DES TROUBLES
TROPHIQUES DANS L’HYSTÉRIE.
la main. 11 en résulta une brûlure au deuxième degré sur une surface de deux centimètres carrés environ. Trois jours après, la malade remarqua qu’elle avait de la difficulté à ouvrir la bouche. En même temps se produisit un blépharospasme des paupières du côté droit et une déviation très marquée de la bouche, vers le côLé gauche. -Cet état dura quarante- huit heures; puis l’œil droit s’ouvrit tout à coup et resta ouvert sans que la malade pût le fermer volontairement.
État actuel : Paralysie faciale droite avec flaccidité de la joue paralysée
et entraînement très marqué de la bouche vers le côté gauche. La déviation est augmentée quand la malade parle et surtout quand elle rit. Dans ces actes, la moitié gauche des lèvres est seule mobile. Quand la malade veut souffler, l’air passe par la moitié droite de la commissure des lèvres. La paupière supérieure droite est relevée; elle reste immobile dans les efforts de clignement et dans les tentatives que fait la malade pour fermer volontairement les yeux.
Les muscles releveurs de la mâchoire inférieure sont le siège d’une rigidité permanente qui empêche presque complètement I ouverture de la
bouche. Les mâchoires ne peuvent être écartées de plus d’un centimètre. La langue ne peut être tirée hors de la bouche à cause de la contracture des mâchoires. Autant qu’on en peut juger, elle n’est pas déviée. La malade affirme du reste qu’elle peut la mouvoir sans aucune difficulté dans l’inté-
rieur de la cavité buccale.
L’exploration électrique, pratiquée par M. le professeur Bergonié, révèle une diminution très notable de l’excitabilité aux courants faradiques et galvaniques dans les muscles peauciers de la moitié droite de la face, sans réaction de dégénérescence.
La sensibilité cutanée est partout conservée. Les organes des sens fonctionnent normalement. Les champs visuels ne sont pas rétrécis. Pas de zones spasmogônes. Pas d’ovaralgie.
La malade est soumise à un traitement hydrothérapique et, trois fois par semaine, à de courtes séances d’électrisation. Un mois après, elle quitte l’hôpital tout à fait guérie de la paralysie faciale pour laquelle elle y était entrée.
Cette observation me paraît fort intéressante. Nous avons déjà vu précédemment que, dans l’hémiplégie hystérique, les muscles de la face ne se comportent pas comme les autres muscles du corps. Ils sont le siège de contractures totales ou partielles donnant lieu tantôt à Lliémispasme glosso-labié type, tantôt à la rigidité des mâchoires ou de la langue seulement. Il est curieux de constater que, dans un cas de paralysie hystéro-traumatique de la face, des contractures de certains muscles se sont associées à la paralysie des autres. Le cas échéant, cette association de la contracture et de la paralysie pourrait servir utilement au diagnostic.