ARTICLE PREMIER. — DE LA FIBRE MUSCULAIRE
leurs attaches, elles s’écartent, se séparent comme ^ une toile dont on arrache la trame. Lacellulosité est meme déjà très rare dans les muscles des mollusques, quoiqu’ils aient des vaisseaux assez nombreux; mais dans tous les animaux vertébrés, les libres musculaires sont fortement unies par le tissu cellulaire, et elles sont partout entrelacées de nombreux vaisseaux sanguins.
ba substance colorante du sang parait même s’attacher ici avec une sorte de préférence à la substance fibreuse, comme lors de la formation du caillot, puisque la couleur rouge paraît plus particulièrement propre à la chair musculaire, quoique d’autres espèces d’organes paraissent bien contenir autant de sang à proportion. Au reste, à lem- couleur près, la fibre ries animaux à sang blanc est absolument semblable à celle ries animaux à sang rouge : ceux-ci présentent plusieurs nuances de rouge, certaines classes ayant en général les muscles plus pâles, savoir, les reptiles et les poissons, et les muscles eux-mêmes n’ayant pas tous la même intensité de rouge.
L’irritabilité musculaire est cette propriété qu’a la fibre charnue de sc raccourcir en oscillant et en se fronçant, ou plutôt, comme on le voit dans les expériences de MM. Prévost et Dumas, en se plissant en zig-zag, à l’occasion de certaines actions déterminées, extérieures à la fibre ellemême, et dans lesquelles on ne voit point de cause mécanique d’un tel raccourcissement ni d’un tel plissement. Cette piopriété est bien distincte de leur élasticité qui leur est commune avec beaucoup d autres corps naturels, et d’une autre faculté qui leur est commune avec beaucoup de parties du corps vivant, par laquelle elles tendent continuellement à se raccourcir, et le font, en effet, sitôt qu’elles sont libres : l’irritabilité n’est point continuelle; et, lorsqu’elle existe, elle les fi lit se laccourcir, malgré les obstacles ordinaires *.
Les choses qui excitent occasionnellement les fibres à s’irriter sont de cinq ordres : la volonté; des actions extérieures dirigées sur les nerfs; des actions extérieures dirigées sur la fibre elle- Meme ; des actions mixtes dans lesquelles on opère sur le nerf et sur la fibre; et enfin certains états maladifs ou certaines passions violentes.
fia volonté, dans l’état de santé et de veille,
Suivant M. Straus, les fibres musculaires sont articulées et composées de petites plaques pliées trois fois sur elles-memes en forme de v' , et il pense que chaque fibre pourrait bien être une espèce de pile galvanique formée de substance musculaire et de substance ner- 'feuse. Le raccourcissement de la fibre serait produit Par l’attraction de ses deux éléments, chargés chacun d eue électricité contraire.
V°y. Straus , Cens, générales sur Vanut. des anim. art“ P- 143. L.
exerce l’empire le plus constant et le plus prompt sur ceux des muscles qui, pour cette raison, ont été nommés volontaires. Il y cil a un petit nombre qui ne lui sont pas soumis; ce sont ceux qui produisent dans 1 inlérieur les mouvements nécessaires à la vie et qui ne peuvent être interrompus, comme le coeur et les intestins. Il faut remarquer que quelques-uns de ces muscles, qui sont invo- 1 on ta 1 res dans 1 liomm e et d ans pl usicurs animaux obéissent à la volonté dans d’autres; tel est, par exemple, l’cslomac des animaux ruminants, dont les mouvements se dirigent à leur gré dans deux sens différents. Quelques autres paraissent d’une nature mixte, en ce que la volonté peut bien arrêter l’action, mais que l’habitude nous les fait mouvoir, sans même que nous y pensions, ni que nous ayons besoin de le vouloir formellement; tels sont les muscles fie la respiration.
Les muscles absolument involontaires sont continuellement exposés il l’action d’une cause irritante, de l’ordre des extérieures, puisque le sang veineux qui arrive à chaque diastole détermine le cœur à se contracter, et que les aliments en font autant sur les intestins. On conçoit par là qu’ils 11’onl pas besoin de la volonté pour agir, et que la volonté ne peut les arrêter; car un muscle exposé à nu à l’action de causes irritantes se contracterait même dans l’homme vivant, indépendamment de toute participation de la volonté. Mais ce qui donnerait une explicalion plus complète de l’impuissance de la volonté sur eux, ce serait la remarque de M. Scarpa, que les nerfs vague et grand sympathique, qui les régissent, ne sc composent que de filets venus des racines sensitives des nerfs de l’épine. On doit remarquer aussi que les nerfs de ces muscles involontaires sont généralement moindres que ceux des autres muscles, au point qu’on a douté long-temps que le cœur en eût véritablement, et cependant l’irritabilité des premiers est plus durable et plus facile à réveiller que celle des seconds; ce qui prouve que celle facullé n’est pas entièrement en rapport avec la grandeurdes nerfs, quoiqu’elle dépende, au moins en partie, de ces derniers organes.
En effet, la cause irritante dont nous parlons, la volonté, n’agit que par l’intermède des nerfs; et si un nerf est coupc ou lié, les muscles auxquels il se distribue n’obéissent plus. On peut imiter cetteactiondela volonté en ébranlant, ou piquant, ou déchirant les troncs nerveux; il en résulte surle-champ des convulsions dans toutes les parties musculairesauxquelles leurs branches aboutissent, et cela a lieu même après la mort. L’irritation de la moelle allongée après la décollation agite tous les muscles du visage, et celle de la partie cervicale de la moelle épinière met tout le corps en convulsion.
On pourrait jusqu’à un certain point regarder