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C’est, ainsi que Trousseau raconte l’histoire d’une jeune hystérique de treize ans, qui fut prise, à la suite d’une grande attaque convulsive, d'un tremblement persistant des quatre membres1.
M. Germain Sée a vu un tremblement généralisé succéder à une contrariété, chez une jeune personne de vingt et un ans, fille d’hystérique, et affectée elle-même d’hystérie non convulsive2.
Un malade de M. Rigal, âgé de cinquante- six ans, fut incommodé pendant quatre mois par un tremblement des membres et de la tète survenu après une violente colère 3 4.
M. Chambard a recueilli l’observation d’une hystérique de vingttrois ans, qui était sujette depuis son enfance à des accès de tremblement durant plusieurs semaines consécutives. Le premier accès s’était développé à l’âge de huit ans, sous l’inlluence (Y une frayeur. La petite malade, épouvantée par la vue de sa sœur qui s’était cachée derrière un meuble pour lui faire peur, jeta un cri et fut prise tout aussitôt d’un tremblement du membre supérieur droit qui persista pendant quinze jours et se reproduisit après un bon nombre de fois avec plus ou moins d’intensité L
Un médecin russe, M. Greidenberg, a rapporté tout récemment l’histoire d’un jeune soldat de vingt et un ans, chez lequel une grande frayeur provoqua l’apparition de troubles sensitifs et moteurs variés, parmi lesquels figurait un tremblement régulier et assez rapide (de 100 à 120 secousses par minute) prédominant dans les membres supérieurs, persistant encore un an après le début des accidents et ressemblant beaucoup au tremblement de la paralysie agitante 5. M. Greidenberg paraît disposé à penser que son malade a été atteint à la fois, sous l'influence de l’émotion initiale, d’hystérie et de maladie de Parkinson. Mais cette interprétation est loin d’être inattaquable. L’hystérie suffit amplement pour expliquer tous les symptômes observés, y compris le tremblement, et ce n’est pas une raison, parce que ce tremblement durait depuis un an, pour qu’il ne fût pas de nature hystérique, ,1e vous parlais tout à l’heure d’un cas de tremblement hystérique à forme trépidatoire qui a persisté pendant plus de dix années, sans qu’aucun traitement ait pu réussir à le faire disparaître. Le tremblement
1 Trousseau, Clinique médicale de VHotel-Dieu de Paris, 3e éd., 1868, t. II, p. 285.
2 Germain Sée, De la chorée hystérique et des pseudo-chorées rythmiques ( Semaine médicale, mars 1884).
:i Rigal, Trembl. survenu à la suite d’une violente, colère (Gaz. des hôp., 1877, p. 521).
4 Chambard, Hémichorée et tremblement hystériques (Encéphale. 1881, t. I, p. 114).
5 Bulletin médical, 16 décembre 1888, p. 1650.
hystérique à forme vibratoire peut être tout aussi tenace. In des clients de notre consultation externe, atteint d’hystérie masculine bien caractérisée, présente, entre autres symptômes, un tremblement léger des membres supérieurs qui s’est développé il y a sept ans, à la suite d’une frayeur, et qui est resté immuable depuis cette époque.
En présence de ces faits, on peut légitimement se demander si l’hystérie ne joue pas un rôle beaucoup plus considérable qu’on ne l'a cru jusqu’à ce jour dans la pathogénie des tremblements chroniques qui succèdent aux grands ébranlements psychiques. Les auteurs classiques affirment que la paralysie agitante et le tremblement sénile débutent quelquefois brusquement à la suite de fortes émotions morales. Ils ont peut-être raison, mais il ne serait pas mauvais que leur opinion fût étayée sur des observations nouvelles dans lesquelles l’intervention possible de l’hystérie serait l’objet d’une attention spéciale.
Certains cas de tremblements chroniques, qu’on aurait décrits jadis, sans hésitation, comme des exemples de paralysie agitante ou de tremblement sénile de cause psychique, seraient sans doute rattachés avec plus de raison au groupe des tremblements hystériques. J’ai été très surpris de constater récemment sur trois malades, que je considérais de prime abord comme des trembleurs séniles, des rétrécissements concentriques très marquées des champs visuels. Il serait assurément téméraire d’affirmer, en se fondant sur l’existence de cet unique stigmate, que les malades en question n’étaient que de vulgaires hystériques; mais il serait, ce me semble, tout aussi imprudent de déclarer, malgré la constatation de ce stigmate, que l’hystérie ne jouait aucun rôle dans la pathogénie des tremblements dont ces malades étaient affectés. Il ne faut pas oublier que l’étude de l’hystérie sénile est à peine ébauchée et qu’elle nous réserve peut-être bien des surprises.
L’hystérie traumatique est mieux connue, et les tremblements auxquels elle donne lieu commencent à être rattachés à leur véritable cause. J1 est d’ores et déjà certain que la plupart des tremblements décrits jusqu’à ce jour par les chirurgiens sous le nom vague de tremblements réflexes, appartiennent à la grande famille des accidents hystéro-traumatiques.
Nous avons eu l’an dernier, dans le service, un malade dont l’histoire confirme cette proposition. C’était un grand garçon de dix-neuf ans, nommé Dal..., qui fut victime, quelques semaines