II. Cétacés
Pour, d’une tête de ruminant, arriver à former «ne tête de lamantin , il faudxait faire remonter les apophyses nasales des inter-maxillaires, réduire presque à rien les os du nez , ouvrir ainsi de grandes narines extérieures dans un plan presque horizontal, faire descendre les orbites aux côtés de cette ouverture, agrandir énormément lesjugaux derrière l’orbite, et encore plus l’apo-
(1) [Tetes de diverses espèces d’ antilopes, Pander et d Alton, ouvr. cit., pi. YIII, e,J\ g, b, i.
(2) Tete de mouton , Cuvier, Oss. foss. > t. IY, pl. I,
(d) Têtes de diverses espèces de bœufs. Cuvier, Oss. foss., t. IV, pi. Xj xl et X(I q'êtes des B. cafer et b. jmanicus, Pander et d’Altou, ouv. cit.,p). VIII, b, s.
physe zygomatique du temporal , etc. Les crêtes temporales sont parallèles presque jusqu’à l’occipital, et bordent le dessus du crâne , qui est plat • [la face occipitale est plus large que haute ; les deux arcades zygomatiques sont à peu près parallèles l’une à l’aulre, et surtout d’une épaisseur et d’une hauteur énormes; elles couvrent une bonne partie de la face latérale, et se relèvent fortement en arrière, de façon que leur bord supérieur est sur le même plan horizontal que la crête temporale. Le museau est étroit , peu élevé , dépourvu de dents en avant; les deux séries de molaires sont situées dans le tiers moyen de la ligne horizontale inférieure du crâne. Les os de la tête, quoique les sutures soient encore marquées, sont d’une densité remarquable, ainsi que tous ceux du squelette, et donnent à la tête une pesanteur considérable (4).
La tête du dugong a de grands rapports avec celle du lamantin : les connexions dos os , leur coupe générale, sont à peu près les mêmes, mais l'apparence en est fort différente : les os intermaxillaires sont allongés et renflés pour loger les défenses, et recourbés vers le bas de même que la symphyse de la mâchoire inférieure. Cette inflexion est telle, que le bord inférieur de l’intcrmaxiilaire devient vertical, et forme avec le palais un angle droit; en même temps cet os remonte presque sur le même plan que le sommet du crâne, et reporte plus en arrière l’ouverture des narines. Il y a. une sorte de mamelon ou de tubérosité sur le milieu de la région frontale, et le sommet du crâne n’est séparé de la face occipitale, qui est légèrement inclinée, que par une crête très-peu saillante. L’occiput est plus étroit, et sa crête est moins marquée qu’au lamantin. L’arcade zygomatique est plus longue et moins haute , mais également très-oblique de bas en haut, et d’avant en arrière. La série des molaires , d'ailleurs fort courte, est, ainsi que dans le lamantin, reportée en arrière de la racine antérieure de l’arcade; la pesanteur de la lète est. plus grande encore peutêtre que celle du lamantin , et contraste avec celle des têtes de dauphins, qui sont remarquables, au contraire , par leur légèreté. Ces ditférences s’expliquent peut-être par celle de leur genre de vie (5). ]
La tête des cétacés proprement dits, ou sou fleurs, s’explique en se représentant un crâne élevé et large à proportion de sa longueur , des narines
(4) Squelette et têtes de lamantin. Cuvier, Oss. foss. , t. V, première partie, pl.XIX, fig. 1-5.
(5) Squelette et tète de dugong. Cuvier, ouv. cit., pl. XIX, fi g. 6 et 7, et pl. XX. — Pander et d’Alton, Die skclcle der robben uncl lamantine, Bonn, 1826, pl. Y, a , à, c, d.]
dirigées presque verticalement, desprbites encore plus abaissés relativement aux narines que dans le lamantin, enfin un long museau formé par l’extrême prolongement de la partie labiale des os inter-maxillaires, aux côtés desquels se prolongent les os maxillaires, en même temps qu’ils remontent sur le devant du frontal qu’ils couvrent jusqu’au niveau des os du nez , lesquels, vu la direction verticale des narines, forment à peu près le sommet de la tête. Telle est au moins l’idée qu’on peut se faire de la tête d’un dauphin.
Dans les dauphins, le crâne est très-élevé, trèscourt, très-bombé en arrière. La crête occipitale entoure le haut de la tête et descend de chaque côté sur le milieu des crêtes temporales qui se portent beaucoup plus en arrière qu’elle. La face occipitale est bombée et très-grande.
[Dans le delphinorhynque(\), l'ouverture des fosses nasales est surmontée par deux tubercules saillants, principalement formés par les intermaxillaires qui montent jusqu’au sommet de la tête et se recourbent en avant. Dans le dauphin du Gange, la face occipitale est beaucoup moindre qu’aux précédents , et la crête occipitale ne s’avance que par une languette assez étroite jusqu’à l’ouverture des fosses nasales : mais ce qui la distingue principalement, c’est l’espèce de capuchon que forment en avant du crâne les deux maxillaires qui montent seuls de chaque côté, sous la forme de deux larges lames osseuses, pour s’unir à angle sur la ligne médiane. Nous verrons dans d’autres cétacés des dispositions non moins nouvelles des os maxillaires. ]
Il est à remarquer que Ton ne trouve jamais de symétrie complète dans les têtes de dauphins; les deux narines , les deux os du nez et les parties adjacentes ne m’ont jamais semblé égales comme dans les autres mammifères. Ce qui nous conduit à l’extrême inégalité de ces parties que nous observerons dans les cachalots.
Le marsouin est, de toutes les espèces, celle où il y a encore le plus de symétrie.
Les espèces de dauphins diffèrent les unes des autres par la longueur et la largeur relatives du museau. [Celui-ci est étroit et mince dans le dauphin du Gange, et au contraire presque aussi large que le crâne dans l’oreo.] Elles diffèrent aussi par lenombre des dents, et par les diverses convexités ou concavités de leurs parties (2).
(1) [F. pour la tête du microptère, Fréd. Cuvier, Cétacés , pl. Vil.
(2) F. pour les caractères des têtes des diverses es pèces de dauphius, Cuvier, Ossem.Jbss., t. V, tre partie, 4°, pl. XXI et XXII. — Tètes de marsouin et de béluga, l'ander et d’Alton, ouv. cit., pl.VlI,a, h, e.
(3) Squelette et tête d’un jeune narval. Pander et
Le narrai (3) présente dans la structure de son crâne les caractères des dauphins : mais au Heu d’une multitude de petites dénis le long des bords des maxillaires , il n’en a qu’une de chaque côté, dirigée en avant, et implantée dans un alvéole commun au maxillaire et à l’inter-maxillaire. Ces dents observent rarement la symétrie ; presque toujours Tune des deux reste renfermée dans son alvéole, tandis que l’autre acquiert dix ou douze pieds de long ; cependant il arrive aussi quelquefois qu’elles sortent l’une et l'autre. C'est à la tête du béluga ( delpli. leuens ) que celle du narval ressemble le plus par l'uniformité de sa convexité, par la direction presque rectiligne des bords de son museau , et par deux sillons profonds qui dessinent une demi-ellipse et une longue pointe sur les inter-maxillaires au-dessous des narines.
La structure de la tète de Vhypéroodon le rapproche à quelques égards du dauphin du Gange, et conduit à celle des cachalots. Celte tête, qui sort tout à fait des formes propres au genre des dauphins, est surmontée de trois grandes crêtes; la crête occipitale en arrière, et les deux crêtes maxillaires sur les côtés , qui sont séparées de la première par une large et profonde échancrure transversale. Elles lesont Tune de l’autre par toute la largeur de la tète , car elles ne se rapprochent point en dessus et ne forment point de voûte comme dans le dauphin du Gange, mais simplement dos espèces de murs latéraux (é), L’occiput est plus haut que large.
Aux cachalots commencent les cétacés où la tête est tout à fait hors de proportion avec le corps , et où la face elle-même acquiert des dimensions énormes, tandis que le crâne demeure très-petit.
C’est au dauphin que le cachalot se rapporte le mieux pour l’ostéologie de sa tète. Que Ton suppose le crâne d’un dauphin beaucoup rapetissé à proportion, les bords de son museau très-élargis et relevés de manière à en rendre la face supérieure concave; la partie des maxillaires qui passe sur les frontaux très-étendue, très-relevée par ses bords , formant ainsi une très-grande concavité au loudde laquelle sont percées les narines osseuses externes, l’occipital s’élevant de même derrière les maxillaires pour les doubler, et former avec eux une enceinte élevée, qui n’est à vrai dire qu’un extrême développement de la crête occipitale du dauphin , dans la base de laquelle les
d’Alton, ouv. cit., pl. VI, a. — Tète d’un adulte, pl. VI, 6, e, cl. — Cuvier, Ossem./oss., t. V, première partie, pl. XXII, 7.
(4) y. la tête de l’byperoodon, Cuvier, Ossements fossiles, t. V, Ire partie. 4°, pl- XXIV, fig. 19, 20 et ai.— Pander et d’Alton, Die skelete der cetaceen. Bonn., 1827, pl.Vet VI ]
pariétaux sont presque entièrement cachés, et l’on aura une tête de cachalot (1).
[ Si l’on peut retrouver une télé de dauphin dans celle du cachalot, à plus forte raison la retrouvera-t-on facilement dans la tête des rorquals et des haleines. Les premiers ont le museau long et droit ; sa face inférieure est fortement carénée, le crâne pe lit, la tête s’élargi tbcaucoup en arrière, et l’orbite faisant également une très-forte saillie en dehors, il en résulte , au point de réunion de la face et du crâne de chaque côté, une large surface horizontale qui n’est, pour ainsi dire, que l’exagération de ce qu’on voit déjà dans quelques dauphins , et notamment dans le delphinorhynque : entre ces deux surfaces , il y a deux crêtes temporales Irès-saillantes en dehors, commençant aux côtés du nez, et entre lesquelles le crâne descend lentement vers le trou occipital, qui est à l’extrémité de ce plan. On reconnaît ainsi que la crête occipitale est. tout près de la base des os du nez , traversant d’une crête temporale à l’autre (2). ]
Pour se former l’idée de la tête d’une haleine proprement dite, il faut se figurer le museau du rorqual rétréci, allongé, comprimé latéralement, et arqué d’avant en arrière à peu près en quart de cercle; [ en même temps le plafond de l’orbite et la région temporale est plus inclinée en dehors, ce qui reporte plus bas la facelte glénoïde, et augmente beaucoup l’intervalle entre les deux mâchoires.] C’est dans le vide que laisse cette courbure de la mâchoire supérieure que sont logés les Panons, qui adhèrent par leur extrémité supérieure et large aux côtés de lacarène que lemuseau forme en dessous, et descendent obliquement, en dehors par leur extrémité inférieure et pointue vers la mâchoire inférieure (5).
i. Monolrèmes.
On ne peut rapporter la tête des monotrèmes à aucun des autres ordres de mammifères; cependant c’est une vraie tête de mammifère , et non pas d’ovipare d’aucune classe.
Les cchidnés (4) sont, moins extraordinaires que l’ornithorinque ; on pourrait dire que leur tête res-
(r) [Figure de tète de cachalot, Cuvier, Ossements fiss'des, t. 5, irc partie, pl. ’XXIV, et édit. 8°, pl. 22 5, %• i-5.
(a) Tête de rorqual , Cuvier, Oss.foss., t. V, première partie.pl. XXVI. — Pander et d’Alton, ouv. cit.,pl. Il, {h b , c.
(3) Têtes de baleines , Cuvier, ouvr. eit., pl. XXV. ■ • t ander et d’Alton, ouv. eit., pl. IV, a, b, c.
\4) Depuis l’impression de cette partie du texte de l anatomie comparée dans les Recherches sur les ossements fossiles, en t823, le cabinet d’anatomie a acquis
semble à la moitié d’une poire; le crâne est bombé et arrondi de toute part, il s’amincit en avant pour donner naissance à un museau grêle, allongé et poinlu ; le dessous est plane, les arcades sont grêles, rectilignes et dans le même plan que tout le dessous de la tête (5).
Le crâne de l’ornilhorinque est arrondi, plus large que haut, sans crête sagittale ni occipitale ; il se rétrécit et s’aplatit entre les orbites : ensuite le museau s’aplatit et s’élargit encore ; il donne de chaque côté un petit crochet au-dessus du trou sous-orbitaire, puis il se bilurque, et ses deux branches aplaties, et s’écartant un peu, finissent chacune par un crochet rentrant; les arcades sont recliligncs et hautes verticalement (C).
' §2. Des fosses extérieures delà télé osseuse.
A. Dans l’homme.
Après l’examen général de la masse de la tête, nous allons faire une revue des fosses qu’elle présente extérieurement.
Les fosses nasales se rendent horizontalement, de devant en arrière, conservant à peu près la même largeur; leur plancher est horizontal sur le palais. Leur plafond descend nn peu d’avant en arrière; il est. formé parla lame cribleuse du crâne; une lame verlicale en grande partie osseuse, dite voilier, les sépare l'une de l’autre. Une cloison mince et verlicale, appelée osplanum , en sépare le haut de l’orbite du même côté; dans le bas elles communiquent avec la cavité interne de la mâchoire supérieure, dite antre d’hygmore, et en arrière avec uneautrecavité de la hase du crâne, nommée sinus sphénoïdal. Tout en avant, leur plafond est percé d’un trou de chaque côté qui donne dans une cavité du front appelée sinus frontal. Le haut de la fosse nasale est rempli par des lames compliquées qui adhèrent à la cloison orbitale, et qu’ou nomme anfractuosités et cornets supérieurs de l’ethmoïde : le bas de chaque côté porte une autre lame contournée, dite le cornet inférieur.
L 'orbite communique avec la cavité nasale de son côté par le canal lacrymal percé verticalement, à son angle interne. Son plalond le sépare du
une tête de jeune écliidné, ce qui nous permettra d’en faire connaître plus complètement les os; mais nous n’avons pas eu le même avantage pour l’ornithorinque.
(5) Squelette et tête de Véchidné , Cuvier, Oss. foss., t. V, première partie, pl. XIII. — Pander et d’Alton, Die skeletc der zahnlosen thiere. Bonn. 1825, pl. III et IV, a, b, c, d.
(6) Squelette et tète de Vornithorinque. Cuvier, ouv. eit.; pl. XIV. — Pander et d’Alton, ouv. cit., pl. I et II, a, c. Les sutures sont marquées sur cette dernière tête, qui est tirée du cabinet de Berlin.}
crâne; son plancher, de la cavilc du maxillaire supérieur; une cloison latérale le sépare de la fosse temporale ; il communique avec le crâne par un trou et par une fente percés dans son fond, et avec la fosse sphénoïdale par une fente percée entre son plancher et sa cloison latérale extérieure.
La fosse temporale est un large enfoncement placé derrière le bord externe de l’orbite, et plus profond en avant qu’en arrière; elle communique largement ou se continue plutôt avec la fosse sphénoïdale (1 ), espace situé entre l’arcade zygomatique, l’os maxillaire, les ailes plérygoïdes et l’articulation de la mâchoire inférieure.
La fosse palatine est cette grande parabole concave située entre les dents.
Les deux ailes qui prolongent scs angles interceptent de chaque côté une fosse ptérygoïde ; entre ces ailes s’ouvrent postérieurement les fosses nasales (2).
L’espace entre la sailliedu palais, celle des condyles occipitaux, celle des apophyses mastoïdes, et les racines postérieures des arcades zygomatiques, est enfoncé et présente plusieurs trous et éminences importants à connaître autant que difficiles à décrire (3).
La racine des arcades offre une facette transverse, et derrière une fosse servant l’une et l’autre à l’articulation de la mâchoire inférieure (4).
Entre le trou extérieur de l’oreille ctlecondyle, mais plus près du premier, saille l’apophyse styloïde; plus près du condyle est la fosse jugulaire par où descend la principale veine du crâne, et un peu en avant et en dehors l’orifice du canal earotidien par où monte la principale artère.
Le premier est, en partie, et le deuxième en totalité, creusé dans nne portion raboteuse dite le rocher, qui contient le labyrinthe intérieur de l’oreille; à sa pointe, qui aboutit presque au-dessus des fosses plérygoïdes, est dans le crâne sec une solution irrégulière de continuité, dite le trou déchiré antérieur.
( [' [La dénomination deftitte fosse, qui n’est qu’un prolongement de la fosse temporale, et dont il sera plus spécialement question dans la XVIe leçon, pour les insertions qu’elle donne aux muscles de la manducation; sa dénomination, disons-nous, n’est pas suffisamment arrêtée. Ici M. Cuvier l’appel te fosse sphénoïdale, dans d’antres endroits fisse sphèno-iemporale ; dans la première édition elle est désignée sous le simple nom d g fosse ptérjrgoïdieme, et c’est celle que M. Duvernoy décrit dans la XV Ie leçon de cette édition sons le nom de fosse ptérygoïdienne externe , réservant celui de fosse plèrygoïdienne interne, pour la fosse ptérygoïde proprement dite.
(2) Cette ouverture postérieure des fosses nasales semble constituer dans nn grand nombre d’animaux une
La partie solide située entre les deux rochers, les fosses nasales et le grand trou occipital, se nomme basilaire. Elle se trouve dans la ligne de gravité du crâne.
Lorsqu’on détache du crâneles os île la mâchoire supérieure, du nez, des pommettes et du palais, on ne voit plus sous la base du crâne, dans celte partie, que les saillies qui servent à l’attacher à la face; savoir: les angles internes des orbites, entre lesquels sont les lames de l’elhmoïde; les angles externes; la partie de l’arcade zygomatique qui est formée par l’os des tempes; les ailes ptérygoïdes qui se joignent aux angles du palais.
B. Dans les mammifères.
a. Quadrumanes.
[Les fosses de la teie de l'orang-outang sont assez voisines de celles de l’homme. Cependant l’ouverture des narines ne remonte guère qu’au niveau des trous sous-orbitaires; et les orbites sont presque tout à fait, arrondis , ou un peu plus hauts que larges; la fosse palatine est plus longue.]
Dans le chimpanzé , l'ouverture des narines remonte un peu plus (pie dans l'orang-outang , et jusqu’au niveau du bas des orbites; ceux-ci, uii peu moins rapprochés, ressemblent davantage à ceux de l’homme par leur coupe rhomboïdale, et toutefois ils sont encore un peu plus hauts que larges, et plus grands proportionnellement à la face.
[Les gibbons ont les orbites plus arrondis, l’ouverture des narines remontant, jusqu’à leur tiers inférieur; lejugal, au lieu d’être creusé en arrière, dans sa portion orbitaire, en une gouttière qui se confond avec la fosse temporale , est au contraire bombé pour produire la forte saillie de l’orbite, de sorte que la fosse temporale est rejetée en arrière. La fosse basilaire est plate. ]
Dans les guenons, les masaques, les cynocéphales, les semnopithèques, [surtout lorsqu’ils sont adul-
fosse particulière , que nous appellerons, pour ta facilité (le nos descriptions , fosse des arrière-narines on meso-ptêryyoida , parce qu’elle est comprise entre les ailes ptérygoïdes.
(3) C’est cette surface que nous désignerons par la suite, pour éviter toute circonlocution, par le nom de fosse ou surface basilaire, quoique dans beaucoup de cas et pour cette partie de la tête comme pour bien d’autres, les noms employés pour la tête de l'homme cessent d’être rigoureusement exacts, appliqués aux animaux.
(4) Dans cette partie de l’ostéologie de la tête nous ne parlons guère de la facette glénuïde que pour indiquer sa position relative. Quant à scs formes et à ses rapports avec le condyle de la mâchoire inferieure, il en est plus spécialement question dans la XVIe leçon.]
ARTICLE DEUXIÈME. — TÊTE DES MAMMIFÈRES
tes ], les orbites sont plus larges que hauts (1 ). Le frontal forme entre l’ethmoïde et le sphénoïde une partie de la lame verticale qui sépare les orbites, et qui se trouve ainsi très-milice, et même quelquefois en partie membraneuse. [L'ouverture des narines est allongée, oblique, ne remontant pas entre les orbites dans les espèces dont le museau est saillant, remontant un peu entre ces cavités dans celles qui ont le museau court,] Leur losse temporale se marque avec l'âge, et dans plusieurs espèces l’adulte l’a rapprochée vers le haut de celle de l’autre côté, de manière à laisser une crête étroite et saillante sur le vertex, crête que l’on retrouve généralement dans les carnassiers adultes. [ Dans ces différents genres, la forme de cette fosse, derrière I orbite, se rapproche davantage de celle de l'homme. ]
Dans les sapajous , les atôles , les alouattes , les sakis, la fosse nasale est plus courte et plus large qu’aux guenons. [Dans certaines espèces, les fosses ptérygoïdes sont, très -rétrécies.] Dans les alouattes et les atèles, l'intervalle des orbites est large. [Ces cavités sont dans tous ces genres à peu près aussi hautes que larges. Les alouattes ont en outre la fosse palatine recourbée en haut pour contribuer à loger le tambour du corps de l’hyoïde, et les fosses ptérygoïdes sont réduites à un étroit sillon.]
Les orbites des saïmiris ne sont pas entièrement séparés par une cloison osseuse; mais il reste un grand espace membraneux sous le frontal, entre l’os ethmoïde et les petites ailes du sphénoïde. [Us sont fort grands proportionnellement à la face : la fosse temporale est très-petite.]
Dans les lémuriens , une large communication est ouverte enlre l'orbite et la fosse temporale, au lieu de la fente et du trou sphéno-maxillaire, communication qui vient de ce que le jugal n’a point cette aile qui, dans tous les animaux précédents, s’articule avec une crête de la grande aile du sphénoïde.
Le loris grêle a les orbites autant dirigés en avant que les sapajous, mais plus inclinés d’avant en arrière, plus grands et plus rapprochés l’un de l’autre. Néanmoins il n’y a pas d’espace vide derrière l’ethmoïde, et même cet os est assez grand ; mais comme il est placé très-bas, le haut des deux orbites est séparé par une lameformée de l’adossement immédiat des deux frontaux.
Le loris paresseux , les ga/agos, ont les orbites moins grands, moins rapprochés ; leur intervalle, et par conséquent l’elhmoïde, plus large; les fosses temporales rapprochées l’une de l’autre , sur le vertex, avec l’âge. [La fosse ptérygoïde est
(0 J’ai cependant un semnopitlièque , le tchincou (simia maura, Linn.) , dont l’orbite est plus haut que large,
médiocre, à cause de la petitesse de l’apophyse interne. Dans Varahi, cette fosse est au contraire remarquablement profonde.]
Dans les makis proprement dits, la largeur du nez et de la lame cribleuse écarte tellement les orbites que ceux-ci se dirigent en partie de côté, et que leurs plans forment entre eux un angle droit. L’intervalle des deux yeux, quelquefois un peu concave, est principalement rempli .dans le haut par les sinus frontaux. Les ouvertures postérieures des narines, non séparées par une cloison osseuse, ont une largeur proportionnée à l’écartement. des orbites; le bord postérieur du palais est plus échancré que dans les singes et dans les genres précédents. [Les fosses ptérygoïdes sont étroites. Les fosses temporales restent toujours fort écartées l’une de l’autre sur le crâne. La fosse sphénoïdale, confondue en une seule avec la fosse temporale et l’orbite, est séparée de la basilaire par l’union de l’apophyse ptérygoïde externe avec la caisse. La fosse basilaire elle-même, un peu concave, est remarquable par l’absence presque totale des trous ou des fentes qui, dans l’homme, découpent cette fosse si profondément.]
Les tarsiers ont leurs orbites plus grands encore à proportion; ceux-ci sont cependant moins rapprochés en dessus que dans le loris grêle, mais la cloison qui les sépare devient plus mince vers le bas et presque membraneuse. [La fosse temporale est très-petite, et sa communication avec les orbites est beaucoup moins ouverte que dans les genres précédents : ils forment sous ce rapport le passage entre les singes et les autres animaux. L’orbite se trouve eu effet fermé, en haut et en dehors, par le frontal, qui y forme moins une apophyse qu’une lame post-orbitaire, pour s’unir au jugal un peu élargi en ce point, et en bas et en arrière par une lame mince et large du maxillaire. La communication avec la fosse temporale se trouve ainsi réduite à une grande échancrure, irrégulièrement arrondie. Les fosses temporales ne rétrécissent pas le crâne en arrière des orbites, et restent fort écartées.
L’ouverture postérieure des fosses nasales est double, comme dans les loris et les galagos , étroite comme l’antérieure, par conséquent les apophyses ptérygoïdes d’un côté fort rapprochées de celles de l’autre, mai® divergeant aussitôt pour s’aller unir aux caisses. La fosse basilaire est presque tout entière occupée par les caisses. ]
b. Carnassiers.
Dans les carnassiers, l’ouverture antérieure de la fosse nasale se rapproche davantage du bout du museau que dans les quadrumanes. Sa forme est à peu près ronde ou plus large vers le haut.
Dans les chauves-souris proprement dites l’or-
Lite n’a point d’apophyse supérieure, il n’est point limité en arrière. Dans quelques-unes, rommc le noctilion , quelques phylloslomes , etc, , la région basilaire entre les deux rochers est creusée de deux fossettes pour les muscles antérieurs de la tête. Le bord postérieur du palais se prolonge plus ou moins, selon les espèces; danscelles qui sucent , comme les phyllostomes , le palais se continue plus en arrière que les molaires, et meme dans le vampire et les glosspphnyes il forme une sorte de tube en arrière, comme dans tous les animaux qui l'ont grand usage de l’action de sucer. Dans les espèces ordinaires, molosses , noctilions, rcspertilions , il ne se porte pas autant en arrière, quoiqu’il dépasse toujours un peu les molaires. Dans les mégadermes , il se termine à peu près vis-à-vis la deuxième molaire ; mais dans les rhinolophes, les rhinopomes, les vyctères, iléchancre le palais jusque vis-à-vis la pénultième ou l’antépénultième molaire, [ Enfin dans le rhinotophe fer-à-cheval, la fosse palatine est tellement échancrée en avant et en arrière qu’elle est réduite à une petite lame transversale. On n’aperçoit pas de fosse ptérygoïde de chaque côlé , mais entre les apophyses de ce nom il y a sur la ligne médiane une fosse plus ou moins allongée , d’où résulte l’échancrure si variable du palais, et qui se continue avec l’ouverture postérieure des fosses nasales. C’est ce que nous appelons la fosse mésopterygoido.
Dans les roussettes, l’orbite n’est point cerné en arrière ni en dessous. Cependant, dans les roussettes proprement dites , le cercle de l’orbite est presque entièrement complété par le rapprochement des apophyses post-orbitaires du jugal et du frontal : il ne reste entre elles qu’un espace cartilagineux de deux ou trois lignes. La fosse palatine se prolonge de plus du quart de sa longueur au delà de la dernière molaire. Il y a deux petites fossesptérygoïdes peu profondes; la fosse basilaire est plate, allongée. ]
Dans le galéopothèque , le cadre de l’orbite est interrompu vers la tempe d’à peu près le cinquième de sa circonférence. Toutefois, il y a une apophyse post-orbitaire , tant au frontal qu’au temporal , mais ne se touchant point. La fosse temporale n’atteint pas la crête occipitale, encore moins la fosse du côté opposé. Les fosses nasales sont trèsdéprimées en arrière. Le bord postérieur du palais estéchancré en cœur jusque vis-à-vis la pénultième molaire, [tl y a une fosse ptérygoïde étroite.
Parmi les insectivores, le cludobatc est le seul qui ait le cercle de l’orbite complètement fermé en arrière parla réunion des apophyses post-orbitaires du jugal et du frontal. De plus, ces deux cavités s’enfoncent profondément en dedans et en arrière et sont bien distinctes de la fosse temporale. Dans
tous les autres genres, l’orbite et la fosse temporale sont confondus, sans qu’il y ait de rudiment d’apophyse à ces deux os. Dans le tenrcc et les musaraignes, ces deux fosses sont ouvertes en dehors, par l’absence du jugal et la brièveté des apophyses zygomatiques.
Les fosses nasales s’ouvrent presque verticalement dans les desmans , les taupes et les scalopes, et se continuent en arrière en une fosse méso-ptérygoïde plus ou moins allongée.
La fosse palatine se continue au moins jusqu’aux dernières molaires, et est limitée en arrière dans les hérissons, la taupe, les scalopes, par un rebord transversal saillant, qui la sépare de la fosse mésoptérygoïde.
Celle-ci, dans le hérisson et dans le tenrec, forme un demi-canal inégal et profond jusqu’à l’os basilaire, où elle aboutit à une cavité arrondie surmontée sur les côtés par deux larges apophyses que produit en cet endroit le sphénoïde postérieur.
Il y a de chaque côlé , dans le hérisson , le tenrec, le cladobate, le desinan , une fosse ptérygoïdicnne ; elle est grande dans le hérisson ; elle manque dans la chrysochlore et dans le condylure. Dans la taupe, et surtout dans le saalope, il y a, au lieu de celle fosse, un renflement allongé et vésiculeux.
La fosse temporale de la chrysochlore offre une disposition remarquable. Son fond est presque entièrement rempli, en avant de la crête transversale et en dedans de la partie la plus élargie de l’arcade zygomatique, par une vésicule saillante demi-sphérique, qui communique avec la caisse.
Dans le chien, les narines s’ouvrent obliquement au bout du museau. L'orbite, dirigé fort en dehors, a ses limites marquées en arrière par les apophyses post-orbitaircs du frontal et du jugal, qui restent séparées par un espace qui varie du quart au septième de son contour. Il communique largement en arrière avec la tempo] ; la fosse temporale couvre tout le côlé du crâne. Eu dessous, la fosse palatine est un long triangle isocèle plus large entre les anté-pénultièmcs molaires, et dont le bord postérieur est précisément entre les dernières. Les crêtes ptérygoïdes, simples et hautes, interceptent un intervalle moitié plus étroit que le palais el des deux tiers plus court, [c’est la fosse méso-ptérygoïde ; et il n’y a pas de fosses ptérygoïdiennes.]
Dans l 'ours, l’orbite est plus vertical, reculant moins du haut. [La fosse palatine est assez réo-ulièrement ovale; elle se rétrécit et se prolonge au delà des dernières molaires. La fosse méso-ptérygoïde est profonde et n’ayant guère que le quart de la longueur du palais.
Dans le raton, les benturongs, les coatis, le cercle de l'orbite est plus largement ouvert en arrière ;
ARTICLE DEUXIÈME. — TÊTE DES MAMMIFÈRES
la fosse palatine se rétrécit après les dernières molaires et se prolonge plus qu’à l’ours, dans le coati, surtout. La fosse méso-ptérygoïde y est peu profonde et courte. Il n’y a pas de fosse plérygoïde.
Dans le kinkajou comme dans les chats, la brièveté dumuseau rend l’ouverture des narines moins oblique. Le premier a les orbites peu limités en arrière, à cause du peu de saillie de l’apopbyse post-orbitaire du frontal et. de l’absence de celle du jugal. La fosse palatine forme un carré allongé.
Dans les chats, le grand écartement des arcades rend le plan des orbites moins tourné eu dehors; l’orbite lui-même est presque complètement fermé eu arrière par le rapprochement des deux apophyses post-orbitaires; nous avons même une espèce (1 e fciis Javancnsis, Hors. ) où le cercle de l’orbite est complètement fermé. Mais le guépard se rapproche plus du chien par la grande ouverture de son orbite en arrière. La fosse palatine forme un triangle à base très-large, et sc continuant un peu en se rétrécissant au delà de la dernière molaire. 11 y a une fosse méso-pterygoïde étroite et allongée.
L’orbite de la hyène est plus fermé que dans le chien, moins que dans le chat. Les fosses de la base du crâne sont sensiblement comme dans le chien.
Les mangoustes ont, dans certaines espèces, le cercle de l’orbite lermé eu arrière par la jonction des deux apophyses post-orbitaires, et elles ont aussi une petite fosse ptérygoïde. Quant aux détails du reste de leurs fosses, ils sont très-semblables à ceux de l'hyène; et l’on peut en dire autant, sauf des variations dans le prolongement du palais, des civettes, des genelles, des blaireaux, des grisons , des martes, des loutres et des paradoxures; seulement ces derniers ont des fosses ptérygoïdes triangulaires et assez grandes. Il y a quelques genres et quelques espèces où les apophyses post-orbitaires sont peu marquées, tantôt celle du frontal, et tantôt celle du jugal.
Le protèle a le palais ovale et non triangulaire comme les précédents, et la surface basilaire étroite et surmontée de chaque côté par la saillie des deux énormes caisses.]
Dans le phoque commun [ et dans tous les phoques à oreilles], l'orbite est très-grand, et le hontal ne le cerne point en arrière par une apophyse post-orbitaire; il nese distingue de la tempe que par la convexité de celle-ci. [ Mais, dans les otaries, il y a une ap0phySe post-orbitaire du frontal, élargie et médiocrement saillante. L’ouveiture des narines est oblique et au bout du museau, excepté dans le phoca cristala et dans le phoque a trompe, où les osdu nez sont très-courts, c ou ver Jure des narines verticale, tout près du 1011 l^c ^ orbite, e! fort en arrière des incisives.
La fosse palatine varie beaucoup. Dans le phoque commun, elle se prolonge un peu au delà desmolaires et est cchancrée à angle rentrant; dans le phoca cristala et le phoque à trompe, elle se prolonge davantage , et se termine dans le premier par un bord presque droit, par une échancrure ovale dans le second. La fosse méso -ptérygoïde n’est bien marquée que dans le dernier, où elle se continue avec la surlace basilaire. Celle-ci, dans les deux premiers genres, est bombée à l’union du basilaire au sphénoïde. On ne voit dans aucun de fosse plérygoïde.
Le phoca teptonyx a la fosse palatine terminée comme celle du phoque commun; mais la fosse méso-plérygoïde est extrêmcmentallongéect profonde ; la surface basilaire est un peu relevée en arrière.
Les otaries ont la fosse palatine très-allongée , quelquefois très-profonde , s’étendant, fort au delà des molaires en un tube pour les arrière-narines, et surmontée par de hautes crêtes ptérygoïdes , qui se rapprochent en arrière. Le bord postérieur du palais est droit; il n’y a , par conséquent , que peu ou point de fosse méso-ptérygoïde, et la surface basilaire offre sur ses côtés des enfoncements assez marques pour des insertions musculaires. ]
Dans le morse, l’énormité des alvéoles nécessaires pour loger les canines relève le devant de la m&choire supérieure , et les narines osseuses se trouvent regarder le ciel et non terminer le museau. L’espace entre las apophyses ptérygoïdes est large et légèrement concave;'
c. Marsupiaux.
[Dans les sarigues, l’ouverture des narines, placée au bout du museau , est recouverte par la saillie des os du nez. L’orbite, dont les limites sont indiquées par des apophyses post-orbitaires peu saillantes du frontal et du jugal, est petit. La fosse temporale est considérable. La fosse palatine, en triangle allongé , se prolonge un peu au delà des molaires, et se termine par un bord relevé comme dans les insectivores. Il y a près de cette arête deux longs espaces membraneux comme dans le hérisson, et un ou plusieurs trous également fermés par des membranes. La fosse mésoptérygoïde est courte, peu profonde et triangulaire. Iln’y a, pour toute fosse ptérygoïde, qu’un étroit sillon. La surface basilaire est large et plate.
Le thylacine diffère principalement des précédents en ee que son palais se termine à la hauteur de la dernière molaire , et qu’ü n’offre pas de rebord saillant. ] La partie postérieure du palais montre un très-grand espace carré , commun aux maxillaires et aux palatins, et entièrement membraneux. [ La fosse méso-ptérygoïde est ovale et
profonde. La fosse pférygoïde n’existe pas; elle est représentée par une gouttière qui termine les ailes ptérygoides, et qui se prolonge fort en arrière le long du corps du sphénoïde jusque entre la caisse el le basilaire, où elle se creuse davantage. En avant des condyles, le basilaire olfre deux dépressions pour des insertions musculaires.
Le dasyure oursin a, comme le précédent, un grand espace carré membraneux au palais. Les orbites sont petits, bien cernés par des apophyses post-orbitaires du frontal et du jugal; les fosses temporales sont profondes, la fosse méso-ptérygoïde est assez semblable à celle du thylacine.
Dans les péramèles les narines sont échancrées à angle aigu sur le côté, et la saillie des os du nez se bombe un peu au-dessus d’elles; les limites (le l’orbite sont moins marquées, et la fosse temporale fort petite, en raison de la brièveté de l’arcade zygomatique. Les fosses de la base du crâne sont semblables à celles des sarigues. ]
Dans le dasyure les orbites sout distingués en arrière par les apophyses post-orbitaires du frontal et du jugal. Celle-ci est beaucoup plus près de sa suture avec le temporal que dans la sarigue. La fosse palatine est comme dans ce dernier, mais le palais y est très-mince, les deux espaces membraneux très-petits. La base du crâne est un peu formée en gouttière par le prolongement, sous forme de crête peu saillante, des ailes ptérygoides.
[Dans le phalanger, il n’y a que l’apophyse post-orbitaire du jugal, et près de la suture temporale, comme au précédent ; la fosse palatine se prolonge, ainsi que dans les genres suivants, fort au delà de la naissance de l’arcade zygomatique, et il y a dans le palais les mêmes espaces membraneux communs aux maxillaires et aux palatins.
Dans les phalangers volants , les arêtes sourcilières se relèvent de telle sorte qu’il y a une fosse frontale.
Le potoroo diffère des précédents eu ce que sa fosse palatine n’est point partout limitée par des dents, et qu’il y a un espace libre entre la canine et la première molaire, et surtout en ce qu’il a une large fosse ptérygoïde, ovale et peu prolonde.
Dans les kanguroos le palais, libre sur le côte entre les incisives et les molaires, où il est trèsrétréci, est remarquablement allongé; il occupe à peu près les trois quarts de la base du crâne], les espaces membraneux des genres précédents manquent au palais du kanguroo commun adulte, mais on les trouve dans les jeunes, et dans le kanguroo élégant il y en a un très-large et commun aux deux côtés. [Dans ce genre la fosse méso-ptérygoïde est courte, mais très-prolonde; il y a aussi de chaque côté une grande fosse ptérygoïde verticale bien plus développée cpie dans le phalanger et le potoroo. La région sphénoïdale de la surface basjlaire est bombée,
OSTÉOLOGIE DE LA TÊTE
Ce que nous avons de la tète du koala nous montre que la fosse palatine est très-étroite et enfoncée en avant ; qu’elle s’élargit et devient bombée entre les molaires ; qu’elle est percée en arrière de deux ouvertures carrées, grandes, et tout entières dans les palatins, et que tout le reste de la base du crâne forme une longue gouttière, prolonde, limitée par les ailes ptérygoides qui touchent à des caisses remarquablement saillantes. Il n’y a point du tout de fosse ptérygoïde.
Dans le phascolomc la place de l’orbite est marquée par une sorte de plancher que lui forme la partie antérieure du jugal. La fosse palatine est tort, étroite , surtout entre les premières molaires; disposition que nous trouverons plus exagérée encore chez certains rongeurs. Il y a deux ouvertures irrégulières en arrière, et tout entières dans les palatins. La losse méso-ptérygoïde est médiocre; la fosse ptérygoïde est rejetée sur le côté, dirigée obliquement en dedans et en arrière , et n’est bien limitée que dans son fond. ]
d. Rongeurs.
Dans les rongeurs, l’ouverture antérieure de la losse nasale tronque verticalement le bout du museau; sa forme est celle d'un cœur dont la partie large est en haut.
Dans Vaye-aye, le cercle des orbites est fermé en arrière comme dans les makis, les mangoustes et certains chats, et leur direction est un peu en avant.
La losse temporale est très-étendue. [La palatine est petite et finit avec l’arcade denlaire. La méso-ptérygoïde est profonde, et se continue, en s’évasant, avec la basilaire. Il y a des fosses ptérygoïdes étroites, et dont la paroi externe s’unit à la caisse. Au milieu de la face basilaire sont deux tubercules saillants qui touchent à la caisse, et plus avant, en dedans des fosses ptérygoides, deux petites fossettes.
Les lièvres s’isolent par leurs fosses comme par les autres parties de leur tête, et du genre qui précède et de ceux qui suivent. Le milieu de la face latérale de la tête est occupé par un trèsgrand orbite, dont le cercle, sans être entièrement fermé, est cependant presque complet parles saillies des apophyses orbitaires du frontal et par leur voisinage de l’apophyse zygomaliquedu temporal. Le léger sillon qu’on voit au-dessus de celle-ci et qui se confond avec l’orbite est à peu près tout ce qui reste de la fosse temporale. La losse palatine, percée par deux immenses trous incisifs, est rédufte à une sorte de bande osseuse qui sépare ces trous de la fosse méso-ptérygoïde, laquelle est droite et profonde; elle commence à l’anté-péuuitième molaire et est; loin de s’étendre
ARTICLE DEUXIÈME. — TÊTE DES MAMMIFÈRES
jusqu’aux caisses. Il y a de chaque côté une fosse ptérygoïde assez grande, triangulaire. La fosse basilaire est limitée, près des condyles, par les caisses, cl plus en avant parla convexité même des parois du crâne; car la facette glénoïde, extrêmement élroitc d’arrière en avant, se trouve reportée très-haut sur les côtés de la tète.]
Dans la marmotte , l’orbite est borné en arrière par une apophyse post-orbitaire du frontal trèsmarquée et fort pointue. [L’apophyse post-orbitaire de l’arcade est réduite à une légère proéminence, un peu plus sensible dans la marmolte du Canada que dans celle des Alpes. Les tempes sont peu enfoncées, mais elles communiquent largement avec les orbites et s’étendent sur les côtés du crâne. La fosse palatine est allongée, partout de largeur égale, et ne se termine qu’après la dernière molaire. La fosse ptérygoïde est bordée en dehors plutôt par une arête que par une lame apophysaire. La fosse méso-plérygoïde est. profonde et de même longueur que la fosse basilaire : celle-ci présente contre les caisses deux tubercules ou deux lames apopbysaires.
Dans les écureuils , et surtout dans le ptéromys, le jugal donne une pointe post-orbitaire plus marquée. Les fosses temporales ne s’étendent pas sur le crâne : la fosse ptérygoïde est triangulaire; la méso-ptérygoïde est plus large, et dans quelques espèces des tildes la fosse palatine s’échancre un peu en arrière entre les dernières molaires. Dans d’autres, elle se prolonge au delà.
Dans le castor , l’apophyse post- orbitaire du frontal est obtuse et à peine saillante; celle du jugal est grande et également obtuse. Dans les adultes, les fosses temporales se rapprochent presque vis-à-vis de ces apophyses, au point de former une crête sagittale qui occupe la moitié de la longueur de la tête; mais dans les jeunes, ces deux fosses ne se touchent point. [La fosse palatine proprement dite, c’est-à-dire limitée par les arcades dentaires, ne forme pas, comme dans les précédents, un même plan avec la partie qui se trouve entre les incisives et les molaires. Celle-ci se relève fortement en voûte. L’autre est plus étroite en avant qu’en arrière ; et son bord postérieur, situé plus loin que la dernière dent, se prolonge en pointe à son milieu. La fosse méso-plérygoïde est profonde, et communique par un grand anneau osseux avec les fosses sphénoïdale et ptérygoïde; celles-ci sont verticales et grandes. La surface basilaire est creusée d’une grande cavité arrondie.
Les oryctères diffèrent du castor , surtout par leur fosse palatine, qui n’existe pour ainsi dire pas entre les arcades dentaires, tant celles-ci sont rapprochées, mais qui se prolonge en arrière en une petite surface quadrilatère. La fosse mésoplérygoïde est très-courte. On ne voit pas de
fosses ptérygoïdes , et la surface basilaire est carénée. ]
Dans l 'ondatra et. dans les campagnols proprement dits, les orbites, fort rapprochés l’un de l’autre, ont en arrière une apophyse post-orbitaire qui est fournie par le temporal. La fosse palatine est presque aussi large en avant qu’en arrière, et ne s’étend que jusqu’à la moitié de la dernière molaire, où commence une fosse mésoptérygoïde beaucoup plus étroite. Les fosses ptérygoïdes placées en dehors de celle-ci sont beaucoup plus larges qu’elle ; elles sont profondes ; et dans le rat d’eau, on voit à leur fond plusieurs trous qui les font communiquer avec la cavité du crâne. Les caisses sont saillantes sur les côtés de la fosse basilaire.
Les rots diffèrent des précédents, principalement en ce que le palais se prolonge en arrière des dents, et que la fosse méso-ptérygoïde y est plus grande que les fosses ptérygoïdes, lesquelles sont plus ou moins enfoncées selon les espèces.
Dans les gerbilles , l’orbite est plus grand , mais il n’y a pour ainsi dire pas de fosse temporale. La partie intradentaire de la fosse palatine est sur le même plan que celle qui est plus en avant. Cette partie offre deux fentes parallèles qui régnent dans toute sa longueur; et du bord postérieur du palais partent en rayonnant trois fosses, la mésoptérygoïdienne qui est petite et triangulaire, et les deux fosses ptérygoïdes qui sont plus larges et. plus arrondies que la précédente ; elles sont toutes fort voisines des caisses qui, se rapprochant sur la ligne médiane , rétrécissent beaucoup en avant la fosse basilaire.
Les hamsters ont les fosses extérieures de leur tète disposées d’une manière fort semblable à Celle des rats ; seulement le développement plus grand des caisses rétrécit davantage en avant la fosse basilaire.
Le lé rot a la fosse palatine large entre les molaires ; la fosse méso-ptérygoïde allongée et plus grande que les fosses ptérygoïdes, qui sont percées à leur fond de plusieurs trous. La fosse basilaire est étroite , bornée de chaque côté par deux énormes caisses.
Dans le letnming zocor et le spalax , les dispositions des fosses sont à peu près les mêmes; seulement, dans le premier, il y a plutôt un large trou de communication avec le crâne de chaque côté qu’une véritable fosse ptérygoïde, et, dans le second , cette fosse est profonde, et percée à son fond d’un trou unique de communication avec le crâne ; mais la forme de la fosse temporale en arrière, cernée comme elle l’est par une vive arête des os du crâne, leur est toute particulière.
Dans le rhissomys de Sumatra , la fosse temporale ne ressemble en rien il celle des précédents.
et se rapproche de celle de l’oryctère par son extension sur les côtés du crâne. Le palais est plan et partout d'égale largeur; la fosse méso-ptérygoïde est grande, à parois plus hautes et moins allongée qu’au précédent; et elle a de chaque côté une fosse ptérygoïde très-profonde, mais qui ne communique point avec le crâne.
Les gerboises et Vala'ctaga ont la fosse palatine plane , percée de deux fentes, et prolongée au delà de la dernière molaire. De son -bord postérieur partent à angle obtus trois losses d’égale grandeur : ce sont la fosse méso-ptérygoïde et les deux ptérygoïdes: Dans la gerboise, la première est séparée de la fosse basilaire par un bourrelet vésiculeux, transversal, que produisent les deux caisses en se touchant par leur pointe sur la ligne médiane.
Dans le pœphagomys , la fosse palatine est carénée, et sou bord postérieur est échancré en pointe jusqu’à la pénultième molaire. Il en résulte une fosse méso-ptérygoïde plus grande que dans les précédents , et beaucoup plus en avant des fosses ptérygoïdes. La partie antérieure du palais est , comme dans le castor, relevée en voûte.
Dans Vhêlamys , l’orbite forme un cercle presque parfait, échancré en arrière, pour former la trèspetite facette qui représente la fosse temporale. Sa fosse palatine est singulière. Entre les deux premières molaires , elle se creuse d'un profond sillon , à l’extrémité duquel soutles trous incisifs; en arrière , clic est échancrée jusqu’à la pénultième molaire , de sorte que sa partie plane est fort étroite. La fosse méso-ptérygoïde est courte, et communique avec l’orbite par deux grandes ouvertures. Les deux fosses ptérygoïdes sont larges, peu profondes, dirigées en arrière, et forment un plan vertical qui termine de chaque côté l’arcade dentaire; car il n’y a pas d’aile ptérygoïde. Un grand trou déchiré les sépare des caisses, lesquelles restent au niveau de la surface basilaire.
h'échymis a la fosse palatine longue et étroite. En avant de la première molaire naissent deux crêtes saillantes qui environnent les trous incisifs. La fosse méso-ptérygoïde pénètre à angle aigu jusqu’à moitié de la dernière dent ; et ici commence , pour les fosses ptérygoïdes , une disposition particulière dont nous allons retrouver l’analogue dans tous les genres suivants. Bien que très-profondes, elles manquent plus ou moins de paroi externe, et l’on ne voit à leur ouverture qu’un anneau osseux formé parla réunion de deux branchesdu palatin avec deux branches du sphénoïde; de là elles s’enfoncent obliquement de bas en haut et d’arrière en avant, et se confondent avec la cavité de l’orbite. Elles semblent aussi communiquer avec le crâne par la fente sphénoorbitaire qui s’ouvre au-dessus d’elles.
Le caprotnys diffère du précédent par un orbite
plus petit, par une petite apophyse post-orbitaire et par sa fosse palatine qui n’est pas échancrée en arrière. Les fosses ptérygoïdes offrent la même disposition; mais leur anneau d’ouverture est formé par des lames plus larges.
L es porcs-épics ont la fosse palatine non éehancréecomme le précédent, mais aussi large en avant qu’eu arrière, et un peu carénée. La fosse mésoptérygoïde estlarge et profonde, etles fosses ptérygoïdes ont leur ouverture étroite et allongée. Les caisses saillent peu sur les côtés de la fosse basilaire.
Vurson et le coendou s’écartent des précédents parla grande concavité de leur fosse palatine en avant des molaires, par l’échancrure de son bord postérieur et par la grande saillie de leurs caisses. Dans Vurso/ij l’ouverture des fosses ptérygoïdes est large et arrondie; elle est plus étroite dans le coendou.
Le couia diffère de l’urson par une fosse mésoptérygoïde plus reculée cl beaucoup plus petite, et par une fosse ptérygoïde moins étendue.
Dans Vayoutij l’orbite est recouvert par une crête du frontal, qui donne en arrière une petite apophyse post-orbitaire à laquelle le temporal contribue. [ La fosse méso-ptérygoïde s’avance jusqu à la pénultième molaire, et l’anneau de la fosse ptérygoïde est fort mince en dehors. La basilaire est piale. Le paca diffère peu de l’agouti.
Le cochon d’Inde a la fosse palatine triangulaire, et fort échancrée par la fosse méso-ptérygoïde, qui est aussi triangulaire et petite. Les losses ptérygoïdes sont ovales, et diffèrent un peu des précédentes en ce queleur paroi externe est beaucoup plus large, et comprend dans son épaisseur le trou spüéno-orbitaire; maisla fosse ptérygoïde n’en est pas moins ouverte au londde l’orbite, au-dessous du trou optique.
Le cabiai a la fosse méso-ptérygoïde très-petite relativement à la palatine, etestremarquable par ses grandes fosses ptérygoïdes, qui s’enfoncent, comme deux doigts de gant, derrière l’orbite, sur les côtés du corps du sphénoïde. Ici la fosse est circonscrite de telle sorte qu’elle ne peut être méconnue, et toutefois elle ne laisse pas que de conserver de la ressemblance avec celle des genres précédents, car sa paroi externe, quoique bien moins ouverte, l’est cependant un peu, et communique avec l’orbite au-dessous du trou optique et au dedans du sphéno-orbi taire, comme dans le cochon d’Inde. La fosse basilaire est aussi remarquable ■ sa partie moyenne est en carène très-saillante et descendant beaucoup plus bas que les caisses; elle est limitée en arrière par les deux immenses apophyses para-mastoïdes (1); et elle laisse voir, sur
(l) [ Nous appelons ainsi une apophyse qui, dans un très-grand nombre d’animaux, tient lieu de l’apophyse
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ses côtés, à la base de l’arcade, deux sillons longitud in aux parallèles, séparés par une crête du temporal; le plus externe sert, à l’articulation de la Mâchoire, c’est la facette glénoïclej l’autre est des- Uné à des insertions musculaires.
Dans le kerodon de Patagonie, la fosse palatine, triangulaire, est réduite à peu de chose, par la fosse tnéso-ptérygoïde qui l’échancre jusqu’au mibeu de la pénultième molaire : l’anneau de la fosse Ptérygoïde est en ovale très- allongé. Celle-ci s’enfonce très-profondément et s’ouvre dans l’orbite, au-dessous et en avant du trou optique, par une ouverture à bords irréguliers ; et comme elle communique aussi par sa paroi interne avec la fosse méso- ptérygoïde, il y a dans le squelette une large communication entre les deux côtés de la tête. La fosse basilaire est bordée par les saillies des caisses.
L orbite dans la ris cacha est dirigé beaucoup plus obliquement en liaut que dans le précédent, mais les fosses de la base de la tête y sont assez semblables ; seulement il y a une petite apophyse pointue au fond de l’échancrure postérieure du palais, et la large union de la caisse avec l’os ptérygoïdien forme des fosses méso-plérygoïde et basilaire une seule fosse continue.
La principale différence des fosses du chinchilla d’avec celles de la viscache, c’est que la fosse basilaire est réduite presque à un étroit sillon par le prodigieux développement des caisses.]
e. Edentés.
[Dans l'aï et dans l'unau , les fosses nasales s’ouvrent verticalement au bout du museau. L’orbite, peu profond, limité en bas par une courbure du jugal, et en haut, dans l 'unau, par une forte apophyse post-orbitaire du frontal, n’est presque pas distinct de la fosse temporale, et ces deux fosses réunies occupent, notamment dans l’ai', la presque totalité du côté de la tête. La fosse palatine est étroite, plus large en avant, où elle est un peu creuse, qu’en arriére, où elle est bombée. Elle ne s’étend guère au delà de la dernière molaire, et il lui succède une longue fosse méso-ptérygoïde plus large que la palatine, et qui, dans l’ai', est rendue profonde par l’élévation des ailes ptérygoïdes. Dans Vtuiau, elle est limitée de chaque côté par le renflement vésiculeux des os pléryff°ïdiens. Cette fosse se continue sans interruption avec la surface basilaire. Il n’y a pas de losses ptérygoïdes.
bans les tatous en général les fosses nasales
mastoïde de l’homme, mais qui naît de l’occipital et non du temporal. Foy. t. II , i» partie, dix-huitième leçon, OU M. Duvernoy indique la cause des différences de développement qu’elle présente avec l’apophyse mastoïde.
s’ouvrent obliquement en bas, les os du nez se prolongeant en pointe en dessus plus que les intermaxillaires en dessous]; l’enfoncement de la tempe est peu marque, et monte à peine jusqu’au pariétal; les orbites sont petits; [ils ont une apophyse post-orbitaire inférieure, qui tantôt appartient au temporal, tantôt est, comme dans lu cabassou et le tatou géant, formée à la fois par le temporal et le jugal. Dans Vencoubert il en existe à peine. La fosse palatine est plate, allongée, très-peu enfoncée, et se continue dans la plupart bien au delà de la dernière dent, et jusqu’à la fosse basilaire, la fosse méso-plérygoïde n’existant pas, ou plutôt se trouvant ici transformée en tube par le prolongement de l’union des palatins. Dans 1 e. cabassou, elle se termine par une apophyse aiguë que donne l’os ptérygoïdicn. Cependant, dans Vencoubert , la fosse palatine finit avec les molaires, et il y a une petite fosse méso-ptérygoïde triangulaire. Il y en a aussi une fort courte et carrée dans le tatou géant. 11 n’y a pas de fosses ptérygoïdes.
Les rapports de l’ouverture inférieure de l’orbite avec la fosse palatine et l’arcade dentaire sont variés. Ainsi, dans le tatou à sept bandes, l’orbite ne s’ouvre qu’en arrière de l’arcade dentaire ; dans le tatou géant, il commence à la dernière molaire; dans le cabassou, au contraire, il s’avance sur le côté de l’arcade dentaire jusqu’à l’anté-pénultième molaire ; dans Vencoubert, l’orbite s’avance jusqu’au même point, mais il serre l’arcade de beaucoup plus près.
h'oryctéropo a l’ouverture nasale dirigée à l’opposé de celle des tatous, c’est-à-dire un peu obliquement en haut ; il a aussi l’orbite beaucoup plus profond et la tempe mieux marquée, quoique d’ailleurs petite. Il y a une apophyse post- orbitaire au frontal, et point au jugal ni au temporal. La fosse palatine est droite et plate ; en avant, elle offre sur la ligne médiane une sorte de canal, plus profond en avant , et qui s'efface et se confond avec le palais au niveau de la seconde dent. Le palais ne se prolonge que peu en arrière de la dernière molaire, et se termine par un rebord saillant comme dans quelques insectivores. Il y a une fosse méso-ptérygoïde assez longue , plus étroite que le palais, et dont le fond se continue avec ia surface basilaire, laquelle n’est limitée sur ses côtés par aucune saillie ni apophyse, soit des caisses, soit du temporal ou de l’occipital.
Les pangolins ont, comme l’oryctérope, l’ouverlure nasale dirigée, dans la tète osseuse, obliquement en haut.] Les orbites sont petits, ronds, à peu près à moitié de la longueur delà tète, vers
La nécessité de la distinguer de celle-ci, quoique donnant attache aux mêmes muscles, et sa position constante derrière cette apophyse, nous fout adopter de préférence la dénomination d’apophyse para- mastoïde. \
le bas de ses côtés, par conséquent très-éloignés l’un de l’autre. [Il n’y a, pour ainsi dire, pas de tempe. La fosse palatine, limitée par deux arêtes mousses, sans dents, est étroite, un peu creuse, et se prolonge en arrière jusqu’au niveau de l’apophyse zygomatique du temporal. La fosse mésoptérygoïde est allongée.
Les fourmiliers ont l’ouverture nasale à peu près verticale, et les fosses orbitaire et temporale confondues en une seule, médiocrement grande et profonde; mais ce qui les distingue par-dessus tout, c’est leur fosse palatine, qui, dans le tamanoir et le ta mandua, occupe foute la longueur de la tête, depuis le bout du museau jusque près du trou occipital ; le tube des arrière-narines se continuant jusque-là par la réunion, non-seulement des palatins dans toute leur étendue, mais des deux os ptérygoïdiens. Le palais est d’ailleurs à peu près plat, il n’est limité en dehors que vers le milieu de sa longueur par une arête aiguë qui correspond à l’apophyse jugale du maxillaire. Nous ne retrouverons quelque chose d’analogue que dans les crocodiles. Bans le tamandua principalement, la fosse palatine offre de chaque côté, près de sa terminaison en arrière, lieux vésicules arrondies et médiocrement saillantes.
Dans le fourmilier didaclyle, la fosse palatine est un peu en carène, et surtout elle ne se continue pas jusqu’au trou occipital; elle n’occupe que la moitié de la longueur de la tête, le reste de la base du crâne est creusé d’un sillon profond qui forme une longue fosse méso-ptérygoïde, et qui probablement est fermé dans l'état frais par un cartilage ou une membrane, de manière à compléter un tube des arrière-narines aussi long que dans les deux précédents.]
f. Pachydermes.
Les fosses nasales de l’éléphant s’ouvrent à peu près à égale distance entre le sommet de la tête et le bord alvéolaire. Leur ouverture extérieure est grande, beaucoup plus large que haute , représentant deux ovales joints ensemble, et couverte en dessus par deux os du nez aussi larges que longs ; la tempe est énorme en comparaison de l’orbite, mais elle ne se rapproche pas de la tempe correspondante. L’apophyse post - orbitaire du frontal est courte et obtuse; celle du jugal est aussi courte et obtuse, et reste fort éloignée de celle du frontal. [Une longue crête en forme de lame , formée par le frontal et par le sphénoïde, parcourt obliquement le fond de l’orbite , et vient se continuer avec l’aife ptérygoïde du sphénoïde, qui semble envelopper comme d’un étui la partie postérieure du maxillaire. Il y a , comme dans les rongeurs , un espace libre et une sorte
OSTÉOLOGIE DE LA TÊTE
de voûte entre les incisives et les molaires. La fosse palatine elle-même est courte et étroite , et son bord postérieur est échancré pour l’ouverture postérieure des fossesnasalesqui forme une fosse mésoptérygoïde très-courte et très-étroite. En arrière de celle-ci , il n’y' a point de fosse basilaire , toute cette partie du crâne, au lien d’être horizontale , se trouvant dans un plan vertical, et faisant en quelque sorte partie , avec les ailes ptérygoïdes, delà face postérieure du crâne.
Dans Vhyppopotame, l’ouverture extérieure des narines est très-large, verticale au bout du museau, et bornée au dehors par les deux grands renflements des intcr-maxillaircs. L’orbite bien saillant, se relevant de chaque côté au-dessus du front, est situé au tiers postérieur de la tète , et son cadre est fermé presque entièrement par l’angle de la voûte qui le recouvre et une longue apophyse post-orbitaire du jugal ; il y a même des individus où ces apophyses s’unissent et complètent le cercle de l’orbite. Une crête saillante du frontal sépare l’orbite de la tempe. Celle-ci est très-enfoncée, plus haute que large : elle occupe tout le côté du crâne. La fosse palatine, élargie à la partie antérieure, devient plus étroite entre les molaires ; elle est longue , et ue dépasse guère la dernière molaire. La fosse des arrièrenarines, ou méso-ptérygoïde, est courte, assez
large et profonde; la fosse basilaire est également peu étendue.]
Les os du nez du cochon forment une avance pointue sur l’ouverture des fosses nasales. Il y a entre leur pointe et la partie correspondante des os inter-maxillaires deux petits os particuliers qui servent à renforcer le boutoir. On les a nommés os du boutoir.
Dans le cochon proprement dit, l’orbite est rond , et bien marqué par une avance du frontal et les deux apophyses post-orbitaires. Celle du frontal surtout est bien marquée. Entre les deux est à peu près un sixième du cercle non fermé. La tempe est bien marquée par une crête pariétale qui va à l’occipitale sans toucher sa congénère.
[Dans le babiroussa , ces deux fosses se rapprochent beaucoup, et dans le pécari leurs deux cretes sc réunissent. Le palais est plat et très-allongé, et s’étend peu au delà de la dernière molaire. Dans le pécari, sa partie postérieure remonte un peu en se recourbant. La fosse méso-ptérygoïde est courte et profonde; évasée dès sa naissance dans les cochons proprement dits, mais plus anguleuse dans le pécari; son fond , dans le babiroussa mâle, est creusé de deux enfoncements profonds, allongés , séparés par une lame verticale mince, et qui communiquent par un ou plusieurs trous avec les nombreux sinus des os du crâne. Ces deux enfoncements n’existent pas dans la femelle. La fosse basilaire est fort rétrécie par l’énorme saillie
ARTICLE DEUXIÈME
que font de chaque côté les apophyses para-mastoïdiennes et les caisses.
Les phacochœres ont lés orbites recouverts d’une crête sourcilière en forme de voûte , et dirigés en dehors et en arrière. La fosse temporale est étroite, fortement oblique, et reste éloignée de celle du côté opposé. Le palais, large entre les canines, se rétrécit entre lesmolaires, etse relève en se continuant un peu au delà des dents. La fosse méso-plérygoïde est remarquable, comme celle d u Labiroussa, par deux longues cavités ovales très-profondes, séparées par une lame mince, et quisont creusées dans le corps du sphénoïde, et jusque sous le corps du basilaire. La fosse basilaire elle-même, située dans un plan bien supérieur à celui du palais, offre quelquefois sur le bord du basilaire une petite apophyse, et, plus en dehors, des caisses trèscomprimées et terminées en pointe. H y a des fosses ptérygoïdes hautes, mais peu profondes, surtout à leur base.
L’ouverture des fosses nasales, dans les rhinocéros, devient énorme, et la grande échancrure qui la constitue occupe dans le squelette une grande partie de la face. Les os du nez avancent sur elle jusqu’au delà de son extrémité antérieure. L’orbite et la tempe communiquent largement ensemble,] Il y a à l’arcade zygomatique une très-légère proéminence post-orbitaire à laquelle le jugal,lc temporal et le maxillaire concourent, presque également. [ Les fosses temporales , trèsétendues, se rapprochent plus dans les deux unicornes , et surtout dans celui des Indes , que dans les deux bicornes. La fosse palatine est concave, allongée , se terminant en avant avec la seconde molaire dans le licorne du Cap , se prolongeant dans les autres jusqu’aux incisives , avec un espace libre sur les bords, entre celles-ci et lesmolaires. La fosse méso-ptérygoïde est longue, elle échancre fortement le palais, et pénètre jusqu’à la pénultième molaire et même jusqu’à l’antépénultième dans l’a incarne de Java. Il n’y a pas proprement de fosse ptérygoïde, seulement le bord postérieur de l’aile est un peu élargi. La fosse basilaire offre une tubérosité au point d’union du basilaire avec le corps du sphénoïde.] Le long du milieu de celle partie basilaire est une urête saillante qui s’élargit et s’aplatit vers le tord inférieur du trou occipital.
[bans le daman, l’orbite est presque fermé en arrière par le rapprochement des apophyses post- °rhitaires; une forte crête sourcilièrele recouvre, ha fosse temporale s’étend obliquement sur le côté du crâne. Le palais est plat et allongé; la légère courbe des arcades dentaires lui donne, dans les adultes, une forme un peu ovale. La fosse méso-ptérygoïde l’écliancre en arrière jusqu’à la pénuliiime molaire ; cette fosse est un peu évasée à sa terminaison, plus élroite à son fond. 11 y a
TÊTE DES MAMMIFÈRES. 281
des fosses ptérygoïdes , larges et plates, dirigées un peu en dehors; dans la fosse basilaire, le corps de l’os basilaire est plus saillant que les caisses. ]
Dans les tapirs l’ouverture des narines s’étend en longueur, et remonte jusque au-dessus des orbites. Les os du nez avancent sur elle jusqu’au tiers de sa longueur seulement. L’orbite est descendu plus bas que le milieu de la tête, fort large, avec des apophyses post-orbitaires peu marquées. [ La tempe est grande. En avant, le palais se relève un peu ; il s’élargit en arrière : il finit à la hauteur de la pénultième molaire, et la fosse méso-ptérygoïde est percée à son fond par les arrière-narines : la région basilaire offre sur la ligne médiane une sorte de tige qu’y forment les corps du basilaire et du sphénoïde , et de chaque côté deux enfoncements profonds communiquent avec le crâne par les grands trous déchirés. La paroi externe de cet enfoncement est formée par les apophyses mastoïde et para-mastoïde réunies. ]
Dans le cheval, l’apophyse post- orbitaire du frontal clôt le cadre de l’orbite en arrière, en s’unissant à l’apophyse zygomatique du temporal. [ La forme de l’ouverture des J'osses nasales a quelque analogie avec celle des tapirs; mais elle est très en avant des orbites, et, comme dans la plupart îles animaux, exclusivement formée par les os du nez et les inter-maxillaires. La tempe est allongée : le palais plus creux en avant qu’en arrière, où it est profondément échancré. La fosse mésoptérygoïdeest longue. Les côtés delà région basilaire sont bien plus enfoncés (la tête étant vue par sa base) que le corps de l’os; mais cet enfoncement n’est pas enceint, comme dans le tapir, par une sorte de paroi osseuse; l’apophyse para-mastoïdienne seule y fait une longue saillie. ]
g. Ruminants.
Dans les ruminants, l’ouverture du nez esL trèsgrande, inclinée en arrière; les os du nez ne forment qu’une courte avance dentelée ou pointue. L’orbite est cerné en arrière par la réunion des apophyses post-orbitaires du frontal et du jugal.
[Les chameaux et les lamas ont l’ouverture nasale étroite et bien limitée de chaque côté par les bords relevés des inter-maxillaires. La tempe est grande ; la fosse palatine, étroite en avant, s’élargit entre les molaires, et son bord postérieur diffère dans les deux genres. Dans les chameaux , le palais présente de chaque côté, entre l’aile plérygoïde et les molaires, une échancrure qui entame le palais plus que la fosse méso-ptérygoïde , laquelle est étroite, cl ne s’avance que jusqu’à moitié de la dernière molaire. Dans les lamas , au contraire, la fosse méso-ptérygoïde, qui n’a guère que
le tiers de la largeur du palais, s'avance jusqu’à la pénultième, et les échancrures latérales sont très-petites. Il n’a pas de fosses ptérygoïdes $ seulement les deux ailes de ce nom sont terminées chacune à leur angle par deux apophyses crochues légèrement écartées. La surface basilaire est limitée en dehors par deux grosses tubérosités irrégulières comprimées, résultant de l’union de la caisse et de l’apophyse para-mastoïde.
La girafe a l’ouverture nasale large, plane, et presque sans rebords. Les apophyses post-orbitaires sont larges et forment une paroi qui sépare presque entièrement l’orbite de la tempe. Celle-ci est enfoncée au-dessous des bosses frontales qui supportent les cornes. La fosse palatine n’existe, à proprement parler, qu’entre les rangées des molaires ; en avant de celles-ci, les bords inférieurs des joues se rapprochent en dessous et se touchent, en formant une crête aiguë, qui se bifurque bientôt, et vient s’éteindre de chaque côté au bord externe du trouincisif, reproduisant par son écartement une nouvelle portion du palais. Au bord postérieur, celui-ci est, comme dans le lama, plus entamé par la fosse méso-ptérygoïde que par les échancrures latérales. Cette fosse est étroite et trèscourte, de façon que le rebord de l’aile plérygoïde est fort éloigné de la caisse. Il n’y a pas de fosse ptérygoïde. La partie moyenne de la fosse basilaire, formée par le basilaire et le sphénoïde, est étroite, saillante; et descend beaucoup plus bas que la facette glénoïde. C’est à peine si elle est dépassée par le rocher qui se termine en pointe rugueuse en avant, et par l’apophyse para-mastoïde, qui est élargie à sa base.
Dans les chevrotains, l’ouverture nasale est plus large et moiusoblique; l’orbite grand , est la tempe allongée; le palais est entamé en arrière par deux profondes échancrures latérales, et se continue en une sorte de tube, en sorte que la fosse mésoptérygoïde est presque réduite à rien, et de plus très-rapprochée des caisses. La fosse basilaire est rendue étroite par le rapprochement de deux caisses bombées et en olive.
Dans les cerfs , l’ouverture des fosses nasales , l’orbite, les tempes, n’offrent rien qui diffère beaucoup des précédents; au palais, deux ligues courbes qui naissent au-devant de la première molaire, et se rapprochent pour se confondre ensuite avec le bord externe des trous incisifs, rétrécissent le palais en cette région; dans le muntjac , il y a presque une interruption complète, comme dans la girafe. Le palais se continue un peu en tube au delà des échancrures latérales. La tosse méso-ptérygoïde n’offre, dans le plus grand nombre des espèces, qu’une simple arête dans sou lond, mais dans le renne elle est partagée en deux dans toute sa hauteur par le vomer, qui s’étend en arrière aussi I oin que les ailes ptérygoïdes. il
n’y a pas de fosses ptérygoïdes. Dans la fosse basilaire, le corps du basilaire, les caisses, la facette glénoïde, ne sont pas sur des plans fort différents les uns (les autres.
Les antilopes diffèrent principalement des cerfs, en ce que, dans la fosse basilaire, les caisses sont bombées et dépassent ]c basilaire, et que les apophyses para-mastoïdes ncsont guère plus saillantes que les caisses.
Dans le mouton , les échancrures latérales du palais et la fosse méso-ptérygoïde commencent sur une même ligne transversale, vers le milieu de la dernière molaire. La fosse est étroite et profondeson fond s’unit obliquement avec le basilaire, qui est descendu sur un plan bien inférieur à celui de la facette glénoïde. Cet os est peu débordé par les caisses, mais beaucoup par l’apophyse para-mastoiae»
Dans les bœufs, les fosses temporales, dont on ne voit rien à la face supérieure du crâne, oecupent horizontalement ses faces latérales; elles sont remarquables par leur grande profondeur, qui résulte de l’espèce de crête dont les recouvre le frontal en haut, et de la saillie de la crête occipitale qui les lermeen arrière. Le palais, plat entre les molaires, est un peu creusé au-devant de cellesci. La tosse méso-ptérygoïde est étroite et remarquablement profonde; la fosse ou surface basilaire est aussi fort remarquable : sur la ligne médiane sont deux grosses tubérosités pyramidales séparées seulement par un sillon, plus en dehors deux rochers , terminés sur les côtés du basilaire en lames minces et saillantes , et qui ensuite se recourbent en dehors pour former une grande paroi verticale derrière la facette glénoïde.]
h. Cétacés.
Dansle lamantin d* Amérique l’ouverture des narines osseuses est très-grande, et forme un long canal horizontal qui s’étend fort au delà des orbites ; mais dans le vivant cette ouverture, complétée par des cartilages, est comme à l’ordinaire au bout du museau. [Cette ouverture est plus large et en losange dans le lamantin du Sénégal.
es or lites sont très-avancés et très- saillants: et leur cercle est, dans ce dernier, entièrement cerne en arrière La fosse temporale est grande et profonde, la palatine, creusée en canal enavant est fort étroite entre les molaires; elle est échancréepar la pointe très-aiguë de la fosse méso-ptérygoïde qui est profonde, mais dont le plafond sê trouve, ainsi que la surface basilaire , sur un plan de beaucoup inférieur à celui des facettes gléroïdes. ] '
Dans le dugong, l’énorme développement des os
inter-maxillaires reporte l’ouverture de ses narines
osseuses beaucoup plus liant que dans le lamantin.
•ARTICLE DEUXIÈME
Elle se trouve ainsi à la partie supérieure de la tete, au milieu de sa longueur , et dirigée vers le C1el. Sa (orme est un large ovale. Une très-grande solution de continuité se voit dans le fond de l’or- Eite et de la tempe , et établit dans le squelette une vaste communication entre ces deux fosses et celle des narines. Elle est interceptée entre le maxillaire, le frontal, le sphénoïde antérieur et le palatin. [ Le cercle de l’orbite est ouvert en arrière dans le tiers de son contour, et fait communiquer celte cavité avec une vaste fosse temporale. Ee palais suit les contours des maxillaires; il est large et vertical en avant; au moment où il se recourbe et devient horizontal, il se rétrécit en un canal profond et étroit, et se termine vers le milieu de la dernière molaire. La fosse méso-ptérygoïde est plus protonde que dans le lamantin, dont le durons se rapproche d’ailleurs pour le teste de la base du crâne. La grosse aile pteryftoïde offre en arrière une légère dépression verticale qui représente la fosse ptérygoidej celle-ci est moins marquée encore dans le lamantin.
Quand on arrive aux cétacés souffleurs , les formes de la télé sont tellement nouvelles, qu’on doit s’attendre à rencontrer de grands changements, soit dans la forme, soit dans la position ùt ses losscs , et à ne leur plus trouver qu’une ressemblance éloignée avec celles que nous avons décrites jusqu’ici. Ainsi , le double canal des narines, plus ou moins directement vertical, a son ouverture externe dirigée vers le ciel, ou même en arrière, et située immédiatement en avant du crâne, dans le tiers et quelquefois dans le cinquième postérieur de la tète, selon la longueur du museau. Celte ouverture est plus large que longue, et entourée de six os; la face postérieure de leur canal est formée par l’ethmoïde ; le reste de leur contour intérieur appartient aux maxillaires; leur cloison est formée par le vomer. L’orbite, entièrement recouvert en dessus par un large plafond, n’est limité en dessous que par un filet grêle; la fosse temporale, qui est cernée en bas, comme dans le cheval, par la réunion de l’apophyse postorbitaire du frontal avec l’apophyse zygomatique du temporal, est assez petite dans le plus grand nombre et la base du crâne surtout est singuliè- •ement modifiée. Le palais, ou plutôt la face infé- Heure du museau, est le plus souvent plane ou carénée ; puis, en s’approchant du crâne proprement 1 e^e se confond sur ses côtés avec deux larges surfaces que forment en ect endroit legrand élargissement du crâne et des portions sus-orbitaires du Maxillaire et du frontal; tandis qu’au contraire, sui la ligne médiane , le rapprochement des deux so'(^s Pl^ryfi°ïdcs produit une forte saillie, et une verT ^ enlonnoir, dirigé en arrière, pour l’oulcmpsCl '"^r'eure des fosseS nasales ; en même Ps o bord de ect enlonnoir se confond avec
TÊTE DES MAMMIFÈRES
des crêtes aiguës , qui , nées de l’occipital , transforment la fosse basilaire en un canal profond et uni , qui se continue avec les narines. Tout cet appareil des narines postérieures sépare l’une de l’autre ces deux surfaces , ou ces deux espèces de fosses latérales dont nous parlions plus haut, et qui présentent : en arrière , l’os de l’oreille enchâssé dans de hautes crêtes de l’occipital; un peu en dehors, la facette glénoïdedirigéeen dedans et en avant , et presque verticale; le filet grêle du jugal, qui indique la place de l’orbite ; puis enfin des enfoncements et des saillies irrégulières.
Cependant, il y a encore, suivant les genres, de notables variations dans ces dispositions générales.
Ainsi, notre description s’applique surtout aux têtes de beaucoup de dauphins, tels que le marsouin, le delph. dubius , le delphinorliynque , et meme le dauphin commun. Mais, dans ce dernier, c’est par un profond sillon dont ses deux côtés sont creusés que le palais communique avec les fosses latérales. Dans le dauphin du Gange il n’y a point de palais du tout, et les fosses latérales elles-mêmes n’existent pour ainsi dire pas, à cause du grand développement de l’apophyse zygomatique du temporal qui a agrandi proportionnellement l’ouverture de la fosse temporale. Il en résulte aussi que l’orbite est excessivement petit. Dans la plupart des dauphins et dans le marsouin, le rebord de l’ouverture postérieure des narines est comme dédoublé et donne naissance de chaque côté à une fosse de forme et de profondeur très-variées, et qui représente la fosse ptérygoïde.
Dans le delphinorhynque, la place de cette fosse est bien marquée , mais sa paroi externe manque tout entière : c’est aussi l’espèce où l’entonnoir des arrière-narines est le plus développé, et où les crêtes de la surface basilaire sont les plus élevées. J
Dans Vhyperoodon , le palais est un peu en carène, ce qui pourrait indiquer un rapprochement, avec les haleines. Il n’a point les sillons latéraux du dauphin vulgaire.
Dans le cachalot, les narines sont percées au pied de l’espèce de muraille qui surmonte lecrâne, à la racine du vomer, et entre les parties redressées et montantes des inter-maxillaires. Leur direc. lion est oblique de bas en haut et d’arrière en avant; elles sont excessivement inégales, et celle du côté droit n’a pas le quart de l’ampleur de celle du côté gauche. La fosse temporale est assez profonde, de lorme arrondie, mais n’est point distinguée par une crête du reste de l’occiput. [On retrouve à la base du crâne à peu près la disposition des dauphins, exceplé que ie palais est, comme nous l’avons dit, en forme de toit renversé; l’entonnoir des arrière-narines a d’ailleurs un rebord simple,]
HUITIÈME LEÇON. — OSTÉOLOGIE HE Là TÈTE.
Dans les rorquals et les baleines , l’ouverture extérieure des narines est très-large, en forme d’un ovale allongé, et, au contraire des autres cétacés , conserve dans tout le genre des baleinés une forme symétrique. Le cadre de l’orbite est clos de toute part; son plafond est fort grand et concave en dessus. [ Les grandes variations de la forme et de la cambrure du museau changent d’ailleurs assez peu les dispositions principales de la base du crâne. Seulement les fosses latérales sont peut-èlre moins profondes; et l’inclinaison plus grande du temporal et du plafond de l’orbite fait que la facette glénoïde est dans un plan inférieur à l’ouverture postérieure des fosses nasales. Celle-ci s’avance beaucoup plus près des condyles occipitaux dans les baleines que dans les rorquals. ]
i. Monolrêmes.
Dans l 'échidné, les orbites, à peine marqués sur le crâne par un léger enfoncement, sont cependant bien cernés en arrière par la forme de lame que prend l’apophyse zygomatique du temporal (1), lame qui couvre la tempe et cache presque toute la place du muscle crotaphyte.
[ L’ouverture postérieure des narines, portée en Arrière très-près de la surface basilaire , est unique, et son plancher échancré en pointe entre les palatins.]
Dans 1 ’ornithorhynque, les orbites sont pclits et dirigés vers le haut. Le bord supérieur de l’arcade donne une apophyse post-orbitaire marquée,
[ mais il n’y en a point au frontal; en sorte que l’orbite communique largement avec la fosse temporale, qui n’est point couverte en dessus et s’étend jusque vers la région postérieure du crâne]. Tout le palais est plane et se continue, en se rétrécissant subitement derrière les molaires, jusqu’aux trous ovales. La cloison des narines reste osseuse jusque-là.
§ ô. Des fosses intérieures de la tête osseuse.
A. Dans l’homme.
Nous passons maintenant à l’examen des fosses intérieures de la tête.
Lorsqu’on enlève la calotte du crâne, on voit sur sa base intérieure ou sur son plancher les fosses qui y sont creusées et qui répondent aux parties saillantes de la base du cerveau (2J La fosse postérieure, cérébelleuse , ou occipitale
W [Ce pourrait bien être le jugal, comme nous le dirons plus bas.
(’■) Tout ce qui concerne la forme et les proportions du reste de la boîte crânienne appartient à l’article Ier
inférieure, est en arrière , la plus grande et la plus profonde ; elle est occupée en grande partie par le cervelet.
Dans sa partie la plus profonde est percé le grand trou occipital.
En avant de ce trou est une légère excavation montant obliquement en avant, se terminant là en une arête saillante qui a de chaque côté un petit crochet nommé apophyse clinoïde postérieure.
De chaque côté, derrière cette apophyse, part une arête saillante qui se dirige obliquement en arrière, et qui achève d’enceindre par devant la grande fosse cérébelleuse, dontlecontourestcerné en arrière par une ligne saillante qui part comme les branches d’une croix d'une tubérosilé interne de la x-égion occipitale, d’où part également une autre ligne saillante qui descendjtisqu’au bord du grand trou occipital, et divise ainsi la grande fosse cérébelleuse en deux, selon sa longueur.
La fosse antérieure est celle dont le niveau est le plus élevé; elle est située au-dessus des orbites et du nez, s’unit par devant sans aucune distinction marquée à la voûte supérieure du crâne ; elle est séparée en ai’rière de chaque fosse moyenne par une vive arête concave en arrière; ces deux arêtes sc portent en arrière et en dedans, et se terminent presque vis-à-vis des apophyses clinoïdes postérieures, chacune par un crochet appelé apophyse clinoïde antérieure. Entre ces deux crochets est une arete moins vive qui achève de cerner la fosse antérieure en arrière. Lerailieude cette fosse est plus enfoncé, criblé des trous qui transmettent le nerf olfactif dans le nez ; sur son milieu est une arête tranchante et verticale, dite crête de coq.
Les fosses moyennes du crâne occupent l’espace de chaque côté entre la fosse antérieure et la postérieure ; leur niveau est intermédiaire entre celui des deux autres ; elles sc réunissent en se rapprochant. Entre elles, au milieu, est un espace relevé situé entre les quatre apophyses clinoïdes , et nommé la selle turcique ou sphénoïdale.
B. Dans les mammifères .
a. Quadrumanes.
Les trois grandes divisions de la base du crâne existent dans les mammifères ; mais elles varient pour les proportions, pour les formes et pour la saillie des éminences qui leur servent de bornes. Dans Varan, j, la fosse cérébelleuse a moins d’é-
de cette leçon. 11 aurait été sans doute naturel de réunir ces deux parties d’un même sujet, mais l’obligation de nous conformer, autant que possible, à la Ire édit., et d’en conserver le texte, nous a obligés à ce partage.]'
ARTICLE DEUXIÈME. — TÊTE DES MAMMIFÈRES
tendue que dans l’homme, précisément parce que l’occiput se relève davantage. Les parties latérales de la fosse frontale ou antérieure sont plus hombées, et la lame criblée plus enfoncée, plus petite, percée de moins de trous ; [la crête de coq est réduite à une ligne unpeu saillante]. La crête qui sépare la fosse antérieure des moyennes est presque effacée.
Dans le chimpansê , on observe les memes dispositions pour les fosses frontale et cribleuse.
[Dans les gibbons, la fosse cribleuse, percée comme une dentelle, est également petite, mais moins enfoncée, parce que les plafonds des orbites sont moins rapprochés.]
Dans tous les singes, [à partir des gibbons,] il y a, au-dessus et eu dehors du conduit auditif interne, un enfoncement plus large que lui, et non percé dans son fond , qui sert à loger une protubérance du cervelet. [Nous l’appelons enfoncement cérébelleux .]
Dans les guenons , les macaques, les cynocéphales, les semnopilhèques , la fosse cribleuse est toujours très-petite et très-enfoncée entre les deux saillies du plafond des orbites, et le frontal se rejoint derrière cette fosse eten avant du sphénoïde. La crête, qui sépare la fosse antérieure des moyennes, est très-obtuse. [Les cynocéphales paraissent etre ceux où renfoncement aveugle, pour une protubérance du cervelet, est le moins profond .]
Dans les alouatles, la fosse postérieure, les intermédiaires et la selle sphénoïdale ne forment qu’un seul plan sur lequel s’élèvent les deux rochers et les quatre apophyses clinoïdcs. Au lieu de fosse antérieure, il y a une espèce de paroi oblique dont le milieu est enfoncé, et conduit à une très-petite lame criblée.
[Dans les autres singes d’Amérique, où la mâchoire inférieure est moins élevée en arrière, les dispositions sont les mêmes que dans les guenons.
Dans le saïmiri, les fosses moyennes sont petites, et la postérieure très-grande, à cause de la direction des pariétaux en arrière. La proportion entre ces fosses est plus égale dans les ouistitis, ou l’occiput se relève. ]
Dans les makis proprement dits, le plancher de la cavité cérébrale est plus horizontal et plus uni que dans aucun singe, la selle s’élevant à peine au-dessus; [celle-ci est fort plate. Les apophyses clinoïdes postérieures forment un petit tubercule aplati, au-devant duquel est un enfoncement arrondi. Le trou rond est précédé par un sillon très- 'narqué. Au-dessus du trou ovale, l’arête du rocher offre une apophyse verticale, dont la base est percée d’un trou.] La lame cribleuse, fort grande, se relève plus que dans les singes.
[Le tons paresseux n’a point d’apophyses cli— noïdes antérieures; les postérieures consistent seulement en deux petits tubercules qui s’unis-
sent à la pointe des rochers, et qui laissent entre eux un large espace par lequel la selle, qui est plate, se continue avec la gouttière basilaire. Le trou rond est fort en arrière, près du rocher, et en dehors du trou ovale. L’arête du rocher n’a point d’apophyse, mais un tubercule également percé d’un trou à sa base. L’enfoncement aveugle, pour un lobe du cervelet, est profond.]
b. Carnassiers.
L’égalité de niveau de toutes les parties de la base du crâne se retrouve dans tous les carnassiers, dans lesquels la fosse antérieure n’est souvent point distinguée des fosses intermédiaires, mais forme seulement un canal court et large , terminé en avant par une grande lame criblée.
On conçoit aisément que dans tous ces animaux, à mesure que la fosse cérébelleuse s’aplatit et que le trou occipital se porte en arrière et en haut, la fosse basilaire s’allonge; la limite postérieure de la fosse cérébelleuse remonte en même temps, et finit par former une ceinture qui coupe verticalement le crâne et qui se trouve située au-devant du cervelet. Dans beaucoup de carnassiers, elle est formée par une lame saillante, large et mince, qui se continue sur les rochers, et qui semble faire une chambre particulière pour le cervelet. [Nous allons exposer avec plus de détails ce qui appartient à chaque genre.]
Le plancher du crâne est très-uni dans les chauves-souris proprement dites ; la fosse cribleuse esL assez grande et presque perpendiculaire sur le plancher. La selle n’y fait point de saillie, mais les rochers y montrent fortement la spirale de leur limaçon.
Dans les roussettes, le plancher est très-plat, la selle longue et presque pas saillante, si ce n’est un peu en arrière. Ce plancher descend en arrière par rapport au palais.
Dans le galéopithèquo , la fosse cribleuse est assez grande, la selle tout unie, le rocher médiocrement saillant intérieurement. La crête de la tente peu marquée. [Elle l’est plus cependant que dans les animaux précédents.]
Dans le hérisson, le crible ethmoïdal est trèsgrand, couché obliquement en avant; [il forme entièrement par sa courbure la fosse cérébrale antérieure, séparée des moyennes par un rebord assez marqué,] Le reste du plancher de la cavilé cérébrale est peu inégal ; la partie répondant à la selle peu saillante, allongée; les crêtes des rochers peu marquées. [L’enfoncement cérébelleux du rocher est assez petit.
Dans le tenrec, le crible est aussi très-grand , plus incliné en avant en raison de l’allongement du museau; les sinus sphénoïdaux font derrière le crible un gros renflement, en arrière duquel
cst la réSio» de la selle, petite et peu saillante.
Dans la taupe, toute la base du crâne est remarquablement jrlateTLes seules parties saillantes sont les parois de renfoncement cérébelleux qui est fort grand, ouvert verticalement au-dessus du rocher, et communiquant à l'extérieur du crâne par un petit trou qu’environne dans ses deux tiers une fente demi-circulaire, et qui semble une sorte de prolongement du trou condyioïdien.
L’intérieur du crâne de la chrysochlore n’est pas moins remarquable que l’ensemble de sa tête Sa forme générale est celle d'un prisme triangulaire, arrondi vers ses bords, et placé, la pointe en bas, en arrière de la face. La base du crâne se trouve donc très-relevée en avant; le trou occipital, qui la termine, s’ouvre beaucoup moins directement en arrière que dans les genres précédents. La partie supérieure de cette base est occupée par le crible ethmoïdal, et ses parties latérales par une sorte de bourrelet en forme de cornet ou il entonnoir, dont la partie évasée correspond en haut au tubercule vésiculeux de la tempe, et la partie rétrécie vient s’implanter dans le rocher
entre le trou auditif et l’enfoncement cérébelleux.]
Dans le chien, en général, le plancher est uni, la selle presque point élevée; sou rebord postérieur est étroit, l’antérieur peu saillant. Il n’y a pas de sinus sphénoïdal. La tente du cervelet est osseuse et sa partie moyenne très-saillante en dedans. La crêle du rocher est aiguë; le sinus en est profond. [L’enfoncement cérébelleux y est peu considérable.] La grande lame eribleuse est presque verticale. La direction du trou occipital est à peu près en ligne directe.
[On observe les mêmes choses dans l'ours, dans le coati et dans tous les genres de carnivores. La .plus grande différence consiste dans l’enfoncement cérébelleux, qui est, comme dans le chien, peu profond, et quelquefois même peu distinct, dans le zibeth, dans l’ours, dans les mouffettes, dans le coati, dans le chat ; et qui est, au contraire, trèsprofond dans le blaireau, dans la belette, dans la fouine, dans le paradoxure .] Il faut remarquer que dans l 'ours les fosses moyennes sont séparées de l’antérieure par une arête saillante attachée au côté du crâne, et qui appartient en partie à l'os frontal et en partie à l’os pariétal. [Presque tous les carnivores ont une tente osseuse, qui tantôt se continue par en bas avec le rebord du sillon du trou sphéno-orbitaire, comme dans l'ours, le paradoxure, le zibeth, le Chat; tantôt sc termine à la pointe du rocher, comme dans le blaireau, le grison, le kinkajou; et tantôt s’unit, comme dans le ratel et peut-être le coati., aux apophyses clinoïdes postérieures. Le cabinet a une mouffette du Chili et un midaüs qui n’ont point de tente osseuse.]
Dans le phoque commun, la cavité est grande , large et haute; son fond est très-aplati. Il n’y
a point de fosse antérieure proprement dite, et
le devant du crâne s’élève perpendiculairement comme une muraille et porte la lame criblée à sa partie supérieure. Le Crible ethmoïdal est médiocre, peu abondant en trous, élevé, et non enfoncé dans un canal comme aux chiens ; la crête crista gain y est très- distincte. Les apophyses clinoïdes antérieures sont à peine relevées et la région optique est fort plate ; mais les postérieures le sont beaucoup. La région de la selle est de niveau avec les régions latérales. Les rochers en dedans n’ont point de crête aiguë; mais le creux de leur partie supérieure, ou l’enfoncement cérébelleux , est très-profond et plus large au fond <IuàJ.entr®f i 11 reste longtemps un espace non ossifie a la région basilaire au-devant du trou occipital. [La partie supérieure de la tente du cervelet est osseuse.
Les otaries ont le crible ethrao'nlal plus enfoncé. On n’y voit point d’enfoncement cérébelleux, et la tente osseuse se complète sur les côtés en s’étendant jusqu’au rebord du rocher.]
La losse supérieure est un peu plus marquée dans le morse. La région de la selle est très-plate, et les apophyses clinoïdes peu saillantes. La fosse eribleuse est profonde, percée de peu de trous et divisée par une crête crista galli très-saillante! La tente du cervelet est très-étendue et très-sail! lante , mais peu épaisse.
c. Marsupiaux.
[Dans les sarigues et dans les peramèles la fosse cthmoïdale est grande, profonde, percée de beaucoup de trous. Il y a un profond sillon pour le trou rond , et le trou carotidien s’ouvre en dedans de lui sur les côtés de la selle ; le rocher fait trèspeu de saillie à l’intérieur du crâne; l’enfoncement cérébelleux est profond , mais plus large à son ouverture qu’à son fond : il n’y a pas de lente osseuse.
Dans le phalanger il y a une petite arête osseuse qui forme la tente.
Dans l'hypsiprymnus ou potoroo celte tente n existe pas; renfoncement cérébelleux du rocher vient aboutir à une fente demi-circulaire, sur le côté du crâne , derrière la naissance de ï’arcad» zygomatique, comme nous l’avons déjà va dans la taupe.
Dans le kanguroo la fosse antérieure sc prolonge en avant en une grande fossette cthmoïdale • les fosses moyennes sont profondes, et la postérieure est large dans le bas ; les fossettes pour loger les lobes latéraux elle lobe moyen du cervelet sont profondément marquées dans l’occipital . La région de la selle offre une disposition remarquable. Les
ARTICLE DEUXIÈME
ailes orbitaires se réunissent au-dessus du sphénoïde, niais sans adhérer à son corps; d’où il résulte une sorte de voûte qui, de droite à gauche, fait communiquer entre eux les deux orbites, et en arrière se continue sans interruption avec la selle. Il en résulte encore que les trous optiques ne font, pour ainsi dire, plus qu’un avec cette large ouverture; ils ne sont d’ailleurs séparés du trou sphéno-orbitaire que par une lamelle osseuse très-mince et. très-étroite; les deux cô tés de la selle sont surmontés par une crête aiguë dont la base est traversée par le canal du trou rond , et en dedans de l’ouverture de ce canal sont deux autres ouvertures ovales dirigées en sens inverse des précédentes , séparées par une lamelle osseuse qui représente les apophyses clinoîdes postérieures , et qui sont, la terminaison du canal carotidien. Le trou ovale est beaucoup plus en arrière. Cet écartement du corps du sphénoïde d’avec ses ailes , cette sorte de voûte qui fait communiquer le fond des deux orbites, dont on aperçoit quelque chose dans le sarigue, qui n’existc nullement dans le thylacine, mais qui se retrouve avec plus ou moins de développement dans les dasyures, les phalangers elle potoroo , s’observe encore dans le koala et le pliascelome , mais seulement sous la forme d’une fente plus apparente qu’au sarigue. ]
d. Rongeurs .
Dans les rongeurs la base du crâne est fort unie, il n’y a presque point de distinction entre la fosse antérieure et lesmoyennes. L’arête des rochers est peu aiguë'; les apophyses clinoîdes n’existent que dans un petit nombre d’espèces.
Dans Vaye-aye [le crible ethmoïdal est trèsgrand, enfoncé, et dirigé obliquement en avant et en bas.] Il y a de grands siuusfrontaux et sphénoïdaux ; le sphénoïdal est commun aux deux sphénoïdes; la région de la selle est élevée, mais sans apophyses clinoîdes ; les crêtes des rochers sont médiocres, et il n’y a point de tente osseuse. [L’enfoncemcnt cérébelleux du rocher est très-grand et lrès-profond. La fosse antérieure est large; les moyennes sont moins grandes, mais plus profondes.
Dans les lièvres le crible ethmoïdal est au fond 1 an long canal qui s’évase à son union avec la ca- V1,é du crâne : c’est au-dessus des fosses moyennes Aue celle-ci est le plus large. Les trous optiques sont réunis en un seul, et au-dessous d’eux est une selle enfoncée et bornée en avant et en arrière par des apophyses clinoîdes très-saillantes- La crête du rocher forme sur les côtés une petite lente osseuse, et l’enfoncement cérébelleux
est profond.]
Dans la marmotte [le canal du crible est égalc-
TÊTE DES MAMMIFÈRES. 287
ment profond] , le fond de la cavité cérébrale est assez uni, la selle peu élevée ; point d’apophyses clinoîdes antérieures. [Mois les rochers s’allongent en deux pointes qui viennent se toucher au-dessus du corps du sphénoïde, et tiennent lieu d’apophyses clinoîdes postérieures. Us sont creusés d’un grand enfoncement cérébelleux.] Il y a une légère crête sur chaque rocher ne se continuant pas en une tente de cervelet.
[ Il y a peu de différences dans les écureuils, si ce n’est qu’on n’y voit pas cette disposition des deux pointes des rochers. ]
Dans le castor la base du crâne est très-unie, il n’y a point de selle, ni d’apophyses clinoîdes; les trous optiques sont rapprochés et fort petits; les trous sphéno-orbitaire , ovale et rond, n’en font qu’un à l’intérieur. L’enfoncement pour la glande pituitaire est peu sensible. Les crêtes des rochers saillent peu ; mais le creux pour un appendice latéral du cervelet est Ircs-concave.
[ Voryctère a les trous optiques très-petits , et plus en arrière on voit deux très -longs sillons séparés seulement par une lame mince , et qui s’ouvrent en avant au fond de l’orbite , et en arrière sur les cotés de la base du crâne, mais en dehors de l’aile plérygoïde. Le trou ovale est. distinct sur le côté. La fosse pituitaire est au bout de ces deux sillons, et par conséquent très-loin des trous optiques. L’enfoncement cérébelleux est très-superficiel.
Dans l 'ondatra, les rais , le hamster , les deux sillons existent de même , mais leur communication latérale avec la base du crâne perce la base de l’aile ptérygoïde, et pénètre dans la fosse méso-ptérygoïde, de sorte qu’une partie du corps des deux sphénoïdes s’étend , sous forme de tige osseuse, entre les trous optiques et la fosse pituitaire. L enfoncement cérébelleux se creuse davantage.
On ne voit rien de semblable dans la gerbille , chez laquelle la distance du trou optique à la pointe du rocher est fort courte. La crête du rocher s’élève et forme une tente osseuse très-saillante sur les côtés, où elle se roule un peu sur elle-même en forme de cornet. L’enfoncement cérébelleux est médiocre.
Le lérot n’a pas cette tente osseuse ni le long sillon des rats; mais cependant le trou sphénoorbitaire d’un côté communique avec celui du côté opposé, au-dessous du corps du sphénoïde, comme dans ces derniers.
Il paraît y avoir une tente osseuse dans la gerboise, et non dans Yalactaga, ni dans 1 c .pcephagomys. Dans ce dernier la base du crâne ne communique pas avec la fosse méso-ptérygoïde.
Dans l 'hélamys la particularité la plus notable est un trou sur la ligne médiane , en arrière de la fosse pituitaire, et qui est le confluent de plusieurs
trous ou canaux; l’un qui perce directement le corps du sphénoïde et s’ouvre à la base du crâne; deux autres qui vont s’ouvrir à la base de la fosse ptérygoïde ; et deux autres qui s’ouvrent au fond de l’orbite, au-dessous du trou sphéno-orbitairo. Le basilaire est en outre percé de plusieurs petits trous.
Dans le porc-épic d’Italie la fosse pituitaire forme une petite cavité bordée de toute part par l’union des apophyses clinoïdes antérieures avec les postérieures. On ne voit rien de semblable dans le coendou. Il n’y a pas de lente osseuse; et dans ces deux genres, ainsi que dans l'urson, il n’y a pour tout enfoncement cérébelleux qu’une légère dépression du rocher.
Le enuia a la région de la selle plate, l’enfoncement cérébelleux plus marqué. Celui-ci est profond dans l'agouti, qui a aussi les fosses moyennes plus profondes que la postérieure et surtout que l’antérieure, laquelle est presque réduite au canal du lobe olfactif et à la surface où se croisent les nerfs optiques.
Dans le paca , au contraire, la fosse antérieure est plus large, plus plate, et moins élevée au-dessus des fosses moyennes. Il n’y a pas d’enfoncement cérébelleux, et la région de la selle est peu élevée. La cavité du crâne est déprimée, et presque du double plus large que haute.
La cavité du crâne du cochon d’Inde est aussi déprimée ; l’enfoncement cérébelleux y existe. On le trouve aussi dansleâérorfoKd» Brésil; Asm celui de Patagonie, le rocher donne une crête saillante.
Autant que nous pouvons le voir, l’enfoncement cérébelleux existe dans la viscache et dans 1 «chinchilla, et le rocher fait dans l’intérieur du crâne une assez forte saillie. ]
e. Edentés.
Il y a peu de différences de niveau entre les fosses du crâne des édentés. Leur lame criblée est située dans un enfoncement que distingue une arête verticale.
Dans l 'unau, il y a à l’intérieur peu d’inégalités. La région de la selle est fort aplatie; le rocher peu saillant ; [ on n’y voit pas d’enfoncement cérébelleux,] et il n’y a point de tente osseuse; mais le crible elhmoïdal, qui est fort concave et peu compliqué, est divisé par une crête de coq considérable.
Dans les tatous en général, la région de la selle est peu élevée; le crible elhmoïdal est énorme, et l’apophyse crisla-galli très-saillante. La crête du rocher est assez aiguë, et se prolonge en une tente osseuse très-médiocre, presque effacée même dans le tatou géant, si ce n’est à sa partie supérieure, où elle forme un tubercule triangulaire.
Dans l 'oryclérope, le crible ethmoïdal est grand,
plus large que haut, et très-enfoncé ; la région de la selle est peu élevée. [ La tente osseuse est beaucoup plus marquée qu’au tatou sur les côtés, tandis que le tubercule qui la termine en haut n’existe pas.]
Dans les pangolins, la selle est médiocrement élevée; le crible ethmoïdien est très-grand, et divisé par une crête de coq très-grande et trèsosseuse, séparé même du reste du crâne par un anneau osseux saillant : sur chaque rocher s’élève une demi-tente verticale, très-osseuse, appartenant au pariétal, et ne laissant entre elle et sa congénère qu’une arcade en forme d’ogive, de la hauteur du crâne, mais n’ayant que le tiers de sa largeur. [Il n’y a dans ceux-ci, pas plus que dans les précédents, d’enfoncement cérébelleux.]
Dans le tamandua, à l’intérieur la selle et ses appartenances sont fort plates : le crible ethmoïdal est grand, couché presque horizontalement; le milieu en est saillant, sans former d’apophyse crista-galli; il n’y a aucune tente osseuse. L’enfoncement cérébelleux, au-dessus du rocher, est très-profond. [On peut dire la même chose du fourmilier didactyle, mais dans le tamanoir nous ne retrouvons plus cet enfoncement cérébelleux. ]
f. Pachydermes.
Les fosses sont très-distinctes dans l 'éléphant. Les moyennes sont les plus enfoncées; leur séparation se fait par des saillies mousses. La lame criblée de l’ethmoïde occupe presque tout le fond de la fosse antérieure, parce que le nez se trouve sous le crâne, comme dans l’homme; et non devant, comme dans les carnassiers, les rongeurs; elle a une crête de coq mince et saillante, etc. La selle sphénoïdale n’est pas très-élevée; les apophyses clinoïdes sont courtes, surtout les postérieures. 11 n’y a point de tente osseuse. [Pour l’enfoncement cérébelleux du rocher, il n’y en a pas dans l’éléphant. d’Afrique.]
Daus V hippopotame , les fosses et la selle sont toutes de niveau, et il n’y a même de distinction entre elles qu’une lame saillante qui correspond aux apophyses clinoïdes postérieures. Il n'y a point de tente osseuse. Les rochers, dont la figure est. très-irrégulière , saillent dans l’intérieur du crâne, mais n’y établissent pas de cloisons régulières. La région ethmoïdale est enfoncée en avant avec une forte crête de coq.
Dans les cochons, à l’intérieur on voit que les sinus frontaux et sphénoïdaux sont très-étendus et rétrécissent beaucoup la cavité cérébrale. Dans les cochons proprement dits, la selle monte presque verticalement pour aller soutenir les nerfs optiques. [H y u de petites apophyses clinoïdes antérieures, et les postérieures forment une forte lame quadrilatère, verticale, etsupportée par une petite
ARTICLE DEUXIÈME
TÊTE DES MAMMIFÈRES
éminence du corps du sphénoïde. ] La tente osseuse ne règne que sur les côtés; elle ne fait que passer sur le rocher. La fossette cthmoïdalc est très-enfoncée, de grandeur médiocre, divisée par une crête de coq très-saillante, et criblée de trous nombreux.
[Dans le babiroussa, la selle est moins verticale, et par conséquent la ligne delà base du crâne plus uniformément oblique. Les apophyses clinoïdes postérieures sont hautes, mni§ beaucoup moins larges. 11 n’y a pas d’enioncemcnt cérébelleux.
Dons 1 e pécari, il n’y a pas d’apophyses elinoïdes, et la sellese continue librement avec la gouttière basilaire. Dans cdui-ci, comme dans les précédents, cette région de la selle est plus enfoncée que les fosses moyennes.
Les phacochœres ont la région de la selle aussi verticale que le sanglier, des apophyses clinoïdes postérieures, un rocher fort peu saillant à l’intérieur, une tente osseuse qui ne règne que sur les côtés, et une fosse elhmoïdale plus petite.]
Dans les rhinocéros, les fosses antérieure et moyennes ne sont point distinguées l’une de l’autre. La fosse postérieure est plus profonde que les autres, et. elle est séparée des moyennes par une arête saillante et aiguë qui n’est point attachée au rocher, mais qui est située en avant d’eux. L’endroit qui répond à la selle sphénoïdale est beaucoup plus enfoncé que les fosses moyennes , au lieu d’être relevé comme dans l’homme. La partie qui correspond aux apophyses clinoïdes' posterieuresn’est point attachée, comme dans les autres animaux, à la base du crâne; mais elle s’étend, comme un pont, de l’une des fosses moyennes à l’autre, tandis que la selle sphénoïdale qui est, comme nous venons de le dire, beaucoup plus basse que ces fosses, communique sous ce pont avec l’apophyse basilaire de l’occipital. La lame criblée est très-large, très-enfoncée, et subdivisée en deux parties par une crête très-épaisse.
[ Dans le daman, la cavilé cérébrale est grande, ia région ethmoïdale enfoncée, la région de la selle est un peu creusée, les fosses moyennes sont distinctes des antérieures; il n’y a pas de tente osseuse, mais il parait y avoir un petit enfouce- 0,611 1 cérébelleux.]
bans les tapirs, la selle est plate, [à pou près de niveau avec les fosses moyennes;] la région wibleuse, large, est assez enfoncée, [quoique woins que dans les cochons et les rhinocéros.] La crête de eoq est très-prononcée ; il n’y a point de tente osseuse, et le rocher fait même très-peu de saillie.
Dans le cheval, la région de la selle est plane, sans aP°physes clinoïdes, et un peu plus enfoncée que les fosses moyennes, La région criblcuse est a ssez enfoncée è( médiocrement étendue. Le rocher
a une crête aiguë, qui se continue par les côtés avec une lente osseuse forte qui appartient principalement à l’inter-pariétal.
g. Ruminants.
Dans les ruminants, les fosses moyennes sont à peine distinguées d’avec la fosse antérieure. La selle sphénoïdale est fort large, et beaucoup plus basse que les fosses moyennes entre lesquelles elle est située. Elle se continue sur le même niveau avec la fosse postérieure , dont elle n’est distinguée que par une lame qui correspond aux apophyses clinoïdes postérieures.
Dans les lamas et les chameaux proprement dits, le plancher de la cavilé cérébrale est beaucoup plus uni qu’aux cerfs et aux moulons : les apophyses clinoïdes postérieures ne forment ensemble qu’une petite lame ; la région qui porte les nerfs ôptiques est presque de niveau avec celle de la glande pituitaire. [H y a une tenteosseuse médiocre, et une crête decoq très-épaisse.
Dans la girafe , la base du crâne parait également assez unie; mais à sa paroi supérieure, les deux lames des os sont séparées par de grands sinus. Ceux-ci n’existent pas dans les clievrolains , où de plus les rochers semblent faire, dans la cavité cérébrale , une saillie plus grande que chez les précédents, mais la tente osseuse des lamas n’existe ni dans la girafe ni dans le chevrotain.
Les cerfs présentent aussi un plancher de la cavité cérébrale unie, un rocher peu saillant à l’intérieur. ]
âlais dans le mouton le plancher delà cavité cérébrale est fort inégal. La selle est très-enfoncée;. la région qui porte les nerfs optiques est très-relevée. Lesapophyses clinoïdes postérieures forment une lame très-saillante; il n’y a pas de vraie tente osseuse, mais seulement une légère crête; la région cribleusecst très-enfoncée et munie d’une grande crête de coq. 11 est à remarquer que l’eLhmoïde se soude Irès-promptement au sphénoïde antérieur parla.basedu crisla-galli, en sorte qu’ils ne font qu’un os, lorsque les deux sphénoïdes sont encore très-séparés.
[Dans les bœufs, le crible est également trèsenfoncé, la selle située très-bas, mais se confondant insensiblement avec les fosses moyennes; le rocher saille dans la cavité cérébrale comine un gros tubercule, et la paroi supérieure de cette cavité est partout creusée de grands sinus, qui font que la lame intérieure de cette paroi affecte une direction tort différente delà lame externe. Celle-ci s’unit à angle droit avec la paroi occipitale, tandis que la lame interne décrit , du trou occipital au crible de l’ethmoïde , une courbe dont la concavité regarde en bas et en arrière. 11 en résulte que le point où les sinus sont les plus grands est
situé à la partie la plus reculée du crâne, à la base des cornes dans l’angle de réunion des faces supérieure et postérieure.]
h. Cétacés.
Dans le lamantin , les lames cribleuses sont au bas de la face antérieure du crâne, petites, peu abondantes en trous, presque pas enfoncées. L’apophyse crisla-galü , sous la forme d’une arête très-vive , se prolonge bien plus bas et plus en arrière que le crible. Il n’y a point de selle ; toute la base est unie ; [la fosse antérieure est notablement haute et grande; les fosses moyennes sont à peine enfoncées. La faux est osseuse en arrière.]
Dans le dugong, la fosse criblcusc se réduit à deux enfoncements simples, très-écartés l’un de l’autre, et qui se terminent en avant par deux ou trois petits trous. [La crête de coq forme une grosse saillie prismatique qui les sépare. La fosse antérieure est moins grande que dans le lamantin. ] Il n’y a point de selle et point de tente osseuse.
[Dans les dauphins, le sillon transversal pour les nerfs optiques, la selle, qui est peu marquée et au niveau du précédent; l'enfoncement pour la protubérance annulaire, sont très-rapprochés l’un de l’autre et occupent, le centre du plancher. La fosse antérieure est grande, évasée et fort élevée; elle se confond presque insensiblement avec les fosses moyennes.] La fosse cérébelleuse est la plus creuse. Il y a souvent une tente osseuse très-saillante à son milieu; la faux est toujours osseuse en arrière. Il n’y a point de crête de coq, et à peine aperçoit-on quelques petits trous à la lame cribleuse. [Sur les cêtés de la selle, vient s’ouvrir le canal carotidien en dedans du trou ovale. La fossette basilaire est plus élevée que le fond des fosses cérébelleuses, mais plus basse que le trou occipital, dont elle est fort éloignée; ce qui indique que la moelle allongée est à la fois très-longue et obligée de remonter pour sortir du crâne.
La cavité du crâne des rorquals ressemble à celle du dauphin par son élévation en avant, par sa grande largeur transversale; mais au lieu de se continuer sans interruption avec le plancher, la paroi antérieure est percée d’un long canal plus large que haut, qui est une véritable fosse cribleuse, et qui aboutit au crible de l’elhmoïde où l’on voit un assez grand nombre de trous. Le diamètre transverse du crâne est très-grand au ni-
(i) Digression. Si Galien a décrit les os de la tête d'après l’homme, ou d’apres le singe?
Lors de la renaissance de Tanatoraie dans le seizième siècle, il s’éleva de grandes disputes sur cette question. Vésale attaqua Galien, Eustaclie le défendit avec Papion; chacun employait des passages différents.
veau des fosses moyennes , lesquelles n’étant pas séparées de la fosse cérébelleuse par une arête vive , comme dans le dauphin , et s’unissant avec celle-ci, forment au-dessus du rocher une sorte de grande anfractuosité. La région de la selle est large, plate, un peu déprimée, plus élevée que le fond des fosses moyennes, qui est occupé par le rocher, mais plus basse que le plancher de la fosse cribleuse, et surtout que le trou occipital, qui se relève beaucoup comme dans le dauphin.]
i. Monolrèmes,
Dans l'échidnê, il n’y a point de sinus frontaux, [et la forme extérieure du crâne donne exactement celle de la cavité ; les os extrêmement minces, ayant partout une épaisseur égale. ] La région de la selle est médiocrement élevée, et le dessus de cette colline prend la forme d’un canal longitudinal. Les rochers sont aplatis; mais la région du crible ethmoïdal est horizontale et élevée comme un théâtre au-dessus des fosses moyennes. Le crible ethmoïdal est très-considérable, et, d’après sa positionnes anfractuosités ethmoïdales, qui en naissent dans la cavité nasale, ont une direction verticale. 11 n'y anicrête de coq, ni tente osseuse.
Dans Yornithorhynque, [la forme extérieure du crâne donne également bien celle de la cavité;] dans celle-ci, les inégalités sont peu marquées. La selle, peu élevée, est creusée dans son milieu d’un canal longitudinal et terminée en arrière par une lame clinoïde très-relevée. Ce que cet intérieur a de plus curieux, c’est la fossette ethmoïdale qui est petite, enfoncée, et n’a qu’un seul trou un peu grand de chaque côté pour le nerf olfactif et peutêtre un autre très-petit. De chaque côté sont des espaces purement membraneux pour la séparer du canal du nerf sur-orbitaire. Les trois canaux semicirculaires saillent fort en dedans et interceptent un creux très-marqué, [et qui parait bien l’analogue de l’enfoncement cérébelleux que nous avons rencontré dans beaucoup d’animaux.] La tente osseuse est à peine sensible; mais, ce qui est fort remarquable, il y a une grande faux longitudinale osseuse.
§ 4. Des os du crâne et de leurs connexions.
A. Dans l’homme (1).
Le crâne et la face se divisent dans l’adulte par
Eu les rapportant tous et en les comparant avec la nature, on aurait trouvé que plusieurs des choses avancées par Galien ne peuvent avoir été vues que sur l’hommet que d'autres sont nécessairement prises du singe; que quelques-unes, enfin, sont d’une fausseté absolue, et ne peuvent avoir été vues ni sur l’une ni sur l’autre espèce.
ARTICLE DEUXIÈME. — TÈTE DES MAMMIFÈRES
des sutures en un certain nombre d’os dont quelques-uns se fondent, ensemble à certaines époques, et qui , dans l’enfant et dans le fœtus . sont en partie subdivisés eux-mêmes en os plus nombreux.
On compte ordinairement huit de ces os dans le crâne.
Us s’appuient tous sur l’un d’eux, qui se trouve situé dans le milieu de la base où il supporte l’effort de tous les autres; c’est pourquoi on l’a appelé sph énoïde ou cunéiforme. Sa partie moyenne, épaisse, se nomme le corps, et il a deux paires de parties latérales en forme de lames appelées ailes; les antérieures, plus petites, qui répondent audessus du fond de l’orbite; les postérieures, plus grandes, séparées des premières par la grande tente dit c sphénoïdale. Son bord antérieur se joint
On serait arrivé ainsi à reconnaître cé que Galien annonce lui-meme : c’est qu’il a vu des os humains dans quelques occasions rares et sans pouvoir les étudier à loisir, et qu’il prenait d’ordinaire des os de singe pour sujet de ses descriptions; l’on aurait aperçu en meme temps ce qu’il ne dit point : c’est que les os mêmes de singe qu’il employait n’étaient pas dans le meilleur état de conservation.
Il paraît, d’après ses termes [De adtnin. anat ., lib. r, cap. 2), que les médecins d’Alexandrie avaient seuls osé s’élever au-dessus du préjugé vulgaire, au point de manier et de démontrer à leurs élèves des os humains naturels, chose si extraordinaire, que Galien recommande aux étudiants de se rendre dans celte ville, ne fùt-ce que pour cette seule raison; et ceux qui ne le pourraient pas, ajoute-t-il, devront faire comme j’ai fait moi-même, jeter un coup d’œil sur les sépulcres ou les tombes que des accidents font ouvrir. «J’ai vu un jour un corps, qu’un fleuve avait enlevé et rejeté sur le rivage, dépouillé de ses chairs. Une autre fois, j’ai rencontré celui d’un voleur qu’un voyageur avait tué, que les gens du voisinage avaient laissé sans sépulture, et que les vautours avaient décharné.»
On conçoit que de cette manière il put bien observer les caractères les plus apparents des os de l’homme ; mais qu’il dut recourir à d’autres ressources pour en étudier les détails.
Four cet effet et même pour se préparer à profiter des occasions que le hasard pourrait présenter, il recommande d’examiner les singes les plus semblables à l’homme.
On a demandé quelle espèce de singe Galien avait disséquée ?
Dans ses administrations anatomiques, il engage à choisir ceux qui, n’ayant ni le museau proéminent, ni les canines allongées, marchent plus aisément debout, et ressemblent davantage à l’espèce humaine. Il les °ppose aux cynocéphales, dont les caractères sont contraires à ceux-là.
Au livre sixième du même ouvrage, chap. r, il annonce que les singes à face ronde et à courtes canines ont aussi le pouce des mains plus long et les doigts des pieds plus courts que les autres; les muscles des tempes
au frontal par une suture dite sphénoïdale qui appartient aux petites et aux grandes ailes, et rè<me sur le plafond des orbites. Le milieu de ce même bord antérieur, qui appartient au corps, s’unit au bord postérieur de Pet hmoïde. En arrière, le corps du sphénoïde se soude de très-bonne heure avec le corps ou la partie épaisse de l’occipital. Le bord postérieur des grandes ailes s’unit au rocher; leur bord latéral , à la partie écailleuse du temporal par une suture située dans la fosse temporale; leur pointe seulement touche au pariétal par un petit espace.
[Il n’est pas très-rare, cependant, de trouver des crânes de nègres où le temporal s’unit au frontal, et sépare l’angle du pariétal du sommet de l’aile temporale du sphénoïde.]
plus faibles, ceux qui vont à la jambe moins larges; le cdbcyx très-petit; les poils doux et courts.
11 ajoute ensuite qu’il eu est d’autres qui ressemblent aux cynocéphales par le museau, qui ont un coccyx long, et même qui ressemblent à ces cynocéphales par la queue; que ceux-là ont de grandes canines, des mâchoires longues, un pouce très-court, les muscles qui vont à la jambe larges.
Ce nest qu’au défaut de singes que l’on doit prendre des cynocéphales, des satyres, ou des lynx.
Nous ne connaissons dans les pays fréquentés des anciens que le magot qui réponde à ces descriptions; et je me suis assuré, par une comparaison exacte de ses muscles avec la myologie de Galien, que c’est en effet d’après le magot que ce grand auatomiste a étudié cette partie de la science.
Pierre Camper avait cru apercevoir, dans ce que Galien dit des ventricules de la glotte, quelque trait qui ne pouvait se rapporter qu’à l’orang-outang; mais je montrerai ailleurs qu’il n’est pas même question de singe en cet endroit, et que Galien n’y parle de ces ventricules que d’une manière générale. D’ailleurs, les muscles de l'orang-outang, qui diffèrent beaucoup de ceux du magot, 11e répondent nullement aux descriptions de Galien, comme nous le verrons aussi ailleurs.
Mais Galien admet deux espèces de singes, et, d’après ses expressions, Buffou avait supposé l’existence d’un singe plus voisin de l'homme que le magot, qu’il appelait pithèque. Les voyageurs ont cherché eu vain cet être imaginaire. Les auimaux qu’ils ont apportés sous le nom de pithèques se sont toujours trouvés des magots dont les dents n’étaient pas encore développées.
Il est vrai que les jeunes magots diffèrent assez des vieux par l’air du visage et par la douceur de leurs mœurs, pour qu’on ait pu les croire d’espèces différentes ^ et nous sommes assez disposés à penser que Galien a donné dans cette erreur. Toujours faut-il convenir qu’il a exagéré ce qu’il dit de leur ressemblance avec l'homme, car leur pouce n’est pas plus long, ni leurs doigts des pieds plus courts à proportion que ceux des adultes.
Au reste, ces caractères se trouveraient encore moins dans l’orang-outang que dans les jeunes magots; ainsi, ils ne serviraient en rien à soutenir l’opinion de Camper,
La face antérieure des grandes ailes a une arête qui se joint à une lame du jugal pour former la cloison postérieure de l’orbite; ainsi ces grandes ailes répondent en partie à l’orbite, en partie à la face temporale.
En avant du sphénoïde est le frontal ; il forme leplafond desdeux orbites et toute la convexité du front. Entre les orbites, il a un vide qui est rempli par l’ethmoïde, lequel sépare les orbites l’un de l’autre et forme le plafond de la cavité du nez ; l’apophyse orbitaire du frontal du côté du nez s’unit nu lacrymal, au maxillaire supérieur et au nasal; son apophyse externe à l’os delà pommette, qui se continue ensuite avec une crête delà grande aile du sphénoïde pour compléter la cloison externe de l’orbite.
Prenant maintenant une tête humaine et des*têtes de divers singes, lisons l’ostéologie de la tète dans Galien.
Nous y trouvons d’abord une description des sutures coronale , sagittale , lamhdoïde et écailleuse ; une description détaillée de l’os sphénoïde , et une énumération des os du crâne qui conviennent également aux singes et aux hommes.
L’auteur passe ensuite à la description du temporal, et la mention expresse qu’il y fait de 1’apopliyse styloïde et de l'apophyse masloïde est évidemment humaine. Sa description du jugal n’a rien de caractéristique ; mais dans sa manière embarrassée dé décrire les os de la face, il y a une erreur manifeste qui ne convient ni à l’homme, ni au singe, ni à aucun mammifère.
Après avoir décrit la suture jn go-maxillaire en arrière et eu avant, il la continue jusqu’à un endroit du bord inférieur de Vorbit-e, où elle se partagerait en trois branches : l’uae irait le long du grand angle vers l’entredeux des sourcils (c’est la suture qui sépare en avant l’os lacrymal de l’apophyse nasale du maxillaire); l’autre continuerait celle-là sous la concavité de l’orbite jusqu’à la suture sphéno-frontale, et aurait sous elle le grand trou lacrymal (c’est celle qui sépare daus l’orbite le frontal du lacrymal e t de l’ethmoïde); la troisième, placée sous les deux autres, se rendrait par le bas de l’orbite à cette même suture sphéno-frontale (c’est celle qui sépare dans l’orbite le lacrymal et l’ethmoïde du maxillaire).
Il est manifeste que l’erreur de Galien consiste à avoir continué la suturé jugo-maxillaire le long du bord inférieur de l’orbite jusqu’à Vos lacrymal, cL à avoir fait ainsi de la face orbitaire du maxillaire un os distinct. Aussi ajoute-t-il que la mâchoire supérieure est jointe au crâne par trois os de chaque côté : le jllgal, celui qui est dans l’orbite et qui transmet les nerfs qui se rendent à la mâchoire intérieure, et celui qui occupe l’angle interne ou le lacrymal. On voit même qu’il ne parle point du tout de Vos planum ou de la face orbitaire de l’ethmoïde.
Galien passe ensuite aux os de la mâchoire supérieure, et en décrivant le maxillaire et le palatin d’une manière qui couvient également bien à l’homme et au singe, il
Unegramle suture demi-circulaire, dit c frontale t va d’une de ces apophyses orbitaires externes à l’autre en passant sur le crâne, et sépare le frontal, dont clic forme le contour latéral et supérieur, d’abord de la grande aile du sphénoïde, et ensuite des deux pariétaux.
A l’arrière du corps du sphénoïde tienL le corps de Voccipilal ou son apophyse basilaire,, qui même se soude de si bonne heure avec lui que plusieurs anatomistes ne font qu’un seul os occipito-sphénoïde.
L’occipital s’élargit en arrière, entoure le grand trou occipital, produisant à chacun de ses côtés un condyle articulaire; il remonte en s’élargissant encore, pour se terminer en pointe derrière le crâne dont il occupe toute la face postérieure (1).
fait une mention détaillée de la suture incisive, décrit Vos inter-maxillaire comme un os séparé, et y revient deux fois encore dans l’article suivant après avoir décrit les os du nez .
Il est impossible d’admettre qu’en ce point Galien ait consulté des têtes humaines, puisque même, dans le fœtus, il n’y a jamais dans l’homme qu’une petite fissure près du trou incisif, et que la suture entre la canine et les incisives est un caractère des animaux. Il est même facile de voir que Galien l’a décrite d’après un magot ou tin autre singe d’Afrique, et non pas d'après l’orangoutang; car il la fait descendre de l’entre-deux des sourcils, ce qui suppose qu’elle atteignait le haut des os propres du nez. Or, dans l’orang-outang, elle se termine au-dessus de ces os, au bord de l’ouverture antérieure des narines.
Après ce caractère évidemment animal, Galien en présente un autre qui n’est pas moins évidemment humain, en disant qu’il y a deux os propres du nez. L’orang-outang, le magot, lechimpansé, la plupart des singes de l’ancien continent, n’en ont qu’un seul à Vêtit adulte.
Les autres quadrupèdes, tels que les chiens et autres carnassiers, ont ces os doubles cumrne nous, et leur os ethmoïde est, de plus, tellement caché par le frontal, qu’on ne le voit point dans l’orbite.
Ces doux circonstances, conformes à deux des erreurs de Galien, me font croire que quelquefois il manquait même de singes, et se voyait réduit à consulter des animaux plus communs.
(i) [En dehors du condyle, entre celui-ci et l’apophyse mastoide, eu arrière de l’apophyse styloïde l'occipital 11e présente dans la plupart des sujets que de petites éminences rugueuses; mais nous avons trouvé eu ce point, sur un sujet, une longue et forte apophyse, droite, conique, appartenant à l’occipital, et qui semblerait être l’analogue de celle qui, née du même os, prend dans certains genres de mammifères un si grand développement, et tient lieu de l’apophyse inastoïde proprement dite, quoique souvent aussi ces deux apophyses existent simultanément. Nous la désignerons, comme nous l’avons dit, et pour éviter toute circonlocution, sous le nom d’apophyse para^masloïde.]
ARTICLE DEUXIÈME
Partout où il ne touche point le sphénoïde il s’articule avec les temporaux et avec les pariétaux.
Le temporal , os compliqué, remplit. l’espace entre la grande aile du sphénoïde et le côté de l’occipital. Sa partie latérale ou écailleuse est mince, large et arrondie; elle donne une apophyse pour former avec une autre apophyse du jugal 1 arcade zygomatique. A sa partie postérieure, vers le bas, est l’apophyse mastoïde; entre deux, le trou auditif externe, et, vers la hase du crâne, le rocher qui s’avance derrière la grande aile du sphénoïde jusqu’à l’os basilaire.
Toute la partie de la voûte du crâne qui reste à garnir l’est par les deux pariétaux, grands os carrés, articulés entre eux par une suture longitudinale, dite sagittale; avec l’occipital, par une suture en forme d’angle dite lambdoïde ; avec le frontal, par la grande suture frontale; avec le temporal, par une suture dite écailleuse, et enfin avec la pointe de la grande aile du sphénoïde.
On voit donc que la boite, qui constitue le crâne , est formée de trois ceintures fort inégales en largeur, étroites vers la base , et dilatées vers le haut en une grande convexité. La première est formée par le frontal et l’ethmoïde. La deuxième, par le sphénoïde, les temporaux et les pariétaux. La troisième, par l’occipital.
Les fosses de l’intérieur ne répondent pas exactement aux divisions des os; l’antérieure, ou la frontale, embrasse des parties du frontal de l’ethmoïde et du sphénoïde ; les fosses moyennes en ont du sphénoïde, des pariétaux, des temporaux et un peu du frontal; la fosse postérieure, de l'occipital , des temporaux et quelques parcelles des pariétaux.
La division des os que nous venons de décrire est celle de l’adulte , de l’âge de vingt ans, par exemple ; plusieurs de ces sutures s’.clfacent plus ou moins vite dans la vieillesse. On voit des crânes cpii n’en ont plus du tout à leur convexité ; mais dans la première enfance les divisions sont plus nombreuses; et elles le sont davantage dans le fœtus a mesure qu’on remonte vers l’époque de la conception.
Dans le fœtus à terme, l’occipital est divisé en quatre parties : une grande et mince, qui garnit l’occiput en arrière, deux latérales, qui entourent les côtés du trou occipital et forment une grande partie des condyles ; une antérieure dite basilaire, qui forme le devant du trou occipital et le dessous de la base du crâne.
Le temporal est divisé en deux parties : une grande et mince, dite écailleuse, qui donne 1 apophyse zygomatique , et à laquelle adhère le petit cadre osseux sur lequel est étendue la membrane du tympan, le reste du canal auditif externe et des parois delà caisse n’étant point ossifié ; et une autre épaisse, dite le rocher, contenant les organes
'ETE DES MAMMIFÈRES. 295
internes de l’ouïe, formant au dedans du crâne la crête qui sépare la fosse moyenne de la postérieure, et à laquelle appartient la région de l’apophyse mastoïde.
Dans les très-jeunes fœtus, l’ossification de la partie pétreusc commence par plusieurs points, dont un répond à la portion mastoïdienne, deux autres aux deux canaux semi-circulaires voisins.
Le sphénoïde est l’os qui se divise le plus dans le fœtus. Le fœtus à terme ne l’a divisé qu’en trois parties : le corps auquel tiennent déjà les petites ailes, et les deux grandes ailes dont les apophyses ptérygoïdes sont des appartenances. Quelquefois les deux petites ailes sont distinctes l’une de l’autre et du corps de l’os.
Dans les fœtus plus jeunes, le corps lui-même est divisé en deux parties latérales.
Dans de plus jeunes encore, il y a une pièce libre à la base de chaque grande aile, et les apophyses ptérygoïdes sont des points d’ossification séparés.
Les pariétaux ne se divisent à aucune époque, et ne sont formés chacun que par un seul centre d’ossification.
Le frontal est divisé dans le fœtus en deux os par une suture longitudinale qui est une continuation de la sulure sagittale , et qui subsiste pendant l’enfance, et même dans certains individus pendant toute la vie.
La lame cribleuse de l’ethmoïde n’est point ossifiée, même dans le fœtus à terme; et ses parties latérales ni le vomer ne lui étant unis , il y a à sa place trois os différents.
B. Dans les mammifères.
Les principales différences qu’offrent les os des crânes des mammifères consistent dans le nombre des os qui les constituent, dans les connexions de ces os, enfin dans la forme particulière que chacun d’eux affecte.
a. Quadrumanes.
Les quadrumanes ont tous les huit os du crâne de l’iiomme, mais souvent le sphénoïde est divisé en deux parties, dont l’une lorme les ailes orbitaires et les apophyses clinoïdes antérieures , cl l’autre les ailes temporales, les apophyses clinoïdes postérieures et la fosse basilaire.
Dans l’orang-outang, les sutures frontale et sagittale ont des dentelures comme dans l’homme, bien qu’un peu moins compliquées; l’occipitale en a moins. La suture écailleuse est plus rectiligne que dans l’homme. Lespariétauxnediffèrent de ceux de l’homme que parce que leur bord temporal est presque droit; ceux des autres singes sont, plus étroits, et deviennent plus obliquangles
à mesure que le crâne s’aplatit. Le temporal est plus long, par rapport à sa hauteur, parce que I occipital est plus plat et le sphénoïde plus étroit. [Il n’y a pas d’apophyse styloïde, et cette apophyse ne se retrouvera plus dans aucune tête. ] L’apophyse mastoïdeesl presque effacée; le rocher est plus saillant, le canal carotidien plus petit. Derrière l’articulation de la mâchoire inférieure, et en avant du méat auditif, est une lame verticale transverse qui empêche le recul de la mâchoire inférieure , et qu’on trouvera ensuite dans les quadrumanes, les carnassiers et beaucoup d’autres. Le sphénoïde, en général plus étroit , n’a point d’épine.
Dans le rjdmpunsè, la grande aile du sphénoïde n’atteint ni le frontal , ni le pariétal, parce que le temporal touche au jugal au-dessus d’elle. Les sutures frontale, pariétale et occipitale, sont moins profondément dentelées que dans l’homme. [L’écailleuse est également rectiligne (1). ]
Dans les gibbons , les sutures sont peu dentelées, et la frontale se termine en arrière en une pointe quelquefois très-aiguë. [Le sphénoïde s’unit dans la fosse temporale au frontal et au pariétal, comme dans l'homme et l’orang. Dans les jeunes individus, une suture qui descend du bord supérieur du temporal vers la caisse, derrière le conduit auditif, semble indique!* la ligue d’union de la portion écailleuse avec cette portion mastoïdienne du rocher qui se montre au dehors , et demeure séparée du reste du temporal dans beaucoup de mammifères.]
Dans les guenons, les macaques, les cynocéphales, les semnopithèques, les sutures supérieuresdu crâne ne sont point dentelées, si ce n’est la frontale qui l’est quelquefois un peu sur les côtés : celle-ci est plutôt en demi-ovale qu’en demi-cercle. Dans quelques espèces, elle fait même la pointe en arrière, Il y a des variétés pour les connexions de la grande aile du sphénoïde dans la fosse temporale ; cependant il est plus général que le sphénoïde n’atteigne point le pariétal.
Dans les sapajous, les atèles, les sais, les sakis, le saïmiri et les ouistitis , le frontal se prolonge en une longue pointe et le sphénoïde reste trèsloin du frontal dans la fosse temporale ; [ il en est séparé le plus souvent par l’union du pariétal avec le jugal, quelquefois par celle du jugal avec le temporal. Dans les alouattes cependant il louche encore et le frontal et le pariétal.] La suture écailleuse cstplacée plus bas que dans les genres précédents.
Dans les alouattes, le rocher, ou plutôt la caisse, a en dessous, derrière le trou ovale, une forte
(t) [M. Owen, mém. cit., dit avoir trouvé un interpariétal sur quelques individus. Ceux du Muséum n’en ont pas.]
apophyse pointue. [ La lame transversale située en avant du trou auditif prend, dans les alouattes, les sajous, les sakis, le saïmiri , les ouistitis , un développement très-considérable. Le callilhrix ou sajouin à masque manque tout à fait de cette apophyse.]
Dans les loris grêle et paresseux, et dans les galagos, les deux frontaux restent séparés aussi longtemps que les autres os. [Le sphénoïde touche dans la tempeau frontal et au pariétal.] La largeur de l’apophyse post-orbitaire du jugal laisse peu de longueur à l’arcade zygomatique. Le trou auditif est plus relevé qu’aux sapajous, plus large qu’aux s"'ges. La caisse est vésiculeuse , peu bombée. Il n y a point d’apophyse mastoide, si ce n’est une légère proéminence immédiatement derrière et à la hauteur du trou auditif; le trou occipital est plus en arrière que dans les sapajous, mais pas plus oblique.
[Dans l'avahi, non-seulement la caisse est trèsbombée et très-vésiculeuse, mais la partie du temporal au-dessus du trou auditif est aussi renflée en une vésicule. En arrière de la caisse, l’occipital donne une petite pointe, indice de la forte apophyse qu’offrent en ce point d’autres animaux. La facette gléuoïde est non-seulement fermée en arrière complètement par l’apophyse dont nous avons parlé dans les singes , et qui ici s’unit à la caisse, mais aussi en dehors par une lame descendante de l’apophyse zygomatique du temporal, de façon que le condyle tic la mâchoire se trouve engrené très-solidement.]
Dans les makis proprement dits , la suture frontale fait en arrière un angle droit; les frontaux restent partagés, ils s’unissent directement en avant et en has avec le palatin dans l’orbite, où l’ethraoïde ne paraît pas. La grande aile du sphénoïde touche au frontal et au pariétal aussi bien qu’au temporal. L’apophyse post-orbitairedu jugal s’unit à celle du frontal, mais non à celle du sphénoïde. Les caisses, fort écartées l’une de l’autre sont bombées et vésiculeuses; la région mastoïdienne du temporal est moindre que dans les singes, et il n’y a aucune apophyse mastoide. Derrière la racine de l’arcade zygomatique se trouve, comme dans tous les singes, l’apophyse qui retient la mâchoire inférieure. [ La facelle glénoïde qui est au-devant est toute plate.]
La lame cribleuse de l’ethmoïde dans tous les makis, dans les loris et les galagos, vient loucher, comme dans l’homme, au sphénoïde antérieur * tandis que dans les singes elle en reste éloignée en arrière par le rapprochement des deux côtés du frontal. L’ethmoïde tout entier est enveloppé par le frontal et par le palatin, en sorte qu’il n’en parait rien dans l’orbite, ou, en d’autres termes, qu’il n’y a pas d’os planum, ce qui continue dans les carnassiers et les autres mammifères, [à un
ARTICLE DEUXIÈME. - TETE DES MAMMIFÈRES
I rès-petit nombre d’exceptions près ; mais il existe encore dans les autres lémuriens.]
Dans les tarsiers , les caisses vésiculeuses, étant fort grandes, se touchent sous l’os basilaire et réduisent à peu de chose la région ptérygoidienne. [Le seul individu que nous ayons est déjà trop adulte pour que nous puissions parler des sutures et de la connexion des os.]
b. Carnassiers.
Les deux pariétaux se soudent de tres-bonne heure dans les chéiroptères, de manière à ne former qu’une seule pièce : il eu est à peu près de même dans tous les autres carnassiers, qui ont de plus presque toujours l’os frontal partage en deux pièces, au moyen d’une suture médiane. Les frontaux des carnassiers, et en général de tous les mammifères qui suivent jusqu’aux cétacés, forment une surface irrégulière de prisme ou de cylindre, à laquelle on peut considérer trois faces principales ; une supérieure, qui touche par devant ou museau et par derrière au reste du crâne, et deux latérales, qui descendent chacune dans la fosse orbitaire et temporale de chaque côté, [où elles trouvent, suivant les familles, des connexions différentes.]
Dans les roussettes, il n’y a qu’un frontal, même dans le fœtus prêt à naitre ; il enveloppe tout à fait l’ethmoïde qui ne parait point dans l’orbite. Ses apophyses post- orbitaires sont longues et pointues, mais ne vont pas jusqu’au jugal, qui luimême n’a aucune partie saillante derrière l’orbite. Les jeunes individus ont deux pariétaux, un inter-pariétal, et les divisions ordinaires de l’occipital et des temporaux. La crête qui limite la face occipitale se termine de chaque côté par une proéminence derrière le trou de l'oreille. 11 y a en outre à l’occipital, entre l’oreille et. le condyle, cette apophyse pointue qui remplace dans la plupart des animaux l’apophyse mastoïde de l’homme [et que nous appelons para-masloïde.] C’est ici qu’elle commence. La facette glénoïde est plate et l’apophyse située derrière peu saillante. Le sphénoïde conserve longtemps, comme dans tous les carnassiers, la séparation de ses parties antérieure et postérieure, et de ses apophyses ptérygoïdes internes. L’aile orbitaire du sphénoïde antérieur monte beaucoup plus haut que la grande aile; celle-ci ne touche que le temporal et le pariétal, sans aller à beaucoup près jusqu’au frontal.
Dans les chauves-souris proprement dites, la caisse est en segment de sphère, facile à détacher jusqu’à la vieillesse; une partie du rocher, montrant le limaçon par son contour extérieur, se voit à l’extérieur derrière la caisse, et ce rocher luimême se détache aisément. Derrière lui, et au lieu d’apophyse masloïde, est une large facette con-
cave interceptée entre une proéminence derrière le tympan, et une autre en dehors du condyle de l’occipital. Le trou occipital est grand; |a facette glénoïde, plate, est munie en arrière d’une lame saillante.
Dans le seul fœtus que j’ai observé, celui d’un noctilion, je trouve deux frontaux, deux pariétaux, deux inter- pariétaux , et le reste comme dans les carnassiers ordinaires; c’est-à-dire un sphénoïde antérieur distinct du postérieur, des apophyses ptérygoïdes internes distinctes, etc.
Dans le galéopilhèque , le frontal est longtemps double. Le très-jeune montre deux pariétaux, qui ont même un inter-pariétal particulier en avant, distinct de l’inter-pariétal ordinaire qu’ils ont en arrière; mais ces quatre os n’en forment qu’un seul avant même que toutes les dents soient changées. Le sphénoïde touche au pariétal, au frontal et au temporal dans la tempe. Il y a un sinus sphénoïdal de chaque côté, mais point de sinus frontaux. La caisse est petite. La facette glénoïde est grande, et sa lame saillante postérieure revient horizontalement en avant pour fermer davantage le gond de l’articulation maxillaire. La crête occipitale se termine de chaque côté par un gonflement. du temporal distinct de la caisse, mais ne formant point une vraie apophyse mastoïde. L’occipital ne présente rien non plus qui remplace cette apophyse.
Dans le hérisson, il y a deux frontaux, deux pariétaux, formant chacun un angle saillant dans le frontal; l’occipital s’étend entre les pariétaux en avant de L’arête occipitale par une sorte de demicercle, qui n’est pas un inter-pariétal; le sphénoïde antérieur touche dans la tempe au frontal et au maxillaire; le postérieur atteint à peine le frontal de la pointe de son aile temporale, et touche au pariétal et au temporal. Ce même sphénoïde produit à la suite de ses ailes ptérygoïdes internes deux autres grandes ailes qui servent à compléter les caisses ou plutôt à les former avec les rochers, car il n’y a d’ailleurs qu’un cadre du tympan, fort large à la vérité. La partie du rocher qui paraît à la face occipitale s’échancre parle bas pour contribuer un peu à l’apophyse saillante derrière la facette glénoïde, et un peu à l’apophyse mastoïde qui se termine par un tubercule de 1 occipital.
Dans les tenrccs, le frontal n’a aucune apophyse ni en avant, ni en arrière de l’orbite. La crête oecipilale est formée par les temporaux et l’occipital, dont la saillie est en partie doublée en avant par une lame des pariétaux; elle descend jusqu’à l’articulation de la mâchoire inférieure, où le temporal donne un petit tubercule pour toute apophyse zygomatique. Le tubercule mastoïdien de l’occipital est écarté de celui du temporal comme dans le hérisson. 11 n’y a point d’inter-pariétal.
Plus loin que le canal des arrière -narines et que les ailes ptérygoïdes, lesphénoïde postérieur donne encore une aile saillante pour retenir la caisse comme dans le hérisson; mais cette aile fait un angle aiffu arec une autre qui est le bord postérieur de la facette glénoïde , et appartient en grande partie au temporal. [Celte lame se termine par un tubercule qui semble être le vestige de la seconde articulation qu’offrent vers ce point les musaraignes.
Le sphénoïde postérieur s’avance dans la tempe par deux ailes, l’une inférieure, l’autre supérieure, embrassant dans leur concavité le sphénoïde antérieur et le palatin; il touche par son aile temporale au pariétal et au frontal : le sphénoïde antérieur ne touche qu'au frontal et. au palatin.
Dans les musaraignes, le desman, les cladobates, la taupe , le condi/lurv et le scalope, l’occipital s’avance beaucoup sur le vertex, en échancrant fortement les pariétaux dans les trois premiers. Cette partie avancée ne paraît pas être un interpariétal.
Dans les cladobates , la partie du temporal et du sphénoïde en avant de la caisse est fortement bombée, de sorte que l’orbite est bien distinct de la tempe.
Dans les musaraignes , la facette glénoïde du temporal est remontée très-haut, et il y a au-dessous d’elle, au bout et en dehors de l’apophyse ptérygoïde, une lame dépendante soit du sphénoïde , soit du temporal, cl.qui offre une seconde facette articulaire dirigée en haut et en avant pour une apophyse interne de la branche montante de la mâchoire inférieure, de sorte que celle-ci s’articule à la supérieure par deux facettes articulaires séparées. Au milieu de cet élargissement post-ptérygoïdien s’ouvre le trou ovale. Ou peut croire que c’est la lame ordinaire, située derrière la facette glénoïde, qui ici se sera rapprochée de la surface basilaire en s’écartant de la facette glénoïde proprement dite.
La clirysochlorc a la caisse très-vésiculeuse et communiquant avec le renflement delà fosse temporale que nous avons décrit. La facette glénoïde, très-petite et très-enfoncée, se détache comme une sorte d’apophyse de la partie inférieure et latérale de ce renflement. ]
Dans le chien , [les frontaux restent séparés comme les pariétaux ; ils s’avancent en pointe, chacun de leur cAté, entre le nasal elle maxillaire. ] La suture du frontal dans l’orbite, après être descendue derrière le lacrymal, marche horizontalement sur le palatin et l’aile orbitaire du sphénoïde antérieur ; ensuite elle remonte obliquement devant l’aile temporale du sphénoïde postérieur, d'où elle coupe le crâne transversalement devant les pariétaux. La suture inférieure de ceux-ci marche aussi presque horizontalement
OSTÉOLOGIE DE LA TÊTE
sur le sphénoïde postérieur et le temporal jusqu’à la crête occipitale; celle qui les sépare de l’occiput suit presque les bords de la crête, mais arrivée à la sagittale elle remonte en avant, de telle sorte que l’occipital forme presque moitié de cette dernière crête par une apophyse qui avance entre les deux pariétaux , sans y former ni y rencontrer aucun inter-pariétal.
Le temporal occupe, par la partie postérieure du rocher, l’angle inférieur externe de la face occipitale. Son apophyse zygomatique forme près de moitié de l’arcade , et se distingue de celte du jugal par une suture montant obliquement d’arrière en avant. La caisse , vésiculaire , bombée , a derrière elle une apophyse comprimée plus ou moins longue et crochue, née de l’occipital, et audevant est l’apophyse descendante qui arrête la mâchoire inférieure en arrière.
Le sphénoïde postérieur se soude de bonne heure au basilaire; son aile temporale, assez étroite, remonte dans la tempe jusqu’à moitié de la hauteur de la tête, entre le temporal et le frontal, et touche au pariétal par son extrémité.
Le corps du sphénoïde antérieur s’articule au postérieur entre les deux apophyses ptérygoïdes internes; son aile orbitaire se porte horizontalemenLen avant, entre le frontal et l’aile ptérygoïde du palatin, et est tronquée par la partie antérieure et montante du palatin; elle embrasse ainsi la lame cribleuse dcl’elhmoïdc avec laquelle elle se soude de bonne heure.
Dans le chien naissant, l’occipital est divisé en quatre, comme dans l’enfant. Le cadre du tympah est un os distinct, qui s’unit par degrés au rocher moyennant l’ossification successive de la capsule qui forme la 'caisse. Les grandes ailes du sphénoïde se laissent séparer de son corps.
[Dans l’examen des autres têtes de carnassiers, nous n’exposerons plus que les différences importantes et caracléristiques dans les connexions des os, sans répéter ce qui sera semblable ou trèsapprochant de ce qui vient d’être décrit dans le chien.]
Dansl’oMt's, [l’aile orbitaire avance moins dans l’orbite, et ne dépasse le trou optique que de quelques ligues.] Les caisses aplaties et petites ont en arrière l’apophyse de l’occipital réduite à un fort tubercule, et largement unie avec une véritable apophyse masloïde saillante en dehors terminée par une épiphyse, et toute du temporal.
[Dans les ratons, les benturongs, les coatis, l’occipital échanere peu les pariétaux ; on ne voit h la hase du crâne que peu ou point du sphénoïde antérieur. Les caisses sont grandes, saillantes et bombées; l’apophyse masloïde du temporal est séparée de celle de l’occipital, dans le raton, par une large échancrure. Dans le coati, la dernière n’est guère qu’un tubercule; dans les benturongs,
ARTICLE DEUXIÈME. — TÈTE DES MAMMIFÈRES
autant que notre jeune tête permet d’en juger, c’est l’inverse.
Dans le kinkajou, la partie écailleuse du temporal est très-petite en proportion des pariétaux. On ne voit point d’intcr-pariétal. Il n’y a pas d’apopliyse mastoïde du temporal, et l’occipital n’a qu’un tubercule peu saillant.
Dans le zibclh et dans les mangoustes, les frontaux s’avancent en segment de cercle entre les pariétaux,] le sphénoïde antérieur s’avance très-peu dans l’orbite 5 l’apophyse para-mastoïde prend une forme large et concave, où s’enchâsse le derrière de la caisse. [Elle dépassé la caisse dans le zibeth et le paracloxure, tandis que dans la mangouste et la genette, au contraire, celle-ci est plus saillante. Dans la genette et le paradoxure, l’aile orbitaire du sphénoïde antérieur est étroite et s’étend fort en avant entre le frontal et' le palatin.
t es blaireaux, les grisons et le taira, ont la caisse médiocrement saillante; elle l’est davantage dans le putois et dans la fouine, elle l’est très-peu dans les mouffettes. Dons la plupart de ces genres, il y aplutôtun tubercule qu’une apophyse à l’oecipil al ; et l’apophyse mastoïde, qui est forte dans les blaireaux et dans les gloutons, en est séparée comme dans le raton. Leur suture fronto- pariétale est transversale, et leur sphénoïde antérieur assez avancé dans l’orbite. Dans nos mouffettes, presque toutes les sutures sont effacées, que le sphénoïde postérieur est encore entièrement distinct du basilaire. ]
Dans les loutres, les deux frontaux s’avancent en pointe entre les pariétaux : elles ont les caisses moins bombées; un tubercule mastoïde et un tubercule occipital ou para-mastoïdien, tous deux peu saillants.
[Le protèle n’offre de particulier que l’énorme développement de ses caisses et la disposition de sa suture frontale, qui, à l’opposé de ce qui se voit dans la loutre, forme un angle en avant, les pariétaux s’avançant un peu en pointe entre les frontaux.]
Dans les chats, [on voit, bien à la base du crâne le corps du sphénoïde antérieur;] cet os s’avance dans l’orbite comme dans le chien. Le sphénoïde postérieur va de même dans la tempe jusqu’au pariétal. [Le temporal remonte un peu plus sur le crâne que dans les petits genres précédents. Les caisses sont plus rondes et plus bombées, et éloignéesdela lame vertiealepost-glénoïdienne du temporal; mais elles sont embrassées en arrière par des tubercules du temporal et de l’occipital peu saillants.] Cependant le tubercule mastoïdien du temporal est plus fort que celui de l’occipital.
Les jeunes chats ont un inter-pariétal triangulaire, qui se soude avec l’âge aux pariétaux, et non pas à l’occipital.
Dans l 'hyène, les principales connexions des os
sont comme dans le chien, [excepté que le frontal s’unit un peu dans l’orbite avec le maxillaire entre le lacrymal et le palatin.] La caisse est assez saillante et irrégulièrement bombée; []a lame post-glénoïdicnne du temporal n’y touche pas, et l’apophyse para-mastoïde est longue, appliquée contre la caisse , et se terminant par un tubercule mousse dirigé en avant. ]
Dans le phoque commun, [les frontaux échangent un peu sur le vertex les pariétaux par une portion carrée dont les angles pénètrent plus avant que le reste. Cette disposition est surtout remarquable dans le phoque à trompe.’] Le frontal n’a point en avant cet élargissement en triangle qui forme son apophyse posl-orbitairc ; mais celle de l’arcade est très-marquée, et le jugal et le temporal y contribuent également, ce dont nous n’avions pas encore d’exemple. [Dans l’orbite, entre le palatin , le frontal et l’aile orbitaire du sphénoïde, est une petite lame qui parait être une dépendance de l’un de ces trois os; elle est séparée du maxillaire par un grand espace membraneux.]
Le corps du sphénoïde antérieur se voit bien à la base du crâne. Son aile orbitaire est médiocre, l’aile temporale du sphénoïde postérieur est petite et surtout étroite. Elle louche au frontal et au pariétal. Les pariétaux se soudent de très-bonne heure à l’occipital ; et la languette par laquelle ils viennent toucher l’aile du sphénoïde est étroite. Les os du crâne sont minces. Il n’y a point de sinus frontaux.
[Dans le phoque à trompe, l’aile temporale existe à peine, et clic ne louche point au frontal , l’aile orbitaire et le pariétal s’unissant au-dessus d’elle. On voit dans l’orbite, entre le palatin et les sphénoïdes, une surface ovale, qui parait dépendre du vomer. L’apophyse zygomatique du temporal se recourbe en haut bien plus fortement qu’au phoque commun , pour former la moitié de l’apophyse post-orbitaire; il en résulte entre cet os et le jugal une longue suture parabolique. Dans le phoca crislata, cette suture est en Z.
Dans le Ph. leptonyx, les connexions des os paraissent être sensiblement les mêmes; mais l’apophyse zygomatique du temporal est droite et non recourbée, et elle contribue à l’apophyse postorbitaire plutôt par son renflement que par une véritable apophyse. La suture temporo-jugale forme deux angles droits.
Tous ces phoques ont des caisses volumineuses, bombées, débordant plus ou moins en dedans la lame, d’ailleurs médiocrement saillante, qui borne en arrière la facette gténoïde; il n’y a pas d’apophysemasloïde, maisseulement un tubercule paramastoïdien.
Sous le rapport de la forme de son arcade, comme sous quelques aulres, le Ph. leptonyx fait
le passage des phoques aux otaries. Celles-ci ont en effet l’apophyse zygomatique du temporal plus droite que relevée, mais de plus ne contribuant pas à l’apophyse post-orbitaire, qui appartient tout entière au jugal. La suture est longue et oblique comme dans le chien. La surface carrée des frontaux, qui s’avance entre les pariétaux, est beaucoup plus large qu’aux phoques; on voit dans l’orbite, entre le frontal et le sphénoïde, séparé du palatin par l’espace membraneux qui est trèsgrand, une lame carrée, qui ne parait point dépendre de l’ethmoide, mais être un démembrement, soit du sphénoïde, soit du frontal.
Les caisses sont plus anguleuses qu’aux autres phoques, moins bombées, et il saille de chaque côté, à l’angle externe de l’occiput et en dehors de la caisse, une espèce de crête mastoïdienne descendant très-bas, et produite par le temporal et l’occipital.]
Dans le morse, il n’y a point d’apophyse postorbitaire au frontal. L’apophyse post-orbitaire de l’arcade appartient entièrement au jugal. La crête occipitale appartient aux pariétaux. L’apophyse mastoïde, qui est très-grosse, est tout entière du temporal, lequel occupe uue grande partie de la face occipitale. La caisse est plate et irrégulière. La région basilaire remonte un peu vers le trou occipital, et a une arête longitudinale dans son milieu.
c. Marsupiaux.
Dans les sarigues , [les frontaux se prolongent pour former le premier tiers de la crête sagittale;] ils se soudent de bonne heure, ainsi que les pariétaux. Ceux-ci s’étendent peu en arrière. La crête occipitale appartient, dans toute sa partie supérieure, à l’occipital supérieur, et par scs côtés aux temporaux. Le premier s’avance beaucoup au delà de la crête formant un angle entre les pariétaux. [L’apophyse para-mastoïde est médiocre, droite et pointue.] Le sphénoïde postérieur donne en dedans et près de la lame glénoïdienne du temporal une petite aile concave qui, avec le cadre du tympan resté mobile, forme toute la caisse. Comme dans le hérisson, la trompe d’Euslache passe par une échancrure de cette aile et du rocher. Ce sphénoïde postérieur entre pour quelque chose dans le bord interne de la facette glénoïile. Il est très-long dans la tempe, [où il touche largement au temporal, au pariétal et au frontal. Le sphénoïde antérieur parait, au contraire, très-peu dans l’orbite, le frontal descendant très-bas entre lui et le palatin.
Le thylacine a des pariétaux petits, qui n’entrent pas dans la crête occipitale, et ils sont déjà unis entre eux et avec l’occipital supérieur, que celui-ci est encore parfaitement distinct des deux
occipitaux latéraux. Il n’y a pas d’inter-pnriétal. L’apophyse para-mastoïde est pointue, mais ne descend pas beaucoup plus bas que les condyles occipitaux. Le sphénoïde postérieur est encore très-étendu, quoique moins qu’aux sarigues ; il contribue un peu à la facette glénoïde, et il donne pour la caisse, non pas seulement une aile concave, mais une vésicule complète, qui est fermée près du rocher par un petit os tympanïque mobile et de forme irrégulière. La caisse, au total, est petite et peu saillante. Dans la tempe, ce sphénoïde ne touche pas au pariétal, dont il est séparé par l’union du temporal et du frontal. Le sphénoïde antérieur parait aussi très-peu dans l’orbite, où le frontal et le palatin occupent un grand espace. ]
La crete occipitale des pôramàles est fourchue et formée par deux inter-pariétaux distincts. [Les frontaux sont encore séparés et l’occipital supérieur distinct des latéraux, que déjà les deux pariétaux sont soudés; ceux-ci touchent aux frontaux par une suture à convexité antérieure, et ils envoient enarrière une longue apophysedescendante qui échancre le temporal. Le rocher contribue beaucoup à la face occipitale. Le sphénoïde postérieur forme aussi de son aile concave la plus grande partie «le la caisse, qui est saillante et bombée; il ne touche pas au pariétal.]
Dans le dasyure ordinaire, les sutures transverscs des frontaux et des pariétaux sont moins anguleuses qu’aux sarigues etaux péramèles. L’interpariétal, fort petit, est situé dans la crête même de l’occiput. [Les apophyses para-mastoïdes sont moins saillantes que les caisses.] La lame que le sphénoïde postérieur fournit à la caisse se renfle en une grande vessie à parois minces et solides; en sorte que presque toute la cavité d’une énorme caisse appartient au sphénoïde. [Celui-ci remonte très-haut dans la tempe pour s’articuler avec le pariétal, et s’étend eu arrière jusqu’à la racine de l’arcade zygomatique à laquelle il contribue. Le sphénoïde antérieur paraît à peine au fond de l’orbite.
Dans le dasyure oursin , les frontaux sont séparés, échancrés en avant par les os du nez; ils sont très-larges entre les orbites, descendent très-bas dans cette cavité et se rétrécissent derrière elle. Les pariétaux forment un seul os plus long que large, descendant peu dans la fosse temporale, où cependant ils touchent largement à l’aile temporale du sphénoïde. Il n’y a pasd’inter-pariétal et la suture occipitale est un peu en avant de la crête et de l’épine du même nom, sur le sommet de la tête. Comme dans le thylaciqe et le sarigue, l’occipital supérieur est distinct des occipitaux latéraux; mais ceux-ci sont déjà unis avec le basilaire. La portion écailleuse du temporal forme avec le rocher la moitié inférieure de la crête oc-
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cipitale; elle donne une très-forte apophyse zygomatique et une forte lame descendante derrière la facette glénoïde. Le rocher contribue à la face occipitale, et il parait aussi à la base du crâne entre le basilaire et la caisse. Celle-ci est formée en presque totalité par un énorme renflement vésicult'ux du sphénoïde postérieur. Outre son développement dans cette région, le sphénoïde postérieur conserve aussi dans la fosse temporale l’extension cju’on lui trouve dans cette famille ; il s’étend sous le temporal jusqu’au bord interne de la facette gléuoïde, et après avoir bordé cet os à la racine de l’apophyse zygomatique, il remonte le long de la portion écailleuse, touche au pariétal et au frontal, embrasse eu arrière l’aile orbitale, et au-dessous de celle-ci s’unit, à la portion du palatin et à sa portion ptérygoïdienne. L’aile orbitaire est fort petite; on n’en aperçoit qu’une portion irrégulièrement quadrilatère, entre l’aile temporale, le frontal et le palatin.]
Dans le phalanger, [les pariétaux et les frontaux ont des sutures longtemps apparentes. Les premiers reçoivent sur la ligne médiane une pointe des frontaux.] L’inter -pariétal ne descend pas à la face occipitale. L’apophyse zygomatique du temporal est plus longue à proportion que dans le sarigue. Le sphénoïde touche dans la tempe au pariétal. Ses lames tympaniques sont plus grandes qu’aux sarigues , moins boursouflées qu’aux dasyurcs, mais forment complètement la caisse comme dans ceux-ci, en se joignant 5 l’os tympanique et à l’apophyse para-mastuïde , dont, la base antérieure est toute formée par le sphénoïde. [L’os tympanique lui-mèmc est plus grand à proportion que dans le thylacine.] La partie postérieure de la caisse, l’os du tympan et la région du temporal située derrière et au-dessus du trou externe de l’oreille , sont renflés [et forment une masse irrégulière saillante. ] Le rocher ne parait nulle part à l’extérieur du crâne.
Dans le phalanger volatil, les lames tympaniques du sphénoïde sont aussi minces et aussi boursouflées qu’aux dasyures. L’inter-pariétal est plus large. La partie inférieure du crâne , en arrière des narines, est plus courte à proportion de sa largeur; ce qui donne quelques légères différences de position.
Dans le phalanger volant nain ou à queue en plume, l'in ter- pariétal touche de chaque côté aux temporaux, derrière les pariétaux.
Dans le potoroo, [il y â un inter-pariétal petit et triangulaire. Sur un autre individu , où toutes les sutures sont encore bien marquées, il n’y en a point. Les pariétaux sont largement échancrés en arc de cercle pour recevoir les frontaux. Ceux-ci °nl une légère apophyse post-orbitaire, et ils s avancent entre les maxillaires, pour se joindre aux os du nez , suivant une courbe dirigée en
sens inverse de la précédente.] La base de l’arcade est creusée de cellules; mais le boursouflement cellulaire du temporal derrière l’oreille est moindre qu’au phalanger, et l’os tympanique n’y participe pas. [La facette glénoïde est bornée en arrière par une petite apophyse pointue et non par une lame. Le rocher forme une partie de la face occipitale.] L’apophyse mastoïde est un simple tubercule de l’occipital. Lercnflementtympaniquo du sphénoïde est médiocre ; son aile temporale ne va pas jusqu’au pariétal. Le sphénoïde antérieur ne se voit à la base du crâne que par un tout petit point , parce qu’il est caché par les palatins qui se rejoignent à sa face inferieure.
Dans le kanguroo géant, la longueur de l’apophyse para- mastoïde est un caractère frappant. Au vertex, les frontaux pénètrent en pointe entre les pariétaux. Comme au phalanger, l’iuter-pariétal n’est qu’un petit chevron placé en avant du haut de la crête occipitale; [cet os, dans le kanguroo élégant, est en segment de cercle. ] Dans la tempe, le sphénoïde postérieur louche largement de son aile temporale au frontal et au pariétal; il suit en descendant en dedans de la facette gléuoïde et de la caisse sans aider à les former, mais il va faire une partie de l’apophyse para-mastoïde, comme dans les phalangers. Tout le corps et la pointe de cetle apophyse appartiennent à l’occipital ; mais la caisse et le rocher aident , avec le sphénoïde , à compléter sa base & l’extérieur. [Dans le A', élégant, le sphénoïde contribue davantage à la caisse. Le phénoïde antérieur se voit à peine à la base du crâne et au fond de l’orbite dans le K. géant. Dans le K. élégant , il remonte un peu davantage audessus du trou de communication des deux orbites.
Dans le koala , les frontaux et les pariétaux sont doubles; la suture qui les sépare est transversale. Le temporal présente à la racine de l’arcade une tubérosité conique et creusée d’une cavité, et qui représente sans doute la lame descendante postglénoïdiennc. L’occipital donne aussi une apophyse para-mastoïde très-longue, et qui cependant ne descend pas plus bas que l’énorme caisse que produit le sphénoïde postérieur. Celui-ci est, en outre, comme les précédents, fort étendu dans la tempe, où il touche au pariétal. En avant, il s’unit à l’aile ptérygoïdienne du palatin pour former la paroi de la longue gouttière de la base du crâne. Le sphénoïde antérieur occupe dans l’orbite un espace plus considérable que dansles précédents. ]
Dans le phascolome, la suture des frontaux avec les os du nez forme un segment de cercle [ en sens contraire de ce qui se voit dans le potoroo,] etleur suture avec les pariétaux une ligne encore plus courbe. L’inter-pariétal est fort petit et ne descend pas à l’occiput. [ Le temporal douue une
facette glénoïde qui forme une sorte de rebord mousse, étroit, limité en arrière par un enfoncement au lieu de l’être par une lame saillante, et se termine en dehors par un petit disque aplati qui appartient au jugal.] C’est le temporal qui forme ici la paroi antérieure de la caisse et non pas le sphénoïde ; le bas de cette cavité est en grande partie membraneux. Le tubercule paramastoïde de l’occipital est séparé par le rocher d’un autre tubercule à peu près semblable du temporal [ qui représente la véritable apophyse mastoïde. L’aile temporale du sphénoïde est moindrequenous ne l’avons encore vue dans la plupart des précédents, et ne touche pas au pariétal.] Le sphénoïde antérieur est fort petit et fort peu apparent dans l’orbite.
d. Rongeurs.
Dans l 'aye-aye, la ligne de jonction du frontal et des pariétaux est demi-circulaire. La figure des pariétaux ressemble beaucoup à celle de l’homme, il y a un grand inter-pariétal triangulaire : [la portion écailleuse du temporal est peu étendue. ] Son apophyse zygomatique donne un tubercule à l’endroit où elle rencontre le jugal. La caisse est promptement unie au temporal et bombée; [ clic limite en dedans une grande facette glénoïde entièrement plate , que rien ne borne en arrière ni en dehors. ] Il n’y a point d’apophyse mastoïde [ ni para-masloïde; un sillon assez profond sépare les condyles occipitaux de la caisse. ] Le sphénoïde antérieur occupe dans le fond de l’orbite un assez grand espace. [L’aile temporale est aussi considérable dans l’orbite, et ces deux ailes touchent l’une et. l'autreau pariétal. L’union du sphénoïde postérieur avec l’antérieur se fait plus lard que celle avec le basilaire. ]
Dans les lièvres , le frontal a une crête sus-orbitaire fortement échancrée en avant et en arrière. Il s’avance de chaque côté par une longue pointe entre la pointe montante de l’inter-maxillairc et la parlie du maxillaire qui forme la joue. Les pariétaux restent quelque temps distincts l’un de l’autre et de l’inter-pariétal : celui-ci est petit et en ellipse transverse dans le lapin. Dans le lièvre , on ne peut le voir que tout à fait dans le premier âge , et il est composé de deux petites pièces que sépare un petit angle saillant de l’occipital.
Le rocher de chaque côté occupe un grand espace triangulaire dans la face occipitale. L’apophyse mastoïde est entièrement de l’occipital, mais le rocher en donne une autre parallèle par laquelle il enchâsse la caisse en dehors ; il s’y unit peu promptement. Celle-ci est assez bombée, mais est loin de toucher aux apophyses ptérygoïdes. On voit un peu de rocher au-dessus du méat auditif dans une échancrure du temporal, qui en-
voie d’ailleurs une apophyse couvrant en partie ce rocher jusque derrière le méat.
Le sphénoïde antérieur est très -remarquable, parce que les deux trous optiques sont réunis en un seul en avant duquel le sphénoïde ne forme qu’une seule lame verticale, premier indice de ce qu’on verra dans les oiseaux. Il est percé là , de part en part , d’un trou qui s’unit au trou optique commun. En avant, il se bifurque de nouveau pour s’étendre beaucoup plus qu’à l’ordinaire dans le fond de l’orbite , sous le frontal , jusqu’à la languette du maxillaire qui remonte en ce point.
Les ailes temporales du sphénoïde postérieur ne montent pas beaucoup, et n’atteignent point le irontal dont elles sont séparées par le sphénoïde antérieur et par le temporal, encore moins le pariétal, qui ne descend pas dans la tempe.
Dans la marmotte, les frontaux et les pariétaux se réunissent en une seule pièce de très-bonne heure et bien avant les autres os. Je n’ai pu voir mêmcl’inter-pariétal dans de fort jeunes marmottes. [ Les frontaux qui sont échancrés parles deux os du nez échancrent eux-mêmes fortement les pariétaux; ceux-ci sont étroits, et Leurs sutures avec le temporal sont remarquablement droites et parallèles. ] La suture occipitale est un peu en avant de la crête du même nom, et lui demeure presque parallèle. Un tiers de chaque côté de cette crête appartient à l’os du rocher, qui prend un peu sur la face occipitale du crâne. Il a en dehors et en arrière de la caisse un tubercule mastoïdien, et un peu en arrière l’occipital en produit un autre qui est l'apophyse para-mas toïde. Les caisses sont rondes et très-bombées; elles s’appartiennent en entier à elles-mêmes , et se soudent de très - bonne heure à l’os du rocher. Dans la tempe , le sphénoïde postérieur monte très-haut , et cependant il ne touche qu’au temporal et au frontal. Le pariétal ne descend pas jusque-là. [L’aile orbitaire occupe au fond de l’orbite un espace fort médiocre. ]
Dans l 'écureuil, la ligne de séparation des frontaux et des pariétaux ne s’efface guère moins vile que dans les marmottes, et l’inter-pariétal se conlond aussi de très-bonne heure avec les pariétaux ; mais dans les très-jeunes sujets on le voit bien marqué, de forme demi-circulaire. 11 y a même un point d’ossification particulier au milieu de la croix que font ensemble les frontaux et les pariétaux. [Ceux-ci sont plus larges et plus bombés. Du reste, les connexions des os sont les mêmes. ] La facette glénoïde est plus creuse qu’à la marmotte.
Dans le castor, les frontaux s’unissent d’assez bonne heure ensemble; les pariétaux s’unissent entre eux et avec les frontaux avant même que l’inter-pariétal soit entièrement confondu avec eux. L’inter-pariétal est triangulaire : il est double dans les jeunes sujets. [ Les frontaux forment une
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