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I. Il faut appliquer à l'étude de l'hystérie les procédés de la méthode expérimentale Dangers des interprétations mystiques et du scepticisme systématique.
II. Divisions de l’hystérie fondées sur la marche de la maladie: hystérie aiguë ou
chronique.
III. Divisions fondées sur les localisations ou la nature des symptômes: hystérie
convulsive ou non convulsive; hystérie périphérique ou viscérale; hystérie monosymptomatique ou polysymptomatique.
IV. Divisions fondées sur l’âge ou le sexe des sujets: hystérie infantile, juvénile ou sénile;
hystérie féminine ou masculine. Valeur de ces divisions. Unité de l’hystérie.
.Messieurs..
Pour nous guider au milieu du dédale de laits particuliers dont nous aurons à nous occuper par la suite, il me paraît utile de vous indiquer les principes de méthode que nous devrons suivre et de vous faire connaître les divisions plus ou moins justifiées que les nosographes ont établies dans l’histoire de l’hystérie.
La méthode a, dans l’espèce, une importance de premier ordre.
L’esprit humain est ainsi fait que l’inconnu le trouble et l’irrite. Il veut connaître le comment et le pourquoi des phénomènes qu’il constate. L’incertitude prolongée l’impatiente, et s’il ne parvient pas assez tôt à découvrir des lois qui le fixent, il abandonne les voies scientifiques et tombe dans les interprétations mystiques ou dans le scepticisme systématique.
NOSOGRAPHIE DE L’Il ASTERIE.
( '/est ce qui est arrivé à propos de l’hystérie.
On ne comprenait pas ses symptômes étranges, apparaissant brusquement, jetant les perturbations les plus profondes dans les fonctions motrices, sensitives ou psychiques, et guérissant tout à coup sans laisser de traces. On imagina alors que 1 intervention directe de Dieu ou du Diable pourrait bien en être la cause, et pendant tout le moyen âge l’hystérie fut considérée comme une maladie d’origine surnaturelle, comme la marque infaillible de la bienveillance divine ou de la possession diabolique. A cette époque et sous l’influence de ces doctrines, l’hystérie conduisait tout droit au bûcher ou à la canonisation; et quand, de loin en loin, une voix courageuse s'élevait pour défendre les droits de 1 humanité et de la raison, elle était bientôt étouffée par les anathèmes des théologiens ou les menaces des magistrats. Jean Wier soutient que la plupart des sorcières sont de pauvres malades victimes d’hallucinations; on le traite d’imposteur, de calomniateur ; Bodin l’accuse de vouloir « accroître le règne de Satan », et, pour avoir écrit de pareils blasphèmes, de si détestables impiétés, de telles abominations « dont la mémoire fait dresser le poil en la teste», il déclare charitablement que Jean Wier « doit souffrir la peine des sorciers », c’est-à-dire être brûlé vif1.
Cependant la raison finit toujours par avoir raison. Elle commença à triompher vers la fin du xvn° siècle. Les ouvrages de llabelais, de Montaigne, de Bacon, de Harvey, de Descartes avaient déjà transformé l’esprit public. La croyance aux influences surnaturelles ou tout au moins à l’intervention directe du diable dans les affaires humaines avait perdu peu à peu du crédit, et en 167i, un édit de Colbert lit défense aux tribunaux d’admettre désormais l’accusation de sorcellerie.
Les médecins reprirent alors tous leurs droits sur l’hystérie. Quelques-uns l’étudièrent avec une remarquable sagacité, Sydenham, par exemple, dont la Dissertation sur Va ffec.tion hystérique est datée du 20 janvier 1631. Mais la plupart d’entre eux ne surent pas observer froidement les phénomènes dont ils étaient témoins. Ils les trouvèrent si extraordinaires qu’ils se prirent à douter de leur réalité. Petit à petit, ils en arrivèrent à nier a priori tous les faits qu’ils ne comprenaient pas ou à attribuer à d’habiles superche-
1 De la démonomcinie îles sorciers. Appendice sur la réfutation des opinions de Jean Wier, gr. in-8n. Paris, '1587.