IMPORTANCE DE LA MÉDICATION CALMANTE
la folie. Rappelez-vous cette pensée que j'emprunte à Andral : « Les lésions de l'innervation cérébrale conduisent infailliblement et toujours à des lésions somatiques. » Aussi, je ne saurais trop insister sur la nécessité de calmer la douleur cérébrale, et c'est le traitement morphinique qui est le plus efficace pour empêcher la fluxion cérébrale, réchauffement et les lésions consécutives k la névrose.
Est-ce que ce rapport entre la douleur cérébrale et la folie n'est pas d'ailleurs démontré par ce fait que la cessation des souffrances éloignées môme suffit pour faire disparaître la folie d'origine sympathique? Oui, certes, et je vous en donnerai de nombreux exemples. Ainsi, j'ai observé plusieurs fois déjà des malades atteintes de cataractes qui avaient provoqué des excitations sur le nerf optique» lesquelles s'étaient traduites par des illusions et des hallucinations. Ces excitations répétées reproduisirent ces mêmes phénomènes et entraînèrent la folie. Eh bien ! il a suffi parfois d'une opération sur ces cataractées pour faire disparaître la folie en même temps que sa cause.
En résumé, messieurs, la physiologie et l'anatomo-pathologie se trouvent d'accord pour expliquer la localisation primitive des lésions dans les circonvolutions pariétales, chez les aliénés atteints de folie sympathique, d'hallucinations sensorielles et d'hallucinations de la sensibilité générale, et mes observations m'autorisent à vous dire que la propagation de ces altérations dans les circonvolutions antérieures et postérieures amène l'incohérence et la démence chez des malades qui ne présentaient auparavant que de la folie partielle.