‹ Leçons cliniques sur les maladies mentales et sur les maladies nerveuses professées à la Salpêtrière [electronic resource]Chapitre 64 sur 207 · INFLUENCE DES LÉSIONS UTÉRINES · texte numérisé non relu

INFLUENCE DES LÉSIONS UTÉRINES

l'un organe éloigne et dont les fonctions n'ont pas de rapports di- •ects avec l'encéphale : ainsi, par exemple, une maladie de l'estoîiac ou de l'intestin, ou de quelcpie autre viscère abdominal.

Ce qui démontre bien sûrement, messieurs, que cette cause de «roubles cérébraux n'est pas vaine, c'est le rétablissement des foncions normales du cerveau après la guérison de l'organe malade. Je luis en citer de nombreux exemples dont la plupart sont empruntés iWhytt(i), Lisfranc, Lallemand, Loiseau (2), Azani (3).

Dans un cas de Lisfranc, une dame était déjà devenue aliénée jendant plusieurs grossesses. Un nouvel accès se déclara et l'on crut :{u'cllc était de nouveau enceinte. Mais Lisfranc reconnut qu'il existait une vive douleur utérine, et s'assura qu'il existait de Tliypertropliie du corps de l'utérus, de l'inflammation et une érosion du col. Il la guérit par des moyens appropriés, et la folie cessa.

Lallemand (4), parla cautérisation du verumontanum, a guéri [les vésanies liées à delà spcrmatorrhée.

Azam a observé une femme qui était devenue lypémaniaque et qui avait tenté de se suicider. Elle se plaignait de lourdeur, de pesanteur dans le bas-ventre et d'ischurie. Le col de l'utérus présentait des granulations et un écoulement mucoso-albumineux. La lésion ,niérit au bout de deux mois par des soins appropriés. En même emps l'état mental se modifia progressivement, puis redevint lormal.

Une seconde malade, atteinte d'une façon identique, guérit par es mêmes moyens.

Bazin a vu une femme qui était hallucinée du sens de l'ouïe après ane grossesse difficile. Elle était démonomane, prenait le diable pour ;on mari, et était excitée par ses conseils diaboliques au meurtre de 5a mère et de son mari véritable.

Bazin constata la présence d'une inflammation chronique de l'u- .érus (métrite interne catarrhale) qu'il guérit par des cautérisations nlra-utérines, et la folie disparut.

La relation entre la folie et les lésions souvent les plus légères des

(1) Whj'tt, Trailà des maladies nerreunes, hijpochondriaqnes et hystériques, trail. Paris, 1877.

(2) Loiseaii, Mémoire sur la folie siimpatliiqtie. Paris. 18.'i7,

(3) Azam (de Uordcaux), De la folie sijmpalhiquc. Bordeaux, 1858.

(4) Lallenuiiid, Des perles séminales involonlaires. Paris, 1836-1 H-it!.

FOLIE ACQUISE

organes abdominaux se fait pressentir dans la pratique ordinaire de la médecine.

Il vous arrivera, en effet, d'être consultés par des femmes dont le caractère s'aigrit, devient sombre, dont la physionomie est triste, le regard terne, et qui manifestent une grande nonchalance dans les choses ordinaires de la vie. En examinant les organes génitaux, vous constaterez de la métrite granuleuse ou catarrhale, et la guérison de l'affection utérine amènera celle des troubles mentaux.

Cet état moral existe quelquefois même chez la jeune fdle, aux approches de la menstruation, ou bien dans les cas de dysménorrhée.

J'ai observé et guéri une malade dans des conditions intéressantes. C'était une dame qui avait des hallucinations en rapport avec l'apparition d'un glaucome aigu, et dont le cerveau était profondément troublé. Je priai M. Galezowski de l'opérer par l'iridectomie. Sa san té morale se rétablit comme par le passé ; mais, plus tard, survin t un nouvel accès de folie à l'époque de la ménopause. Je pus la guérir en me servant d'une médication dérivative chaque fois que les troubles ménopausiques apparaissaient. La guérison se maintient depuis quatre ans.

C'est en suivant la même méthode que j'ai été assez heureux pour guérir deTolie sympathique, avec délire hypochondriaque, une malade qui était dans mon service, depuis six ans, lorsque j'en fus nommé le médecin, et dont la folie avait été déterminée et entretenue par un catarrhe de la cavité utérine et par de l'hydrométrie.

Obs. XLII. — La nonimée S... (Marie), quarante-cinq ans. Entrée le 22 octobrci86i dans mou service de la Salpêtrière, alors dirigée par M. Falret père, avec un certificat portant qu'elle était atteinte de mélancolie. Examinée plusieurs fois par MM. Falret et Lasègiie, elle a été considérée comme étant incurable, et aucun traitement ne lui a été fait.

Lorsque je pris le service, en 1867, j'ohiins de la malade les renseig'nemcnts suivants : Mère, soixante-seize ans, bien portante, d'une bonne constitution. Père, soixantedouze ans, bien portant, d'une santé délicate. Grand'mère paternelle, morte à quatrevingt-quatre ans. Grand-père paternel, mort jeune, de fièvre cérébrale (chagrins). Grand'mère maternelle, morte très âgée, bonne santé. Grand-père maternel, bonne santé.

La malade n'a eu qu'une sœur, qui vit et est bien portante. Elle s'est mariée jeune, dit que son beau-frère l'a volée, en ne donnant pas ce qui était convenu dans son contrat. Son commerce n'a pas réussi, elle est tombée dans la misère. La faillite est survenue neuf à dix jours après qu'elle venait d'accoucbor de son quatrième enfant. Elle a été prise de délire, cela se passait il y a vingt-trois ans. Dit avoir eu à ce moment une

INFLUENCE DE L'HYDROMÉTRIE.

)aralysio à gauche et a dû se servir de béquilles pendant quelque temps (quinze jours au )lus), et depuis n'a rien ressenti de ce côié. Insiste à plusieurs reprises sur la misère laus laquelle elle était à ce moment. A perdu sou mari il y a dix-huit ans.

Quelques années après, pendant qu'elle était dame de comptoir dans un caië, a eu les névralgies dans la région oculaire et la joue gauches, lesquelles ont duré deux à l'ois ans, avec des intervalles, et ont cessé après la prise d'un médicament très violent [ui l'a plongée dans une sorte de léthargie; elle a quitté la maison et s'est placée dans m salon littéraire, puis est retournée chez son père.

Tout allait bien, me dit-elle, lorsque, il y a trois ans, elle reçut la conlidencc d'une le ses filles qui avait été l'objet de violences de la part du mari d'une de ses amies. ÎUe en fut accablée et elle arriva à croire qu'on voulait tuer ses parents. Elle ne sait ire qui voulait les tuer, ni comment; tomba dans l'exaltation ; son médecin, M. Costa, int la voir, lui donna une potion calmante et la mena avec son père à la l'rérecture; e là, conduite ici eu 1864.

État, le 16 octobre 1867: Femme maigre, cheveux gris, physionomie très agréable; rès triste ; se tient presque toujours la main gauche sur la tempe gauche ; bonne tenue, onversation agréable. Par moments, s'occupe à chanter avec le maître de chant et y let beaucoup de bonne volonté; parole l'acile, rapide; reconnaît avoir été folle il y a rois ans, et dit ne plus l'être depuis deux ans. Elle m'explique de la façon suivante ou raisonnement relatif à ses craintes :

« — Je suis venue ici sans être folle. Si je sors, on me demandera pourquoi je suis euue; on me mettra en jugement, en prison, et on me tuera. »

Après des instances de ma part, elle, me raconte autre chose : « Je suis enceinte e quarante-deux mois ; j'ai eu des relations avec un individu après la mort de mon lari ; ma grossesse a été constatée par une sage-femme, je sens remuer, j'ai des maux e coiur; c'est une honte pour moi et mes enfants; c'est affreux; ne le dites pas (elle leure eu disant cela). Quand j'accoucherai, je mourrai. Dites-moi, avez-vous vu jamais ne grossesse de quarante-deux mois? Y croyez-vous ? J'ai confiance en vous. »

Je lui dis que ce n'est pas possiljle et je lui montre un livre oii il est imprimé qu'une rossesse ne peut dépasser trois cents jours. Elle me fait promettre de ne rien dire de )utcela; sans quoi, tout le monde la verrait de mauvais œil.

Quand elle voit ses filles, elle commence par être gaie, puis leur dit qu'elle les fera icr ; elle ajoute qu'elle est enceinte.

Pendant qu'elle travaille, elle sort quelquefois subitement de la salle de travail, rie, dit qiielle est une malheureuse, pleure, parcourt rapidement la cour en tous sens, ans ses moments de désespoir, elle demande à ne pas sortir d'ici, mais craint qu'on e la renvoie. Gargouillement presque continuel dans sou ventre, entendu à distance, ppétit; mange régulièrement.

20 octobre 1868 : Mêmes craintes d'être enceinte ; à mes raisons, répond: « Le hasard tl si (jrandl » Ne veut m'écrire; me promet d'abjurer toutes ses erreurs; se désole; •availle bien, du reste, à l'atelier. Brusquement, elle me dit: «J'ai des moments oii ; veux douter ; d'autres où je ne veux pas, quand nuîme ce serait une idée. » A un seninent d'oppression épigastrique : « Je suis sûre d'être enceinte comme il y a un bon icu. Pourquoi suis-je énorme comme cela? »

Je traite la malade par l'hydrothérapie, des pilules de fer, des bains de Barèges ; lais l'étal reste le même. Menues idées de grossesse, même tristesse, même désolaon. Je constate, le '"11 octobre, que le corps di; l'utérus est douloureux, plus gros qu'il B faudrait, de près du double ([ue tlaus l'état de vacuité. Je cherche à faire pénétrer

FOLIE ACQUISE

dans la cavité utérine une sonde utérine, mais inutilement, et ce n'est qu'après plusieurs jours de dilatation du col par des morceaux d'éponge préparée que j'y parviens.

Il sort du col utérin une assez grande quantité de liquide limpide, non filant, à peine un peu louche. J'ai fait à plusieurs reprises, les jours suivants, à des intervalles de quarante-huit heures, des injections dans la cavité utérine de solution de nitrate d'argent au 20°. La quantité injectée a été, chaque fois, de 1 centimètre cuhe.

Les injections n'ont été suivies d'aucune douleur.

Pendant le mois qui a suivi le commencement du traitement, il est sorti du col utérin une grande quantité de liquide aqueux clair; puis, après ce temps, le liquide a été filant. Le 4 novembre, la quantité injectée a été de "I centimètres cubes, et l'injection a été suivie d'une légère douleur dans la région sacrée.

J'ai cessé les injections au bout de six semaines.

Le 2 février, la malade médit avoir la sensation de voix intérieures chantantes, mais ne plus avoir la sensation de grossesse depuis une injection qui a causé de vives douleurs dans les premiers jours de déceirjbre; elle ajoute qu'elle devait être folle. Elle ne perd plus de liquide par le col utérin; elle est toujours très émotive.

G avril. Elle éprouve encore, par moments, une sensation de gontlement abdominal et de la tristesse; mais elle n'a plus l'idée qu'elle est enceinte.

L'état de tristesse a diminué progressivement, et, en septembre 1870, elle était parfaitement guérie.

Je l'ai gardée encore dans mon service pendant deux ans, jusqu'à ce que des affaires d'intérêt qui la concernaient eussent été arrangées.

Elle est rentrée dans la société depuis novembre i81"2\ elle est revenue souvent voir les employées du service, et j'ai pu constater que la guérison s'est bien maintenue (août 1881).

En résumé, cette malade, aliénée depuis plus de six ans, et considérée comme incurable, était allcinte de Iblie sympathique causée par de l'hydrotuétric, et consistant à croire qu'elle était enceinte depuis plusieurs années. Je l'ai guérie par des injections de solution de nitrate d'argent dans la cavité utérine, où la pénétration de la sonde n'a pu se faire qu'après une dilatation graduelle.

Quel est le mécanisme de ce genre de folie? La folie se produitelle par action directe des organes malades sur le cei^eau ou par action réflexe? Supposons, par exemple, un trouble, une lésion abdominale; la sensation qu'elle détermine est transmise par les filets sympathiques au plexus solaire et à ses ganglions. Gomment vat-elle s'y comporter pour produire la folie? Sera-ce par action directe ou par réflexion? Nous ne pouvons admettre cette action directe, parce que la physiologie et l'anatomie nous montrent le contraire : pour l'anatomie, on n'a pas vu jusqu'ici de lilet sympathique traversant un ganglion directement, sans s'y modifier d'une manière quelconque, pour se porter directement sur la moelle et de là se ren-

FOlJE SYMPATHIQUE.

Ire au cerveau. La physiologie nous enseigne que" les ganglions sont des centres réflexes et que, l'impression transmise lu ganglion semi-lunaire, par exemple, y subit une modification ît en repart comme d'un centre pour être rétléchie sur le 3erveau,

Deux autopsies de folie sympathique, d'origine abdominale, dont je vous montre les détails vus au microscope, me paraissent éclairer la question et montrer que les ganglions abdominaux du grand sympathique sont intéressés dans ces cas d'aliénation. Rien d'anormal k l'œil nu dans ces ganglions, mais avec le microscope on y voit un très grand nombre de noyaux embryoplastiques, puis un état plus avancé de ces noyaux, c'est-à-dire des corps fusilormcs, un tissu lamellcux jeune et courant en divers sens. Le nombre des cellules nerveuses y est diminué; celles qui restent sont ou saines ou atrophiées, ou remplies de granulations pigmentaires et graisseuses. Quelques-unes présentent encore des noyaux; chez d'autres ils ont disparu. L'enveloppe de quelques-unes est notablement épaissie, de plus du double.

Les deux femmes qui font le sujet de ces observations avaient eu, avant de devenir aliénées, des affections abdominales subaiguës. L'une d'elles était une hypochondriaque qui disait avoir des milliers d'enfanls par jour et qui nous annonçait que ces enfants servaient à faire la soupe de l'hôpital.

L'autre était une lypémaniaquc qui avait des idées constantes de suicide. Les anses intestinales, l'épiploon étaient couverts de tractus blancs ; des adhérences réunissaient des portions d'intestin avec le foie, la rate et avec d'autres anses; le gros intestin était rétréci par places au moyen d'adhérences, et dilaté et aminci dans d'autres. Le cùlon transverse était déplacé, il avait pris une direction verticale.

Voici, du reste, l'observation complète de cette dernière:

Obs. XLllI. — Foliclypéinaniaque d'origine sympathique. Affections douloureuses du ventre. — Hallucinations de la sensibilité générale. — Influences électriques. — Idées de suicide.

CY'tait une femme ;\gée de ciiiquaiUc-(jualre ans, qui avail eu, avant d'èlre aliénée, une alFeclion aiguë du ventre et eu avail conserve une très grande sensibilité; même VOISIN. Leçons cliniques. H

depuis la folie, elle avait souvent perdu du sang par les selles; pas d'héniorrhoïdes.

La malade était aliénée depuis plus de sept ans, au moment où elle a succombé. Elle avait d'abord présenté des liallucinaLions de la sensibilité générale, de l'agitation par moment, des idées tristes et de suicide, du refus de manger.

Elle a succombé à de l'inanition, après sept ans de séjour à la Salpêtrière, dans le service de M. Baillarger.

Examen à l'œil rm : Pas d'adhérences entre le gros intestin et les parois abdominales. Le côlon transverse est placé verticalement et arrive, en haut, jusqu'à l'appendice xiphoïde. 11 a presque partout des parois excessivement amincies ; on ne voit plus de plis transversaux ; au contraire, au voisinage du côlon ascendant, il est ratatiné. A sa partie gauche, il est adhérent aux parois abdominales, à la rate, à des anses de l'intestin grêle; il est excessivement dilaté.

Le caecum est fortement dilaté. Le côlon ascendant est assez notablement dilaté ;-il adhère aux parties qui sont en arrière, puis, après une excessive dilatation, il se rétrécit et se dilate encore.

La surface interne du gros intestin et de l'iiileslin grêle présente des saillies couleur pourpre, du volume de grains de millet, constituées par des dilatations veineuses et renfermant presque toutes un petit caillot noir.

L'utérus donne une sensiilion de flot; il renferme la valeur d'un verre à liqueur de liquide mucoso-purulent qui renferme des globules pyoïdes et de Gluge; quelques globules rouges un peu décolorés.

Rien de particulier dans les poumons, le cœur, dans l'aorte et les autres troncs artériels.

L'encéphale pesait 1200 grammes. Il n'existait pas d'épaississement des méninges. Nous avons trouvé dans le cerveau plusieurs vacuoles remplies d'un liquide couleur lie de vin.

L'examen microscopique du cerveau n'a pas été fait, mais j'ai fait celui des ganglions semi-lunaires, de concert avec Gramdry.

Nous y avons trouvé une grande quantité de noyaux embryoplastiques, des corps fusiformes, de l'atrophie des cellules, dont plusieurs semblent devoir disparaître; dans d'autres cellules, au contraire, un état d'altération graisseuse et pigraentaire.

Ainsi, Messieurs, ia folie sympathique était accompagnée dans ces* deux cas d'altérations caractéristiques du ganglion semi-lunaire, altérations de nature inflammatoire qui ont abouti à la raréfaction et à la nécrose du tissu nerveux ganglionnaire, et qui me semblent démontrer que ces organes sont intéressés dans les manifestations que présentent les aliénés par sympathie.

Lobstein avait déjà observé des altérations du grand sympathique après des maladies de l'intestin, suivies de folie, et en particuher chez une femme hypochoiidriaque.

Pincl considérait l'hypochondrie comme toujours liée à une lésion du sympathique abdominal.

FOLIE SYJrPA'nllQUE.

Biclial avait trouvé le ganglion semi-lunaire fibreux, et, à ï'appui' de ce l'ait, je puis citer le cas d'une l'emme liypoôliôndriaquc, qùi présentait ce rAônIe ganglion fibreux.

Les d'eux faits dont je viens de vous én'tVetenir viennent donc Corroborer les observations faites par Lobstcin, Pinel et Biôhat, par des résultats de recherches microscopiques qui montrent' des lésions dans les ganghons sains à l'œil nu, et qui, d'autre part, foiïrnissent au médecin des indications thérapeutiques pour le traitement d'affections des organes abdominaux dont il peut redouter le retentissement sur les facultés intellectuelles.

Les maladies du tube inieslinal sonl une cause non moins tréqùcnte de folie. Ainsi, les déplacements du côlon transvôrse coïncident assez souvent avec la folie. Nous avons récen*iment" fait l'autopsie d'nne femme aliénée, morte dans le service de M, Baillarger, et qui présentait un déplacementconsidérable du côlon transverse, qui, de transversal, était devenu perpendiculaire. De plus, il était très dilaté, très aminci, presque réduit à une pelure d'oignon, et dans la vacuité la plus complète. D'autre part, on observait sur l'intestin grêle un rétrécissement considérable.

J'ai eu, dans nies salles, une femme dont la folie lypémaniaque était déterminée par un cancer de l'épiploon.

Uhelmiiilluase est souvent cause déterminante de folie. La pathologie infantile en offre des exemples non rares, et le livre de M. Daviiine en renferme aussi quelques cas (1). Cette folie vermineuse prend souvent la forme maniaque.

Ldii maladies du foie déterminent | souvent Thypochondi^ie ou la mélancolie. Ainsi nous avons, dans le service, une femme du nom de B... qui a un ictère chronique, et qui est depuis dans un état de douce mélancolie, accompagnée d^hallucinations de la vue et de l'omet

£)c môme l'hypertrophie de la rate peut suffire à troubler Pexercice de l'intelligence. L'embarras gastrique (De Lucé), le cancer de l'estomac (MatheZ, Bonet), les constrictions du côlon (Bergmann, Guisliiiii, Schr(eder), peuvent produire la folie; la grossesse même a déterminé souvent la folie ; Marcé a montré les caractères propres

M) ('.. Davaiile. Traité dex enloioaii'es el îles maladies rernitneuses. -2' cdiliori. Paris, 1877.

FOLIE ACQUISE

de chaque folie qui survient pendant la grossesse et pendant la lactation (1). (Voy. p. 166.)

Dans la poitrine, nous voyons aussi que les organes qui y sont contenus ont, dans des cas nettement déterminés, amené l'explosion de la folie. On en a observé un exemple bien net dans un déplacement du cœur.

Du côté du poumon, les obscrvalions sont loin d'être rares. Ainsi, dans la première période de la phtliisie, on voit survenir quelquefois des troubles mentaux. Des femmes deviennent tendres, amoureuses, passionnées, vont jusqu'à l'oubli des plus simples convenances.

Schrœder van der Kolk a cité le cas d'un individu chez lequel trois poussées tuberculeuses ont, à trois reprises différentes, développé une excitation maniaque. J'en ai vu deux cas.

Il est à noter, en effet, que ces prédisposés au tubercule ont toujours été nerveux, impressionnables, émotifs; il me paraît évidenl, pour ainsi dire, que leurs cellules cérébrales sont dans le même étald'excitabilité que le sont les cellules médullaires d'un individu prédisposé à l'épilepsie.

D'un autre côté, Messieurs, la folie sympathique compte des adversaires tels que Stahl, I Cullen, P. Falrct, Georget. Ce dernier a avancé que les troubles des organes éloignés, loin d'être primitifs, c'est-à-dire loin d'être une cause, étaient secondaires, c'est-à-dire un effet. Il est difficile d'admettre, en se plaçant à ce point de vue, qu'une vésanie puisse, par le fait seul du trouble intellectuel, déterminer des lésions et des altérations aussi considérables que, par exemple, des | adhérences péritonéales limitées au foie, des déplacements du côlon, comme la folie sympathique en offre assez souvent des exemples.

Comment expliquer, avec cette opinion, le cas cité par Esquirol, d'un enfant ayant des vers intestinaux et présentant ^des troubles intellectuels qu'il a guéris en le débarrassant de ses vers? D'ailleurs, ne savons-nous pas aussi qu'à la suite de soulTrances viscérales intenses, on voit quelquefois éclater, sans tièvre, un déliré aigu qui, s'il se prolonge ou se reproduit souvent, mène à un état de folie confirmée? D'un autre côté, l'éruption des dents chez l'en-

(1) Marcé, Traité delà folie des jemmes enceintes, des nouvelles accouchées et des iwirrices , Paris, 1858,3

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