ÉCHAUFFEMENT DES CENTRES NERVEUX
Il existe, du reste, une concordance singulièrement heureuse entre mes études anatomo-pathologiques et des faits nouveaux, et encore peu connus, signalés récemment par un observateur et un expérimentateur dont la valeur scientifique ne peut être constestée, M. Schifï. Il s'agit de la question traitée par lui sous le nom d'échauffement du système nerveux (i). Voici les résultats les plus saillants :
Y a-t-il une modification dans la température des centres nerveux à la suite d'une excitation sensitive des extrémités ou du tronc par le seul fait de sa transmission et indépendamment de toute modification circulatoire? Si l'on excite, dit Schifï, légèrement l'animal en expérience par le toucher, en exerçant une pression douce sur un point quelconque du cerveau, cette irritation augmente d'une manière évidente sa température, et accuse la différence entre deux points du cerveau, tous les deux en rapport avec la pile thermo-électrique. Ce qui prouve, au reste, qu'on ne saurait attribuer cet échauffement soit à la circulation soit à toute autre cause, c'est que si, coupant la moelle conductrice de l'impression, vous isolez par cette section môme le cerveau, vous n'y voyez plus d'augmentation de température. Or, je vous ferai remarquer que, dans ces expériences, cet augment calorifique se produit dans les parties moyennes du cerveau. L'excitation des nerfs spéciaux de l'ouïe, de l'olfaction, de la vue, exagère toujours le calorique dans les circonvolutions parié" taies surtout.
Ces expériences intéressantes nous font bien comprendre, messieurs, quel rapport étroit il y a entre le trouble cérébral et les modifications anatomiques consécutives, d'une part, et les excitations sensitives ou sensorielles plus ou moins éloignées telles qu'on en observe dans la folie sympathique, dans les cas d'hallucinations sensorielles, et de la sensibilité générale.
Que se passe-t-il, en effet, messieurs, si vous voulez analyser les phénomènes? Il se produit une excitation anormale des vaisseaux et des ceHules du centre cérébral. Il se fait un appel fluxionnaire qui, s'il persiste, ne tarde pas à produire des troubles nutritifs. De ces troubles nutritifs naît l'altération consécutive, et, par suite, le fonctionnement anormal des cellules cérébrales, le désordre, c'est-à-dire
(1) Schiff, Archives dr physiologie, 1869.