‹ Leçons cliniques sur l’hystérie et l’hypnotismeChapitre 124 sur 208 · RAPPORTS AVEC LE PARAMYOCLONUS MULTIPLEX · texte numérisé non relu

RAPPORTS AVEC LE PARAMYOCLONUS MULTIPLEX

l'exclusion des autres, se répètent uniformément avec une cadence régulière et déterminent par conséquent la reproduction monotone des mêmes grimaces, des mêmes attitudes, des mêmes gestes, delà seul suffirait pour distinguer nettement les deux affections qui sont, du reste, séparées par des différences de nature et d’évolution sur lesquelles il est inutile d’insister.

Le paramyoclonus multiplex ressemble davantage aux spasmes systématisés d’origine hystérique. C’est une affection convulsive qui a été décrite pour la première fois, en 1881, par M. Friedreich 1 et qui a fait l’objet, en 1880, d’un intéressant travail de M. Marie 2. Elle est encore fort incomplètement connue. Il n’en a été publié jusqu’à présent qu’une quarantaine d’observations 3 * * * * * * * II. Elle est essentiellement caractérisée par des secousses musculaires brusques, soudaines, siégeant principalement dans les muscles des membres, mais pouvant s’étendre également à ceux du tronc et du visage. Ces secousses sont habituellement symétriques et synchrones dans les deux côtés du corps, mais quelquefois elles se montrent irrégulièrement, tantôt d’un côté, tantôt de l’autre, tantôt dans un segment de membre, tantôt dans un autre. Elles se répètent à des intervalles rapprochés : on en compte de 5 à 180 par minute. La rapidité de leur rythme est souvent influencée par la position du corps, par les émotions morales, par les excitations sensitives. Elles diminuent en général de fréquence et de violence pendant l’exécution des mouvements volontaires, et cessent tout à fait durant le sommeil. Cependant ce n’est pas là un caractère constant; on a même cité des cas où les spasmes étaient plus forts quand les malades étaient sur le point de s’endormir (Friedreich, Ilomen), ou quand ils étaient profondément endormis (Venturi).

Les muscles qui sont le siège des convulsions gardent leur

I Friedreich, Virchow' $ Archiv, Bd 86, '1881, p. 421.

- P. Marie, Paramyoclonus multiplex (Progrès médical , 1886, p. 153 el 241).

3 Ces observations sont dues à MM. Friedreich, Lowenfeld, Remack, Silvestrini,

11. Bennett, Tcsti, Marie, Seeligmuller, Ilomen, Schultze, Kovalewski, Venturi, Lembo,

Popoff, Althaus, Becliterew, Spit/.a, Starr, Rubino, Feletti, Kny, Faldella, Marina,

Brignone, Moretti, Manquât et Grasset, Francotte, Lemoine et Lemaire, Vanlair, etc.

Les travaux les plus importants publiés dans ces dernières années sur ce sujet sont les

mémoires de MM. Zielien (Ueber Myoclonus und Myoclonie, in Arch. /’. Psych. und

Nervenkrank., Bd XIX, p. 465), Vanlair (Des myoclonies rythmiques, in Rev. de méd., janv. et fév. 1889), Lemoine et Lemaire (Elude clin, et séméiol. sur le paramyoclonus multiplex, in Rev. de méd., décembre 1889 et février 1890), A .-R. Marina (Paramioclono multiplet e spasmi mnscolari idiopatici, in Rin. sper. di freniatria, t. XIV, p. 40),

P. Faldella (Paramyoclonus multiplex, in Rie. sper. di freniatria, t. XIV, p. 194).

II convient de signaler aussi les revues critiques très soignées de M. G. Seppilli (Riv. sper. di fren., t. XIII, p. 337) et de M. Ricklin (Gaz. méd. de Paris, 1888).

volume normal et l’intégralité de leur force. Leur excitabilité mécanique et électrique est conservée sans modifications notables. La sensibilité cutanée ne présente aucun trouble. Les réflexes rotuliens ont été trouvés normaux ou exagérés.

ba durée de l’affection est longue. La guérison est sa terminaison habituelle. Les récidives sont fréquentes.

Ses causes sont encore incomplètement connues. Elle survient le plus souvent chez des adultes de vingt à quarante ans. Des prédispositions héréditaires névropathiques ont été constatées dans un tiers des cas environ.

Parmi les causes déterminantes, on a signalé la peur (Fricdreich, Uemack, Ilomen), le refroidissement (Seeligmuller, Silvestrini), les émotions morales (Testi, etc.).

La seule autopsie pratiquée jusqu’à ce jour par M. Friedreich a donné des résultats négatifs : les muscles et les centres nerveux étaient exempts de toute altération microscopique. Le paramyoclonus multiplex est donc, selon toute vraisemblance, une affection sine matériel, une névrose.

Mais cette névrose a-t-elle une existence propre? Est-elle nosologiquement indépendante de l’hystérie? Il est impossible de résoudre ces questions avec les documents dont on dispose aujourd’hui. Cependant il parait d’ores et déjà fort probable que le paramyoclonus multiplex a des rapports intimes avec l’hystérie, et qu’une partie au moins des faits cliniques sur lesquels est fondée son histoire mériteraient de figurer dans le groupe des spasmes rythmiques hystériques.

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