‹ Leçons cliniques sur l’hystérie et l’hypnotismeChapitre 114 sur 208 · TREMBLEMENTS VIBRATOIRES · texte numérisé non relu

TREMBLEMENTS VIBRATOIRES

La fréquence de leur rythme est aussi variable que l’amplitude et la forme de leurs oscillations. M. Charcot pense que leur rapidité est comprise entre cinq et sept secousses par seconde, ce qui leur assignerait une place à part entre les tremblements à oscillations rapides , dans lesquels le nombre de secousses s’élève à huit ou neuf par seconde (tremblement alcoolique mercuriel de la paralysie générale, de la maladie de Basedow, etc.), et les tremblements à oscillations lentes, dans lesquels les secousses ne se répètent que quatre ou cinq fois par seconde (tremblement sénile de la sclérose en plaques, de la maladie de Parkinson) l. Mais il ne semble pas que la fréquence des secousses puisse être donnée comme un caractère spécifique absolu des tremblements hystériques. Leur rythme peut être plus rapide ou plus lent que dans les cas observés par M. Charcot. Chez un malade de M. Chambard on ne comptait que 100 secousses par minute (ce qui fait moins de 3 par seconde), tandis que les tracés recueillis sur un de nos pensionnaires permettent d’en compter 480 dans le même laps de temps (c’est-à-dire 8 par seconde) 2.

Les tremblements vibratoires d’origine hystérique guérissent quelquefois spontanément ou après l’emploi des agents thérapeutiques les plus simples. lTne seule séance d’aimantation ou d’électrisation a parfois provoqué des cures instantanées. M. Nothnagel a guéri une malade par la suggestion hypnotique. Mais il ne faudrait pas trop compter sur ces moyens, car, dans un bon nombre de cas, les tremblements hystériques résistent indéfiniment aux traitements les plus énergiques.

ils se développent lentement ou brusquement.

1 Charcot, Leçons sur les maladies du système nerveux, t. III, p. 212.

2 M. Outil a été conduit, par l’examen des faits qu’il a étudiés à la Salpétrière, à la même conclusion. «Les tremblements hystériques, dit-il, présentent en général un rythme régulier, mais rien n'est plus variable que la rapidité, la fréquence des oscillations qui les constituent. Les uns sont d’une lenteur remarquable; les autres sont très rapides, véritablement vibratoires. Entre ces deux modalités extrêmes il existe des variétés intermédiaires. Il en est qui n’apparaissent qu’à l’occasion des mouvements volontaires. La plupart persistent à l’état de repos et pendant les mouvements actifs, mais ils subissent parfois, sous l’influence de ces derniers, des modifications diverses concernant la fréquence et l'amplitude de leurs oscillations. »

Se fondant sur ces variétés, M. Outil répartit les tremblements hystériques en trois groupes :

1° Los tremblements à oscillations rapides ou vibratoires (ayant de 8 à 12 oscillations par seconde);

2° Les tremblements de rythme moyen (de 5 1/2 à 7 1/2 oscillations par seconde).

3° Les tremblements à oscillations lentes (de 4 à 5 1/2 oscillations par seconde).

A. Outil, Contribution à l’étude clinique des tremblements hystériques ( Nouvelle Iconographie de la Salpêtrière , n° 1, 1890, p. 32 et 33).

Dans le premier cas, leur début est si insidieux qu’il est fort clitlicile de savoir au juste à quelle époque ils se sont établis.

Voici, par exemple, une de nos malades, Eléonore L..., âgée de dix- huit ans, sujette depuis trois ans à des attaques convulsives tout à fait caractéristiques et marquée de stigmates hystériques non douteux: analgésie cutanée presque générale ( fig . 30), rétrécissement concentrique des champs visuels, etc., qui présente un petit tremblement des membres tout à fait semblable à celui de

Fie. 30. — Distribution topographique tic l'anesthésie cutanée chez Éléonore L...

la maladie de Bascdow. Si on lui demande depuis quand elle a remarqué l’existence de ce symptôme, elle répond qu’elle n’en sait rien, qu’elle croit bien avoir toujours tremblé ainsi, mais qu’elle n’en est pas bien sûre.

Dans d’autres cas, au contraire, le tremblement se manifeste brusquement à l’occasion d’une cause bien définie. Il succède à une attaque convulsive, à une frayeur, à une colère, â une émotion morale vive, ou bien encore à un traumatisme, à une intoxication ou à une maladie infectieuse.

Page 1