‹ Leçons cliniques sur l’hystérie et l’hypnotismeChapitre 3 sur 208 · SOI >1 A 1 II K · texte numérisé non relu

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I. Il est impossible de donner une définition nosologique précise de l’hystérie, cette névrose n’ayant ni lésions connues ni symptômes constants et pathognomoniques.

II. Caractères communs des accidents hystériques : a) ils ne sont pas sous la dépen-

dance directe de lésions organiques; 6) ils peuvent être provoqués, modifiés ou supprimés par des manœuvres externes ou par des causes psychiques; c) ils coexistent en nombre variable; d ) ils se succèdent sous différentes formes et à différentes époques chez les mêmes sujets; e) ils ne retentissent pas gravement sur la nutrition générale et sur l’état mental des sujets qui en sont atteints.

III. Définition clinique de l’hystérie basée sur les caractères communs des accidents de

cette névrose.

Messieurs,

J’ai formé le dessein de consacrer une série de leçons à V étude clinique de V hystérie.

C’est là un sujet d’actualité, sur lequel une foule de travaux récents, intéressant à des titres divers les physiologistes, les philosophes, les criminalistes, les historiens, les littérateurs, ont vivement attiré l’attention publique.

Mais c’est aussi, et surtout, un sujet de médecine pratique, dont la connaissance approfondie s’impose, comme une impérieuse

obligation professionnelle, à tous ceux qui sont appelés à exercer l’art de guérir.

« L’affection hystérique, écrivait Sydenham en 11)81, n est pas seulement très fréquente, elle se montre encore sous une infinité de formes diverses et elle imite presque toutes les maladies qui arrivent au genre humain; car, dans quelque partie du corps qu’elle se rencontre, elle produit aussitôt les symptômes propres à cette partie, et si le médecin n’a pas beaucoup de sagacité et d’expérience, il se trompera aisément et attribuera à une maladie essentielle et propre à telle ou telle partie des symptômes qui dépendent uniquement de l'affection hystérique b »

Ces paroles du clinicien anglais sont profondément vraies. Que d’erreurs de diagnostic et de pronostic, que de fautes graves de thérapeutique seraient évitées, si les médecins savaient toujours reconnaître la grande névrose sous les masques divers qu’elle peut revêtir!

Nous sommes encore loin de cet idéal; et parce que nous étudierons ensemble les quelques malades qui se présenteront cette année dans nos salles, je n’ai pas la présomption de croire que nous arriverons à l’infaillibilité en matière d’hystérie. Mais je suis bien certain que nous nous familiariserons avec des difficultés cliniques d’une réelle importance pratique.

.le voudrais, Messieurs, avant d’entrer en matière, limiter exactement le sujet que nous allons avoir à étudier ensemble, en vous donnant une définition claire et précise de l’hystérie. Mais ce n’est pas là une tache facile. Tous les auteurs qui l’ont tentée ont échoué. Les formules qu’ils ont proposées sont manifestement insuffisantes ou erronées; aucune ne s’applique toto et soli defini to

1 Sydenham, Dissertation sut' l’ affection hystérique.

- Pour justifier ce jugement, il suffira de rappeler quelques-unes îles définitions données par les observateurs les plus autorisés :

« L’affection généralement désignée par les auteurs sous le nom d 'hystérie est un état morbide du cerveau, sans fièvre, principalement caractérisé par une suspension ordinairement incomplète de ses fonctions sensoriales, intellectuelles et morales, avec des mouvements convulsifs plus ou moins généraux du système musculaire, lequel revient par accès, dans 1 intervalle desquels cet organe n’offre le plus souvent que de légers désordres, et quelquefois aucun, avec peu ou point de troubles dans le reste de

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