ONZIÈME
LEÇON
Folis puerpérale.
Messieurs,
On entend, vous le savez, par folie puerpérale la folie des femmes enceintes, nouvellement accouchées ou nourrices.
Ce genre de folie serait mieux nommé /o/ï'e/jar^z/rm/e, car l'état puerpéral n'est, à proprement parler, que l'état de la femme à partir du moment des premières douleurs jusqu'à celui du retour des organes génitaux à leur étal normal. Quoi qu'il en soit, c'est encore cette dénomination de jolie puerpérale qui, quoique inexacte, est adoptée par tous les aliénistes.
Faut-il la changer? Je ne pense pas qu'on puisse retirer de ce changement un grand bénéfice, car il en est de cette catégorie delà fohe comme de beaucoup d'autres caractérisées par une dénomination abstraite et qui sont destinées à disparaître au fur et à mesure des progrès de l'anatomie pathologique, pour rentrer dans un cadre de maladies mentales à lésions bien observées et bien définies.
Ne sait-on pas, en effet, aujourd'hui que la maladie qu'on appelait il n'y a encore que quelques années du nom de mélancolie est reconnue aujourd'hui n'être la plupart du temps qu'un symptôme de la paralysie générale (A. Voisin et Burbureaix)?
Des trois catégories que renferme la Iblie puerpérale : folie des femmes enceintes, des nouvelles accouchées et des nourrices, la première est d'origine sympathique, les deux autres sont de nature vasculaire, anémique ou congestive.
A. Folie des femmes enceintes. — C'est la moins nombreuse des trois catégories; 27 pourSiO folies puerpérales d'après Marcé (i) et •28 pour 155 d'après Fuke.
(I) M.Ti'ci', Traité de la jolie des femmes enceintes, dos nnuveltes accouchées el des nourrices.