SYMPTOMES
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Les contractures hystériques peuvent siéger sur tous les muscles de la vie de relation. Elles atteignent même peut-être quelquefois les fibres musculaires de la vie végétative.
Dans certains cas, elles restent limitées à un muscle ou à un groupe musculaire isolé; dans d’autres, elles s’étendent à un ou plusieurs membres, affectant indifféremment dans leur distribution les types monoplégique, hémiplégique, paraplégique ou alterne. Parfois, elles se généralisent à tous les muscles volontaires du corps.
11 est à peine besoin de dire que les incommodités qu’elles déterminent varient avec leur siège et leur extension. La contracture de l’orbiculaire des paupières est suivie de l’occlusion permanente de l’œil; celle des muscles du cou donne lieu au torticolis; celle des péroniers ou des gastro-cnémiens provoque des attitudes vicieuses du pied, etc.
Dans tous les cas, les symptômes essentiels de la contracture hystérique sont très simples et ne diffèrent pas de ceux que nous avons déjà constatés quand nous nous sommes occupés des contractures expérimentales. Pour vous mettre en mesure de les étudier sur nature, j’ai fait venir à l’amphithéâtre une de nos malades, Pauline T..., qui est atteinte, depuis une huitaine de jours, d’une rigidité permanente du membre supérieur gauche. Cet accident est survenu à la suite d’une attaque convulsive dont l’évolution n’a présenté aucune particularité saillante. Avant cette attaque, Pauline T... se servait, sans aucune gène, de tous ses membres; aussitôt après, elle s’est aperçue que son bras gauche était raide et qu’elle ne pouvait plus lui imprimer aucun mouvement. Depuis lors, la contracture ne s’est pas modifiée.
Le membre malade est appliqué le long du corps. L’avant-bras et le poignet sont dans l’extension forcée; les doigts sont fléchis dans la paume de la main. Si l’on cherche à écarter brusquement le bras du tronc, on éprouve une résistance anormale, comme si toutes les jointures étaient ankylosées, et quand on cesse la traction, le bras revient brusquement à sa position primitive, comme s’il était mû par un ressort.
On peut cependant arriver, par un effort soutenu, à surmonter
la rigidité des articulations, à fléchir, par exemple, l’avant-bras sur le bras, et quand on y a réussi, les jointures restent dans la position nouvelle qu’on leur a donnée. Les mouvements volontaires sont complètement abolis. Les muscles contracturés sont durs, fermes; ils donnent à la palpation une sensation de résistance élastique toute particulière; ils ne forment cependant pas sous la peau des saillies très volumineuses. Ils n’ont pas perdu leur aptitude à se contracter sous l’influence des excitations électriques ou mécaniques. Le phénomène de la contraction idio-musculaire s’y produit comme sur des muscles normaux.
Ajoutons que la malade n’éprouve pas de douleurs spontanées (elle est, du reste, hémianesthésique gauche), mais qu’elle se plaint d’une sensation pénible de tiraillement quand on cherche à déplacer de force les divers segments du membre malade.
Tels sont, Messieurs, les symptômes essentiels de la contracture hystérique. Dans la plupart des cas, ils existent seuls; dans les autres, ils sont accompagnés par des troubles sensitifs, trophiques ou vaso-moteurs, qui doivent être considérés comme des complications accidentelles et non pas comme des symptômes de l’affection fondamentale.
11 importe de bien connaître ces complications possibles et de se tenir en garde contre les erreurs de diagnostic qu’elles pourraient éventuellement occasionner. Parmi elles, il convient surtout de signaler l’hyperalgésie articulaire, l’atrophie des muscles et l’œdème du tissu cellulaire sous -cutané.
L'hyperalgésie articulaire coexiste fréquemment avec la contracture hystérique. Les deux phénomènes, douleur et contracture, paraissent alors si intimement associés qu’on peut se demander s’ils ne sont pas subordonnés l’un à l’autre, si la contracture n’est pas causée par la douleur et si celle-ci n’est pas la conséquence d’une lésion primitive des articulations. La question se pose assez souvent dans les cas de gonalgie et de coxalgie hystériques. Pour la résoudre, il suffit, en général, d’explorer attentivement les jointures endolories, après avoir anesthésié les malades avec le chloroforme.
L 'atrophie musculaire des membres atteints de contracture hystérique n’est pas très rare. Elle se développe parfois assez rapidement pour être déjà très appréciable trois ou quatre semaines seulement après l’apparition de la rigidité des muscles. Elle se traduit à l'œil par une diminution notable des masses musculaires