‹ Leçons cliniques sur l’hystérie et l’hypnotismeChapitre 146 sur 208 · MOYENS CURATIFS · texte numérisé non relu

MOYENS CURATIFS

d’atlaques convulsives, par la compression ovarienne ou par l'excitation de la peau du creux épigastrique.

La suggestion agit merveilleusement quand elle s’adresse à des sujets suggestibles; elle n’est donc pas applicable à tous les malades. 11 en est de même de la provocation d’attaques convulsives par la pression des zones spasmogènes; c’est un procédé très efficace, mais seulement quand il existe des zones spasmogènes facilement excitables.

La compression ovarienne fait quelquefois disparaître les contractures récentes dans la moitié du corps correspondante à l’ovaire comprimé. Si la contracture est généralisée aux quatre membres, il faut alors comprimer simultanément ou successivement les deux ovaires pour en débarrasser totalement les malades. Chez quelques sujets cependant, la compression d’un seul ovaire agit à la ibis sur les contractures des deux côtés du corps. C’est ainsi que se passent les choses chez Thérèse C... Je presse fortement le liane gauche de cette malade, et tout à coup ses muscles se détendent et reprennent leur élasticité, aussi bien ceux du côté droit que ceux du côté gauche.

La compression de la région épigastrique, ou plus simplement l’insufflation brusque sur la peau de l’épigastre, est un moyen à la fois plus simple et plus commode que les précédents. Son efficacité est tout à fait remarquable. Nous allons en faire l’expérience sur Catherine L... Je souffle brusquement sur son creux épigastrique, et subitement les contractures qui raidissaient les quatre membres de cette malade se dissipent comme par enchantement. Je ne crois pas qu’il existe de procédé plus énergique, et j’ai rencontré jusqu’à présent très peu de sujets qui ne fussent pas sensibles à son action.

Ainsi que vous avez pu en juger par les expériences précédentes, il n’y a aucun rapport constant et nécessaire entre la nature des causes d’une contracture déterminée et la nature des agents susceptibles de faire disparaître cette même contracture. Les rigidités musculaires provoquées, par exemple, par des excitations cutanées, peuvent être supprimées indifféremment par d’autres excitations cutanées ou par des excitations musculaires, ou par des excitations psychiques, et inversement, des rigidités développées sous l’inlluence des suggestions peuvent être guéries par des suggestions en sens contraire ou par des manœuvres externes.

Je ne vous ai pas encore parlé de l'influence qu'exercent sur les contractures expérimentales Xischémie des membres, X aimantation et les applications métalliques. Il est temps de vous en dire quelques mots.

MM. E. Brissaud et Ch. Richet ont observé que lorsqu’on enroule méthodiquement une bande élastique autour d’un membre contracturé, les muscles sous-jacents perdent, après quelques minutes (de cinq à dix, selon le degré de la compression), leur rigidité; tant que l’anémie artificielle persiste, ils restent flaccides; aussitôt que la bande est enlevée et que le sang recommence à affluer dans les vaisseaux, ils redeviennent rigides comme ils l'étaient au début de l’expérience. La signification de cette série de phénomènes est facile à comprendre si l'on se rappelle que la contracture est un effet dont la cause réside dans la moelle épinière. En anémiant le muscle on modifie sa nutrition au point de le rendre inapte à se maintenir en état de rigidité, mais on n’agit pas pour cela sur les centres nerveux; aussi la contracture reparait-elle dès que le muscle a repris ses propriétés physiologiques. L’expérience suivante, due à M. Charcot, confirme cette interprétation. On applique une bande d’Esmarch sur un membre hystérique non contracturé, et quand les muscles sous-jacents sont bien anémiés, on les soumet aux causes d’excitation qui révèlent d’ordinaire la diathèse de contracture. 11 se passe alors ce phénomène curieux que les muscles excités restent flasques tant que dure l’anémie du membre, et qu’ils entrent en état de rigidité aussitôt après que la bande a été enlevée.

L 'aimantation produit des effets très complexes. Nous l’avons comptée au nombre des agents susceptibles de provoquer les contractures expérimentales. Chez quelques sujets, en effet, elle détermine des rigidités musculaires tout à fait semblables à celles que provoquent les excitations légères et limitées de la peau. Mais elle doit figurer aussi parmi les agents modificateurs les plus puissants des contractures provoquées. Quand ces contractures sont unilatérales, elle peut les transférer d’un côté à l’autre, ainsi que cela a été constaté pour la première fois sur une malade du service de M. Charcot dont l’histoire a été publiée en 1878 par

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