‹ Leçons cliniques sur l’hystérie et l’hypnotismeChapitre 110 sur 208 · V I N G T-T 11 0 1 SI È ME LEÇON · texte numérisé non relu

V I N G T-T 11 0 1 SI È ME LEÇON

Il ES TH EM ELEMENTS HYSTÉRIQUES

SOMMAIRE

Il n'y a pas un tremblement hystérique toujours et partout identique, mais bien des tremblements d’origine hystérique, très variables dans leurs expressions symptomatiques quoique dépendant tous d’une même cause.

I. Des tremblements hystériques à forme trépidatoire; leurs caractères cliniques. Exemples : 1° tremblement trépidatoire hystéro-alcoolique guéri instantanément par l’application d’un aimant; 2° tremblement trépidatoire des membres inférieurs survenu après une émotion violente et persistant depuis plus de dix ans. Difficultés et éléments du diagnostic.

II. Des tremblements hystériques à forme vibratoire. Leurs caractères cliniques. Variabilité de leur rythme et de leurs apparences symptomatiques. Exemples de tremblements vibratoires persistants, consécutifs à des émotions morales, à des traumatismes, à des intoxications.

111. Des tremblements hystériques intentionnels. Leur ressemblance avec le tremblement de la sclérose en plaques. Exemple de tremblement hystérique intentionnel guéri par l’aimantation. Rapports de l’hystérie avec les tremblements mercuriel et dyscrasiques.

Messieurs,

Le tremblement est un symptôme très commun. On l’observe clans une foule d’affections différentes. Il paraît dépendre assez souvent de lésions anatomiques grossières du cerveau ou de la moelle épinière, tandis que d’autres fois il ne coïncide avec aucune altération organique appréciable des centres nerveux. Malgré les nombreux travaux dont il a été l’objet, sa patliogénie est restée obscure, sa valeur séméiologique incertaine. Les classifications qu’on a cherché à établir pour distinguer les unes des autres ses diverses variétés cliniques sont encore imparfaites, et on rencontre souvent, dans la pratique, des faits qui ne trouvent pas facilement leur place dans les cadres de la nosologie actuelle.

M. Ormcrod a présenté, l’an dernier, un cas de ce genre à la

VARIÉTÉS CLINIQUES

Société de médecine de Londres1. 11 s’agissait d’une jeune femme de vingt-neuf ans, atteinte d’accidents hystériques non douteux et d’un tremblement des mains, survenu après une attaque et rappelant tout à fait les apparences extérieures du tremblement de la paralysie agitante. Après avoir examiné la malade, M. Ilughlings Jackson porta le diagnostic de tremblement hystérique et déclara qu’à son avis beaucoup de tremblements dont la cause et la nature paraissent entourées d’une profonde obscurité, ne sont autre chose que des manifestations symptomatiques de l’hystérie.

Cette pensée me paraît profondément juste, et c’est à son développement et à sa démonstration que sera consacrée la présente leçon 2. 11 me parait résulter, en effet, de l’analyse d’un certain nombre de faits cliniques réunis et étudiés dans nos salles, dans ces derniers temps, que le tremblement peut revêtir, chez les hystériques, des formes tout à fait dissemblables, qu’il peut être localisé ou généralisé, ‘permanent ou intermittent, lent ou rapide, et qu’en définitive il n’y a pas un tremblement hystérique toujours et partout identique, mais bien des tremblements d’origine hystérique, très variables dans leurs expressions symptomatiques, quoique dépendant tous d’une même cause primordiale.

Je vous proposerai même tout de suite, pour faciliter le classement des cas dont je vais avoir à vous parler, de diviser les tremblements hystériques persistants en trois groupes distincts : 1° les tremblements trépidatoires; 2° les tremblements vibratoires;

1 The British medical Journal, décembre 1887, p. 1216.

2 Celte leçon, faite le 11 janvier 1880, n’a été publiée que huit mois après, par le Progrès medical des 14 et 21 septembre 1889. Quelques-uns des malades qui en font l'objet ont été présentés par mon interne, M. Emile Bitot, à la Société d’anatomie et de physiologie de Bordeaux dans les séances du 20 octobre, du 19 et du 26 novembre 1888 (pages 275, 802 et 304 des Bulletins de celte Société).

A cette époque le tremblement hystérique n’était connu que par quelques observations isolées. Depuis lors ont paru deux importants travaux qu'il convient de signaler :

1° A propos d’une communication de M. Luys, relative à un cas de paralysie agitante (?) traitée avec succès par les miroirs rotatifs, M. Rendu a lu à la Société médicale des hôpitaux de Paris, dans la séance du 12 avril 1889, une Noie sur le tremblement hystérique cl ses variétés, dans laquelle il s'efforce de démontrer que l’hystérie peut donner lieu à des tremblements ressemblant à ceux de la paralysie agitante et de la sclérose en plaques, et justifiables des moyens thérapeutiques bizarres qui réussissent souvent dans les cas d’hystérie classique.

2° M. Dutil publie en ce moment dans la Nouvelle Iconographie de la Salpêtrière un ■mémoire sur l'étude clinique des tremblements hystériques, dans lequel se trouvent d'excellentes observations.

Des cas intéressants de tremblements hystériques ont, en outre, été observés par MM. Duponchel ( Société médicale des hôpitaux de Paris, séance du 18 avril 1890), Scalese ( Rivisla clinica e terapeutica, marzo 1890) et par les auteurs qui se sont occupés dans ces derniers temps de la question des névroses traumatiques.

3° les tremblements intentionnels. La légitimité de cette division ressortira, je pense, de l’étude des exemples que je vais faire passer sous vos yeux.

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