‹ Leçons cliniques sur l’hystérie et l’hypnotismeChapitre 121 sur 208 · EXEMPLE 1)E TIC HYSTÉRIQUE · texte numérisé non relu

EXEMPLE 1)E TIC HYSTÉRIQUE

1 une ou I autre épaule. Dans ces conditions, les contractions ne surviennent que toutes les deux ou trois minutes, et encore sont-elles très faibles.

Les mouvements involontaires s’arrêtent complètement pendant le sommeil. Ils sont également suspendus quand le malade chante, quand il siffle ou simplement quand il récite à haute voix. Nous n’avons pas pu étudier l’action de la lecture et de l’écriture, le sujet étant absolument illettré. La fixation de l’attention sur un objet quelconque, la marche, les mouvements des membres supérieurs ne modifient pas sensiblement le rythme des contractions anormales des muscles du cou.

Ce spasme n’est pas douloureux, mais il est extrêmement incommode; il cause une sensation de fatigue désagréable dans les muscles du cou, et empêche le malade de se livrer à aucun travail.

Duc... ne se plaint d’aucun autre symptôme morbide. Les grandes fonctions organiques s’accomplissent très bien : la digestion, la circulation, la respiration, l’urination sont tout à fait normales.

Fig. 37. — Rétrécissement concentrique îles champs visuels de Due...

L’intelligence est intacte; la motilité des membres est normale; la sensibilité de la peau et des muqueuses est très vive; mais l’exploration campimétrique des yeux révèle un rétrécissement notable (fîg. 31) des deux champs visuels, c’est-à-dire un des stigmates sensoriels les plus importants de la diathèse hystérique.

Tous les moyens que nous avons essayés pour faire disparaître le tic ont été inefficaces.

Que faut- il conclure de cet ensemble de symptômes? A mon sens, on en peut légitimement déduire que notre malade est atteint d’un tic de certains muscles du cou, vraisemblablement causé par l’habitude de porter le piquet sur l’épaule, et vraisemblablement aussi de nature hystérique. L’hystérie est réduite, il est vrai, dans ce cas, à sa plus simple expression symptomatique, mais il est difficile de ne pas reconnaître son cachet dans le rétrécissement concentrique des champs visuels.

Les exemples de tics développés en dehors de toute excitation traumatique chez des hystériques avérés ou chez de simples prédisposés à l’hystérie sont assez communs. Le malade que je vous présente en offre un bel exemple.

Ors. III. — Tic de la face survenu à la suite de chagrins et de préoccupations morales chez un hystéro-neurasthénique, à Vâgc de quarantecinq ans. — Auguste Gour..., menuisier, âgé de quarante-sept ans.

Antécédents héréditaires : Père mort phtisique à quarante ans. Mère, âgée de soixante-dix ans, jouit d’une bonne santé. Une sœur du malade est morte phtisique à l’âge de vingt- sept ans. Aucun des ascendants n’a été atteint de tics ni de maladies nerveuses d’aucune sorte.

Antécédents personnels : Dès sa plus tendre enfance, Gour... a été émotif et impressionnable. La moindre émotion lui donnait un tremblement généralisé qui paralysait tous ses moyens. Dans sa jeunesse il a eu beaucoup de misère et de Soucis. Il n’a jamais eu la syphilis. 11 a fait peu d’excès alcooliques, cependant il buvait en moyenne deux litres de vin par jour.

Début de la maladie : A vingt ans, Gour... a eu une lièvre typhoïde grave. Depuis lors il est resté sujet à des vertiges accompagnés de tremblement et de secousses convulsives dans les membres, pendant lesquels il entendait ce qui se disait autour de lui sans pouvoir y répondre autrement <pie par des paroles incohérentes. En 1870 il s’engagea volontairement et lit toute la campagne. Après la guerre, il eut avec sa famille des querelles violentes qui l’affectèrent énormément. En 1884, il reçut dans une rixe des coups sur la tète et depuis cette époque il a conservé une céphalalgie persistante qui l’incommode beaucoup.

L’an dernier, il se lança à corps perdu clans l’aventure boulangiste. A la suite des émotions et des fatigues qu’il éprouva durant la campagne électorale, il commença à ressentir des symptômes nerveux désagréables : lassitudes dans les membres, sensation de froid à la poitrine, de constriction à la gorge, etc. En même temps apparurent des mouvements convulsifs limités au côté gauche de la face. Tous ces symptômes ont persisté depuis le mois d’octobre dernier, c’est-à-dire depuis huit mois.

Etat actuel : Le premier phénomène qui lixe l’attention c’est le tic de la face. A des intervalles très irréguliers, mais qui dépassent rarement une minute, tous les muscles du côté gauche du visage se contractent violemment et restent contractés pendant quelques secondes. Sous l’in-

lluence de ces contractions, l’œil gauche se ferme convulsivement, en même temps que l’angle de la bouche est fortement attiré en haut et en arrière. Le malade sent très bien ces contractions; il se rend compte de la gri-

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