ces derniers cas, le pouls devient excessivement petit (fig. i 5) ,

Fie. 15. — Après 450 accès en vingt-quati'e licures.

(1) Trousseau, Clinique médicale de l'IIolel-Dieu, 1882, t. 11.

DE L'ÉPILEPSIE

ainsi que vous pourrez en juger par ce tracé pris sur un jeune enfant qui avait eu 450 accès en vingt-quatre heures.

Le pouls des épileptiques présente des particularités que le spliygmographe m'a fait connaître et que je vais vous communiquer.

Deux à trois secondes avant une attaque, le pouls devient plus rapide, son impulsion est moindre et le sphygmographe montre que les courbes sont moins hautes, plus arrondies et plus rapprochées ((ig. 16).

FiG. 16. — Navoret : Le trait vertical indique le début de l'attaque.

L'attaque survenue, on voit cinq à six petites ondulations successives et disposées suivant une ligne ascendante, puis une suite de courbes très peu élevées (fig. 17, 18, 19) ; ces courbes se prononcent

riG. 17. — Clievreau : Trois minutes après le début d'une attaque.

Fig. 18. — Poirey : Six minutes après le début d'une attaque.

Fig. 19. — Poirey ; Pendant le stcrtor.

plus tard davantage, présentent une convexité supérieure très accusée, donnant presque l'idée d'une moitié de sphère, puis, au bout de quelques minutes, on voit les lignes s'élever presque perpendiculairement à une hauteur trois ou quatre fois plus grande

APPLlCATIOiN'S DU SPIIYGMOGRAPHE.

(il'avaiil l'allaque, présenter au sommet un angle plus ou moins ligu, puis redescendre en présentant les caractères les plus accusés lu dicrotisme (fig. ^20, 2*2 et ^24).

F;G. '20. — Gérai- ,1 : Deux lunircs ajirùs une ntta(|ue. FiG. 21. — Dcbicrnc : Pouls normal, 70 pulsations.

Fie. -'2. — Dcbicrne : Di.K minutes après le début d'une attaque convulsive ; 88 pulsations.

La durée de celte forme de pouls a varié d'une dcrni-hcure à une heure et demie chez mes malades; chez deux même, elle a été de deux à six heures. Ces tracés ont été recueillis sur deux épilepliques à la suite de grandes attaques convulsives; j'ai l'ait précéder le tracé pathologique du tracé normal, pris en l'absence de tout phénomène épileptique.

La connaissance était revenue lorsque le tracé a été pris.

FiG. "l'i. — Dellandc : Pouls normal.

FiG. .24 — Dcllande : Vingt-cinq minutes après le début d'une attaque convulsive, pendant le sommeil consécutif, 1 16 pulsations.

L'augmentation de tension artérielle du début indique, je crois, une excitation des filets sympathiques vasculaircs; plus tard, la diminution de cette tension se lie à une paralysie de ces filets nerveux et par conséquent à la prédominance d'action des filets spinaux.

Le sphygmographe semble donc démontrer que, au commence-

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ment de l'altaqiie, il se produit dans le système circulatoire une excitation du grand sympathique à laquelle succède rapidement sa paralysie.

Les accès doivent être séparés des attaques en raison de leur gravité moindre et de leurs formes qui s'éloignent notablement quelquefois de l'attaque type aussi bien que du vertige. Trousseau les désignait sous le nom d'épilepsic partielle. Ces accès présentent des caractères mixtes qu'il faudrait bien se garder de considérer comme appartenant aux convulsions dites épileptiformes ; on comprend l'importance pronostique et thérapeutique de cette observation.

C'est dans la catégorie des accès qu'il faut comprendre ce que l'on appelle la commotion., c'est-à-dire une secousse qui ébranle tout le corps, mais qui est souvent partielle et suivie presque toujours de chute.

Le vertige diffère de l'accès en ce que la perte de connaissance existe seule ou bien n'est accompagnée que de très légères convulsions le plus souvent fibrillaires et tout à fait partielles (Delasiauve) (i). L'épileptique atteint de vertige s'affaisse plutôt qu'il ne tombe; aussi il ne se blesse jamais comme dans l'attaque et l'accès. Pas plus que dans l'attaque, la pâleur ne manque, le regard est fixe; il y a souvent émission involontaire d'urine ; très fréquemment l'épileptique prononce quelques mots toujours les mêmes, comme: c'est fini, ce n'est rien, ou bien d'autres qui n'ont aucun sens.

Les caractères sphygmographiques du pouls sont les mêmes dans le vertige que dans l'attaque.

Le vertige seul est plus rarement suivi de délire que l'attaque con-

(I) belasiaiivo, Traité de l'épilepsie. Histoire, traitement, méd. légale. Paris, 1804.

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