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Enfin, les excitations 'psychiques correspondent aux différents modes de suggestion à l’état de veille.
Tous ces procédés ne sont pas également efficaces ou, pour parler plus exactement, il existe des différences individuelles par le fait desquelles certains sujets sont plus sensibles que d’autres à tel ou tel agent provocateur. Certains malades, par exemple, font très facilement des contractures à la suite des excitations cutanées ou musculaires et restent indifférents aux suggestions. On observe même quelquefois des nuances plus délicates. C’est ainsi que deux de nos hystériques résistent aux suggestions impératives, tandis qu’elles obéissent très bien aux suggestions par persuasion. Vous devez vous rappeler que nous avons constaté des phénomènes tout à fait analogues quand nous avons étudié ensemble les modifications expérimentales de l’anesthésie hystérique (XIIIe leçon, p. 161).
Avant d’aller plus loin, je voudrais vous montrer combien il est facile de mettre en évidence la diathèse de contracture par quelques-uns des procédés dont il vient d’être question.
Voici une de nos malades, Marie F..., dont la motilité est, en apparence du moins, tout à fait normale; elle se sert, sans aucune gêne, de tous ses membres; elle fait avec précision et énergie tous les mouvements volontaires qu’on la prie d’exécuter. Mais c’est une hystérique, et une hystérique en état d’imminence de contracture. Par conséquent, nous pourrons rompre quand nous le voudrons l’équilibre instable qui assure le fonctionnement régulier de son système neuro-musculaire.
Voyez plutôt :
Je saisis sa main droite et j’imprime, par un vigoureux shakehancl, un choc brusque à son membre supérieur droit. Cela suffit. Ces muscles du membre qui a subi la secousse sont fortement contracturés. La malade ne peut plus se servir de son bras; il est devenu tout à coup « raide comme un morceau de bois ».
Les muscles de la tête et du cou et ceux des autres membres ont conservé leur élasticité et leur contractilité normales. Rien de plus facile que de les mettre, eux aussi, en état de rigidité :
J’exerce une traction énergique sur le membre supérieur gauche et le voilà devenu aussi raide que son congénère du côté opposé;
J’ordonne à la malade de tourner son visage vers le côté gauche, et pendant qu’elle s’efforce d’accomplir cet ordre, j’en empêche l’exécution en retenant, avec les mains, la tête du sujet dans une position
lixe. Que résulte-t-il de cet obstacle passif au raccourcissement contractile des muscles du cou? Un torticolis spasmodique, une contracture énergique et persistante des muscles rotateurs de la tète, particulièrement du muscle sterno-cléido-mastoïdien droit, qui a été le plus fortement tendu dans l’expérience.
Enfin, je dis à Catherine L..„ qui est très sensible aux suggestions à l’état de veille: « Vos jambes vont se contracturer comme vos bras ; elles deviennent rigides; vous ne pouvez plus vous en servir,» et la contracture s’établit, en effet, dans ses deux membres inférieurs (voyez Planche I, fig. 3).
Voilà comment, en suivant les indications fournies par MM. Brissaud et Ch. Richet, on peut, sans beaucoup de peine, établir un diagnostic rapide; car le fait seul d’avoir réussi à provoquer de pareilles rigidités musculaires par de pareils procédés, est un symptôme véritablement pathognomonique de l’hystérie.
Essayons de pénétrer plus avant dans l’analyse du mécanisme qui préside à la production des contractures expérimentales.
La malade qui va nous servir tout d’abord de sujet de démonstration est la nommée Paule C..., hystérique invétérée, sujette à de grandes attaques convulsives et, de plus, affectée d’une hémianesthésie sensitivo- sensorielle typique du côté droit.
Je découvre son avant-bras gauche (côté sensible) et je souille légèrement pendant quelques secondes sur la peau de la face palmaire de cet avant-bras. Petit à petit ses muscles deviennent rigides... Les articulations des doigts, du poignet, du coude, sont déjà immobilisées par la contracture... Je continue à souffler sur le même point et la rigidité s’étend aux muscles de l’épaule. Elle se généraliserait très vite à tous les muscles du corps, si nous prolongions encore l’excitation (PL 1, fig. 1 et 2).
Remarquez en passant que le membre supérieur droit de notre malade est resté dans la position dans laquelle il était placé avant d’ètre envahi par la contracture. Les doigts et le coude, qui étaient dans la demi-flexion au début de l’expérience, sont encore à demilléchis; le poignet qui était dans l’extension est encore étendu. Cela prouve que la contracture ne s’accompagne pas nécessairement d’un raccourcissement notable des fibres musculaires. Les