‹ Leçons d'anatomie comparée de Georges CuvierChapitre 134 sur 367 · I. Des parties solides · texte numérisé non relu

I. Des parties solides

[Quoique les mollusques soient en général, comme leur nom l’indique, des animaux mous et recouverts d’une peau sensible , cependant les biphores et les ascidies ont une enveloppe coriace, et dans beaucoup d’autres genres quelques parties du corps sont munies de pièces cartilagineuses ou calcaires qui servent d’attache à des muscles. Dans les céphalopodes, une de ees pièces forme un anneau irrégulier et incomplet qui protège le cerveau et sert, de base à la couronne que forment les pieds. On trouve en outre, dans la seiche, deux plaques cartilagineuses en forme de lunule, situées l’une dans la peau du cou, et l’autredans le rebord antérieur de la gaine de la coquille. Celle du cou est creusée, sur la ligne médiane, d’un sillon dans lequel vient glisser une petite arête de la plaque du bord de la gaine. Elles ont évidemment pour but d’empêcher te déchirement des parties par la coquille dans les mouvements de la tête, car dans le poulpe, où il n’y a pas de coquille, il n’y a pas non plus de plaque cartilagineuse, et dans le calmar, dont la coquille cornée est. moins dure que l’os de la seiche, le cartilage est à peine distinct.

Outre ces cartilages, qui se trouvent sur la ligne médiane, la seiche offre encore de chaque côté de l’entonooir, à l’angle externe de sa base, un petit disque creux un peu cartilagineux, dans lequel entre une proéminence de la partie correspondante de la bourse ; ce sont comme deux pivots sur lesquels est porté l’entonnoir. M. Meckel a fait connaître encore des cartilages situés sur les côtés du corps qui, dans les seiches et les calmars, sont plats, plus épais à leur bord interne, et donnent attache aux fibres musculaires des nageoires; ils forment, en outre, le plafond d’une lacune considérable qui se trouve dans l’angle de cette nageoire et du sac. Dans les poulpes , qui n’ont point de nageoires latérales, on trouve deux carti-

ARTICLE PREMIER

lages slyloïdes occupant la moitié inférieure de chaque côté du dos *.

Plusieurs céphalopodes sont encore pourvus d’une coquille plus ou moins calcaire, produite dans l’épaisseur du sac ou manteau, et qui reste cachée dans le plus grand nombre des espèces.] Dans la seiche, c’est une espèce d’os formé de diverses lames minces, parallèles les unes aux autres, séparées par de petites colonnes creuses, disposées en quinconce et allant perpendiculairement d’une lame à l’autre. Cet os est ovale, plus épais au centre, mince à la circonférence, [et muni à l’extrémile opposée à la tête d’une sorte de bec recourbé, plus dur que le reste de l’os.

Dans les calmars, c’est une lame cornée et élastique, sans auc,unc partie calcaire. Sa forme, dans le calmar commun, est une ellipse allongée, creusée d’un sillon médian, et dont le milieu se prolonge sur le haut eu forme de pédicule.

L’os de la seiche croît par de nouvelles lames qui s’appliquent contre les anciennes et les débordent; mais dans le calmar, la lame cornée, une fois formée, ne grandit plus; il s’en forme une nouvelle, de sorte que dans les vieux individus on trouve souvent plusieurs de ces lames les unes audessous des autres.

Dans la spirille , la coquille est contournée en spirale, mais elle est encore intérieure, et se montre seulement un peu au travers de la peau , tandis que dans l’argonaute elle est tout à fait extérieure , et peut contenir l’animal , qui s’en sert comme d’une nacelle.

La coquille se retrouve dans la plupart des autres mollusques; quelquefois, comme dans les oplysies, elle est interne, rudimentaire, et propre seulement à protéger les principaux viscères; mais le plus souvent elle est externe et destinée à recevoir et à abriler toutou partie del’animal.] Ces coquilles ou demeures ambulantes varient beaucoup pour la forme et pour le nombre des pièces. Les unes sont faites d’une seule pièce d’une configuration diverse. Simple et non contournée, comme dans les patelles; en spirale aplatie, comme dans les planorbes; en spire globuleuse ou pyramidale, comme dans les hélices , les bu limés, les bulles, etc. [Souvent le dos du pied porte à sa partie terminale une pièce calcaire plus ou moins arrondie, qui ferme l’ouverture de la coquille lorsque l’animal est retiré. Les coquilles des ptéropodes ont une forme particulière, et parmi elles aucune n’est plus singulière que celle de la cymbulie, qui

* [M. Cuvier (Mém. pour servir a l'anal, des mollus., p. 12) les a considérés comme la seule représentation de l’os de la seiche ; mais ils semblent être plutôt analogues aux cartilages que nous venons d'indiquer dans la seiche et le calmar.

M. Meckel , et après lui M. Carus, veulent voir dans

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