‹ Leçons cliniques sur les maladies mentales et sur les maladies nerveuses professées à la Salpêtrière [electronic resource]Chapitre 38 sur 207 · PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE DU DÉLIRE · texte numérisé non relu

PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE DU DÉLIRE

rieures, moyennes et postérieures du cerveau convergent vers les pédoncules cérébraux.

Les causes originelles du délire peuvent exister dans le cerveau et hors du cerveau; mais avant d'aborder l'étude des causes variées qui donnent naissance au délire, il est nécessaire de vous fournir quelques données sur sa physiologie pathologique. Le délire peut, en efïét, être produit de trois façons différentes :

A. Il peut être la conséquence de la dissociation primitive des idées, de leur perversion, du trouble du raisonnement; dans ce cas, il existe des conceptions délirantes primitives; le délire est ordinairement général et le malade commet beaucoup d'actes délirants.

B. Le délire peut encore résulter d'une interprétation fausse de sensations réelles; dans ce cas, le délire est consécutif. La faculté de raisonnement, la logique, sont ordinairement intactes, la perception est seule lésée, et le délire est partiel.

C. Le troisième cas a trait à ces exemples très rares d'hallucination qui ont été la conséquence de conceptions délirantes.

Telles sont les trois conditions principales du délire; tandis que, dans certains cas, on observe la perversion isolée des sensations, de la pensée et de la volonté, dans d'autres, cette perversion est simultanée. Quant aux délires, ils ne restent pas toujours simples; il arrive au contraire très fréquemment qu'à la longue, les délires se compliquent; l'état mental devient alors complexe et on assiste à l'évolution de délires secondaires, tertiaires.

Il est des cas où cette complexité se fait dès le début, comme dans la manie congestive. Quant à l'étiologie du délire idiopathique et symptomatique de cause cérébrale, elle comprend la congestion, la méningite, la méningo-encéphalite, les tumeurs, les corps étrangers, les intoxications, les altérations du sang, les diathèses, l'état spasmodique et l'athérome.

J'ai cherché. Messieurs, dans une précédente conférence, à vous montrer que les classifications admises jusqu'à ce jour, et fondées sur les formes symptomatiques, étaient mauvaises précisément à cause des bases sur lesquelles elles reposaient. De plus, mes efforts ont tendu à, faire entrer dans vos esprits la conviction que toute

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classification rationnelle devait avoir pour fondement l'ensemble des notions que nous donnent les symptômes, la pathogénie, l'anatomie pathologique et l'étiologie.

C'est ainsi que je diviserai la folie en six classes :

1" Folie acquise, c'est-à-dire (]ui survient datis le cours de la vie, et lorsqu'elle a été précédée d'un état raisonnable de l'intelligence.

2° Folie native, forme dans laquelle les troubles intellectuels se montrent dès le plus jeune âge, surtout sous l'influence de l'hérédité.

S° Folie par inloxicalion ou par ririis, dont la nature est nettement indiquée par son nom, ou par alleration du sang, ou par dia/Jièse.

4° Le crétinisme, V idiotie, Y imbécillité, classe dans laquelle se rangent un grand nombre de troubles intellectuels caractérisés, sdit par un affaiblissement de la volonté et de l'entendement, ce qui constitue les faibles d'esprit, soit par une abolition presque complète des mêmes facultés psychiques, accompagnée ou non de lésions du squelette.

5° La paralysie générale, forme de folie la mieux étudiée, et pour laquelle les lésions et les symptômes ont été mis en regard avec une exactitude suftisante et en relation avec nos connaissances actuelles sur la physiologie du système nerveux.

6" La démence sénile.

\. — FOLIE ACQUISE

La classe des folies acquises comprendra quatre variétés : '\° Folie primitive ou idiopalldque ; — 2" Folie secondaire, consécutive à une affection nerveuse, comme l'épilepsie, l'hystérie ou à la fièvre typhoïde, etc. ; — 3" Folie sensorielle, consécutive à l'hyperesthésie sensorielle simple ou aux lésions des organes des sens ; c'est grâce à l'aide de M. Galezowski, qui a bien voulu me donner ses conseils et mettre à ma disposition sa grande expérience ophthalmologique, que j'ai pu étudier les états pathologiques de l'œil en relation avec la forme de folie qui est liée à des lésions des yeux; — 4" Folie liée à l'hyperesthésie du système cérébro-spinal, à des névralgies delà 5" paire ; — h" folie sympathique, établie d'une façon incontestable par M. Loiseau. Cet auteur, en elfet, a fait voir que souvent des troubles intellectuels variés étaient consécutifs à des lésions périphériques

qui venaient troubler peu à peu le fonctionnement régulier de l'intelligence et de la volonté. C'est une classe importante à étudier et à conserver, surtout au point de vue des ressources qu'elle peut offrir pour la thérapeutique.

Chacune de ces variétés est accompagnée de symptômes communs qui sont tantôt de la mélancolie, de la stupeur, du délire dépressif sous toutes ses formes, ou bien encore de la manie, des conceptions délirantes, des idées de persécution et des hallucinations ; ces derniers troubles sont surtout communs à pres(iue toutes ces variétés, que l'on peut arriver à distinguer par l'analyse psychologique et par l'examen physique.

Chez les aliénés, en effet, messieurs, vous porterez votre attention méthodique sur tous les organes et sur toutes les parties du corps; ces recherches présentent de nombreuses difficultés à cause de l'insoumission des malades et de leur mobilité excessive; mais, très souvent, la connaissance de l'origine de leur maladie ne pourra être obtenue qu'à ce prix. C'est ainsi qu'on trouvera souvent des lésions de l'utérus, du cœur, de l'estomac, des poumons, du foie, des organes des sens, etc., auxquelles on peut rattacher les troubles intellectuels et qui, sans cet examen, auraient passé complètement inaperçues.

FOLIE IDIOPATIIIQUE.

La première variété, ou folie idiopathiqtie , peut dépendre : i" d'états dits sine maleria, c'est-à-dire dans lesquels on n'a trou >\ aucune lésion appréciable; 2° d'états dans lesquels on trouve des lésions matérielles; 3° d'altérations du sang.

1" États sans lésions appréciables. — II est impossible de nier qu'il peut y avoir des folies sans lésions matérielles appréciables, surtout en présence de quelques observations qui paraissent concluantes; mais il convient de restreindre le nombre de ces cas, et plus on avancera dans la connaissance de la structure de l'encéphale, plus cette classe diminuera d'importance.

Les états sine materia dépendent directement, et dans un court délai, d'influences morales, de grands chagrins, de fatigues intellectuelles, d'un amour contrarié, d'une ambition déçue, d'idées

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religieuses prédominantes ; causes qui ont toutes une action déprimante et dont on retrouve la trace dans le délire.

Comme je vous le disais tout à l'heure, il existe des observations bien probantes de l'existence d'une folie idiopathique sine materia et se rattachant toujours à des causes morales immédiates; ainsi, on peut citer les observations recueillies par Ellis.

Il existe d'aulres observations, une en particulier due à Morel (de Rouen), et dont voici en quelques mots le résumé : Un jeune homme, aux join-nées de juin 1848, a un de ses amis tué à ses cùtés; presque immédiatement il tomba en état de stupeur.

Tout en ne niant pas les folies instantanées, je vous engage, messieurs, à vous délier, non seulement des renseignements donnés par les malades, leur état explique cette juste défiance, mais aussi de ceux fournis par les parents.

Vous savez que, même dans les liôpitaux ordinaires, les malades et leurs parents cherchent à rattacher les différents états morbides qui sont soumis à votre observation à des causes tangibles. Ainsi, un carcinome du sein sera toujours rapporté à un traumatisme plus ou moins authentique et plus ou moins ancien; une tuberculose avancée, à un refroidissement. Eh bien ! vous rertrouvez cette tendance encore plus marquée quand il s'agit de malades atteints d'aliénation mentale et d'alléctions nerveuses. Je puis vous citer le fait de deux soldats qui seraient devenus subitement épileptiques au siège de Puébla : une bombe, en éclatant près d'eux, leur aurait occasionné une telle émotion que, dans la journée même, ils auraient eu des attaques très caractérisées de morbus comitialis; d'après leur récit, et après avoir éliminé les causes d'hérédité et es causes oi'ganiques, leur épilepsie paraissait pouvoir se rattacher i une cause morale immédiate. Il n'en était rien cependant, car es renseignements pris auprès de l'autorité compétente, les chefs le corps et les médecins du régiment, établirent que l'un n'était levcnu épileptique que neuf jours, et l'autre trois semaines après 'accident auquel ils rattachaient leur maladie, sans avoir ressenti ■len de particulier dans l'intervalle. Dans tous les cas, en effet, l'aifection nerveuse par cause morale, il y a généralement une lorte d'incubation dans laquelle il se produit un trouble de nutriion du cerveau, peu considérable il est vrai, mais suffisant pour

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entraver le fonctionnement régulier de la cellule cérébrale ; cette incubation se fait dans l'espace de temps variable qui sépare la cause morale de l'état morbide, et est constituée par des malaises, des frissons, des soubresauts, de l'insomnie et de la céphalalgie.

Je vais vous montrer une malade qui est devenue aliénée par motion morale : elle était domestique depuis de longues années dans la même maison ; elle est renvoyée inopinément, sans avoir rien à se reprocher ; elle ressent un grand chagrin de l'affront qui lui est fait, reste près de trois semaines sans manger, et tombe peu à peu dans la mélancolie avec stupeur.

Pour ce cas particulier, il y a eu certainement un temps d'incu= bation, celui dans lequel la malade est restée privée à peu près de nourriture; il y a eu une anémie générale qui a nui à la nutrition du système cérébral.

Quoi qu'il en soit, messieurs, il paraît bien extraordinaire qu'un individu puisse instantanément devenir fou, et, lorsque de pareils cas semblent se présenter, vous analyserez avec soin les observations.

Lorsqu'on se trouve en présence de l'un de ces cas, qui paraissent incontestables, de folie instantanée; on peut admettre, pour l'expliquer, qu'il s"est produit une action spéciale sur le système vasculaire, un spasme analogue à celui qui se produit chez certains névropathiques. Ainsi, à la suite de grandes émotions, la mère d'un jeune idiot de mon service a ressenti, à plusieurs reprises, une décoloration des deux derniers doigts d'une main; elle éprouva alors des fourmillements, de l'anesthésie dans les parties ischémiées. Cet état a duré une fois cinq jours, et évidemment était dû à une sorte de spasme des petits vaisseaux de la partie ainsi décolorée. On comprend que le même phénomène puisse se produire dans les vaisseaux du cerveau et occasionner un trouble dans le fonctionnement des éléments nerveux. A ce propos, je vous citerai la migraine, état morbide qui, comme chacun le sait, est très fréquent chez les ascendants des aliénés et présente, en dehors du phénomène douleur, des troubles sensoriaux, des hallucinations; eh bien ! vous n'ignorez pas qu'on la rattache à de l'ischémie cérébrale causée par un spasme des petits vaisseaux.

Quoi qu'il en soit de cette pathogénie et des considérations qu'on peut apporter pour l'appuyer ou la combattre, vous admettrez avec

FOLIE IDIOPATHIQTIE PAR STHÉNIE

moi qu'il y a là matière à d'intéressantes recherches. Quelle que soit l'explication qu'on veuille donner, quelle que soit la pathogénie qu'on se décide à adopter , sachez que cette classe de folie se caractérise toujours par une forme dépressive, par de la mélancolie avec stupeur, par des idées tristes; mais ne croyez pas que l'esprit reste inactif; au contraire, le travail intellectuel est incessant et reste continuellement dans un courant d'idées déprimantes. Le lypémaniaque, même en état de stupeur, est assailli d'idées qui le rendent profondément malheureux.

l)e la folie parsthénie des vaisseaux cérébraux et avec spasme des organes de la vie végétative

et de la vie animale.

' L'insistance que j'ai toujours mise à vous recommander l'étude du diagnostic anatoraique de la folie, s'applique en particulier à cette variété de folie dont la nature est comparable à la sthénie de Brown et au spasme essentiel décrit par Trousseau. Les malades qui en sont atteints présentent des symptômes que l'examen psychique seul est impropre à faire reconnaître, et pour lesquels il est nécessaire de faire intervenir les procédés applicables au diagnostic des maladies somatiques.

En premier lieu, messieurs, la physionomie présente, dans son ensemble ou dans quelques-unes de ses parties, des signes caractéristiques qui sont plus ou moins accentués : pâleur du teint, qui est jaunâtre et même jaune citron; état crispé du front, du nez, des lèvres ; rides horizontales et antéro-postérieures quelquelbis très profondes ; paupières plissées ; nez pincé, surtout à la base ; la peau du nez et des joues pour ainsi dire ratatinée ; les sillons naso-labiaux très fortement accusés, la peau du menton plissée ; la face quelquefois très maigre. Tous ces phénomènes donnent à la physionomie une apparence maigre désagréable et rechignée pour ainsi dire (1).

La maigreur est quelquefois très considérable dans le tronc, dans les membres; la peau a partout une teinte pâle ou terreuse; le ventre est profondément excavé.

L'aménorrhée, la constipation sont constantes chez ces malades, et l'anurie par spasme du col vésical fréquente.

(1) Voyez les photographies à la fin du volume.

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Les sécrétions (cutané^}, urinaire) sont considérablement diminuées; la peau est souvent d'une sécheresse absolue; ceux de ces malades qui sont atteints de tubercules pulmonaires ramollis ne crachent jamais. La muqueuse nasale est sèche. La sensibilité générale est obtuse. La température axillaire dépasse rarement 37 degrés, et oscille ordinairement entre 36 et 37.

Le pouls présente des caractères de la plus haute importance : il est petit, très tendu, et les tracés sphygmographiques démontrent parfaitement cet excès de tension. Sur quelques-uns, les courbes sont à peine appréciables, et le tracé l'orme presque une ligne droite.

••'JG. 1. — Feinme Lib.... trente-six ans. — Est eu état de mélancolie avec stupeur.

FiG. 2. — Femme Bou..., quarante-deux ans. — Est eu état de mélancolie.

L'état du cœur est souvent en opposition avec celui des artères radiales; on y constate une impulsion énergique, des bruits forts et éclatants, sans qu'il y ait de l'augmentation dans ses diamètres normaux. Ce contraste entre la petitesse du pouls et l'impulsion cardiaque me paraît s'expliquer par la force que doit employer le cœur pour résister à son état de plénitude qui résulte du rétrécissement spasmodique des vaisseaux périphériques et pour lancer le sang dans ces tuyaux vasculaires contractés.

Quelle peut être l'influence de cet état de sthénie sur la production de la folie? Dans ma pensée, le résultat anatomique est de l'anémie des centres nerveux et, par suite, un état dyscrasique du système nerveux de la vie de relation qui se manifeste dans les cellules et dans les fibres nerveuses cérébrales, médullaires et périphé-

FOLIE iniOPATHIOUE PAR STHÉNIE.

riqiies, el du système nerveux ganglionnaire. Aussi, en même temps que le IbncLionnement cérébral est, atteint, observe-t-on des troubles dans les poumons, l'estomac, l'intestin, les reins, les ovaires, l'utérus, la vessie, les glandes et les papilles nerveuses de la peau.

Les formes de folie qui se rattachent à cet état anatomique sont principalement des formes de folie lypémaniaque, avec stupeur ou non, dans lesquelles les malades se refusent à manger ou mangent incomplètement, cl tombent rapidement, si un traitement curatif n'est pas employé à temps, dans un état de cachexie et de déliquium d'autant plus incurable que le sang s'altère. J'ai observé en effet plusieurs fois dans le sang de ces malades, certains caractères du sang des leucocythémiques, sans cependant qu'il y ait multiplication de globules blancs. C'est ainsi que, par les points du doigt piqué, on voit sortir d'abord un liquide aqueux, et qu'une goutte de sang mise sous le champ du microscope présente non pas une nappe uniforme, mais une série d'îlots parfaitement isolés. Ces malades qui meurent succombent alors à des eschares.

Si le précepte : Naturam morborum osteudunt ciirationcs, est vrai, il confirme singulièrement l'opinion que j'ai sur cette folie. En etïet, les malades que j'ai guéris par le chlorhydrate de morphine ont tous présenté, avant de s'améliorer et de guérir, des signes physiques qui indiquent la cessation de la sthénie. C'est ainsi que les individus traités présentent, dans l'ordre d'apparition, les phénomènes suivants :

Rougeur de la face, des conjonctives, sensation de chaleur générale, diminution de la tension artérielle, amélioration de la physionomie, qui s'embellit.

La teinte jaunâtre commence à disparaître de bas en haut; et alors on voit le bas de la face s'éclaircir, le regard devenir franc et vif. La rougeur de la face et la sensation de chaleur générale sont le résultat de la diminution dans la tension vasculaire; la diminution de la tension artérielle indique que l'état sthénique est diminué, et que les fonctions végétatives vont se rétablir. Et, comme conséquence, on voit le corps augmenter de poids et les règles réapparaître.

L'influence de la sthénie sur la production des troubles mentaux et physiques que je viens d'exprimer me paraît encore corroborée

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par un fait d'observation que tout médecin a pu constater sur les aliénés atteints de folie simple; à savoir : que le délire diminue et même cesse pendant les maladies fébriles.

FiG. 3. — Tracé s|iliygnioyraphique pris un matin, avant l'injection, au moment où la dose quotidienne injectée était de 41i milligrammes.

FiG. 4. — Tracé sphygmographique pris un soir, au monieut où la dose quotidienne injectée

était de 81 milligrammes.

Des aliénés pris de fièvre symptomatique, d'une angine, d'une pleurésie, d'une pneumonie, et qui s'étaient refusés jusque-là à parler ou à répondre, ont adressé alors à leurs médecins, comme à moi, des paroles raisonnables et fourni des renseignements exacts sur leurs antécédents, sur leurs conceptions délirantes et sur leurs hallucinations. La fièvre avait déterminé dans le cerveau de ces aliénés une paralysie vaso-motrice, sous l'influence de laquelle l'état sthénique des vaisseaux cérébraux avait diminué ou cessé temporairement.

Le pronostic de cette variété anatomique de folie est ordinairement favorable, à moins que la durée de l'état sthénique et de l'anémie qu'il amène n'ait nui d'une manière définitive h la constitution organique des vaisseaux cérébraux et des éléments nerveux, et n'ait produit enfin cette altération du sang que l'on rencontre dans la leucocythémie, et qui consiste dans le fait de la séparation du sang en îlots, lorsqu'on l'examine, à l'état frais, sous le champ du microscope.

Quant au traitement curatif, il consiste dans l'emploi de la morphine en injections sous-cutanées ou prise par la bouche, de bains, de l'électricité à courant constant. Ces trois médications ont chacune pour effet de lutter contre l'état spasmodique. Le curare m'a

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