‹ Leçons cliniques sur les maladies mentales et sur les maladies nerveuses professées à la Salpêtrière [electronic resource]Chapitre 167 sur 207 · OBSERVATIONS D'ÉPILEPTIQUES · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS D'ÉPILEPTIQUES

largement par une autre voie que les reins, c'est-à-dire par la peau.

Cette dernière voie me paraît d'autant plus probable que les enfants infirmes condamnés au lit ne supportent pas des doses de 3 à 4 grammes sans présenter quelques signes de bromisme.

II est certain que par ses ébats, ses jeux, ses mouvements, l'enfant aide considérablement à la perspiration cutanée et à l'élimination du médicament par cette voie.

Ce dernier point a besoin, du reste, pour être éclairci, d'expériences qu'il faut soubaiter voir se réaliser.

VI. Le caraclère des épileptiques soumis au traitement bromuré devient quelquefois insupportable, acariâtre, violent, surtout lorsque les phénomènes convulsifs sont supprimés; mais j'ai remarqué que ces troubles du caractère arrivaient à diminuer et môme à disparaître lorsque la maladie était définitivement dominée.

Je serais disposé à croire que ces troubles du caractère que ])résentc plus ou moins tout épileptique et qui sont parties constituantes de sa maladie, ressortent davantage ou bien s'accentuent lorsque l'état convulsif a cessé.

OBSEUVATIONS D'ÉPILEPTIQUES TRAITÉS PAR LES BROMURES DE POTASSIUM, DE SODIUM, DE L[THIUM, ETC.

Les individus que j'ai classés dans la catégorie des malades guéris ont cessé d'avoir aucun phénomène épileptique.

J'ai placé dans la catégorie des améliorés un certain nombre d'individus chez qui la cessation des phénomènes morbides ne date encore quedeun an à dix-huit mois. Je considère qu'une périodede vingt mois à deux ans, sans troubles morbides, est, avant tout, nécessaire pour autoriser le classement d'un de ces malades parmi les guéris, sans toutefois que cette répartition signifie le moindrement que l'épileptique ne doit plus être traité. Telle n'est pas, tant s'en faut, ma pensée, car je ne crois pas que l'on puisse aujourd'hui déterminer la durée du traitement du mal comitial, mais je poserais volontiers en principe que le bromure de potassium doit rester, pour ainsi dire, un aliment pour l'épileptique qu'il a^uéri, ou dont il a suspendu la maladie.

DE L'EMPLOI DU DROMUUE DE l'OTASSIU.M.

J'aurais peut-être à m'excuser de donner des observations et en trop grand nombre, mais j'ai pensé que, pour démontrer hi curabiiité possible de l'épilepsie, je ne saurais apporter trop de preuves.

ji L --■ Giiérisoiis.

Obs. L — Épilepsic idiopathique p)Woqucc par la peur. — Guérison par le ])romurc de potassium. IL.. (Geneviève), âgée de dix-neuf ans. Attaques au nombre de ^20 à 25.

Vient me consulter le 15 juillet 1866. Prend 3 grammes de bromure par jour. Pieste guérie jusqu'à sa mort survenue en 1871 par la variole.

Obs. 11. — Épilepsie i/liopathiquo causée pai' la peur. — Guérison depuis seize ans. Sendr..., à Bourg-la-Keine, âgé di; quatorze ans, vient à ma consultation le 5 novembre 186G. — 15 à 20 attaques.

Décemltre 1882. — La guérison ne s'est pas démentie. Le jeune liomnie a cessé de lui-même de prendre le médicament depuis dix ans. Il est instituteur.

Obs. III. — Épilepsie idiopathique. — Migraines depuis l'âge de sept ans. 33 à 35 attaques. Guérison par le bromure de potassium depuis treize ans.

M™ H..., âgée de vingt-six ans, rue Ncuve-des-Petits-Cbamps. Première consultation le 15 octobre 1866.

Mai 1882. — La guérisou ne s'est pas démentie. Cette dame prend toujours Sgrammes de bromure pendant huit jours par mois.

Ods. IV. — . Epilepsie idiopaUtique. — - Prédisposition héréditaire aux maladies nerveuses. 6 attaques. Guérison par le bromure de potassium depuis dix-neuf ans.

G..., âgé de vingt-quatre ans et demi, tanneur. Vient me consulter le 28 février 1866.

Ce jeune homme, 111 s d'une mère qui a eu deux accès d'aliénation mentale et (jui est atteinte depuis un an d'épilepsie caractérisée par des attaques convulsives, a été guéri par le bromure de potassium. La cessation des phénomènes morbides date de dix-neuf ans. Il s'est marié et est père d'un enfant bien portant.

Obs. V. — Épilepsie idiopathique provoquée par des excès sexuels. — 110 attaques. Guérison par le bromure de potassium, depuis vingt ans.

M. F..., âgé de trente ans, commerçant, vient me consulter le 25 octobre 1865.

Ce malade est venu réclamer nies soins au bout de vingt et un ans de maladie, caractérisée par des attaques convulsives. L'épilepsie a été combattue par le bromure de potassium à la dose maximum de 5 grammes par jour. Les phénomènes morbides ont cessé complètement depuis.

Obs. VI. — Épilepsie idiopaUUque. — D. . Attaques suivies de délire maniaque. 200 attaques. Guérison par le bromure de potassium depuis seize ans. Première visite le 4 avril 1866.

OBSERVATIONS. - GLÉRISONS.

Ge malade élait atteint d'épilepsie depuis vingt mois, lorsque j'ai pris le service où il éiait placé. Il avait des attaques coiivulsives suivies fréquemment de délire. J'ai employé le bromure de potassium à des doses variant entre 3 et 10 grammes. Les phénomènes morbides ont cessé depuis seize ans. De 3 à 11 grammes de bromure par jour.

Mai 188!2. — Je revois H..., deux ou trois fois par an. Il se porto très bien. Il prend 3 grammes de bromure, deux fois par semaine.

Obs. VII. — Épilepsie idiopathiqite. — 7.j attaques convulsives. Attaques et verliges. Guérison par le bromure de [lolassium depuis dix-neuf ans.

M"" Ad..., âgée de vingt-huit ans, vient mo consulter, le 5 février ISGI!.

Elle élait atteinte d'épilepsie depuis cinri ans. Sa maladie consistait en absences, vertiges et attaques. Le nombre des attaques avait été jusque-là de 75.

FiO traitement par le bromure de potassium a fait cesser les phénomènes morbides depuis dix-neuf ans. Ile 3 à grammes par jour.

Oi!S. VIII. — Epilepsie, iili apathique. — 250 attaques. Délire maniaque. — Accè?. — Secousses. Guérison depuis quatorze ans.

G..., âgée de seize ans, est ainenée à ma consultation, le (j mai I86(i.

Gette malade était atteinte d'épilepsie depuis trois ans, lorsqu'elle est venue à ma consultation. Le nombre de ses attaques avait été jusque-lîi de 250, celui des secousses incalculable, et celle jeune fille avait éprouvé à plusieurs reprises du délire maniaque consécutivement à des attaques. La médication bromurée a fait cesser les phénomènes morbides depuis quatorze ans; de 3 h 5 grammes par jour.

Mai 1882. — • La guérison ne s'est pas démentie. Elle s'est mariée; elle a un enfin bien portant. Le traitement est continué.

• OiiS. IX. — Épilepsie héréditaire qui a éclaté dans l'enfance. —20 attaques. Guérison depuis neuf ans.

Gh..., âgé de vingt-cinq ans, est venu me consulli;i', le 15 novembre I8G5.

Ge jeune homme était atteint d'épilepsie depuis neuf ans, lorsque j'ai été appelé à le soigner. La maladie était héréditaire. Le noml)n' des attaques avait été jusque-là de 20.

Du 12 février au 12 décembre a eu une attaipie. Du 12 décembre an mois de mai suivant, bien. Ch. a pris pendant tout ce temps, 4 ou 5 grammes de bromure de liotassium.

Le traitement par le bronuae de potassium (de 3 à 5 grammes par jour) a fait cesser les phénomènes morbides depuis neuf ans. A présenté une éruption bronuu'ée.

Mai 1882. — La guérison s'est maintenue. AI. Gh. prend toujours 3 grammes de In'onmre par jour.

Obs. X. — Convulsions dans le bas âge. — Épilepsie dans l'âge adulte. — Très nombreuses attaques (1200 à IIÎO:)); v.'rliges ; accès de folie. Guérison depuis quatorze ans.

M. J.... âgé de cinquante-trois ans, vint me consulter le 21 avril 1869.

Ge malade était alteiiu d'épilepsie depuis sept ans lorsqu'il est venu réclamer mes soins. Dans l'enfance, il avait eu des convulsions.

L'alTection était caractérisée par des attaques, des vertiges, des absences et fréquemment par des accès de délire maniaque accompagnés d'hallucinations.

DE L'EMPLOI DU BROMURE DE POTASSIUM

Le nombre des attaques avait été jusque-là de plus de 1200.

La médication bromurée a fait cesser tout phénomène morbide depuis quatorze ans. Environ 4 grammes par jour.

Mai 1882. — M. J... va très bien. Il prend 4 grammes de bromure par jour.

Obs. XI. — EpUepsie causée par l'onanisme. — 24 attaques, nombreux vertiges et absences. Guérison depuis dix-neuf ans.

L..., commis, âgé de dix-neuf ans. Vient me consulter eu juillet 1865.

Ce malade était atteint d'épilepsie, depuis cinq ans, lorsqu'il a été confié à mes soins. L'affection était caractérisée par des attaques, de très nombreux vertiges et absences. Le nombre des attaques était jusque-là de 24.

La médication bromurée a fait cesser tous les phénomènes morbides depuis dix-neuf ans et la guérison se maintient depuis quatorze ans que le traitement a cessé ('de 4 à 8 grammes par jour).

Mai 1882. — La guérison ne s'est pas démentie.

Obs. XII. — Épilepsie idiopathique. — 250 attaques. Guénsbn dèpuis huit ans. M'"" P..., âgée de trente et un ans, demeurant à la campagne, vient me consulter le 13 octobre 1865.

Cette malade était atteinte d'épilepsie depuis seize ans lorsqu'elle a été confiée à mes soins. L'affection consistait en attaques convulsives et en accès incomplets. Le nombre des attaques était jusque-là de 250.

La médication bromurée a fait cesser tous les phénomènes morbides depuis huit ans et demi, 3 à 8 grammes par jour.

Mai 1882. — M'"* P... va très bien. Elle ne prend plus de bromure depuis 1874.

Obs. XIII. — Épilepsie idiopathique. — 3 attaques. Guérison par le bromure de potassium depuis seize ans.

C..., trente ans, cocher, vient me consulter, le 7 avril 1866.

Ce malade était atteint d'épilepsie depuis un mois, lorsque j'ai commencé à le traiter. L'affection consistait en attaques convulsives que le bromure de potassium a fait cesser depuis seize ans, 2 à 4 grammes par jour.

Obs. XIV. — Épilepsie du jeune âge, idiopathique. — Nombreuses absences, 10 attaques. Guérison depuis quinze ans.

J'ai été consulté, le 26 juin 1868, pour M. D..., âgé de quinze ans et demi.

Ce jeune homme était atteint d'épilepsie depuis trois ans et demi, lorsque j'ai conr mencé à le traiter. La maladie était caractérisée par des absences très nombreuses et par des attaques. Le nombre des attaques avait été jusque-là de 10.

La médication bromurée a fait cesser tous les phénomènes épileptiques depuis quinze ans. 3 à 4 grammes par jour.

Mai 1882. — Cessation du traitement depuis huit ans.

Obs. XV. — Épilepsie idiopathique. — Absences et 350 attaques. Guérison par ie bromure de potassium depuis quinze ans.

Le nommé G..., âgé de trente-six ans, cultivateur à Chambourcy, vientme consulter, le 17 juillet 1868.

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