‹ Leçons cliniques sur l’hystérie et l’hypnotismeChapitre 120 sur 208 · DIAGNOSTIC AVEC LES TICS HYSTÉRIQUES · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC AVEC LES TICS HYSTÉRIQUES

Les tics simples ressemblent quelquefois beaucoup aux spasmes rythmiques localisés. Ils en diffèrent cependant par l’irrégularité de leur répétition et la lenteur relative des contractions musculaires qui les caractérisent

Ils se développent dans certains cas dès l’enfance et paraissent constituer alors une sorte de tare névropathique isolée de toute autre manifestation morbide. Dans d’autres cas, beaucoup plus fréquents qu'on ne serait tenté de le supposer de prime abord, ils surviennent à un âge relativement avancé, à la suite de traumatismes ou d’émotions morales vives et presque toujours ils sont alors sous la dépendance directe de l’hystérie.

Les tics qui succèdent à des traumatismes ont été décrits par les chirurgiens sous le nom de spasmes réflexes. Mais il semble résulter des observations recueillies dans ces dernières années, que les sujets atteints de tics convulsifs à la suite de blessures banales, sont des hystériques vrais ou des postulants à l’hystérie, dont le traumatisme a accidentellement éveillé les tendances natives ou acquises. Quelquefois on trouve dans leurs antécédents héréditaires et personnels des traces évidentes de la prédisposition; d’autres fois, l’exploration méthodique de leur sensibilité met en évidence quelques-uns des stigmates révélateurs de l’hystérie.

Voici un malade qui nous fournira la preuve de ces assertions:

Üns. IL — 77c hystérique des muscles du cou. — Jean Duc... est un résinier des Landes, âgé de quarante-six ans, d’un caractère doux, peu intelligent, n’ayant jamais eu de maladies vénériennes et ne faisant pas d’excès de boisson. Ses parents jouissent, parait-il, d’une bonne santé. Il a été lui-même très bien portant jusqu’en 1883, époque à laquelle il commença à ressentir une douleur sourde, légère, mais persistante, à l’épaule gauche.

11 faut vous dire que, pour exercer leur métier, les résiniers sont obligés de monter sur les pins, et qu’ils se servent à cet effet d’une longue et grosse lige de bois, appelée piquet, sorte d’échelle rudimentaire à encoches latérales, mesurant environ cinq mètres de longueur et pesant une quinzaine de kilogrammes, qu’ils transportent toute la journée, d’arbre en arbre, sur l’épaule gauche. C’est à la présence continuelle de ce fardeau sur l’épaule que Duc... attribuait sa douleur. 11 n’y attachait pas, du reste, une grande importance, car il n’en souffrait pas assez pour que cela l’empêchât de travailler. Cependant, il y a six mois, il commença à s’inquiéter; parce

qu’il ressentait à des intervalles irréguliers, des contractions involontaires des muscles du cou, qui entraînaient violemment sa tête vers 1 épaule gauche.

Peu à peu ces contractions devinrent plus fréquentes, et bientôt elles rendirent tout travail impossible. Depuis deux mois, elles sont poui ainsi dire continuelles, et se présentent avec les caractères que nous allons analyser ensemble.

Quand le malade est assis ou debout, la face dirigée directement en. avant, on voit à chaque instant son cou se gonfler, et son menton se poile lentement, mais avec énergie, vers l’épaule gauche. Le peaucier, le steino-

Ln comparaison des figures 34 et 36 montre bien les différences des phénomènes musculaires qui caractérisent les spasmes rythmiques localisés et les tics. Dans le premier cas (f/g. 34), les contractions sont brusques, saccadées, rapides; ce sont de véritables secousses au sens physiologique du mot. Dans le second (fig. 36), les contractions sont lentes, graduelles, progressives. Celle qui est enregistrée dans la figure ci-dcssus a duré douze secondes.

cléido- mastoïdien et le trapèze du côté droit se contractent surtout avec force; d’autres muscles du cou entrent également en activité, mais d’une façon moins énergique et moins évidente.

Ces mouvements involontaires se reproduisent de dix à trente fois par minute. Ils ne sont pas subits et saccadés, comme s’ils étaient produits par une décharge électrique : ils sont plutôt lents, soutenus, progressifs (7'Y/* 36). Chacun d’eux dure de une à douze secondes.

Ils diminuent considérablement d’intensité et de fréquence quand le malade est couché sur le côté droit ou sur le côté gauche, ou bien encore quand, tout en restant assis ou debout, il penche fortement sa tète sur

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