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morales, traumatismes ou intoxications) éveillent des prédispositions lentement accumulées et provoquent l’apparition de l’hystérie, toujours identique, malgré la différence des circonstances qui ont déterminé son éclosion.
A l'appui de ces idées doctrinales, M. Charcot rapporte l’histoire de deux malades de son service, l’un saturnin, l’autre alcoolique, qui présentaient tous les deux, en même temps que les symptômes habituels des intoxications chroniques par le plomb et l’alcool, des attaques convulsives et des hémianesthésies scnsitivo-sensoriclles. Discutant point par point le diagnostic, le savant professeur de la Salpétrière arrive à cette conclusion, que ces deux malades étaient hystériques avant d’être intoxiqués, et que, parmi les symptômes observés chez eux, les uns appartenaient en propre à l’hystérie, tandis que les autres dépendaient des intoxications surajoutées. Il est possible, ajoute-t-il, que l’hystérie ait été mise en jeu par le développement de l’intoxication saturnine ou alcoolique, mais ce n’est pas une raison suffisante pour légitimer les noms (Y hystérie saturnine ou d hystérie alcoolique; il vaudrait mieux dire : hystérie chez un saturnin ou hystérie chez un alcoolique, car au fond c’est toujours l’hystérie vulgaire qui est en cause.
Il importe beaucoup, en effet, de ne pas confondre l’hystérie vraie qui se développe accidentellement chez quelques intoxiqués, avec les troubles fonctionnels du système nerveux appartenant en propre à l’intoxication et résultant directement de l’action du poison introduit dans l’organisme sur les éléments ganglionnaires.
.l’avoue que la distinction entre les accidents hystériques vrais d’origine toxique et les accidents hystériformes dépendant des intoxications, peut être quelquefois fort difficile à établir. Il y a cependant entre eux une différence très importante. L’hvstérie vraie survit à la cause déterminante qui l’a provoquée; mais une fois qu’elle a été éveillée par une émotion, un traumatisme ou une intoxication, elle évolue indépendamment de toute nouvelle sollicitation accidentelle; elle s’émancipe dès sa naissance. Les accidents hystériformes causés par des intoxications restent, au contraire, subordonnés aux circonstances étiologiques qui leur ont donné naissance et les entretiennent; ils sont étroitement liés à l’évolution de l’intoxication dont ils dépendent. Un hystérique alcoolique restera hystérique après avoir perdu ses habitudes d’intempérance, tandis qu’un alcoolique atteint de tremblement
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ou de délire toxique cessera de trembler ou de délirer quand il cessera de boire.
.le ne veux pas insister plus longuement aujourd’hui sur ces idées doctrinales, me réservant de les développer quand nous aurons l’occasion d’étudier des exemples concrets d’hystéro-saturnisme ou d’iiystéro-alcoolisme. Retenez seulement ceci, c’est que l’hystérie vraie peut, dans certains cas, être provoquée par des intoxications aiguës ou chroniques ou par des maladies de nature à modifier profondément la eràse du sang, mais que tous les accidents nerveux observés chez les intoxiqués ne sont pas de nature hystérique.
Nous venons de voir que les émotions morales, les traumatismes et les intoxications sont les grandes causes occasionnelles de l’hystérie. Il n’est pas sans intérêt de rechercher dans quelles proportions chacune d’elles exerce son influence pathogénique. Le tableau suivant, dressé d’après le relevé de nos cent observations, fournit sur ce détail des indications utiles :
Causes occasionnelles de l'hystérie.
Ilonnncs.
Femmes.
Tolal.
Emotions morales
Traumatismes
LJ
Intoxications
Causes indéterminées
Il résulte de l’examen des chiffres réunis dans ce tableau, que les émotions morales sont la cause principale de l’hystérie féminine, tandis que les traumatismes et les intoxications provoquent plus souvent l’hystérie masculine.
Quelles que soient d’ailleurs ses causes occasionnelles, l’hystérie n’est pas une de ces affections accidentelles qui naissent de toutes pièces sous l’influence de circonstances banales. Elle est une maladie de l’évolution. Préparée par l’hérédité, elle se manifeste dès l’enfance par des accidents névropathiques spéciaux, et quand elle éclate dans la jeunesse ou dans l’Age, adulte, avec le cortège de