‹ Leçons d'anatomie comparée de Georges CuvierChapitre 165 sur 367 · C. Dans les reptiles et les poissons · texte numérisé non relu

C. Dans les reptiles et les poissons

Le cerveau des reptiles et celui des poissons n’occupant qu’une petite parlie de la cavité de leur crâne, la forme et la grandeur de cette cavité n’est point un indicateur important. La tortue l’a grande, étroite de droite à gauche, élevée en avant, surbaissée en arrière. Les parois latérales sont presque verticales; son fond est parallèle au palais. La forme extérieure de la tête et son volume apparent sont dus à des os accessoires entre lesquels et le crâne est un grand espace occupe par des muscles et des glandes.

Cette petitesse de la cavité du crâne, relativement au volume extérieur de la tête, est encore plus extraordinaire dans le crocodile où cette cavité admet à peine le pouce dans un individu de quatre mètres de longueur, et où l’aire de la coupe du crâne ne fait pas la vingtième partie de celle de toute la tête. La figure de cette coupe est oblongue, un peu plus large par devant, descendant en arrière. Il y a un enfoncement considérable pour la glande pituitaire. Elle n’est pas plus large que haute, et, les parties latérales de la tête ne recouvrent, comme dans la tortue, que les fosses temporales.

[Dans les sauriens, cette coupe produit généralement une figure rectangulaire rétrécie en arrière à la région occipitale, et terminéeen pointe plus ou moins allongée en avant.

Dans les serpents, ce n’est plus qu’un triangle très-allongé avec un petit prolongementétroitau milieu de sa base à la région occipitale.]

Le crâne des grenouilles et des salamandres est presque prismatique.

Celui des poissons est généralement fort petit en comparaison du reste de la tête; mais ses formes varient beaucoup, et ne se rapportent ni à celles du cerveau, ni à celles des parties environnantes ; elles approchent le plus souvent de l’ovale, [mais sont quelquefois tout à fait rectangulaires.]

ARTICLE II

OSTEOLOGrE DE LA TETE DE l’bOMME ET DES MAMMIFERES.

§ I. Forme générale de la tête osseuse.

A. Dans l’homme.

La tête osseuse de l’homme présente de toute part de belles formes ovales.

En avant sont creusées deux grandes cavités coniques, dites orbites, et contenant les yeux; entre elles deux s’ouvre une autre cavité, dite nasale, divisée en deux par une cloison, et se rendant horizontalement jusque dans une fosse appelée V arrière bouche. De chaque côté, derrière l’orbite, la crâne est comprimé ou creusé d’une fosse dite temporale; de l’angle de l’orbite et de la joue part une espèce d’anse osseuse nommée arcade zygomatique, et qui va rejoindre le crâne derrière la fosse temporale; entre cette arcade, la partie latérale de la mâchoire, la fosse temporale et l’arrière-bouche, est une fosse profonde dite sphénoïdale.

La région au-dessus des orbites se nomme le front. Celle du sommet de La tête le rertex. Celle de derrière la tête l 'occiput; les parties enfoncées derrière les orbites se nomment les tempes. La partie saillante sous l’angle externe de l’orbite la pommette. Celle qui est au-dessous de chaque orbite la joue.

Le crâne, considéré à part, est une boîte ovale, plus longue que large, plus large et plus haute en arrière qu’en avant. Sa partie antérieure, ou le front, approche de la verticale et est bombée supérieurement.

La partie supérieure, ou le vertex, forme une voûte. Les parties latérales, ou tes tempes, sont un peu aplaties pour former des fosses temporales peu profondes.

La partie postérieure, ou l’occiput, est trèsbombée dans le milieu de sa hauteur.

Le trou occipital a son plan presque horizontal, et est placé vers le tiers postérieur de la longueur.

La lame cribleuse qui communique de l’intérieur du crâne vers le nez est entre les deux orbites et presque horizontale ; d’où il résulte que la base propre du crâne s’étendant de cette lame au grand trou occipital ne fait pas le tiers de la longueur totale de l’ovale.

La face de l’homme est petite proportionnellement.

La mâchoire supérieure a pour contour une parabole, et sa face intérieure est concave en dessous pour former le palais; son pourtour est saillant et occupé par les dents. La face élevée sur celte base s élargit sur les côtés, à moitié hauteur, pour former les pommettes, d’où part vers le haut le bord externe de l’orbite, et en arrière l’arcade zygomatique. Le bord interne de l’orbite, qui est en même temps le bord externe du nez, part du devant de cette même face, qui se trouve ainsi percée d’avant en arrière par le double canal des narines.

Sous cette mâchoire supérieure est l’inférieure , à peu près de même contour.

Considérée par lecôté supérieur, la tête présente

une voûte arrondie plus longue que large, plus large en arrière qu’en avant, et d’une convexité à peu près égale, sauf deux saillies vers l’arrière un peu plus bombées que le reste. On voit des deux côtés , vers le devant, les arcades zygomatiques légèrement saillantes , et en avant l’on aperçoit la saillie des os du nez et de la mâchoire supérieure.

Considérée par le côté antérieur, la tête parait divisée en trois parties : les mâchoires, la partie supérieure de la face et le front, belle voûte légèrement entamée de chaque côté vers le bas par les fosses temporales , éehancrée à son bord inférieur par les arcades sourcilières ou bords supérieurs des orbites.

Entre les orbites sont les os du nez qui recouvrent le haut de l’ouverture nasale antérieure; le reste de celte même ouverture descend plus bas que les orbites, et échancre ainsi fortement le haut de la mâchoire supérieure. On voit de chaque côté les saillies des pommettes qui vont former les arcades zygomatiques , et entre elles descend le bord dentaire de la mâchoire supérieure.

La cloison verticale et les cornets du nez s’aperçoivent au travers de son ouverture.

Considérée de profil, la tête humaine présente la belle courbure de son crâne *; sa face descendant presque verticalement sous la partie montante et antérieure de la base du crâne; la saillie desosdu nez; le bord presque horizontal de la mâchoire inférieure se prolongeant de chaque côté derrière les dents en une double aile osseuse; la pommelle et l’arcade zygomatique unissant de chaque côté la face à la partie postérieure du crâne; l’articulation de la mâchoire inférieure sous l’extrémité postérieure de l’arcade; derrière cette articulation le trou auditif; derrière ce trou une éminence saillante vers le bas, nommée apophyse inastoïde ; enfin la saillie de l’occiput.

Considérée en arrière, la tête présente une courbe faisant plus d’un demi-cercle, terminée de chaque côlé vers le bas par la saillie de l’apophyse mastoïde; et entre les deux apophyses , le grand trou occipital vu par son plan , et les deux condyles placés à ses côtés, et servant à l’articulation sur la première vertèbre.

Considérée en dessous, la tête présente au total Un 0valc plus régulier que par les autres côtés; en avant saille la parabole du palais, sur le bord postérieur de laquelle s’ouvrent les fosses nasales,

* t dans Blumenbacli {cran, divers, gent. decad.

Pb ai et 5() les admirables profils de deux têtes de racecaueasique, qu’il donnecomroe des types de beauté.] [C est celle qui a vécu à Paris sous le uoin de Vé- ,1U8 hottentote.]

ue | "S ,lel>ilrloos ici que des caractères ostéologiquea ( e la tete , et uous n’avons pas à rechercher si les

et dont les bords latéraux se prolongent en deux ailes osseuses dites apophyses plënjgoïdes. On voit bien la profondeur des fosses temporales cernées en dehors par les arcades zygomatiques. Les deux tiers postérieurs de la base du crâne occupent le reste de cette surface, et ont dans leur milieu le trou occipital. On voit aussi par leur face inférieure les condyles occipilaux, les apophyses mastoïdes et styloïdes, les cavités gléuoïdes pour l’articulation de la mâchoire intérieure , et une foule d’autres détails sur lesquels nous reviendrons.

Les premiers objets de comparaison avec la têle caucasique doivent être les têtes des races humaines qui s’écartent plus ou moins de celle-là.

[ On sait eu eflet que l’espèce humaine présente certaines conformations héréditaires qui constituent ce qu’on appelle des races; et que trois d’entre elles surtout sont éminemment distinctes, la blanche ou caucasique, qui a servi de type à la description précédente, la jaune ou mongolique , et la nègre ou élhiopique.

Les hommes de la race mongolique, à part la saillie de leurs pommelles, ne s’éloignent pas sensiblement, pour les caractères anatomiques de leur tète osseuse, de ceux de la race caucasique.

Mais dans la race élhiopique les différences deviennent très-grandes; le crâne diminue, et la face augmente : les tempes sont plates, le front comprimé; la mâchoire supérieure fait en avant une forte saillie , de sorte que la ligne du visage , de presque verticale qu’elle était, devient trèsoblique, elles os du nez y forment unevoûle trèspeu relevée. Tous ces caractères se retrouvent au plus haut degré dans une tête de femme de la variété boschismemne ” : elle a surtout les os du nez plats, triangulaires, d’une petitesse remarquable; les apophyses montantes des maxillaires ne font point d’arête ni de saillie autour et au-dessus des ouvertures nasales; de sorte que les os du nez, ces apophyses nasales du maxillaire, et la tubérosité de la pommette, sont dans un seul et même plan oblique avec l’ouverture extérieure des narines.

On ne trouve pas dans l’étude des tètes des Américains et des Malais de caractère à la fois précis et constant qui permette d’en faire des races particulières, et ils ne se laissent pas non plus aisément rapporterà l’une des trois grandes races*”. Néanmoins , peut-être qu’un examen attentif des crânes fournirait plus de caractères distinctifs

caractères tirés de l’ensemble du corps , c’est-à-dire delà forme des traits, de la nature des cheveux, de la couleur de la peau, etc., permettraient d’établir un plus grand nombre de races. C’est ce qu’ont tenté plusieurs auteurs, et tout récemment M. Pritchard daus un ouvrage intitule : Resmrches into the pbjrsieal history uf mankind, i vol. iu-8". London, ]

HUITIÈME LEÇOJN. — OSTÉOEOGIE UE LA TÈTE.

qu'on n’en a encore découvert, si le petit nombre des têtes d’origine certaine dans les cabinels , et l’extrême difficulté d’obtenir et de reconnaître des têtes de race pure, n’apportaient un trèsgrand obstacle aux recherches de cette nature. Ainsi , il nous a semblé remarquer quelque chose de particulier dans la forme de la partie postérieure du crâne des habitants de Van-Diemcn.

Si l’on regarde leur tête parla face postérieure on lui trouve une forme plutôt pentagonale qu’arrondie. La ligne de la base du crâne en forme un des côtés; les deux autres, perpendiculaires au précédent, sont formés par la terminaison en arrière des fosses temporales qui sont hautes et plates, et les deux côtés supérieurs résultent de la réunion à angle sur la suture sagittale des deux pariétaux.

On a trouvé , dans des pays différents, des têtes humaines dont la forme à la fois constante et trèsbizarre semblerait indiquer une race tout à fait à part. En effet, le Iront fuit en arrière, immédiatement au-dessus des orbites; le frontal, au lieu de présenter une voûte arrondie, est plat; les tempes sont moins larges et plus hautes; la partie la plus élevée du crâne n’est plusle sommet du front, ce sont les bosses pariétales qui sont reportées en arrière, de façon que la face occipitale est fortement inclinée; en un mot, le crâne ressemble à une sorte de long cône obliquement appuyé sur la face ; mais cette disposition n’est point naturelle, elle est le résultat des usages de certains peuples, qui, au moment de la naissance , soumettent le crâne des nouveau-nés à une compression qui lui donne celte forme étrange. Cet usage , qui subsiste de nos jours chez les Caraïbes, paraît avoir été répandu chez d’anciennes peuplades américaines, ill. Peu 1 la ml a rapporté du Pérou au Muséum un grand nombre de têtes trouvées dans d’anciens tombeaux, et qui toutes offrent les mêmes caraclères et. la même déformation. Bien plus, avant la découverte de ces crânes singuliers, le Muséum avait reçu d’Allemagne un crâne absolument semblable , tiré d’un très-ancien tombeau.

Dans ces têtes , la circonférence au-dessus des orbites est de 16 pouces 6 lignes, tandis que celle d’une tête caucasique est de 19 pouces et demi.

La plus grande hauteur du crâne, du trou occipital aux bosses pariétales, est de 5 pouces 8 lignes; la même hauteur dans la tête caucasique est de 4 pouces 8 lignes.

Quelque différents que soient les crânes des en-

fants de ce qu’ils ser0nt dans l’adulte, les caractères distinctifs se montrent déjà de la manière la plus évidente dans les crânes d’enfants des trois races *.]

B. Dons les mammifères.

a. Quadrumanes.

De toutes les tètes d’animaux, celle de l'orangoutang **, dans son jeune âge, est la seule qui approche un peu de celle de l’homme , par ]a jjran. deur proportionnelle, du crâne, la hauteur du front, et la convexité du vertex, annonces du développement des hémisphères du cerveau ; mais on a exagéré beaucoup l’étendue de ce développement, parce qu’ou ne l'a décrit jusqu’à présent que d’après de très-jeunes individus, dont la face n avait pas atteint sa proportion naturelle; et même dans cet état ses différences sont déjà trèssensibles, et bien plus fortes que celles que nous ayons observées dans le nègre.

Je ne puis la décrire moi-même que d’après un individu de la Cochinchiue, qui n’avait pas encore changé de dents.

Dès le premier examen du profil, on voit que les orbites remontent beaucoup plus haut sur le front; que la face est beaueoup plus élevée , les sourcils et le front plus reculés, te museau beaucoup plus saillant, la mâchoire inférieure plus élevée, ses branches plus hautes et plus larges la région pariétale beaucoup moindre, et que le trou occipital se relève de manière à faire un angle de plus de 50» avec l’horizontal. La face occipitale présente une obliquité correspondante.

De face, les différences se montrent encore mieux; le front plus court, plus serré, et toutelois bien voûté et bien arrondi; les orbites plus hauts que larges, extrêmement rapprochés, ce qui laisse peu de place pour le haut du nez, leur plafond descendant plus rapidement en arrière la pommette plus basse par rapport à l’orbite ainsi que l’os plimura et le lacrymal, les narines ne remontant pas jusque entre les orbites; mais percées au milieu de la hauteur de la mâchoire supérieure.

Tar la base , ou est frappé de la proportion beaucoup moindre de la région occipitale, de la longueur bien plus considérable de la face palatine ; le sphénoïde est placé plus en arrière le trou occipital est d’un tiers plus long, à proo tion de la largeur, que dans l’homme.

* [F. Blumenbach. O. C. pi. aS, aq et 3o.]

** F. Sur le crâne de cette espèce. Camper, Diss. sur l’orang-outang , œuvr. trad. franc., 1. 1, p. i2i, et pl. 1, figures 3 et 5. Cette figure, copiée plusieurs fois, est d’après un individu qui n’avait encore que deux mâclielières de lait. Celle quo donne Josephi, Anal, des

mamm. l supp., pl. IV, fig. a , est du même individu, [ K aussi Bander et d’Alton., Oie skeleie der vierhunder, Bonn., i8a4. PL VIII, a, b. 0weu, Mem. on the asleologjr of the chimpanzés and orang utan, Zool. Irons., vol, I , p. 343.]

ARTICLE DEUXIÈME

Je dois a M. Wallich, directeur du jardin de la compagnie des Indes, à Calcutta, une tête d orang-outang de l’Inde au delà du Gange, assez différente de mon orang-outang de la Cochinchine, quoique de fort peu plus avancé en âge. Son crâne est plus petit à proportion; ses jugaux ont de chaque côté, près de leur suture avec le frontal, une grosse proéminence : ses sutures inter-maxillaires sont effacées, meme sous le palais, bien qu’il n’ait pas changé de dents; l’aile temporale de son sphénoïde n’atteint pas jusqu’au pariétal ; la suture transverse du palais n’est pas droite, mais fait une pointe en avant.

Cette tête m’a conduit à reconnaître que le grand ponyo de Wurmb n’est probablement que l’adulte d’un orang-outang \ Sa tête diffère, en effet, de celles des orangs qui ont été examinées jusqu’à ce jour, à peu près comme les têtes de guenons adultes diffèrent des jeunes.

11 a les dents de l’homme et des guenons , sans cinquième tubercule à la dernière. Son museau est en arc obliquement concave comme celui des orangs, le crâne s’élève de même au-dessus de la face , et sa base au-dessus du niveau du palais. Tous les trous, les fentes, etc., sont disposés comme dans les orangs; il se trouve donc en définitif que le%seules différences considérables consistent en ce que le crâne est plus petit à proportion, et porte une crêle produite parle rapprochement des fosses temporales, et en ce que les branches de la mâchoire inférieure sont plus développées et plus élevées, différences toutes de nature à être produites par l’âge

Cet animal appartient plutôt au deuxième orang dont j’ai parlé qu’au premier, à cause de la forme des bords des orbites.

Le chimpansè du Congo, dont on n’a pu décrire non plus qu’un individu extrêmement jeune, a beaucoup de rapport avec le jeune orang-outang pour la face ; son museau est cependant plus court. Les arcades sourcilières des orbites forment une crête saillante derrière laquelle le front se

* [Cette opinion, que M. Cuvier exprimait encore avec doute à l’époque où il rédigeait cette partie de sou osteologie, a été depuis confirmée complètement, y, notamment le mémoire de M. Owen , et les planches qui l’accompagnent.]

F* les ligures de la tête dessinées par Camper, di'ns Fischer ISaturhistorische fragmente, I, planches III et IV.

y pour la tète osseuse du cliimpanse, Tyson, Anat. oj a pygmi€j £g 5^ copié Josephi, pi. II; Danbenton, naL de t. XIV, in-4° , P* 77 et

et Man. de V Acad, efoy sc. pour 1764» P- 563 et | XVI; Fischer, Naturhist, fragm I, pi- I» lm

T*6**’ Transact- ofthe zool. soc. of London, 1. 1, p- 343.] [Hans cette leçon, il n’est question de l’arcade

TÊTE DES MAMMIFÈRES

jette promptement en arrière; mais l’occiput est plus bombé que dans l’orang-outanp , et le trou occipital moins allongé, ses proportions étant les mêmes que celles de l’homme ***.

La tête du chimpansè adulte diffère beaucoup de celle de l’orang, par la situation du crâne en arrière et par l’absence des fortes crêtes frontale et sagittale que présente ce dernier; sa face supérieure est lisse, convexe. Le rebord sourcilier, trèssaillant, se continue au-dessus du nez, et sépare complètement la face du crâne; vue en devant, la face est presque limitée en haut par le rebord des orbites, et ne laisse voir qu’une très-petite partie du front; sur les côtés, on ne voit rien du crâne en arrière, à cause de la largeur des orbites et des pommettes; le profil suit une ligne si oblique, par la forte saillie du museau, que l’on pourrait presque dire qu’il n’y a plus de face antérieure de la tête; l’arcade zygomatique **** n’est plus comme dans l’homme dans la première moitié de la tête, mais bien dans son tiers moyen *****.]

Scion Daubenlon, la tête du grand gibbon noir serait plus voisine qu’aucune autre de celle du chimpansè; l’occiput était plus étendu; le frontal plus aplati ; le bourrelet sourcilier moins saillant et interrompu au-dessus du nez; les orbites plus larges que hauts, et presque aussi séparés que dans l’homme; ses naseaux moins longs que dans le chimpansè laissaient remonter L’ouverture des narines jusque entre les orbites, le museau était moins saillant ******,

Je n’ai qu’une tête de gibbon cendré , qui n’a pas encore sa dernière mâchclière. Cette description lui convient assez ; elle ressemble aussi beaucoup aux têtes do guenons à tête ronde; sa principale différence est que le museau saille moins que dans les guenons, et que l’intervalle des orbites est plus large et les os du nez aussi distincts et aussi forts à proportion que dans l’homme.

[Les gibbons adultes, tels que le ■womcou , Vonko, conservent les mêmes caractères, seulement les orbites deviennent remarquablement saillants en

zygomatique que ..dans ses rapports avec l’ensemble de la tête; elle sera plus spécialement décrite dans la XVIe leçon, pour la part qu’elle prends la manducation,]

***** [M. Oweu, dans le mémoire que nous avons déjà cité, donne les détails anatomiques les plus étendus sur la tête et le squelette de l’orang et du cliimpansé à différents âges; et il est porté à considérer le chimpansè comme plus près de -l’homme que l’orangoutang. Mais de son travail même il nous semble résulter cette conclusion que ces animaux sont, l’un et l’autre, très-voisins de l’homme, mais par des caractères différents, de sorte qu’il est fort difficile de dire lequel

des deux l’emporte sur l’autre.]

****** y, Daub. XIV, io3 et pi. VI.

gibbon syi'Ïlr'Le vlllVsZcT^, rlstinte!^ IM PJ0nS’ * ?* P'"S roeciPnt relève dans rompu au-dessus du ne/. : en dehors il s’en détache temporal “touÏT" ï Cr"'e<'U V6rteï el la fosse une ligne rugueuse, qui circonscrit la fosse tempo- pas beaucoup plus °T’ • e"r l™'1 occi',ital n’est raie. La partie postérieure du crâne est arrondi fil , P elcve que dansles précédents ;

et les crêtes temporales s’écartent en arrière ’ ^ £ Pr°P°rti0n de ^ >*

Les (êtes des autres singes de l’ancien conti- n , ■ •„

nent s’éloignent de plus en plus de l’homme à m - ,on " "? T . '^7^ cléve-

8ure 1«e leur vertes s’aplatit davantage et Te l?P 'î - maChoire’> rendements

leur B ’ el(l"e <lu max|llaire supérieur, |a saillie des arêtes

leur museau augmente en saillie el en grosseur mais l’essentiel des divisions, des connexions, des’ fosses et des trous reste le même.

On doit d’abord considérer les guenons, dont la cinquième molaire d’en bas n’a que quatre tu

KoPAIllan ■ 1- . -

du crâne et du rebord des orbite, "'donnent a cette tete une forme frappante et tout à fait étrange **. ]

Ces quatre sous-genres forment une série qui Marche par dégradations régulières, mais à côté

hercules; leur museau est ’ — * *

presque rectiligne; tant qu’elles n’ont pas poussé espèces orfon £,£ Sn “ '7'" la dernière molaire, leur front „ JL 1 .... Jmmc des rùnt„ 1 ‘ " leUrS

ngLuis ou des ruminants, et où la derme™ molaire a un cinquième tubercule, à la

j . «* > II U«L pus pousse

a dernière molaire, leur front est encore un peu bombé au-dessus des sourcils ; ensuite il s’aplatit c e p us en p us et se met de niveau avec l’arcade souiei iere, 1 inclinaison du trou occipital est à peu près la même que dans les orangs ; l’arêle • occipitale est saillante et devient aiguë avec l’âge mais il n’y a point d’apophyses mastoïdes, même «ans les plus vieux individus.

Viennent ensuite les macaques et magots r, nui ont cinq tubercules à la cinquième mâchelière en bas, mais dontle museau ne saille pas à proportion plus que dans les guenons et n’égale point le crâne en longueur; cependant leur profil se distingue par sa concavité à la racine du nez, et dans la plupart l’arcade sourcilière forme avec l’âge un bourrelet saillant. [La face occipitale, bien limitée par scs arêtes, est triangulaire, et inclinée en arrière.]

Les cynocéphales ou papions ont encore, avec les dents des macaques, les caractères des guenons; mais leur museau égale ou surpasse leur crâne en longueur, à cause du développement de leurs maxillaires supérieurs : dans les adultes, il le surpasse quelquefois de moitié; [leur crâne est moins élargi derrière les tempes.]

»ans les mandrills, on observe les caractères

. luutnjuii; 3 i3

vérité très-petit, quoique leur museau soit encore plus aplati qu’à la plupart des guenons. [Ce sont les semnopithèques. La forme générale de leur tête les rapproche des gibbons; mais les orbites y sont moins saillants en dehors : le rebord sourcilier se continue au-dessus du nez, mais sans faire de saillie ; les deux crêtes temporales marchent parallèlement jusqu’au point où elles s’unissent à l’occipilale. Dans le doue, le »asiq,l% le dmepaye, la fosse basilaire est très-profonde vers l’ouverture postérieure des narines, qui sont elles-mêmes très grandes. Le croo seul dans ce genre a les crêtes temporales réunies , et la fosse basilaire plate comme celle des genres précédents. ]

Le premier sous -genre des singes du nouveau continent, ou les sapajous, a la tète, prise en général, très-semblable à celle des guenons à tête ronde ; [mais les proportions des os et quelquesunes de leurs connexions sont différentes ***.] Leur jugal remonte beaucoup plus haut , à côté de l’orbite : le canal auditif externe n’existe pas ou se réduit au large cadre du tympan ; leur caisse est déjà un peu renflée en vésicule.

Les alèles ou coaïla **** présentent les caractères

* F. pour le bonnet chinois. Fischer, Anatomie des makis, pi. 17. Il donne, Naturh. fragm., I, pl. II, fi„. ^ une tête de magot fort âgé, à en juger parla crête sagittale, où les os du liez sont grands et distincts. Je n’en connais point de telle : cette tête est assez exacte pour le reste. C’est un jeune magot que paraît représenter Joseph!, Ostèol. des mamm., pl. III, fig. Spix, Cephalogencsis, pl. IX, fig. 6, donne une tête qu’il croit de macaque; mais l’espèce est au moins douteuse. - [Tête de V aigrette ( simia ayguluV l’an, lcr et d’Alton ouv cit, pl. VIII,/]

** F. pour le mandrill presque adulte les figures des-

silices par M. Sœmmering, dans VAnat. des mamm. de

fosephi, t. I suppl., pl. I, et II. Foyez aussi Spix, Ce phalogenesis, pl. VI, fig. 7. Fischer, Naturhist. fragm.-.

pl- h fig. 3, donne une tétequ’ij croit d’un jeune cynoccp ta e, mais qui est au moins très-incorrectement dessrnee: Cheselden donne celle d’un très-vieux; Ostèoorà.

plue, pl. vis-a-vis du premier chapitre. r y ,b .

Pander et d’Alton, ouv. cit., pl. VIII, c d c \'

Jü7m\dlT Uae l,nR Je WoiTcteÀ,!.

mamm pl. III, fig. 3, et mieux ib, s.lh m ,, n P* «g* i et a.

Il y en a une aussi, Spix, Cephalogenesis, pl \ 2 et j

coupe verticale, ib., pl. Il, lig. 2. TTAit. ,1 * . *

Ti j J,., . L lete «u sajou cornu ,

Pander et d Alton, ouv. cit. pl. V[[lt fa j

*”*1» figure de eoaïl», Fischer, Nutur. fragm „[ r fig. 2, est imparfaite, et d’après „„ individu maladec’est je crois la même qui a servi à M. Spix, Cephal ’ pl. VI, fig. 3. [Têtes du coaïla h centre blanc , et de Va’ loualte rousse, Pander et d’Alton, ouv. c., pl. V, a b ]

ARTICLE DEUXIÈME

généraux des sapajous, mais leur crâne se relève nn peu plus au-dessus du niveau de leur palais, parce que les branches de la mâchoire inférieure commencent à prendre ce développement qui devient extrême dans les alouettes.

L’ascension oblique du crâne, et l'agrandissement en hauteur et en largeur des branches de la mâchoire inférieure, sont plus considérables encore dans les alouaUes * que dans le pongo; d’où il résulte que l’arcade zygomatique, loin d’être parallèle au palais, comme dans les autres singes, descend fortement d’arrière en avant, et que le méat auditif est placé plus haut que l’orbite. [Les deux crêtes temporales sont parallèles sur le haut du crâne.]

Déjà dans les alouattes on aperçoit quelque proclmté dans les incisives inférieures plus grande qu’aux autres singes. Les sales ont les inférieures et les supérieures obliquement dirigées en avant et faisant ensemble un angle aigu ( de 70° envil’on). Leur tête a des formes qui se rapprochent tantôt de celle des atèles, tantôt de celle des alouattes.

Les saïmiris diffèrent des sapa jous par l’ensemble général de leur tète, dont la partie pariétale est beaucoup plus allongée, ce qui fait que leur occiput proémine bien davantage *\ [La force occipitale est presque tout à fait dirigée en bas, cl semble faire suite à la face inférieure du crâne; de sorte que le trou occipital paraît situé en dessous et non en arrière du crâne, et sur un plan horizontal. Par la meme raison, le jugal est contenu dans la moitié antérieure de la tête.]

Les ouistitis ont le même crâne à peu près que les sapajous; seulement il saille un peu plus en arrière , mais moins à proportion que celui des saïmiris. Le trou occipital est oblique. Ils se distinguent principalement par leur face, moins haute verticalement, singulièrement courte, par leur front très-fuyant en arrière et par l'obliquité de leurs orbites.

[Jusqu’ici les têtes que nous avons eu à décrire ont conservé dans leur forme générale de grandes analogies avec celle de l’homme. Leurs orbites ouverts en avant, fermés par des parois osseuses,

TÊTE DES MAMMIFÈRES. ggg

permettaient d’y voir, malgré l’aplatissement du front et la proéminence des mâchoires, une face antérieure comme dans l’homme. Mais à partir des lémuriens, la direction de plus en plus oblique des orbites, l’absence de leur paroi externe, qui laisse apercevoir le crâne en arrière, l’allongement en sens inverse du crâne et de la face, donnent à la forme générale de la tête, dégagée de la mâchoire inférieure, celle d’un cône plus ou moins allongé, dont la base répond à l'occiput. Le crâne et la face s’unissent en dessus suivant une ligne tantôt droite, tantôt sinueuse, tantôt uniformément courbe.

Le loris paresseux a le museau tronqué audessus des incisives, [très-court, et surmonté par deux grands anneaux orbitaires encore sensiblement dirigés en avant, et fort rapprochés l’un de 1 autre au-dessus des os du nez; le crâne est arrondi en arrière ; la base du crâne plate. Dans le lorisgrêle **”% les orbites se rapprochent l’un de l’autre au point de n’être séparés sur la ligne médianeque par une lame extrêmement mince. Dans une espèce voisine de Viudrx, Varnhi, le museau est gros et très-court, les orbites très-grands, mais très-obliques , et séparés par un large espace. ] Les ci êtes temporales se marquent très-bien avec l’âge, mais ne se rapprochent pas beaucoup. Elles se rejoignent dans le grand galago.

Dans les galagos ****** ^ eii même temps que leur museau s’élargit il s’allonge; [leursorbites deviennent plus obliques, et s’écartent l’un de l’autre ,] ce qui conduit à la forme des makis proprement dits *******. Ceux-ci forment le type intermédiaire entre les singes et les autres animaux, et commencent sous plus d’un rapport à nous faire apercevoir les formes des animaux carnassiers. Leur large museau s’allonge en continuant la ligne du Iront, et tellement, que si le chanfrein se prolongeait il ferait avec le palais un angle de 12 à îgà. La convexité du crâne s’élève peu au-dessus de l’intervalle des orbites. Ainsi la face, sans être plus longue que dans les cynocéphales , a une plus grande capacité cubique.

[Dans le tarsier, la disproportion entre le museau et les anneaux des orbites est prodigieuse; le

■ P°ur une figure de tête d’alouatte, Cuvier, Ma- ^ncyclop,, Fischer, Naturhist.fragm ., pl. II, fig. 5. P», Cephalog ., p). VI, fig. g.

f igure de tête de saiiri iri , Spix, Cephal „ fil. VI,

J°sephi a donné nne tête d’ouistiti» Ostèol. des siamm. suppl., p] J I [ , fig. 3 ct 4. y. aussi Spix, Cc-

Vl’ [Pander et d’Alton, ouv. cit., pl.V.e.J cable ^U^0n a donné par une erreur presque inexplidaman S“Ppl' L VIL pl* XXXVII, la tête de l’hyrax ou * C0Innie étant celle du loris paresseux. [Tête du paresseux, Pander et d’Alton, O. C., fil. VII, A]

***** y or. pour le loris grêle et le ceylonien, que je crois ne différer cfue par l’âge, Fischer, Anat. des makis, pl. VIII et XI. — Wiedmann, Arch. zool., t. III, pl. I, fig. 1, 2, 3. — Spix, Cephalog., pl. VI, fig. 11.

****** y0y, pour le galago, Geoffr. Mag. encycl ., 1796, t. 1, p. ao. — Fischer, ouv. cit., pl. I, fig. 1.

******* y [louJ. jes makis proprement dits, Joseplù, Ostèol. des mamm. suppl. pl. IV, fig. 3 , tête dessinée par Camper. Fischer, Anat. des makis, pl. XIV. Spix, Cephalog. pl. VI, fig g. [Pander et d’Alton, ouv. cit. pl. VU, a.]

OSTÊOLOGIE DE LA TÊTE

premier est court et étroit ; les autres sont trèsouverts, dirigés obliquement en dehors et rapprochés. L’arcade zygomatique est très-petite *. ]

b. Carnassiers.

[Les chauves-souris proprement dites ont le crâne arrondi sur scs côtés , et présentant , vu en dessus, la forme d’un ovale effilé eu avant, où le rapprochement des fosses temporales produit une sorte d’étranglement de la tête, au point de réunion de la face et du crâne. Cet étranglement est extrême dans le fer-à-clieval , et dans le rhinopome microphylle ; il est surmonté par la crête sagittale qui est très-saillante dans les molosses , les noclilions, le vampire, où elle va se joindre à des crêtes occipitales aussi très-marquées, et qui est moindre dans la noclule et quelques autres. 11 y a des espèces où la crête sagittale est plus marquée en avant qu’en arrière. Les arcades zygomatiques sont faibles et en S, et plus ou moins saillantes en dehors.]

Les formes du museau diffèrent prodigieusement. Il est conique et assez allongé dans le vampire ; mais les autres phtjlloslomos l’ont plus gros et plus court. Les chauves-souris les plus communes, sans fausses molaires, h'esp. noctula, serotinus, etc., l’ont très-gros, très-court, déprimé et fortement échancré par l'ouverture nasale. Les vespertilions h fausses molaires l’ont un peu plus long, et le chanfrein un peu concave en dessus. Dans le nodilion , les molosses, les nyctinomee, il est gros, court et arrondi.

Les rhinolophes l’ont fortement échapcré par l’ouverture nasale, et gonflé et élargi au-dessus de cette ouverture.

Dans les rhinopomes, il y a un renflement de chaque côté, un peu au-dessus de l’ouverture

* Voy. Fischer, Lettre à la classe des sciences de l’tnstitut sur une nouvelle espèce de tarsier, et id. Anal, des makis , pages 35 et suiv., vignette du titre, et pl. III, IV, V et VI. — Spix, Cephalog., pi. VI, fig. t2.

"* y. pour la tête du phylloslome vampire, Geoffr. Ann. mus. XV, IX, 5 et 6; — celle du pbyll./er-delance, id. ib. fig. 7, 8, 9 (il y manque les dernières molaires); — celle du glossophage {y esp. soricinus, Pall.), PiW.Spicil /asc. III. pl. îv, fig. r et 2; — celle d’uu mégaderme, Geoff. t. XV. X, fig. 1 et s; — celle d'un molasse , Pall. Spic.fase., III , pl. iv, fig. 1 1; — celle d’un nyctinome, Geoff. Egypt. mamm., pi. rv, fig. 3; — celle d’uu nyctère, id.ib. fig- 1; — celle d’un rhinoloplte , id. ib . fig.

— celle d’un tnphien, id. ib. fig. 1; — celle d’un rhinopome, id. ib. fig. 6 ( sous le nom de taphicn /ilet); — celle d’un vespertilion pipistrelle, id. ib. fig. 5.

\yoy. pour les têtes de plusieurs espèces de molosses et de nyetinomes, Temminck. Monog. de mammal., 1. 1, pl. XXIII. yoy. aussi le Mémoire de M. Fréd. Cuvier,

nasale. Dans les taphiens, les mégadermes et les nyctères,, le dessus du museau est déprimé; il est même concave dans les nyctères, et ses bords sont élargis en une crête qui passe sur l’orbite et va se joindre à la crête temporale pour former avec elle un disque qui supporte ces cavernes singulières qui caractérisent [a face de ccs animaux. [Les rebords de ce disque sont surtout fort saillants dans le nyctère de la thébaïde *f. ]

Les roussettes ont la lète très-diifércnle (les chauves-souris ordinaires. Sa forme générale [principalement dans les roussettes proprement dites] approche assez de celle du chien ou du renard, si ce n’est que les intervalles des orbites sont plus étroits et plus déprimés, ce qui lient à une lame cribleuse moins large, et à moins de convexité dans la partie antérieure des hémisphères et dans les sinus frontaux. [L’étranglement du crâne en arrière des apophyses post-orbitaires y est trèsmarqué; mais il ne l’est pas danslaârWote ***, qui a le museau étroit et allongé. Un antre genre de roussettes, les cynoptères, ont an contraire le museau court et gros.] La face est aussi longue que le crâne, mais moins haute, et elle est presque aussi large dans les roussettes proprement dites. [Dans les cynoptères, elle est moins longue que le crâne, et clic l’est plus au contraire dans la kiodole.~\ L’arcade zygomatique est on ce, comme dans le commun des carnassiers.

La région occipitale va en s’abaissanl. La crèle occipitale est à peu de distance du grand trou, et ne forme point de grande saillie par sa réunion avec la sagittale, qui se marque cependant et est fort étroite, mais peu saillante dans les adultes. Le trou occipital se dirige dans le même sens que le plancher du crâne, auquel son plan est presque vertical. La face occipitale est petite et plus large que haute ****.

Noue. Ann. du mus., t. I, p. 1, pl. I. Il reconnaît dans les vespertilions trois types principaux, les sérotinoïdes, les noctuloïdes, les murinoïdes, fondés sur des différences dans les têtes, égales, dit-il, à celles qui distinguent la tête des chiens de celle des chats]

¥ ' * Genre macroglosse. Fréd. Cuv. Des Dents des mamm., etc., p. 40.

**** y. pour une tête de roussette. Fischer, Anat. des makis, pl. xvur, fig. I. Les dents y sont mal rendues. — Wiederaann, Arcb. zool. et zool., t. HL s6 cah., pl. 1, fig. r, 2, 3. — Spix, Ccphalog., pl. Vr, fig. ,4, Pour une tête de cephalote, Pall., Spicil. /asc., III, pl. n, fig. 1, 2, 3. — Geoff. Ann. mus., t. XV, pl, iv. [Autres fig. de têtes de roussettes. Temminck, ouv. cit., pl. XV, fig. 1, 6, n, iî- — Pandet- et d’Alton. Die skelete der chiropteren und inseclivoren. Bonn., i83i, pl. II, e,J\ et pl. VII, a, b, c. . — Tête du macroglosse kiodote. Temminck, pl. XV, fig. 26, 29, 3o. — de cynoptères , id., ib., fig. 17-24]

ARTICLE DEUXIÈME. — TÊTE DES MAMMIFÈRES

2 bi

Le galéopilhèque * a des caractères de tête tout particuliers. Son museau est. large et déprime. Ses frontaux donnent des arcades sourcilières parfaitement latérales qui complètent vers le haut le cadre circulaire d’un grand orbite. La fosse temporale est bien marquée par des crêtes, [et elle ne'se rapproche pas de celle du côté opposé en avant vers la suture frontale, comme nous l’avons vu jusqu’ici, mais au contraire eu arrière, vers la suture occipitale. La crête occipitale est moins haute que le vertex. La face occipitale est large et anfractueuse, à cause de la saillie de l’épine occipitale, de celle des condyles, et de deux grosses apophyses du temporal, iort rapprochées

de ces condyles.

Les formes de la tête varient beaucoup dans les

insectivores.]

Les caractères généraux delà tête du hérisson ** sont ceux des carnassiers; [vue en dessus, elle paraît plutôt cylindrique que conique, avec des arcades zygomatiques plus saillantes que la partie postérieure du crâne.] Le museau est plus court, et un peu moins gros que le crâne. Celui-ci est peu comprimé en avant; sa crête sagittale peu marquée ; l’occipitale médiocrement saillante ; la tempe peu enfoncée; l’arcade monte un peu obliquement pour rejoindre le temporal.

C’est par le canal des arrière -narines que les lenrccs ressemblent lcplus aux hérissons; du reste, tout semble différer ou premier coup d’oeil. Leur tète est en cône très-allongé; leurs crêtes sagittale et occipitale sont extrêmement saillantes. [La face occipitale est en triangle, et â la face latérale de la tête ou ne trouve pas d’arcade zygomatique .

Les cladobales ont la tète ovoïde, arrondie en arrière, sans crêtes saillantes, le museau étroit, beaucoup plus petit que le crâne; les arcades zygomaliques médiocrement saillantes, et le cercle des orbites fermé en arrière.

La musaraigne musquée a une forme générale de tête fort voisine de celle du lenrec ; même allongement, même saillie proportionnelle de la

’ y. pour une tête de galéopithèque , Fischer, Anat. des makis , pl. XVIII, lig. 2 (les dents y sont mal rendues). P.'ili, memlj. de I’Aead. de Pétershourg, Ann. i-So, Part. I. — VViedemann, Arch . zool. et zool. , t. III, pl. I, l’ë- 4, 5 et 6. Spix , Cephalogenesis , pl. VI, lig- l3. [Pander et d’Alton, ouv. cit., pl. I.J

** On a des ligures du squelette entier du hérisson dans Volcher coïter, pl. II, lig. J, copié Ge. Blas. Anat. an- XXXV, fïg. 8, et dans Daubenton, VIII. La tête en Pa'ticulier, Spîx, Cephalogenesis > pl. VII, lig. 4- [Squeette et tète de V etinaceus auiitus. Pander et d Alton, oav- cit., pl. uj a p — Tête de Vérin, europœus, id. ib., P1- III, e.]

description et ligure du squelette du tenree. Mec-

crête occipitale, même absence d’arcade zygomatique ; mais le crâne proprement dit est remarquablement déprimé, et la ei êle sagittale est moins marquée. La musaraigne rl’eau parait avoir une tête beaucoup plus arrondie en arrière, sans crêtes ****. Le desman lui ressemble.

Mais la ehrysoeldore '•**** a une télé qui indique au premier abord les habitudes de cet animal fouisseur. Elle a exactement la forme d’un petit cône, court et très-pointu en avant, large en arrière, où la base de ce cône est parfaitement circonscrite par une arête qui se détache de la racine de l’arcade zygomatique, et va transversalement s’unir à celle du côté opposé sur le verlcx. Sur les côtés de la tête, les arcades zygomatiques complètent le cône en se rendant obliquement et en ligne droite du maxillaire au temporal, et la mâchoire inférieure le complète en dessous par sa symphyse, ses branches dentaires et ses apophyses postérieures, qui sont toutes inclinées en dedans en biseau; la portion du crâne qui se trouve en arrière de la crête Iransversale, et qui forme Ja base du cône, est bombée.

La taupe d’Europe ******, les condylures et les scalopes ont également la tête conique, plus large en arrière que les arcades zygomatiques, mais le cône est moins régulier; le museau est beaucoup plus allongé, la ligne du front moins relevée, pas de crête transversale sur le vertex. Dans ces trois genres, le crâne est plus ou moins arrondi de toute part, sans crêtes saillantes. L’arcade zygomatique, d’une ténuité très-grande, monte obliquement, pour rejoindre le crâne, fort au-dessus du trou auditif.

La troisième famille des carnassiers, les carnivores, onL pour caractères généraux des mâchoires fortes, une face quelquefois très-courte, des arcades zygomatiques fortes et écartées, et un crâne relevé de crêtes qui prennent fréquemment avec l’âge un très-grand développement.]

Dans le chien "v»**»*, le museau représente un demi-cône, dont le sommet serait tronqué obliquementpar l’ouverture desnarines. La face supérieure

kel, Beytrage zùr vergl. anat. t, p. 34 et - 1 1 i V . , et pl. tV, üg. t. La tête y est très-incomplètement rendue. Du tendrac, Meckel, Md., lig. 2. La tête du tenree est mieux dans Spix, Cepbalog., pl. VII, lig. •>., [fr, aussi, pour le squelette et la tête , Pander et d’Alton, ouv. cit. pi. V, a , b , c.]

**** [Fig- de tetes de musaraignes , Duvcrnoy. Mêni. de la Snc. d h. nat. de Strasbourg , t. II, pl. 2.

* Squelette et tête de la chrysocblore , Pander et d’Alton, ouv. cit., pl. V, a, b.

...... Squelette et tête de la taupe, Pander et d’Alton , O. C., pl. IV, a, b, c.

....m. Tête de clnen, Cuvier, Ossein. Jbss., t. IV pl. XVI, fig. 19-22.]

se prolonge en s’élevant cl en se bombant pour former le front, qui est large enlre les orbites, et s’élargit encore plus pour former l’apophyse postorbitaire. Au-dessous de l’orbite, la face latérale du museau produit l’arcade zygomatique arquée en dessus et en dehors, et qui produit aussi une apophyse post-orbitaire.

Le crâne est presque en portion de cylindre, plus comprimé derrière, et, sous les apophyses post-orbitaires du front, plus bombé sur les côtés en arrière. La crcte qui limite la fosse temporale part de l’apophyse post-orbitaire du frontal, fait avec sa correspondante un angle aigu, qui se continue en une crête sagittale jusqu’au point de rencontre avec la crête occipitale.

[Le renard Iricolor fait exception à cette disposition. Les deux crêtes, nées de l’apophyse postorbitaire, se réunissent à quelques lignes seulement de la crête occipitale, et ne forment ainsi qu’une crête sagittale tort courte, après avoir circonscrit sur le crâne une longue parabole, un peu comprimée à sou milieu.]

La crête occipitale forme dans le chien un angle aigu vers le haut, et se termine de chaque côté en arrière du trou auriculaire : la face qu’elle limite est inclinée ou retombante en arrière.

En dessous, le crâne montre en avant des deux caisses les deux facettes glénoïdes fort étendues en travers, ce qui écarte beaucoup les arcades zygomatiques. La région basilaire est fort plane.

Dans le chien naissant, les mâchoires sont renflées à cause des germes de dénis qu’elles contiennent. Les bosses frontales sont peu marquées, parce que les sinus qui les doivent remplir ne sont pas développés. L’apophyse post-orbitaire du frontal n’est point marquée, et il n’y a nulle crête temporale, ni occipitale, ni sagittale, en sorte que tout le crâne est arrondi.

Ces crêtes commencent à se marquer et à se rapprocher de plus en plus, à mesure que l’animal fait usage de ses muscles crotaphites ; elles se marquent et s’aiguisent d’autant, plus que le chien est plus fort, et qu’il est livré à un régime plus carnassier. Les petits chiens d’appartement conservent souvent toujours la rondeur de leur crâne. Les vieux mâtins, les vieux dogues, prennent au contraire une épine occipitale très-aigue.

Dans Vaurs (1) [le crâne est moins comprime en dessous des apophyses post-orbitaires du frontal.] L’arcade zygomatique est plus droite, plus large, la portion du jugal derrière l’apophyse post-orbitaire plus considérable, 1rs crêtes temporales se rapprochent moins vite, et forment une suture

(i)[Tèles de différentes espèces d’ours, Cuv,, Oss.Joss., t. IV, pl. XX, XXL XXII. — Tête d ours blanc, Pauder et

sagittale plus courte ; et toute la région basilaire est large et plus plate.

Le raton se rapproche du chien pour la direction de l’orbite et la forme de l’arcade, et de l’ours pour la proportion moindre de la face. Le coati (2) a la tête plus étroite et plus allongée, surtout delà partie du museau.

[Dans ces deux genres et dans les benturongs , la courbe du crâne et de la face est plus uniformément arquée;] les apophyses post-orbitaires du frontal sont moins saillantes; le crâne s’élargit beaucoup plus en arrière; les crêtes occipitale et sagittale sont moins relevées, et ne forment pos une grande épine; [la tète, vue par sa partie poslérieure, n’est point limitée par les crêtes occipitales; elle décrit, dans ce sens, une belle courbe formée par tes pariétaux. Dans les deux derniers genres, les arcades zygomatiques sont moius écartées en dehors.]

Le kinkajou a le museau extrêmement court, et formant avec le crâne une ligue uniformément courbe, dont la partie la plus élevée répond à la suture fronto-pariélale. L’apophyse post-orbitaire du frontal est à un peu plus du tiers en avant de la longueur totale de la tète; les crêtes temporales ne s'unissent pas entre elles, et sont peu marquées. L’occipitale l’est davantage ; l’arcade zygomatique est relevée comme dans te chien.

Les blaireaux:, les grisons , les marias, ont des tètes semblables entre elles, et qui tiennent à celles de l’ours et du raton plus qu’à aucune autre par la brièvclc du museau et les détails des connexions. [Le blaireau, dont la tête est arrondie dans le jeune âge, prend, quand il devient vieux, une crête sagittale mince et remarquablement haute, qui règne tout le long du crâne, et s’unit aux occipitales qui sont médiocres. Le grison a une crête sagi II ale moindre en avant, mais fort approchante île ci lle de l’hyène par la grande pointe qu’elle forme à sa rencontre avec la crête occipitale. ]

La brièveté du museau se marque surtout dans les putois et les belettes , où l’apophyse post-orbitaire est au tiers antérieur de la tête.

Les loutres ont aussi le museau très -court, et la partie antérieure du crâne, entre et derrière les orbites, plus serrée qu’aux précédents. Leur crâne est plus déprimé, sa hase plus large et plus plate.

[ L’ensemble de la lete du protèle se rapproche de l’ours , si ce n’est que ses caisses forment en arrière de l’arcade une saillie plus considérable que dans aucun des genres précédents, ]

Les rapports les plus marqués des civettes et

d’Alton, Vie skelele der raubthiere, Bonn. i8za, pl. III.

(?) Tête de coati. Pander et d’Alton, O. C. pl. VI.]

ARTICLE DEUXIÈME

TÊTE DES MAMMIFÈRES

zibeths sont avec les chiens (1). Leurs différences tiennent surtout à plus d’allongement de la partie crâne. Le front est beaucoup moins bombé que dans le chien, et. par conséquent la courbe du profil d’une venue j [ sa partie la plus élevée est assez voisine de la crête occipitale. ]

bes mangoustes et les genettes ont les plus grands rapports avec les civettes, et se rapprochent cependant un peu des maries par la brièveté du museau.

[ Le paradox u re qui, dans sa forme générale, est fort voisin tles précédents, a cependant la partie postérieure du crâne moins relevée.

Dans tous, le crâne est fort comprimé en arrière des apophyses posborbitaires. ]

La tête des chats (2) diffère essentiellement de celle des chiens par Ia brièveté et la grosseur du museau ; [ elle a dans son profil une grande ressemblance avec celle du kinkajou; mais l’orbite est presque fermé, et l'apophyse post-orbitaire du frontal est portée plus en arrière, et environ à la moitié de la longueur de la tète ; de sorte que le crâne y est moins allongé.] Les arcades zygomatiques saillent plus en dehors que dans les genres précédents; les dernières molaires sont plus écartées; [ les crêtes occipitales deviennent très-saillantes. Nous avons une tête de tigre de Sumatra, fort différente de celle du tigre du Bengale, par 1 aplatissement de la région des sinus frontaux, ce qui donne au crâne un profil beaucoup moins bombé; mais elle diffère surtout par l’excessive saillie des arcades zygomatiques en arrière, qui élargit tellement la tête en ce point, que dans celte espèce la largeur de la tète a les huit neuvièmes de sa longueur, tandis que dans l’espèce ordinaire la largeur n’est que les cinq septièmes de la longueur. Seul, parmi les chats, le guépard a une tête qui s écarte un peu du plan commun au genre, par l’étendue et la saillie des sinus frontaux, qui forment au-dessus des orbites une surface large, rhomboïdale, bombée, relevée au-dessus du crâne, et dont on retrouve quelque chose dans le chien. Au-dessous des apophyses post-orbitaires du fron- •al le crâne est très-comprimé; cette apophyse ' lie -même est située eu arrière de la première moi lié de la tête. ]

i- hyène (3) a quelque chose du chien et du chat. j°n occipitale, formée par la rencontre de

r crôte sagittale et de l’occipitale, est plus grande ^UC ('ans aucun animal ; de là sa ligne de profil a toujours en descendant, en se bombant un peu

entre les apophyses post-orbitaires du frontal, qui sont très-saillantes, et en descendant encore un peu plus rapidement au museau, qui est moins long qu’au chien et plus qu’au chat ; la plus grande partie de celte épine, qui est comprimée, appartient à l’occipital. [Les côtés du crâne sont moins bombés qu’au chien. Les arcades zygomatiques saillent beaucoup en dehors et en haut.

Les têtes de phoques ont loutes pour caractère commun la distinction bien marquée du crâne el delà face : cela résulte dans le plus grand nombre des phoques de ce que l’espace iuler-orbilnire est très-comprimé : dans les' otaries, cette compression de la tête a lieu un peu en arrière des orbites. Le phoque commun ( genre calocéphale, F. Cuv.) a le museau court , le crâne un peu aplati , large, beaucoup plus grand que la face , arrondi sur les côtés; les crêtes temporales sont peu marquées, l’occipitale est insensible, l’espace inter-orbitaire très-étroit. Le phoque à capuchon (genr c slemmatope, ici.), 1 c phoque à trompe (genre macrorhine ? ici. ) , et le phoque à rentre blanc ( genre pelage, id. ), ont de l’analogie avec le précédent , mais l’écartement des arcades zygomatiques est bien plus considérable j l’espace inter-orbitaire est plus allongé, el les deux bords en sont plus parallèles; il en résulte un crâne moins grand en proportion de la face, surtout, dans les adultes; la crête occipitale fait un angle arrondi en avant et est médiocre. Le phoca leptonyx (genre stenorynque , id.) a la tête remarquablement.allongée, le dessus du nez moins relevé la proportion du Crâne et de la face beaucoup moins inégale, l’espace iuter-orbilaire long , et plus étroit près du crâne qu’eu avant; une crête

occipitale forte, mais presque pas de ci été sagittale ;

le dessus delà tète est sensiblement parallèle à sa base, excepté en arrièreoù le crâne se relève un peu .

Les otaries ont, comme le leplonyx, la tète plus rétrécie en avant du crâne qu’entre les orbites. Mais elles ont le museau plus court, et l’espace inter-orbitaire proprement dit est plus élargi , parce que le frontal donne en cet endroit une apophyse post-orbitaire qui s’étend un peu en voûte au-dessus de l’orbite. L’écartement des arcades est médiocre , et les crêtes fort variables suivant les espèces. Nous avons une tête d’olaried crinière très-adulte, où les crêtes sagittale el occipitale font au-dessus du crâne une saillie de près de deux pouces : les dernières se réunissent à angle aigu, pourse continueravccla sagittale (4).l

/ . lC c‘vette*lïander et d’AltorijOiiv. cit„ pi. IV. iètes de diverses espèces de chats. Cuvier, Üssem.

Sï/tv,1,I-XXUIc^xxiv-

pt xxv u hichetL-e. Cuvier , OtS.Jbss., t 4} q ^ he hyène rayée, l’ander et d’Alton,

... ■ -- J'UUIj

Cuvier, OssJ'oss., t. Y, prein. partie, pi. XVII et X\ — I’rcd. Cuvier, Mêm. du mus. d’kist. nat,3 t. 2, i3, 14 et j5. — Pander et d’Alton, Die sh,

Pl

pi. iï, u, h et ia. - h’anuer et u Alton, Die s, der robben und lamantine , Bonn, 1826, pi, III pl. VU, «y b, c> c, k, l. ]

Le caractère de la tète du morse est principalement déterminé par l’énorme renflement de ses os maxillaires, nécessité par la prodigieuse grosseur de ses canines, d’où résulte un museau renflé et arrondi, plus gros que la tête elle-même, et composé d’os d’une épaisseur disproportionnée. Considérée de profil , et en supposant le palais horizon ta I, celte tête ale museau, au-dessusdes naseaux, plus relevé que le reste. La région inter-orbitaire est horizontale et légèrement concave ; la région occipitale est. presque verticale; il n’y a point de crête sagittale (1).

c. Marsupiaux.

Les sarigues (2), quand on considère leur tête en masse, présentent les caractères les plus marqués des carnassiers ordinaires. Lemüseau est conique, sans saillie sensible aux sinus frontaux : autant et plus long que le crâne ; celui-ci comprime en arrière des orbites , hérissé de crêtes sagittale et occipitale très-saillantes ; [la première décrivant, du front à l’occiput, une courbe régulière ;] les arcades sont fort courbées en dehors et en haut; mais quand on examine leur tête en détail, il s’y trouve, comme nous le verrons, plusieurs différences, surtout dans les trous de la base du crâne et dans la région des arrière-narines, qui les rapprochent des insectivores.

[Le thy ladite (3), qu’il faut mettre parmi les carnivores, si l'on considère ses dents, qui se rapproche des dasyures par les connexions de scs os, a une tête qui, pour sa forme générale, se rapproche également beaucoup de celle du chien et des sarigues : elle est en tout fort allongée; le front est large cl rhomboïdal, séparé du crâne sur les côtés par une dépression plus profonde que dans le chien, se continuantavec lui en hautpar une crête sagittale médiocre, et qui s’unit à de fortes crêtes occipitales, Le crâne ne forme que le quart de la longueur totale de la tète ; le museau est singulièrement allongé, avec les joues plus évidées qu’aux sarigues, et une légère dépression en avant du front, comme au chien ; l’arcade estforte etrecourbée en haut; elle arrive en arrière jusque fort près de la face occipilale.

L e dasyure oursin (4), nonmoinscarnivore que le

(i) [Squelette et tête de morse. Cuvier, Oss.foss., t. V, deuxième partie, pl. XXXIII. — Pauder et d’Alton, ouv. cit., pi. I et II ]

Ça) Fig- de ta tête des sarigues, Daubeuton ap. Buffon, t. X, pi. J.I, fig- G d’après le crabier, — pl. LVIf, fig. a, d’après le cayopollin , — Cuvier et Geoff., Mag. encycl, t. III, p. 468, pl- G 6g- '■ — Spix, Cephalog. pl. Vit, fig. 1. [Pander et d’Alton, Die skeleta der beutel thiere , Bonu. 1828, pt. IV, et VI. a , â.]

(3) [Tête du thylacine (incomplète), Temminck, Mo -

thylacine par la nature de ses dents, appartient également aux marsupiaux par les détails et les connexions des os de la tète. Sa tète, au total un peu déprimée, courte et large , est remarquable parla largeur du museau, qui est en cône court, par la petitesse proportionnelle du crâne, par la force de ses arcades, qui sont plutôt droites que recourbées, mais très -saillantes eu dehors, et qui, de plus, naissant au-dessus de la dernière molaire, vont sc terminer sur les côtés de la face occipitale, de façon à êlre reportées tout à fait dans la moitié postérieure de la tête. Les crêtes sagittale et occipitale sont médiocres; la face occipitale est triangulaire, et du double plus large que haute.

Les péramàles (5) ont la tête plus uniformément allongée que les genres précédents , ce qui tient, surtout à la grande longueur du museau, qui est parfaitement conique; ce museau, le front et le crâne, sont sur une même ligne droite ; la crête occipitale fait un angle en avant; l’espace interorbilaire est grand; les arcades zygomatiques, courtes, grêles, et rejetées entièrementdansla moitié postérieure de la tête.]

Dans les dasyures ordinaires (fi), la tête est moins allongée à proportion de sa grosseur que dans les sarigues. [Les crêtes occipitale et sagittale sont peu marquées, la dernière surtout. Le crâne est plus bombé en avant et sur les côtés ]; la partie du bas des orbites et de l’arrière des narines est plus raccourcie.

Dans \esphalanqers (7), la tête est également plus courte et plus grosse que dans le sarigue, et a le museau plus court à proportion du tout ; [l’espace inter-orbitaire est plus rétréci et un peu creusé à son milieu], la tète est surtout plus déprimée en arrière, où les parois du crâne sont celluleuses et très-épaisses dessus et derrière chaque oreille. En avant, les hases des arcades sont plus écartées, afin de laisser une plus grande largeur aux orbites. [Il en résulte que les arcades sont parallèles, et que la lête est à peu près aussi large en avant, à l’origine des arcades, qu’en arrière, à leur terminaison. Ces arcades occupent sur le côté de la tête les deux tiers de sa longueur.]

I.c phtilauyvr volant diffère peu du phalangerordinairc, [mais les arcades s’écartent moins carrément à leur origine; elles remontent beaucoup eu

nogr. de mamm., tome I, planche VU, fig. I; 3,

(4) Tête du dasyure oursin. Temminck, O. C.pl. VIII.

(5) Fig. (le têtes de pérameles, peram. nasilla, Geoff. Jnn. mus., IV, pl. XLIV, fig. A. Peram. obesula , ib pl. XLV, fig. B.

(fi) Têtes de dasyures, Dasyure de mangé , Temminck, O. C., pl. VU, fig. 5,6, 7.]

(7)Fig. de tête de pliahmger. Cuvier et Geoffr. Magaz., encycl., t. III, p. 464, pl. 1, fig. 3. [Temminck, O. C. pl. I, II et III.]

ARTICLE DEUXIÈME

arrière. Les deux crêtes sourcilières 11e se réunissent pas en une crête sagittale. La fossette frontale est plus marquée encore qu’au précédent. ]

Dans le kanguroo-rat ou poforoo(î) le museau est très-conique ; les crêtes pariétales s’écartent et s’effacent, en sorte que le dessus du crâne s élargit et s’arrondit, surtout dans la partie entre les orbites, mais les arcades zygomatiques se rapprochent, ce qui fait qu’au total la tete est moins large, à proportion de sa longueur, que dans les plialangers. [Ces arcades sont aussi moins relevées en arrière; elles le sont au contraire beaucoup dans les kangnroos.]

La lêle du kanguroo géant frappe d’abord par la longueur du museau, et surtout de l’espace entre les incisives et. les màchelièrcs. Ses apophyses postorbitaires du frontal et ses crêtes sont peu marquées; les temporales se rapprochent seulement vers la crête occipitale , en sorle qu’il n’y en a point de sagittale. Les arcades s’écartent bien moins en dehors que dans les sarigues, et la tempe y est moins enfoncée ; en sorte que l’espace pour le crotaphite y est beaucoup moindre (2).

[ Il y a au cabinet le fût d’une tèle de koala, rapportée de la Nouvelle-Hollande par MM. Quoy et Gaymard ; les arcades y manquent, mais on y voit que la ligne supérieure du crâne et du museau est exactement droite et horizontale; que la face l’emporte de beaucoup en volume sur le crâne : que celui-ci n’est pas bombé en avant; que le museau , très-court , est en même temps très-large à son origine , et pointu â sa terminaison ; l’espace inter-orbitaire est fort grand, aplati , la erêle sagittale est longue, mais peu saillante, de mime que la crête occipitale. ]

La tête du phascolome (5) est une des plus singulières delà famille des marsupiaux; le dessus en est aplati et élargi, de sorte que les crêtes temporales distantes l’une de l’autre et parallèles, se continuant sur les orbites, font du crâne une sorte de parallélipipède. Dans cette arête est. une légère proéminence représentant l’apophyse post-orbitaire du frontal; le museau est court, carré , et déprimé en dessus comme le crâne; la crête occipitale forme un demi-cercle ; les arcades sont évidées en avant pour former l’orbite, et écartées en arrière.

d. Rongeurs.

[ L’ordre si nombreux des rongeurs présente dans les formes de la tète de grandes variétés; ce qu on remarque à peu près chez tous, c’est la longueur et l’élroitesse rie leur museau en dessous, et

W [Fig. de tête de kanguroo-rat. Pander et d’Alton, 0Uvr' cité, pLlU.n, i.]

(a) Pig. de têtes de kanguroos. Cuvier et Geoff. Magaz. encycl., t. tu, p 4Cg> p, jj fig fischer, Anat.

TÊTE DES MAMMIFÈRES

l’espèce de voûte que forme entre les molaires et les incisives le grand développement des intermaxillaires; deux longues incisives courbes , souvent colorées et sillonnées à leur face antérieure, Sortent du bout des inter-maxillaires; les arcades dentaires se Irouvcnt en tout ou en partie en arrière de la racine antérieure de l’arcade zygomatique ; enfin, leur facette glénoïde est creusée en portion de cylindre dirigé d’arrière en avant , et de manière à faciliter dans ce sens le mouvement de la mâchoire inférieure. Un des caractères les plus saillants des tètes de rongeurs, et qui à beaucoup d’égards permet de rapprocher dune manière assez naturelle les nombreux genres de cette famille, est la disposition de leur trou sousorbitaire. A part un certain nombre qui ont le trou sous-orbitaire petit, tels que les aye-aye , les lièvres , les layamys, les marmottes , lus écureuils, les castors et les oryctères, les autres présentent dans cette partie deux formes principales.

Dans les uns , le trou sous-orbitaire remonte verticalement le long de la joue, bordé en dehors par une lame mince du maxillaire, et s’élargit dans le haut près de la racine de l’arcade; le trou sous-orbitaire prend alors une forme qu’on peut comparer assez exactement, à une > ; les genres dont nous possédons les têtes, et qui ont ainsi le trou sous-orbitaire en virgule, sont les ondatra, les campagnols , les oloniys, les rats, les gerbilles et mirions , \cs hamsters , les lérots.

Enfin , d'autres ont. au-devant de l’orbite un anneau quelquefois très-grand, qui tantôt reste tout à fait distinct du trou sous-orbitaire, tantôt ne s’en distingue que par un canal demi -ouvert, tanlôt, et c’est le plus grand nombre, ne fait qu’un avec le trou sous-orbitaire; ce sont les genres lemming, spalax , alaetnga, gerboise, he’amys, êchymis, cnpromys, hystrir, et tous leurs sons-genres, myopolamc , agouti, paca, cobaye, cabiai, kérodon , lagostome et chinchilla.]

Vaye-aye a des caractères si particuliers qu’on a mis en doute si c’est un vrai rongeur; cependant cela n’est, pas douteux , quant à ses dents; [ et si la voûte des inter-maxillaires derrière les incisives est moins grande qu’aux autres rongeurs, elle existe cependant, de sorte qu’on peut dire qu’il s’unit aux rongeurs par une partie de sa tête, et se rapproche des quadrumanes par l’autre.] En effet, sa tête est ronde, large , bombée de toute part. Son museau est court, l’intervalle de ses orbites large, leur cercle fermé eu arrière, leur direction un peu en avant; la fosse temporale est très-étendue, et l’occiput se rapproche de l’horizontale, au

des makis , pl. XVIII. — Spix, Cephalng. VII, fig. - ( [Pander et d’ Alton, ouv. cit-, pi. I, II et VU, a, â.]

(3) Figure de tête de phascolome. Cuvier, Règne animait pl. Il, fig. â, â, fi-

lieu d’èire coupé verticalement ; l’arcade en arrière de l’orbite est à peu près horizontale.

Les lièvres (1) ont la tête allongée, une crête sur-orbitaire très-marquée, séparée en avant et en arrièredu corps de l’os frontal par une échancrure. L’occiput est fort singulier. La crête occipitale, arrivée près de l’inter- pariétal, se recourbe en arrière pour former une proéminence carrée qui répond au milieu de l’occipital supérieur. Leur profil présente une courbe presque uniforme; un très-grand orbite bien cerné en occupe à peu près le milieu; l’arcade est située très-bas ; elle est presque droite, et les os, à la joue et dans la région sphénoïdale et occipitale, sont percés d’une multitude de trous ou de mailles qui leurdonnent l’aspect d’une dentelle.

Dans les lagomys, le crâne est plus prolongé et plus déprimé ^surtout en arrière. 11 n’y a pas de crête sur-orbitaire; l’espace inter-orbitaire s’y trouve lort étroit, et les orbites diriges vers le haut; la base de l’arcade donne une apophyse dirigée vers le bas, et le jugal se prolonge en arrière en une très-longue pointe.

La marmotte a la tête déprimée, large entre les yeus, la coupe longitudinale du profil surbaissée en

courbe à peu près uniforme; l’orbite est à peu près au milieu tic la longueur de la tel e; le museau est cylindrique : les arcades zygomatiques assez étroites s’écartent beaucoup en dehors; mais au lieu de se courber vers le haut , elles le font plutôt vers le bas. L’occiput est tronqué verticalement; les crêtes temporales se réunissent assez en arrière.

Le souslic diffère de la marmotte seulement en ce qu’il a la lète un peu moins large et plus bombée entre les orbites (2).

Les écureuils ont leur tête faite sur le modèle de la marmotte, seulement le frontal est encore plus large et un peu plus convexe; [les pariétaux sont plus bombés sur le côté], les arcades moins écartées en arrière.

Le tagaan (pteroviys petaurista) a la région d entre les orbites creuse et large commeles marmottes; son nez est plus gros, plus court, et plus

bombe en dessus qu’à l’écureuil. [La face occipitale est un peu inclinée en avant (ô) ]

La tête du cas, „r (4) . ie profil en ^sus en ligne droite; scs larges arcades sont relevées au point de se t rouver presque de niveau avec le crâne, et de rendre l’ouverture de l’orbite presque horizontale;!’», tervalle entre les deux orbites se trouve par là bien plus étroit qu’aux marmottes et aux écureuils; [de plus, les crêtes frontales s’unissent de bonne heure pour produire une crèlc sagittale longue, mais peu relevée], La crête occipitale est loutà fait à l’arrière du crâne, et Ja face occipitale est verticale et peu élevée. [En arrière de l’arcade zygomatique, on voitsurlecôtédu crâne une anse profonde produite par la saillie que forme en hauteten dehors le long (ube du conduit auditif.]

Les on/n/ires ou rats taupes du Cap (5) , ressemblent si ngu tèrement au castor par la plupart des caraclcres de leur tête. La région de la tempe n’a point celle crête transverse du castor qu’on retrouvera dans l’ondatra; il y a, au contraire, une crête longitudinale. Leurmuseauesl allongé, renflé par les côtés. [Les arcades sont dirigées plus en dehors et plus horizontales; la compression , le resserrement de la lête entre les orbites est plus prolongé et la crête occipitale forme, d’un trou aud.t.t a 1 autre, une courbe régulière, à conca- Vite antérieure. ]

Vondalra (6) et les rats d’eau ou campagnols or rfmoiresse ressemblent beaucoup entre eux cl ont de grands rapports avec le castor par la structure de leur tête; leur espace inter-orbitaire est encore plus comprimé, mais leur crâne est plus plat et plus élargi, surtout de la partie des temporaux. [On n’y voit point de crête sagittale, et le conduit auditif n’y forme pas le long tube saillant qu’on observe dans le castor.]

Les rats (7) proprement dits ont la tête plus oblongue, le crâne moins large à la région des tempes, moins comprimé entreles yeux qu’aux rats d’eau.' Dans le surmulot, le rat, les crêtes temporales relevées en arête mousse commencent à Ja base du nez, s’écartent l’une de l’autre à la base du fron-

(1) [Squelette et tête de lièvre. Damier et d’Alton, Die skelete der nagethiere. Bonn., 18 2'i, première partie, I>1. III et VII, y:

(2) Eig. de tête de marmotte. Pander et d’Alton, ouv. cit. pl. V1IF,I. — Fréd. Cuvier, Mèm. mus., t.IX,pl.r4. — Tête du souslik, Fréd. Cuvier, ibid., pl. i5.

(3) Tetes d écureuils et de pteromys. Fréd. Cuvier, Mèm. du mus., t. X, pl. ro, fig. i, 2, 3, 4j 5> 6 pan. der et d’Alton, ouv. fit., première partie, pl. VIII, //, et deuxième partie, pl. YI1L

(4) Tète de castor. Cuvier, Oss. Joss., t. V, première partie, pl. III. Pander et d’Alton, ouv cit pl.VIII.g.

(5) Il ne faut comprendre sons ce nom générique

que le mus maritimus, Gm„ et la petite taupe du cap de Buffon, dont M. Fréd. Cuv. a retrouvé l’espèce- mais cette dernière est tout à Tait distincte du „„„ ’

lequel n’a que trois molaires et est d’un autre mmee lé genre géorique. C’est donc à tort que ces deux noms sént rapprochés comme synonymes, Règne animal, i. X p. 21 1. V. le Mémoire de M. Cuvier, Ann. des sa. tome 1, i834, p. t93. - Tête et squelette du buthyèrgus maritimus. Fonder et d’Alton, deuxième partie 1)1. III.

(G) Tète de l’ondatra. Pander et d’Alton, ouv. cit., deuxième partie, pl. "VI II, a, b.

(7) Tête du mus rattus. Pander et d’Alton, ouv. cit. , deuxième partie, pl. V, a, b.~]

ARTICLE DEUXIÈME. — TÈTE DES MAMMIFÈRES

toi, et marchent ensuite presque parallèles jusqu’à la crèle occipitale; mais elles disparaissent dans les petites espèces, comme la souris et le mulot, qui ont de plus le crâne plus large proportionnellement. [L’arcade est très-inclinée de haut en bas et d'avant eu arrière.]

La têtedes hamsters ( 1), un peu plus courte que celle des rats , se rapproche par là de celle des rats d’eau; leurs crêtes temporales sont moins relevées qu’aux premiers et plus rapprochées.

Les gerbilles ressemblent aux rats pour la lorme rie la tête , [mais elles ont le crâne plus arrondi ; on n’y voit pour ainsi dire pas de crêtes sagittale et. occipitale; il y a de véritables crêtes sourcilières, t res * écart ees eu arriéré. La ligne- du profil est aussi un peu moins droite (2)].

Les loirs et litote portent à peu près les caractère des petites espèces de rats, [mais le museau, en dessus, n’offre pas, en avant des orbites, la forte échancrure arrondie qu’on voit chez les derniers (ô).]

Les hyclromys ressemblent presque en tout aux loirs pour la tête.

[ Le lemming tocor a le museau cylindrique, l’espace inter-obitaire à peu près de la largeur du museau, le crâne arrondi et bombé sur les côtés en avant, et relié au museau par une arcade grêle et en arc de cercle; mais ce qui distingue cette tête de toutes les précédentes, c’est la disposition de sa face occipitale, qui est fort analogue à ce que nous avons vu dans la chrysochlore , c’est-àdire grande, inclinée en avant, et limitée par deux arêtes vives qui naissent de la racine de l’arcade zygomatique; l’une, supérieure, remonte directement pour s’unir à l’épine occipitale et à celle du côté opposé, et sépare la fusse orbitotemporale de la lace occipitale; l’autre, inférieure, élargit celle face sur les côtés, en recouvrant d’une expansion osseuse l’espace entre l’apophyse zygomatique du temporal et le conduit auditif, derrière la facette glénoïde (4).]

Le spalax ou rat taupe tV Orient s’éloigne de tous les autres rongeurs [eL se rapproche du précédent] par l’énormité de sa lace occipitale, qui ne demeure pas même verticale, mais s’incline en avant, ‘le manière que l’épine occipitale réponde audessus des apophyses plérygoïdes. [11 semble, à

Voir la tète de profil, qu’une partie du crâne en a été enlevée.] Cette face a également en arrière entre la facette glénoïde et le méat auditif un élargissement latéral en forme de voûte. [Elle est limitée par une arête plus aiguë encore qu’au précédent, et la face occipitale est plus plate ; le crâne est beaucoup plus resserré entre lesorbites, et y est plus étroit que le museau. L’arcade est grêle.

Dans le lemming et dans le spalax , le bord supérieur des narines est plus saillant que les incisives.

On a nommé spalax cio Sumatra ( mus Sumatrensis ) un animal dont la tête indique un genre fort différent (S). Les incisives y sont plus saillantes que le bord des narines , et surtout elle n’a pas la région postérieure du crâne et la face occipitale disposée comme dans le semai , mais se rapprochant plutôt de celles du castor et de l’oryctère. On y voit, en effet, des arcades fortes et très-ouvertes, des fosses temporales s’étendant sur le dessus du crâne et séparées par une crête sagittale; une face occipitale, presque verticale, plus large que haute, cernée par une crête occipitale aiguë, qui demeure fort éloignée du bord antérieur de la racine de l’arcade, et le conduit auditif sous la forme d’un tube osseux remonte comme dans le castor entre la crête occipitale et l’apophyse zygomatique.]

Valactaga (6) et le pœph agontys réunissent à une forme de tète presque semblable à celle des petites espèces de rats un trou sous-orbitaire si énorme, qu’il égale presque l’orbite et fait de la partie du maxillaire qui sert de base à l’arcade une sorte d’anneau. [Cependant, dans le premier la tète est proportionnellement beaucoup moins longue que dans le second, et le crâne y est plus arrondi.

Les gerboises proprement dîtes ont une forme de tête particulière ; le museau est droit, aussi large à sa base qu’à sa pointe; il a une petite fossette en avant du front : le crâne est notablement grand et très large entre lesorbites; son sommet est bombé, et sa face occipitale débordée en arrière et sur les côtés par l’énorme renflement vésiculeux du rocher. L’arcade zygomatique est grêle et dirigée en bas, et l’arc osseux

C1) [Squelette et tête de hamster. Pander et d’Alton, °* c->pl- VII et Vin, o.

(a) Tête et squelette du meriones libyeus > même ouvr.,

Pl- IX, c, d.

(3) Tête du myoxus glis , même ouvr.,pl. VIII, i* *•]

(4) Tête et squelette de Y/iypudeus letnmus > même

°U£’Pl-l

^ ) M. Gray en a fait le genre rhizomys , qui com-

n espèces, le Rh. sumatrensis » et le Rh.

isis. Itidian zoology. — M. Teraminck en a fait de

son cote le genre nyctoclepte. Monogr. de marnm ., pl. XXXII. L’un et l’autre auteur ont donné de cette tête des figures lithographiées médiocres.

(6) M. F réd. Cuvier a soumis à une nouvelle étude le petit groupe de rongeurs réunis sous le nom de gerboises ( Règne anirn t. I, p. 20g), et il sépare des gerboises proprement dites le mus j a cul us , dont il fait le type du genre nlactaga. Voy. Ann. des scienc. nat , , t. VI, p. t52. 18 36. J

vertical qui sépare l’orbite du trou sous-orbitaire est plus élargi qu’aux précédents (1).

Dans les hélamys (2) ou gerboises du Cap , on trouve presque la même grandeur du trou sousorbitaire, à peu près même composition de l’anneau; mais le frontal s’élargit sur les orbites plus qu’aux échymis et aux écureuils, ce qui rend le dessus du crâne plat et carré. [Les parties vésiculeusesde l’oreille en arrière et sur les côtés du crâne sont encore très-saillantes , quoique moins qu’à la gerboise. L’arcade zygomatique est trèslarge en avant, et mince en arrière.]

Les échymis se rapprochent par leur tête oblongue des rats proprement dits; leurs caractères les plus distinctifs tiennent au grand élargissement de leur trou sous-orbitaire, qui est cependant bien moindre que dans les gerboises et aulrement composé, et a ce que leur frontal se dilate de chaque côté en continuation de la crête temporale pour fournir un plafond à l’orbite. [L’arcade est droite et de largeur à peu près égale partout.

Le cnpromys diffère du précédent surtout en ce que le frontal donne une petite apophyse postorbitaire, et que l’arcade zygomatique est plus courte et bien plus large verticalement. Dans ces deux genres l’arc du trou sous-orbitaire s’unit au museau suivant une ligne courbe, tandis que dans la gerboise, et surtout dans l’hélamys, il s’y unit à angle droit. ]

Le porc-épic (3) se caractérise principalement par la convexilé générale de son profil et par son gros museau convexe, dépendant surtout de la grandeur extraordinaire des os du nez. Il manque de la crête latérale si marquée dans les échymis; mais il leur ressemble beaucoup parles connexions des os; [seulement le trou sous-orbitaire situé plus bas sur le côté du museau est moins grand proportionnellement. Dans l’espèce d’ilalîc, la région du nez et du front est si énormément bombée, que cette partie de la tête est près de deux fois plus haute que la partie postérieure. Dans une espèce de Sumatra, le profil , bien qu’uniformément convexe, est bien moins relevé à la partie moyenne, et ressemble davantage par cela même au capromys. ]

Dans le coendou, il y a un très-grand renflement des frontaux et de la base des os du nez; mais ceux-ci sont courts et aplatis à leur partie antérieure. [ Le museau est d’une extrême brièveté, et

(1) [Squelette et tète du dipus bipes. Pautier et d’Alton, ouvr. cit., deuxième partie, pi. Vit.

(2) Tète à’helainjs, même ouvr., pi. Vtl e, b.

(3) Tètes des divers genres de porcs-épic. Fréd. Cuvier, Mèm. du mus. t. IX, pl. 20 bis et 20 lcr. Pander

et d’Alton, ouvr. cit., première partie, pl, J et V[II <1. deuxième partie, pl. VL

le trou sous-orbitaire remonte plus haut que dans les précédents. ]

L ’urson diffère beaucoup des autres porcs-épic par un museau court, un nez aplati en dessus, un front aplati entre deux crêtes orbitaires qui, se continuant et sc rapprochant, forment une crête sagittale qui va s’unir à une crête occipitale trèsmarquée. [ L’écartement de la partie postérieure de l’arcade zygomatique le rapproche de la marmotte et du castor. L’arc osseux du trou sousorbitaire s’unit au museau presque à angle droit.]

Le couia ressemble, pour la forme générale de sa tête, à l’urson [et plus encore à la viscache]; son museau est plus long qu’à l’nrson. Le triangle, intercepté entre les fosses temporales, est presque en entier dans les pariétaux, [et, sa pointe, seul vestige de crête sagittale, touche à la crête occipitale. ] L'arcade sourcilière s'étend jusque sur le temporal, et a sur la suture temporofrontale un enfoncement qui y forme comme deux apophyses post-orbitaires. [ L’arcade zygomatique a son bord inférieur droit; son bord supérieure est, au contraire , profondément échaucré en arrière. ]

Vagouli (4) a de grands rapports avec les porcsépic proprement dits, [surtout celui de Sumatra.] Sa tète est plus obiouguc de la partie du crâne et de celle du museau : celui-ci est moins bombé proportionnellement plus long; la crête occipitale est moins saillante; l’arcade zygomatique plus courbée vers le bas.

Dans le paca (5), la tête est oblongue comme dans l’agouti; mais l’énorme élargissement et renflement. de ses arcades, surtout de leur partie maxillaire, change sa physionomie.

Les cochons d’Inde ((I), ou cobaies , tiennent de l’agouti et du paca. La crête au-dessus des orbites, l’apophyse post-orbitaire s’y marquent de même. [ Cependant l’espace inter -orbitaire, formé par le frontal, est moins carré, plus rétréci à sa partie moyenne; le museau est moins en fuseau.]

Le cabiai (7) a le dessus de son crâne plus plane que le cochon d’Inde; les côtés en sont plus rectilignes. [Les crêtes temporales ne se réunissent pas, et, se continuent chacune de leur côté avec les parlies latérales de la crête occipitale. Celle-ci qui est, en effet, fort aiguë sur les côtés, et qui se continue en une longue apophyse, est à peine marquée à son sommet. 1 2 3

Nous avons une petite espèce de kerodon du

(4) Squelette et tête d 'agouti. Pander et d’Alton ouvr. cit., deuxième partie, pl. J[.

(5) Squelette et tête de paca. Pander et d’Alton, ouvr. cit,, pl. Y et Y III, e.

(6) Tète île coc/i on d’Incle , meme ouvr., pl. VIH, w, n

(7) Tête de cabiai, même ouvr., pl. yilf^

ARTICLE DEUXIÈME

TÈTE RES MAMMIFÈRES

Brésil qui ressemble assez au cochon d’Inde pour la forme du crâne, mais le museau est plus étroit et plus allongé. Un autre Trrndon de Patagonie se rapproche de l’agouti et du lièvre; il a la tête oblongue, le museau effilé, les arcades sourcilières relevées comme dans le lièvre, mais non séparées

du frontal parune profonde échancrure; il a aussi, comme ce dernier, la partie postérieure du crâne fortement abaissée, mais les os ne sont pas criblés. Les arcades ne saillent point en dehors.

La tête du lagostome viscache a, comme nous l'avons dit, des rapports de forme avec celle du couia; elle est déprimée. Le museau et le front sont aplatis ; l’espace inler-orbitairc est à peu près carré ; la crête sourcilière sc termine paruncsortc d’apophyse post-orbitaire; la partie du crâne, en arrière des arcades, est également quadrilatère; les fosses temporales occupent les côtés et presque le dessus du crâne, et la crête occipitale forme avec la sagittale deux angles droits. La face occipitale, plate et verticale, est beaucoup plus large que haute. Le bord inférieur de l’arcade est droit, et montant obliquement d’avant en arrière. Ce bord est, comme, dans le couia, épais, et mousse dans presque toute sa longueur.

Le chinchilla diffère de la viscache par la hauteur de la tète en arrière, par une plus grande étroitesse de l’espace inter-orbitaire, l’absence de la crête sourcilière, et surtout parce que toute la région latérale et postérieure du crâne est occupée par les énormes renflements vésieuleux de la caisse et du rocher, qui remplissent les fosses temporales et débordent en arrière la face occipitale. C’est, à un degré plus considérable, l’analogue de ce que nous avons vu dans la gerboise (1).]

e. Edentés.

Les paresseux ont le crâne arrondi et. bombé. [Leur profil forme une convexité régulière. Le front, dans l’wno», est plus large que le crâne. Les crêtes temporales, mousses, se rapprochent sans se confondre et s’unissent â la crête occipitale. Elles' demeurent plus écartées dans l’aï,] Le museau est excessivement court, plus peut- cire qu’à aucun autre quadrupède, excepté les singes. Un très-grand jugal, produisant en-dessous une apophyse descendante, n’atteint pas jusqu’à l’a-

(r ) [Fig. de tête de chinchilla. Cm. Rousseau, Ann. des sc. nat ., t. XXVI, pi. i3.

(2) Fig. de tète de l’ai; Cuvier, Ossements fossiles, t. V, première partie , planche V, • — de l 'unau, ih. id., PL VI.

(3) Fig. de têtes de tâtons. Cuvier, ouv. cit., t. V, première partie, pl. X et XI, — du tatou à neuf bandes. Pander et d’Alton. Die skelete der zahnlosen thiere. Bonn. 1825, pl. vil.

popliyse zygomatique du temporal. Dans l’a* à collier, la région inter-oculaire est moins large et plus plate (2).

La tète des tatous est, en général un long cône dont la pointe ou le museau s’efllle presque en cylindre; le cône s’élargit au-devant des orbites pour donner les arcades, et se rétrécit ensuite [plus ou moins selon les espèces.] L’occiput est coupé à peu près verticalement.. La crête occipitale est mousse et peu saillante, l’écartement des arcades médiocre; elles ont leur courbure dirigée vers le bas.

Dans le tatou géant, les crêtes orbitaire et temporale sont à peu près nulles; l’occiput est moins haut que large , et. a sa crête marquée de trois fortes tubérosités (5) .

La lêle <Je l 'oryctérope (4), prise on masse, ressemble beaucoup à celle du tatou géant , mais son museau est un peu plus long à proportion, ses os du nez beaucoup plus larges, et ses apophyses post-orbitai. es du frontal marquées et pointues; ce qui n’a lieu dans aucun tatou.

La tête des pangolins , vue en dessus, est un cône [presque parfait, sans échancrure pour les orbites ou pour les tempes], et plus ou moins allongé; arrondi de toute part à sa base et sur ses côtés; le profil est en ligne droite, et les arcades, incomplètes, droites, sont presque au niveau de son palais (S) .

Le fourmilier lamantin a (6) a la tête encore plus allongée que les pangolins; [mais la fosse à la fois orbitaire et temporale éehancre fortement les côtés du cône;] elle occupe plus du quart de la longueur totale, et est creusée de chaque côté un peu après le milieu. [Le museau est plus cylindrique qu’au pangolin, et par conséquent plus distinct de l’élargissement de la tête en avant des orbites.]

La différence la plus frappante entre le tamandua et le grand fourmilier ou tamanoir (7), c’est que celui-ci a le museau deux fois aussi long que le crâne, et que dans le premier il est moindre que le crâne. [Il en résulte pour le tamanoir uuetête d’une forme étrange, et dont nous n’avons pas encore vu d’exemple. E11 effet, ce museau, démesurément long, étroit, et en demi-cylindre, s’élargit peu à peu pour s’unir au crâne, et celui-ci s'agrandissant aussi par degrés d’avant en arrière, il en

(4) Squelette et tête de l 'oryctérope. Cuvier, ouv. cit., pl. XII.

(5) Squelette et tête du pangolin à courte queue. Cuvier, ouvr. cit., pl. VIII. — Pander et d’AllOD, ouvr. cit., pl. VIII, a, b, c.

(6) Squelette du tamandua. Pander et d’Alton, ouvr. cit., pl. V.

( [q ) Squelette et tête du tamanoir. Cuvier, ouvr. cit., pl IX. — Pander et d’Alton, ouvr. cit., pl. VI, a, b, c, d]

résulte une forme de massue, légèrement échancrée par la fosse orbilo-temporale. ]

Le fourmilier didactyle diffère des deux autres par la courbe de son profil plus marquée, par son crâne beaucoup plus large, et par son museau plus court et plus pointu que dans le tamandua.

f. Pachydermes.

La tête de Vélâphant est plus élevée verticalement, et à proportion de sa longueur horizontale, qu’aucune autre tête, en n’exceplant, pas même celle de l’homme. Sa forme, tout à fait extraordinaire et anomale, est due à l’élévation et à la direction presque verticale des alvéoles des défenses, et à l’élévation qui en résulte pour les os inter-maxilla;res ; à l’élévation correspondante des maxillaires; à la brièveté desosdunez nécessaire à la mobilité de latrompe; et principalement à l’énorme renflement produit à la partie supérieure temporale et postérieure du crâne, par les grandes cellules ou les innombrables sinus frontaux qui occupent dans ces parties l’épaisseur des os.

La face antérieure de la tête s’étend en réalité et en s’inclinant très -peu en arrière, depuis les bords inter-maxillaires jusqu’à la crête occipitale; l’ouverture extérieure des narines, au lieu d'être au bout du museau, se trouve au milieu de cette face. La crcte occipitale s'élève au sommet de la tête, et le trou occipital est au milieu de la face postérieure , laquelle est presque verticale. L’occiput est très-bombé sur les cdtés, et a dans son milieu un double enfoncement très-profond, au milieu duquel se montre une crête longitudinale presque semblable au crista-galli de l’ethmoïde de quelques animaux. C’est où s’attache le ligament cervical qui est énorme. L’arcade est presque droite et horizontale, [ et elle naît, comme aux rongeurs, en avant des dents molaires (1). ]

La tête de Vhippopolame (2) se fait remarquer par un museau presque cylindrique renflé du double de sa largeur dans sa partie antérieure pour fournir aux alvéoles des canines et des incisives, en sorte que le renflement est profondément échancré de chaque cdté entre le maxillaire et l’intermaxillaire ; par des orbiles très- saillants vers le dehors, au moyen d’une longue voûte demi-cylindrique que le frontal donne à chacun; et par des apophyses post-orbitaires du frontal et du jugal très-rapprochées. [ La face occipitale est rendue concave par la saillie de la crête; dans la léte,

(1) [ Poy. pour les tètes d'éléphants. Cuvier, Oss.foss., t. T, p. 204, pl. h II. et XII. — Pander et d’Alton, Die shelete der pachydermata, Bonn., 182 1, pl. I et II.

(2) Squelette et tête d'hippopotame. Cuvier, ouv. cit., 1. 1, p. 802, pl. 1 et il. — Pander et d’Alton, ouv. cit., pl. V et VL]

vue de côté, la ligne du palais parait topt à fait parallèle à celle du dessus du crâne; une forte crête occipitale se continue en avant en une crête sagittale assez courte. L’arcade zygomatique, reportée par la longueur du museau, à l’arrière de la tête ], est forte, à peu près droite, et se dirige un peu obliquement vers le bas et le dehors, ensuite de quoi elle rentre sur une grande facette glénoïde.

Une tête de cochon proprement dit (3) est presque une pyramide quadrangulaire, dont la face palatine serait à peu près perpendiculaire sur la hase qui serait l’occiput; [ le museau est droit, sa face supérieure plate; le crâne, élargi sur le front, se rétrécit en arrière, et se termine par une crête occipitale saillante et carrée; il en résulte une face occipitale qui présente trois plans différents : deux inférieurs et latéraux, dirigés en arrière et en dehors, et un moyen et supérieur, concave et dirigé en arrière. Les arcades, placées dans la moitié postérieure de la tête, sont médiocrement écartées. ]

Les variétés de cochons diffèrent surtout par le plus ou moins de prolongement de la tête. Le sanglier a la face plus longue et le crâne moins élevé. Le cochon domestique d’Europe a le crâne un peu plus élevé et. la face encore assez longue. Le cochon de Siam a la face plus courte, le crâne plus bombé dans la région frontale, et plus grande à proportion.

Le sanglier à masque d’Afrique diffère du sanglier d’Europe , parce que ses arcades s’écartent davantage en dehors en prenant une direction plus horizontale, et surtout par les proéminences de sa surface.

Le habiroussa, comparé avec un cochon de Siam de même laille, a le crâne plus long dans sa proportion avec le museau , l’orbite plus avancé, les fosses temporales plus rapprochées sur le crâne,

l’a rcade zygomatique plus longue et mon tant moins

subitement en arrière.

Les pécaris ont plus de rapport avec le babiroussa qu’avec le cochon de Siam, mais le museau est plus court, [ et transversalement convexe; la crête occipitale est moins large, moins carrée, et les irois plans de sa face occipitale sont moins distincts.

Les phacochceres ont une forme de tête toute différente des précédents.] Leur caractère particulier consiste dans le reculement des yeux et la petitesse relative des fosses temporales, suite né-

(3) Tète de cochon, Cuvier, Oss. Joss., t. Il, p. I2/l; pl. I. — Têtes de habiroussa, de pécari, de phacocbœre. Pander et d’Alton, ouv. cité, pl. XII,/, g, a, b, c. — Tête de sanglier a masque et de phacochceres, Fréd, Cuvier, dférn. du Mus., t. VIII, pl. 2a et 23.]

ARTICLE DEUXIÈME. — TÊTE DES MAMMIFÈRES

cessaire cle ce reculement; dans l’énorme développement des bases de ses arcades, dans la largeur fie cette partie, ainsi que l’intervalle des orbites. [ Ceux-ci sont recouverts par une longue voûte que leur fournit le frontal comme dans l’hippopotame. L’arcade, extrêmement courte, lorme, par 1 élargissement des lames osseuses qui la constituent, plutôt une sorte de canal oblique que l’anse d’une grande ouverture, comme dans le plus grand nombre des animaux; la crête occipitale est fortement saillante en arrière, et la face occipitale est partagée par des arêtes en trois concavités distinctes. Le museau est fort rétréci en arrière des alvéoles des canines. ]

Le profil des rhinocéros (I) est bien caractérisé par sa concavité au-dessus des yeux, par ses os du nez dune épaisseur énorme, très-élevés, et laissant entre eux et les maxillaires une échancrure profonde.

Dans Y uni corne dos Indes, ce qui frappe le plus, c’est la saillie pyramidale de son crâne; l’occipital en fait haface postérieure; les fosses temporales en font les faces des côtés, la continuation obliquement ascendante du front la face antérieure ; au lieu de pointe, le sommet est une ligne transversale.

Dans Y u /licorne de Java, cette pyramide est moins élevée, de même que dans le bicorne de Sumatra ; mais dans le bicorne du Cap, la crête occipitale se dirige obliquement en arrière au liêu d être verticale. A ta face supérieure du crâne, les deux cretes temporales ne se réunissent pas, elles vont chacune séparément joindre la crête occipi-

tale. Le contour horizontal des os du nez est arrondi dans le bieorne du Cap, pointu dans l’unicorne des Indes, [plus pointu encore dans celui de Java et dans le bicorne de Sumatra ]. L’espace entre les apophyses post-orbitaires est bombé dans le bicorne du Cap, [ légèrement relevé dans celui de Sumatra], et transversalement concave dans les deux unicornes.

Dans le profil, les os incisifs qui, dans les unicornes des Indes et de Java et dans le bicorne de Java, avancent autant que ceux du nez, se rédui- Een! chacun à une petite pièce oblongue dans le bicorne du Cap.

ba face postérieure du crâne, demi-elliptique et plus haute que large dans l’unicorne des Indes, est Tua'lrangulaire et un peu plus large que haute ( ans le bicorne du Cap. [L’unicorne de Java a Cette lace occipitale droite, comme dans celui des

Indes ; mais plus large que haute comme dans le bicorne du Cap; tandis que le bicorne de Sumatra l’a, au contraire, comme l’uuicorne des Indes plus haute que large, et, de plus, très-verticale. L’arcade est forte et remonte en arrière, plus ou moins, selon les espèces.] Elles font dans les deux unicornes, en s’écartant en arrière, un angle saillant; ce qui, joint à la différence des os du nez, fait que le contour général de ceux-ci, vus en dessus, est triangulaire, et celui du bieorne du Cap oblong.

Le daman (2) offre une tète ramassée, à museau court, aplatie en dessus dans l’adulte. Cet aplatissement, la crête presque rectiligne qui en résulte au-dessus de l’orbite, la position des yeux plus avant que le milieu, la distinguent de celle des autres pachydermes. Il n’y a pas décrète sagittale unique, ni d’épine occipitale. [La face occipitale est verticale, plus large que haute. Les deux arcades zygomatiques sont droites, à peu près parallèles, médiocrement écartées du crâne, et, ce qui éloigne beaucoup le daman des rongeurs auxquels on l’a longtemps réuni, l’arcade naît fort près des dernières molaires.

Les tapirs, ceux d’Amérique comme celui des Indes (5), ont pour caractère principal et commun la disposition tonte particulière de leur ouverture nasale et des os qui y contribuent.] La base du nez se relève jusqu’au-dessus des orbites; et les naseaux, loin de couvrir tout le dessus de la cavité des narines, sont courts, pointus, et suspendus comme un auvent au-dessus d’une partie seulement de cette ouverture qui se trouve ainsi extrêmement longue, horizontale et bordée en grande partie par les maxillaires auxquels les naseaux ne s’articulent que par une partie recourbée de leur base extérieure. [Les rhinocéros ont bien l’ouverture nasale recouverte en auvent par les os du nez et formée eu partie par les maxillaires : mais cette ouverture y occupe l’extrémité du museau et y est située en avant des orbites, tandis que dans les tapirs elle remonte au-dessus .]

Le tapir d’ Amérique a le crâne comprimé et relevé en une crête sagittale [très- haute, et qui décrit, en se conliuuant en avant avec les crêtes temporales et eu arrière avec les occipitales, une courbe fort étendue.

Le tapir des Andes ou tapir pinchaque, découvert par M. Roulin (4), a le crâne bien moins haut que le précédent, parce que, chez lui, les arêtes temporales se rapprochent et se confondent, sans

(i) [Squelettes et têtes de rhinocéros. Cuvier, Oss.Joss. ‘.lr’ Première partie, p. 94, et t. III, pl. LXXVUI c 1>an^er e* d’Alton, ouv. cit., pl. IX.

)T<ke et squelette de daman. Cuvier, Ossements foi sues , t. Il ...

* pïemiere partie, p. 142, pl. I et II.

) fiuelettes et tâtes des tapirs d’Amérique et de

Indes. Cuvier, ouvr. cit., t. II, première partie, p. 164, pl. I, II, IV et V. — Tapir d’Amérique, Pander et d’Alton, ouvr. cit., pl. X et XII, h.

(4) Fig de tète du tapir pinchaque, Roulin, Mém. des sav. étrang., t. VI, p. 640, pl. 2.]

se relever en une crête sagittale haute et arrondie. Le sommet du crâne ne dépasse pas la hauteur des os du nez.

Dans le tapir des Indes, le front est plus bomhé que dans le précédent, et les arêtes temporales ne se rapprochent pas en une crête unique. Il a aussi plus de hauteur proportionnelle de la tête; mais il ressemble plus à celui-ci qu’au premier tapir d'Amérique, dont il n’a ni le front étroit, ni la haute crête sagittale.

Les trois espèces ont sur les côtés des os du nez une gouttière qui loge les muscles de la trompe, et qui est allongée et profonde dans le tapir d’Amérique, plus large dans celui des Andes, et plus superficielle dans celui de Sumatra. La face occipitale est en ogive allongé dans le premier, en ovale arrondi dans le second, presque quadrilatère dans le troisième. L’arcade, qui fait une assez forte saillie en dehors, est courbée vers le bas et se relève beaucoup en arrière; et on voit, derrière sa racine postérieure, une profonde échancrure qu’interceptent entre clics les deux longues apophyses que donne en ce point le temporal.]

La tète du cheval est facile à reconnaître en masse par l’élargissement qu’elle a entre les yeux, par son profil légèrement convexe, par sa face plus longue du double que le crâne, par sa mâchoire inférieure plus haute verticalement que le crâne lui-même. Les crêtes temporales, partant des apophyses post-orbitaires, se rencontrent sur le milieu des pariétaux, y forment une courte arête sagittale, et s’écartent ensuite pour se rendre à la crête occipitale, qui est tronquée en dessus comme dans la plupart des pachydermes, [et dépasse la face occipitale. Les inter-maxillaires se prolongent fort au delà des os du nez, qui recouvrent aussi de leur pointe l’ouverture des fosses nasales. L’arcade est très-courte, à peu près droite et dans le tiers postérieur de la tête(I).]

g. Ruminants .

[Les têtes de ruminants ont pour caractères communs une forme allongée, où les molaires occupent environ le tiers moyen de la face inférieure, et où le museau se prolonge, en s’aplatissant, fort au delà de la pointe des os du nez; dans aucun, même dans le chameau qui a des incisives latérales, on ne voit d’incisives à l’extrémité aplatie des inter-maxillaires]. Ils ont tous des iuler-maxillaires dont l’apophyse montante est longue et étroite; de grands trous incisifs, des narines externes coupées très-obliquement, l’orbite entière-

(r) [Tête de cheval, Cuvier, Oss.J'oss ., t. II, première partie, p. 108, pi. I.

(a) Squelette et tête de girafe, l’ander et d’Alton, die skeleie der wiederkaiier, Bonn. 1ÎÜ23, pl. I et II, a, b.

ment cerné par la réunion des apophyses postorbitaires du frontal et du jugal, des pariétaux promptement soudés entre eux et avec l’inter-pariétal. [Enfin, un grand nombre ont la région frontale surmontée de productions osseuses de nature variée, et qui, selon la direction ou la forme qu’elles prennent, donnent à leur tête des apparences fort diverses.

Les chameaux et les lamas ont la région d’entre les orbites très-large, les tempes très-enfoncées, se réunissant dans les premiers pour former une crête sagittale qui va se joindre à une crête occipitale fortement inclinée en arrière. Le museau est fort comprimé dès son origine; les arcades sont droites, écartées du crâne.

La girafe (2) a le museau prolongé au-devant des molaires en un long prisme triangulaire ; la région frontale très-large et très-haute, relevée sur la ligne médiane en une sorte de pyramide, et terminée plus en arrière par deux longues éminences osseuses; derrière celles-ci le crâne se rétrécit et s’incline eu arrière, limité de chaque côté par les crêtes temporales qui ne se rapprochent pas. Dans la tête, vue en dessus, le développement de la région frontale ne laisse rien apercevoir des arcades qui sont petites, grêles et presque droites, et de plus fort relevées au-dessus de l’arcade dentaire.

Les chevrotai ns ont la tête en ovale presque parfait, le crâne aussi large que le front, qui n’a aucune proéminence; les crêtes temporales s’unissent en une crêLe sagittale très-courte ; la face occipitale est triangulaire, le chanfrein droit, le museau un peu comprimé en arrière des canines , l’arcade peu saillante.

Les cerfs (ô) ont tous, avecles caractères généraux des ruminants, un espace membraneux sur les côtés de la joue, entre le frontal, le nasal, le lacrymal elle maxillaire. La région entre les orbites est plate ou déprimée, suivant les espèces; puis le iront se relève et devient bombé. La portion la plus reculée du front est surmontée, dans les mâles et quelquefois aussi dans la femelle, de deux noyaux osseux qui donnent à la tête, selon leur origine et leur direction, une physionomie vanee; ainsi , dans le cerf commun, ils sont écartés et se dirigent en dehors et eu arrière ; dans le chevreuil, ils sont droits , rapprochés et dirigés en haut; dans le muntjac , ils ont non-seulement une longueur excessive, mais ils sont inclinés fort obliquement en arrière, et se prolongent, par une arête mousse sur le dessus du crâne, jusqu’aux os du nez. La plupart ont sur la joue , au-devant

(3) Tête de diverses espèces de cerfs. Cuvier, ouv. oit., t. IV, pl. V. — Pauder et d’Alton, ouv.cit., pl. V, à, d, e,f]

ARTICLE DEUXIÈME

TÊTE DES MAMMIFÈRES

de l’orbite, un enfoncement plus ou moins profond, tantôt creusé dans le lacrymal seul, mais auquel parfois le juillet le maxillaire contribuent aussi. L’arcade est petite, grêle, presque droite, et moins saillante que le rebord de l’orbite.

A part leurs noyaux osseux, qui sont communément longs, ciblés, souvent à double et à triple courbure, les antilopes (1) ressemblent généralement aux cerfs ; mais ils ont le museau plus comprimé latéralement. Le tchicarra a de plus, outre les longs noyaux osseux de la partie postérieure des frontaux, deux autres noyaux, situés sur la partie antérieure de ces os, entre les orbites. Le chamois a le chanfrein concave, ainsi que les boucs. Au reste il y a une grande variété de formes dans la tête de tous ces ruminants.]

Le profil du mouton (2) est convexe, principalement au-dessus des orbites j [la face est haute, de façon que le crâne semble s’unir à elle suivant un angle dont le sommet répond à la ligne saillante d’entre les orbites. La face est aussi beaucoup plus large qu’aux gazelles. ] D’ailleurs les sinus et les formes générales de la tête varient beaucoup, selon les races et selon les espèces. [Les noyaux osseux parlant de l’arrière-front sont souvent très-grands et en spirale.

La tête des bœufs est en général remarquable par la largeur et l’aplatissement de sa face supérieure ; la région frontale s’étend jusqu'à la face postérieure du crâne, et donne là, de chacun de ses angles , le noyau osseux des cornes qui ainsi, au lieu de naître vers le milieu du crâne, comme dans les précédents, semblent continuer latéralement la crête occipitale, et se portent directement en dehors. L’arcade est courte, médiocrement forte, horizontale, et ne saille pas plus que l’orbite; elle est reportée dans ceux-ci, comme dans les genres précédents , dans le tiers postérieur de la tête (5). ]

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