‹ Leçons cliniques sur les maladies mentales et sur les maladies nerveuses professées à la Salpêtrière [electronic resource]Chapitre 3 sur 207 · V! PRÉFACE · texte numérisé non relu

V! PRÉFACE

cations, à l'épilepsie et à la forme de paralysie générale qui présent du délire mélancolique et hypocliondriaque.

Parmi les questions que j'ai abordées ici, je signalerai à la bienveillante attention de mes confrères : les caractères des prédispositions h la folie, l'influence de la mauvaise éducation, la folie par anémie et par sthénie; les rapports entre les altérations du sang, les diathèses et l'aliénation mentale; la syphilis cérébrale, la folie secondaire consécutive à la fièvre typhoïde, à la diphthérie, etc., la folie hystérique, la folie sensorielle, c'est-à-dire celle qui est causée par des lésions ou des troubles fonctionnels des organes des sens; la folie sympathique et les altérations des ganglions du grand sympathique; la folie puerpérale, la localisation des idées de suicide dans les régions bregmatique, syncipitale et les lésions corrélatives dans les parties internes des circonvolutions frontales ascendantes et pariétales ; la folie native et la folie du jeune âge ; la folie alcoolique.

L'étude de la folie par intoxication m'a conduit à étudier la folie par abus de l'opium, du hachisch et du tabac. Un de mes anciens internes, M. Villard, ayant eu l'occasion de faire un voyage en Orient, m'a fourni d'intéressantes observations de folie hachischique, recueillies à l'asile de Sidi Moristan (Caire). Au moyen d'expériences nombreuses, j'ai cherché à constater l'action spéciale du hachisch sur les différents organes.

Plusieurs leçons ont été consacrées à l'hyperthermie crânienne et à l'utilité qu'on peut tirer de ces recherches pour le diagnostic e! le traitement, ainsi qu'aux altérations des cellules cérébrales et des vaisseaux capillaires de la substance cérébrale.

L'idiotie, qui a été, il y a cinquante ans, l'objet des préoccupations généreuses de mon grand-père, M. Félix Voisin, a fait l'objet

rnÉFAGE. VII

de plusieurs de mes leçons. A l'aide d'observiilioiis pei souiielles, j'ai cherché à en déterminer les causes multiples, à Iracei' les rèffles de l'éducation et de l'instruction des idiots et des arriérés et les procédés pédagogiques qui leur sont applicables.

L'étude que j'ai faite de la paralysie générale dans une publication spéciale me dispense d'insister particulièrement ici sur cette affection. Je n'en ai donc parlé que d'une façon incidente à propos de la mélancolie.

La curabilité de l'épilepsie, qui me préoccupe vivement depuis de longues années, a été de ma ])art l'objet de publications nombreuses, les unes accueillies avec bienveillance par les lecteurs de V Union médicale, du Bulletin de l/u'rapeutifjKe, de la France médicale, dn Nouveau dictionnaire de médecine et de chirurgie, les autres sont insérées, par une haute faveur, dans les Mémoires de F Académie de médecine.

Dans une leçon, j'expose les moyens de reconnaître la simulation de l'épilepsie, les particularités que présente le pouls des épileptiques étudié à l'aide du sphygmographe.

J'ai cru utile de résumer dans une leçon voisine, mes recherches sur le traitement de l'épilepsie pai' les bromures et de la vésanie p;n' le chlorhydrate de morphmc. Mon mémoire sur les effets curatifs du bromure de potassium m'avait valu en 1871 le prix (-ivrieux.

Entiu, mes confrères ap[)récieroiit, j'en ai la confiance, le soin avec lequel je me suis attaché à déterminer d'une façon précise la posologie, les cHets locaux et généraux des remèdes que je recommande, les indications et les contre-indications de leur emploi.

Je tiens à remercier MM. Burlureaux, Coriiillou, Couyba , Coyne, llanot, Lejard, Liouville, Pluyaud, Sonnerai, Villard qui ont été

viii PRÉFACE.

attachés successivement à mon service et qui , les uns en recueillant mes leçons, les autres en me secondant dans des recherches, m'ont facilité la publication de mes leçons. Le talent avec lequel M. J. Benoist, mon élève, a dessiné des pièces pathologiques sera justement apprécié et méritait d'être rappelé ici.

Sans m'arrêter aux figures intercalées dans le texte, je signalerai les planches lithographiées représentant les lésions cérébrales dans la folie idiopathique congestive (I, II, III), les déformations du squelette et les lésions du cerveau chez les idiots (IV, V), les photographies qui donnent les signes caractéristiques de la physionomie de malades atteintes de folie lypémaniaque (VI) d'Orientaux fumeurs de hachisch (VII). On remarquera encore les photographies d'aliénés avant et après le traitement par le chlorhydrate de morphine.

En terminant, je remercie mes élèves et ceux de mes confrères qui ont bien voulu assister à ces leçons, heureux si je puis, par la persévérance de mes efforts, par l'accumulation des expériences et des preuves, triompher des douteset des hésitationsquim'ont accueilli au début et faire entrer définitivement dans le domaine de la science les résultats que j'ai obtenus.

A UG. VOISIN.

20 Août 1882.

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