‹ Leçons cliniques sur l’hystérie et l’hypnotismeChapitre 177 sur 208 · ATROPHIE MUSCULAIRE · texte numérisé non relu

ATROPHIE MUSCULAIRE

L’examen de la sensibilité donne les résultats suivants :

Larges îlots d’hypoesthésie occupant presque toute l’étendue du membre supérieur gauche, le thorax et le moignon de l’épaule droite (fig. 73).

Fie. 7.3. — Distribution des troubles de la sensibilité cutanée chez Bar...

Fie. 74. — Rétrécissement concentrique des champs visuels de Bar..

L’extrémité des doigts et la paume de la main du côté gauche sont hyperesthésiques. Le contact de ces régions donne lieu à des fourmillements

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désagréables. 11 en est de même de la pression le long du bord cubital de la main et de l’avant-bras gauche.

Toutes les muqueuses, sauf celle du larynx, sont hypoesthésiques. Le réflexe pharyngien est aboli. Les deux champs visuels sont très rétrécis

(Pci- r 4).

Les testicules sont normalement sensibles; pas de zones spasmogenes. Il existe un peu de douleur à la pression au niveau des apophyses épineuses de la région lombaire.

Il n’y a aucun trouble de la miction ni de la défécation.

Le malade se plaint de battements de cœur fréquents, mais à 1 auscultation et à la percussion de cet organe on ne trouve rien d’anormal.

Tels sont les symptômes présentés par notre malade. Comment faut-il les interpréter?

11 ne s’agit évidemment, dans le cas actuel, ni d’une atrophie progressive du type Aran-Duchenne, ni d’une sclérose latérale amyotrophique, ni d’une atrophie myopsithique primitive. En ne tenant compte que des notions ayant pour ainsi dire cours légal dans la science, on devrait diagnostiquer une atrophie réflexe. Mais l’hypothèse d’une atrophie réflexe n’expliquerait pas les stigmates sensitivo-sensoriels dont l’examen clinique nous a révélé l’existence. D’ailleurs, ces mots d’atrophie réflexe ne correspondent à aucune conception nosographique précise. On décrit aujourd’hui sous ce nom un certain nombre d’atrophies musculaires qui succèdent à des traumatismes. Mais on appelait également, il y a quelques années, contractures réflexes, paralysies réflexes, tremblements réflexes, une foule d’accidents qui appartiennent absolument à l’hystérie et qui sont entrés tout naturellement dans le groupe des accidents hystéro-traumatiques le jour où ce groupe a été créé par le génie de M. Charcot. Il en sera sans doute de même pour une grande partie des observations d’atrophies réflexes. Et pour ce qui concerne notre malade, je n’hésite pas à déclarer qu’à mon avis il est atteint d’une atrophie musculaire hystéro-traumatique, c’est-à-dire d’une atrophie musculaire développée chez un hystérique à l’occasion d’un traumatisme. D’où je déduis cette conséquence, fort importante au point de vue pratique, que son atrophie n’est pas incurable comme elle le serait si elle dépendait d’une lésion progressive -des centres nerveux, et que même il ne serait pas surprenant qu’elle guérît un jour ou l’autre avec une remarquable rapidité sous l’influence d’un traitement quelconque ou à la suite d’une émotion morale ou

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