‹ Leçons d'anatomie comparée de Georges CuvierChapitre 169 sur 367 · l’pidianerure des fron · texte numérisé non relu

l’pidianerure des fron

p-uc et étroite, ce qui, avec 1 ecnuin-i Su ’ 1 i:, i„, narines osseuses

taux antérieurs, agrandit les nain

externes. L’inter-maxillmre n’a pas de dents , les maxillaires se portent moins en avant ; leur partie antérieure , élargie et concave en dessous, loge plusieurs crochets à venin, dont un seul est fixe ; ensuite viennent sept dents maxillaires ordinaires Les vomers sont plus courts, et la pointe du sphénoïde s’avance plus qoe dans les pythons. Les palatins n’ont point d’apopl.yses internes pour s’attacher au vomer, ni le sphénoïde pour recevoir les ptérygoïdieiis. L’union des palatins avec les maxillaires se fait par leurs parties anterieures, et les transverses viennent prendre les maxillaires à leur extrémité postérieure. Je compte sep dents palatines, et seize plérygoïdiennes de chaque côté. Le basilaire a une forte apophyse plate dirigée un peu en arrière pour l’atUel.e des droits

antérieurs de la tête. Les mastoïdiens sont

courts et intimement collés au crâne*

Le bongarc à anneaux a des rapports nom reux avecl’hydrophis; mais toute sa tète est plus courte, scs nasaux plus larges, ses frontaux beaucoup plus grands; ses crêtes temporales tonnent un grand triangle sur son pariétal; scs maxillaires plus courts, plus arqués, portant des crochets en avant, et des dents maxillaires ordinaires au nombre de trois ou quatre, et seulement à leur extrémité postérieure; U n’y a points de dents intermaxillaires; mais on en compte dix palatines et douze plérygoïdiennes.

Bans des bomjares plus petits, comme le semtcinclus, etc., le pariétal est plus allol,Sé’ “°.'ps rétréci en arrière, et scs crêtes moins m- l ■ ■ Les vipères, les ilaps, les tr,gonocepha s le servals à sonnette, etc., forment une famille don le caractère principal consiste dans la brièveté du maxillaire qui ne porte que les dents venimeuses. Leur tête est généralement déprimée et eui museau court.

Dans les vipères, le pariétal, aplati en essus, arrondi par les côtés. Les frontaux principaux son larges et carrés, et forment le bord supérieur de l’orbite. La partie buccale des frontaux anterieurs est petite ; les postérieurs sont des apophyses grêles qui n’atteignent point le transverse. Les na-

saux sont larges et courts, l’inter-maxillaire peu saillant et sans dents. Les maxillaires sont deux petits os suspendus sous les frontaux antérieurs, et qui ne les dépassent ni en avant ni en arrière, en sorte que le transverse qui vient les prendre en arrière passe sous l’orbite, et que sa direction est à peu près longitudinale. Ces maxillaires ont le crochet venimeux actif fixé à leur bord antérieur, et les autres couchés derrière lui. Les palatins sont comprimés, minces et courts, articulés en avant avecle maxillaire, le frontal antérieur, mais n’ayant point d'apophyse pour le sphénoïde; ils ne portent, que trois ou quatre très-petites dents. L’os ptérygoïdien est très-long et mince ; il a dix ou douze dents grêles en action; le sphénoïde est large en dessous ; le basilaire a une apophyse pointue dirigée en arrière. Les mastoïdiens sont médiocres, mais les tympaniques sont très-longs. Le trou optique est grand, mais le rond et l’ovale sont petits.

La tête des platures ne diffère guère de celle des vipères ordinaires que par un pariétal plus allongé et plus cylindrique. Leurs dents palatines et ptéryS°"''c"nes sont petites eL nombreuses.

Les (laps sont presque aux vipères ce que les tortrix sont aux couleuvres; leur pariétal est allongé et presque cylindrique; leurs frontaux représentent un triangle dont la pointe est en arrière; ils n’ont pas de frontaux postérieurs; les antérieurs, dirigés transversalement, formentune espèce do bandeau en avant des frontaux principaux. Les nasaux sont rectangulaires; l’iulermaxillaire, large, peu saillant et sans dents; les maxillaires, un peu plus longs qu’aux vipères, ne portent cependant que le crochet venimeux. Le mastoïdien , collé sur le crâne, mais très -intimement, est fort court et porte un lympanique qui l’est également beaucoup.

Les trygonocéphalcs et les serpents à sonnette ont la tête beaucoup plus aplatie que les vipères, les frontaux carrés, tranchants par les bords et trèssaillants au-dessus des orbites; le pariétal plat en dessus, tranchant par les bords; les frontaux antérieurs très-petits sur la joue; leur partie orbitaire tournée extérieurement et contribuant avec un grand creux du maxillaire à renfermer cette fossette singulière qui a passé pour une double narine, mais qui est plutôt un larmier. Le frontal postérieur est très-petil, et comme une simple apophyse dont la pointe est dirigée en dehors; les nasaux sont petits et carrés; l’intermaxillaire sans dents ; le maxillaire plus large qu’à la vipère, à cause de la fossette qu’il doit contenir; les os transverses extrêmement longs et

(i) M. Spix a donné la tète du serpent à sonuette cephalogene.sis, pl. IX, iig. 10, il, 12, Je l’ai donnée egalement dans mou Règne animal, t, IV, pl. VIII, fig. 4.6,

longitudinaux; le palatin court, comprimé, articulé par son bord supérieur avec le frontal antérieur; le palaliu portant trois on quatre dents ; le ptérygoïdien en portant dix ou douze jusque sous son articulation avec le transverse; sa partie postérieure comprimée verticalement, relevée et dilatée, dépassant beaucoup la longueur du crâne • les mastoïdiens plats, oblongs, ne dépassant pas le crâne; mais les tympaniques extrêmement longs, droits et grêles. Le sphénoïde est large en dessous, même dans sa parlie antérieure, et produit de chaque côté une crête saillante, mais non des tubercules sur lesquels les ptérygoi'diens puissent s’appuyer. Au milieu, en dessous, règne une crete verticale qui se termine en arrière par une apophyse pointue du basilaire. 11 n’y a point de crête sagittale; l’occipitale est tranchante, et saille en arrière dans les grands individus ( I ).

La fête des doubles-marcheurs , avec toute la fixilé de ses parties, n’est cependant qu’une modification de celle des serpents proprement dits.

Les amphisbènes sont l’extrême de l’immobilité dans la lamille des serpents, et cependant, malgré l’articulation ferme de leurs mâchoires, c’est à cette famille qu’ils appartiennent par l’ensemble de leur lête, tandis que les orvets et les ophisaures, comme nous l’avons dit, appartiennent à celle des lézards.

Le caractère des amphisbènes consiste en ce que leurs inter-maxillaires, leurs maxillaires, leurs nasaux, leur frontal (de bonne heure unique), leurs frontaux antérieurs, leur vomer et leurs palatins sont unis par des sutures immobiles, pour former un museau court, large et arrondi. U n’y a ni frontaux postérieurs ni os transverses. Les os nasaux sont grands, et les narines externes placées près des dents. U y a en tout sept dents dans l'inter maxillaire, et cinq dans chaque maxillaire; les vomers remplissent l'intervalle d’un maxillaire à l’autre. Les palatins sont, non pas en dedans, mais derrière les maxillaires et les vomers, profondément creusés vers leur bord inlerne pour les arrière-narines; ils ne portent pas de dents; les ptérygoïdiens, larges et plats, s’étendent, du bord exlerne des palatins au bord interne des tympaniques; ceux-ci, dirigés obliquement en avant, s’articulent fortement avec l’occipital, le pariétal, le ptérygoïdien. Le sphénoïde est plat, et même un peu concave en dessous, et laisse de chaque côté entre le pariétal et lui, en avant du rocher une longue et large fente qui tient sans doute lieu de la sphéno-or hilaire et des trous rond et ovale.

Le bimane (2) ne diffère point des amphisbènes par la tète.

(2) [Cet animal constitue encore un de ces genres mixtes entre les lézards et les serpents, qui est classé dans le Règne anim. parmi l’ordre des sauriens, t. II, p. 66.]

ARTICLE TROISIÈME

c. Serpent nus.

La cécilic est peut-être, de tous les animaux, celui dont il esl le plus difficile de ramener latele au type général.

Elle représente en dessus une espèce de bouclier ovale, continu, et divisé en compartiments pardes sutures. Les deux pièces du bout du museau occupent un espace à peu près égal en dessus et eu dessous. De grandes narines externes sont percées à leur extrémité antérieure, un peu de côté.

En dessous, leur bord réfléchi vers le palais porte pour chacune trois grandes dents pointues dirigées en arrière. Ces deux pièces représentent nécessairement à la fois les nasaux et les intermaxillaires; peut-être que, dans les très-jeunes sujets, elles se subdivisent. Derrière elles, sur les côtés de la tête, sont les maxillaires, reconnaissables à ce que la série externe des dents se continue le long de leur bord inférieur, mais qui recouvrent toute la fosse orbitaire en s’unissant sans interruption aux frontaux postérieurs et aux jugaux, et étant seulement percés d’un petit trou dans lequel l'œil est enchâssé. En dessous, il y a entre eux deux pièces occupant le milieu du palais et séparées en arrière par la pointe du sphénoïde. On peut les regarder comme des palalinsou plutôt comme des vomers, d’autant que les narines postérieures sont deux trous ronds percés en arrière dans la suture qui unit ces pièces aux maxillaires. Une rangée interne de dents, presque parallèle à l’externe, traverse ccs deux vomers, et obliquement les deux maxillaires. Ses dents vomériennes sont les plus fortes.

Revenons en dessus.

L’espace entre les maxillaires est occupé par trois os : un très-petit, au milieu, qui me parait la portion apparente du frontal principal, caché d’ailleurs de toute part; et deux grands, rhomboïdaux, qui répondent aux frontaux antérieurs. Derrière la bande transverse , formée parces trois frontaux et les deux maxillaires, en est une autre formée par les deux pariétaux et les deux jugaux ou temporaux. Ceux-ci couvrent la fosse temporale de sorte que dans le squelette on la voit encore beaucoup moins que celle des tortues, car elle ne communique en dessus avec l’extérieur que par un trou entre le tympanique et l’occipital. Les os que nous venons de nommer forment la bande postérieure du bouclier.

11 n’y a que deux occipitaux, et l’articulation sur la première vertèbre sc fait, par deux condyles aussi distinclsque ceux des salamandres. En dessous esl un grand sphénoïde plat et unique; à scs côtés sont les os lympaniques , qui laissent en avant de leur facette articulaire et en dedans du jugal une ouverture cjui va dans la fosse temporale. Ensuite le sphénoïde reçoit l’articulation de

TÊTE DES REPTILES

l’extrémité postérieure du maxillaix-e, entre laquelle et le vomer il y a encore une autre ouverture allant dans la même fosse. Le long du bord externe de cette ouverture , un petit os attaché au maxillaire représente le plérygoïdien.

Je n’ai pu voir dans la tête unique , qui est à ma disposition , lq fond de la tempe et de 1 orbite , en sorte que je ne puis parler pertinemment du rocher et de l’aile orbitaire. La fenêtre ovale est dans un enfoncement derrière l’os tympanique. Celui-ci , enchâssé de toute part entre d’autres os, ne jouit d’aucune mobilité.

§ 4. Tête des batraciens.

[Les grenouilles (1) ont la tête déprimée, plus large que longue; les maxillaires, qui en oceupentles côtés presque jusqu’à la face postérieure, lui donnent sa figure à peu près parabolique. Le milieu de celte courbe est occupé par le crâne qui a la forme d’un parallélipipèdc allongé, et s’élargit en arrière en deux bras transverses qui contiennent les oreilles internes et qui s’unissent à l’extrémité de la parabole. Les orbites occupent une grande partie du dessous et des côtés de la tète : ce sont deux grands anneaux n’ayant guère de paroi que vers leur angle antérieur et interne, et dont le contour esl aussi libre et aussi apparent à la face inférieure de la tête qu’à la supérieure.

Il n’y a que deux occipitaux latéraux, sans occipital supérieur ni basilaire; ces deux os donnent un condyle articulaire de chaque côté du trou occipital dont ils forment tout le pourtour, en s’unissant l’un à l’autre sur la ligne médiane. La forme de ce trou varie suivant les espèces; il est en losange dans la grenouille verte, en ovale aplat i dans une grenouille du Brésil , etc. Au-devant des occipitaux s’étendent deux os allongés qui recouvrent le crâne, s’unissent en arrière aux rochers, se confondent de bonne heure en un seul, et se reploieut un peu sur les côtés, mais sans atteindre la tige du sphénoïde , et viennent en avant s’unir soit à l’os particulier que l’on nomme l’os en ceinture, soit, en recouvrant celuici, aux frontaux antérieurs. Cet os du dessus du crâne représente le pariétal; mais comme dans de très-jeunes têtards on peut y séparer une portion postérieure de forme ronde de l’antérieure qui est allongée, peut-être aussi doit-on le considérer comme formé par la réunion du pariétal et du frontal. Dans la rainette (R. arborea), ces pariétaux restent pendant très-longtemps séparés l’un de l’autre en dessus, et laissent un espace membraneux à la paroi supérieure du crâne.

(i) \r. Cuvier, Loc. cil., p. 386, et pl. XXIV, fig, x, a, 3.]

Le tube du crâne est complété en avant par un os remarquable nommé l’os en ceinture. Cet. os se voit bien à l’extérieur, par sa face supérieure, dans la grenouille verte ; il a, de plus, deux laces latérales, et. une arête inférieure par laquelle il s’appuie sur le prolongement antérieur du sphénoïde; il s’évase en avant en deux cônes pour servir de fond aux deux narines. Ee nerf olfactif passe par un trou de la pointe de chaque cône. Un autre trou plus petit est. percé à la face orbitaire en avant et en dessus , et donne passage à un filet de la cinquième paire. On ne trouve pas cet os divisé , même dans des individus très-jeunes. Par sa position et ses fonctions, cet. os peut être regardé comme remplaçant à la fois le frontal et l’elhmoïde; ou bien si l’on a égard à la division du pariétal dont nous parlions plus haut, et à ce fait que cet os est quelquefois complètement recouvert par l’union du pariétal avec les frontaux antérieurs , on devrait le considérer comme étant un ethmoïde ossifié.

Les côtés du crâne sont fermés en arrière par les rochers , situés entre le pariétal en dessus, le sphénoïde en dessous, et l’occipital en arrière; ils se soudent de bonne heure avec celui-ci, avec lequel ils forment la fenêtre ovale.

Le sphénoïde occupe la presque totalité du dessous du crâne. Il a la forme d’une croix , dont la branche impaire, la plus courte, s’étend sous la suture des occipitaux. Les branches latérales donnent appui aux rochers, et recouvrent la suture inférieure de ceux-ci avec les occipitaux. Enfin, la lige la plus longue se porte en avant jusque sous l’os en ceinture, dont il garnit toute l’arête inférieure. Ce sphénoïde 11’est pas divisé par des sutures, même dans les têtards. L’espace sur le côté du crâne, entre le rocher, l'aile descendante de l’os en ceinture, le pariétal et la tige du sphénoïde, où seraient naturellement les ailes temporale et orbitaire, est simplement membraneux. Eu dehors des branches latérales du sphénoïde , le ptérygoïdien vient s’appuyer pour augmenter l’élargissement de la tète en arrière. 11 a trois branches : l’une , interne , transversale , qui s’attache â l’extrémité de la branche du sphénoïde ainsi qu’à la partie voisine du rocher; l’autre antérieure , rejoint la face interne du maxillaire, et s’avance en pointe jusqu’à l’endroit où le palatin ct le frontal postérieur viennent, l’un eu dessus , l’autre en dessous, s’unir au maxillaire; la troisième branche du ptérygoïdien, qui est comme la continuation en arrière de la précédente, va s’unir au bas de l’os tympanique en dedans de son extrémité postérieure, en touchant au jugal. On voit que ce ptérygoïdien a les mêmes connexions que l’os du même nom et que le transverse dans les lézards. Les deux dernières branches du ptérygoïdien cernent une sorte d’anneau ovale situé de chaque

eôté à l’extrémité des mâchoires, complété en dehors par le maxillaire et le jugal et qui donne passage aux muscles temporaux.

Il n’y a pas de mastoïdien; mais un autre os aussi à trois branches, et. situé au-dessus du ptérygoïdien , tient lieu à la fois du tympanique et du temporal, l a branche supérieure postérieure rentre en dedans pour s’articuler avec le rocher; la supérieure antérieure se porte en avant en descendant un peu , et sa pointe reste libre. Ce sont ces deux branches qui font l’office du temporal ; la troisième branche , bien reconnaissable par sa situation et sa fonction, pour être le principal représentant du tympanique, descend et se termine , en s’appuyant sur la face externe du jugal , près de la facette articulaire pour la mâchoire inférieure, en dehors de l’extrémité postérieure du ptérygoïdien. Le jugal est. une lige courte et grêle, allant depuis la pointe postérieure du maxillaire jusqu’à la facette articulaire qui lui appartient presque entièrement.

En avant, les inter-maxillaires complètent par leur partie dentaire le pourtour des mâchoires : sur le milieu de leur branche horizontale s’élève une apophyse qui n’atteint pas jusqu’au frontal antérieur. Ces apophyses ne se touchent pas, et près de leur pointe est percée dans la membrane l’ouverture des narines. En dehors de cette pointe, et au-dessus de l’extrémité du maxillaire, est suspendu un vestige de nasal extrêmement petit. Les frontaux antérieurs sont grands, triangulaires, se touchant sur la ligne médiane, s’avançant en pointe jusqu’auprès des inter-maxillaires, et descendant de leur angle externe pour venir s’attacher vers le milieu de la longueur du maxillaire et limiter l’orbite en avant. Il n’y a pas de lacrymal ; une membrane en occupe la place. Le maxillaire forme une simple tige horizontale, hérissée à son bord inférieur de dentés fines et serrées; de son bord supérieur il donne quelquefois une petite apophyse à la rencontre du frontal antérieur. En dessous , et du point du maxillaire où s’attache ce dernier os, en part de chaque côlé un autre étroit et grêle, qui se dirige transversalement et vient s’unir à son congénère sous la partie antérieure et évasée de Vos en ceinture, en avant de la pointe du sphénoïde; ce sont les palatins : l’espace entre ceux-ci et les os des mâchoires est occupé par des os analogues aux vomers des autres reptiles; ils se touchent sur la ligne médiane , et donnent de leur face supérieure une lame cartilagineuse qui forme la cloison des narines : en dehors, ces os ont le rebord découpé, et c’est dans une de ces échancrures postérieures, devant le bord du palatin, qu’est percée la narine interne. Enfin, près de leur articulation avec le palatin , ces vomers portent une rangée transversale de petites dents pointues.

ARTICLE TROISIÈME. — TÊTE 1)ES REPTILES

Le plancher de la cavité du crâne est un peu creusé en sillon transversal, dont le fond répond au point de réunion des branches du sphénoïde; en avant, celle cavilé se prolonge en canal, jusqu’à l’os en ceinture. Nous avons déjà parlé des trous de ce dernier. Le trou de la cinquième paire est dans une échancrure du rocher ; sur le côlé du crâne, entre l’occipital et le rocher, on voit la fenêtre ronde, et en dehors de chaque condyle un assez gros trou condyloïdien. .

11 y a des espèces de grenouilles ( telle que la rana boans, Linn.), ou les pariétaux et les frontaux antérieurs se réunissent en dessus de manière à ne laisser voir de l’os en ceinture qu’un petit losange; ce dernier se porte aussi très en arrière sur les côtés du crâne, rétrécissant ainsi beaucoup l’espace membraneux; le rocher donne un trou complet à la cinquième paire, et les rangées de dents des vomers sont plus grandes.

Une autre espèce, ou plutôt un genre de grenouilles, la rana cultripes , Cuv. , a tous les os du dessus de la tête rugueux, et surtout tellement élargis, qu’on ne voit au milieu de sa face supérieure, uniformément bombée, que deux orbites médiocres et bien arrondis, ce qui lui donne quelque chose de l’aspect d’une tête de tortue. I.a ressemblance s’étend même plus loin, carie tympanique, au lieu des trois branches grêles qu’on lui voit dans les grenouilles ordinaires, s’épanouit en une large lame qui déborde la face occipitale en arrière, va rejoindre en haut une lame* horizontale née du pariétal, pour former une voûte audessus de la tempe; enfin, par le bas, vient s’unir au jugal et au maxillaire, en recouvrant l’ouverture ovale par où passent les muscles lemporaux. On voit donc que la fosse temporale est recouverte en dessus et en dehors comme dans les chélonées par des expansions osseuses; mais en dessous, la tête de la rana cultripes reprend les caractères du reste des grenouilles : cependant ses vomers n’ont pas de dents, et ses palatins ont seulement deux ou Irois petites rugosités.

Dans les crapauds, la tête est en général plus courte, plus large à proportion que dans les grenouilles. Les maxillaires ne portent pas de dents. Les os du crâne sont plus élargis; les pariétaux el les frontaux antérieurs s’unissent quelquefois de manière à ne laisser rien voir en dessus de l’os en ceinture. Selon les espèces, le dessus de la tête est concave; ou bien il y a des crêtes temporales plus ou moins relevées, des tubercules sur le dessus du crâne, etc., elc.

Mais la têle du pipa diffère beaucoup de celle des genres précédents (1 ) ; elle est aplatie en avant, plus même que celle de la matamata. Le pariétal en forme en dessus la plus grande partie ; il s’étend

(i) [Cuvier, toc. cit., 'h) b pi. XXIV, fig. 0 et 7.]

depuis la crête occipitale jusqu’aux frontaux antérieurs. Les rochers, unis aux occipitaux latéraux , forment de chaque côté le dessus d’une grande branche transversale, toute relevée d’arêtes et d’anfractuosités, et à l’extrémité de laquelle est appliqué un tympanique, qui n’offre pas à beaucoup près les Irois branches du tympanique des grenouilles, mais forme plutôt une lame irrégulièrement contournée. Un osselet auditif coudé appuie sa longue branche contre ce tympanique, et vient appliquer son extrémité contre la fenêtre ovale percée à l’extrémité de l’os que forment l’occipital latéral et le rocher réunis. Le tympanique est séparé en bas de la branche transverse du ptérygoïdicn par le jugal, qui s’interpose comme un coin entre cet os et lui. Le jugal ne donne que la facette articulaire, et n'envoie pas de branche à la rencontre du maxillaire.

En dessous , la grande branche transversale est formée par l’occipital latéral et le plérygoïdien. Le sphénoïde , large eL plat , à peu près rectangulaire, fait presque tout le resle du dessous du crâne, et s’unit de très-bonne heure au pariétal. 11 n’y a entre ecs deux os , sur les côtés du crâne, que l’espace d’un sillon profond.

E11 avant el en dessus, sont les deux frontaux principaux, bien écartés l’un de l’autre, allongés et engagés par leur moitié postérieure chacun dans une échancrure du pariétal. Entre eux sont les frontaux antérieurs , très-larges , un peu séparés en arrière par une pointe du pariétal , se touchant ensuite pour former le devant de la tête ; au-dessous d’eux sont comme collés les deux intermaxillaires, et plus extérieurement les deux maxillaires. Dans le très-petit espace qui reste entre ces os sont les nasaux, semblables à un filet aplati, et qui ne laisse de narine externe qu’un très-petit trou vers le bout du museau. Les maxillaires viennent s’appliquer en dessous de la branche antérieure du ptérygoïdicn, mais ils ne se prolongent pas ensuite pour aller rejoindre le jugal ; ce qui rapproche déjà le pipa des genres suivants, où nous verrons eu effet le maxillaire s’étendre de moins en moins vers Panière, jusqu’au point même de n’exister plus qu’à l’état rudimentaire. On ne trouve dans le pipa ni os en ceinture, ni palatin, ni vomer; le plancher des narines n’est formé que par une membrane tendue entre les maxillaires el le sphénoïde.

Les trous les plus apparents sont celui pour le nerf olfactif au fond des narines, entre le sphénoïde et le pariétal ; un grand trou ovale et aplati au iond de l’angle que fait chaque branche transversale avec le crâne, et qui donne passage à la cinquième paire et aux petits nerfsde l’œil; enfin, le Iroa condyloïdien à la face occipitale et en dehors du condyle.

La tête àe\a salamandre terrestre (\) est, comme cille ries grenouilles, déprimée, percée de deux grands orbites presque horizontaux ; le crâne, 5 peu près cylindrique, s’élargit en arrière en croix, et se termine cil avant par une mâchoire à pourtour arrondi, mais dont la pointe postérieure ne va point loucher l’extrémité de la branche transversale du crâne.

Il y a , comme dans les grenouilles , deux occipitaux, et les deux condylcs sont très-éeartés l’un de l’autre; mais ces occipitaux s’unissent intimement au rocher, comme dans le pipa. Entre ces deux os, latéralement, est un grand trou rond bien cerné par un bourrelet , et qui représente la fenêtre ovale. Les pariétaux, bien distincts l’un de l’autre, sont moins allongés que dans la grenouille; deux longs frontaux occupent la place de l’os en ceinture. Cet os n’existe pas, et tout ce qui représente l’ethmoïde demeure membraneux. A l’extrémité de l’occipital cl du rocher s’attachent trois os; l’un, supérieur, est oblong, plat, dirigé transversalement , et s’applique au-dessus et en avant de la fenêtre ovale : c’est le tympanique. A sa face antérieure et interne est collé un os, également oblong et dans une direction transversale , qui ne touche à la pointe du maxillaire que par un ligament, et auquel appartient la facette pour l’articulation de la mâchoire. Cet os, malgré ce que sa position offre d’étrange, parait bien l’analogue du jugal. Le troisième os, ou le ptérygoïdien, est le plus inférieur; son angle interne se rapproche du sphénoïde sans l’atteindre, l’externe règne sous le jugal ; l’antérieur fait en avant une pointe qui n’atteint pas jusqu’au maxillaire.

Le sphénoïde est oblong, mais ses branches latérales sont très- courtes; et sur le côté du crâne, entre le pariétal et le frontal en dessus, le sphénoïde et le vomer en dessous, cet espace, qui dans les grenouilles est membraneux, est ici rempli par un os particulier, oblong, dans lequel est percé le trou optique, et qui ne peut répondre qu’à l’aile orbitaire du sphénoïde.

En avant, les frontaux principaux s’articulent avec les branches montantes des inter-maxillaires qui sont très-larges, ce qui fait que les narines osseuses externes sont très-écartées. Plus en dehors, ces frontaux s’articulent avec les os du nez, et plus en dehors encore, à l’angle de l’orbite avec les frontaux antérieurs. Le nasal, large et bien enchâssé entre les frontaux antérieur et principal, le maxillaire et l’intcr-maxillnire, forme le bord supérieur de ia narine; une branche montante du maxillaire qui va rejoindre le frontal antérieur la limite en arrière. Peut-être y a-t-il au bord de

(l) [Cuvier, Loc. cit., p. 407-408 , pi. XXX, figures 9-10.

l’orbite, entre le frontal anlérieuretlemaxillaire, un très- petit lacrymal. La partie dentaire du maxillaire ne se joint en arrière ni au jugal ni au ptérygoïdien, dont elle s’approche cependant beaucoup. En dessous, l’espace entre la pointe du sphénoïde et les maxillaires est rempli par deux os triangulaires, analogues aux vomers des grenouilles, mais ici largement unis aux maxillaires, et laissant seulement entre eux en avant, derrière les inter-maxillaires, un espace ovale rempli par la membrane du palais. Les vomers forment le plancher des narines, et donnent chacun une pointe grêle, qui marche en arrière sous le sphénoïde, parallèlement à sa correspondante. Ces os, le long de leur attache au sphénoïde, portent les deux rangées longitudinales des dents du palais des salamandres. Il n'y a point de palatins. A la paroi antérieure del’orbiteest un espace membraneux, allongé, entre le frontal antérieur, le maxillaire et le vomer, et c’est au bas de cet espace, dans une échancrure du vomer, qu’est percée la narine interne.

La salamandre aquatique (2) a la têteplus oblonguc que la terrestre; les occipitaux latéraux paraissent demeurer plus longtemps distincts des rochers; lesapophyscs montantes des inter-maxillaires sont moins larges et n’atteignent pas jusqu’au frontal, de façon que les narines externes sont plus rapprochées, et les os du nez ramenés plus près l'un de l'autre sur la ligne médiane : il 11’y a point d’espace membraneux en dessous entre les vomers et les inter-maxillaires.

Le mennpoma (salant, giganlea, Barton.) (3) a la tète plus généralement aplatie que la salamandre, la mâchoire supérieure en arc de cercle, et le dessus du crâne entre les pariétaux un peu enfoncé ; les condylcs occipitaux, saillants en arrière, rendent l’ouverture du trou occipal fort oblique. Entre ces deux condylcs, légèrement convexes, le sphénoïde se prolonge jusqu’au bord inférieur de l’ouverture occipitale et y donne une facette concave pour l’articulation de la tête avec la première vertèbre.

Les occipitaux latéraux sont bien distincts des rochers, dont les sépare un grand espace quadrilatère, fermé par un cartilage dans lequel est percée la fenêtre ovale; les ptérygoïdiens, étendus

eu larges lames, remplissent une partie de l’espace entre le tube du crâne et scs branches transverses; ils s’articulent par un de leurs côtés à tout le bord externe du sphénoïde, qui lui-même est trèslarge. En arrière, ces piérygonljens louchent au tympanique le long du bord postérieur de la branche transverse, et dans 1 écartement de ces deux os, en avant et eu dehors, est situé le jugal qui

(2) Cuvier, Loc. cit., pl. XXVI, fig. 6-7.

(3) Cuvier, Loc. cit., pl. XXY1, fig. 3-5.]

ARTICLE TR0ISIÈ51E. — TÈTE CES REPTILES

donne la facette articulaire. Les ailes orbitaires sont peu élevées, allongées, laissant un espace membraneux entre elles et les rochers, et percées d’une fente optique fort petite Les frontaux principaux pénètrent en pointe en arrière entre les pariétaux; en avant, ces mêmes frontaux s’unissent aux antérieurs, aux maxillaires, aux os du nez, et ecux-ei aux branches montantes des intermaxillaires, de manière à former plusieurs rangées de dentelures. En effet, les frontaux principaux, très-allongés, ont en dehors les frontaux antérieurs, et c’est entre les pointes de ces deux os que vient s’engager la pointe montante du maxillaire. En avant, les frontaux principaux s’écartent pour recevoir les deux os duriez, qui sont unis sur la ligne médiane, et sont échancrés à leur extrémité pour recevoir à leur tour chacun nne pointe de Pintcr-maxillaire.

En dessous, les deux vomers, unis sur ht ligne médiane et continuant le plan du sphénoïde, s’élargissent derrière les maxillaires et y portent là, en travers, une rangée de dents concentriques à celle des inter-maxillaires et des maxillaires, mais seulement plus courte.

L 'axolotl lient beaucoup de lu salamandre, et surtout de sa larve (1); les pariétaux embrassent davantage les frontaux sur les côtés; le sphénoïde est plus large et plus plat; l’espace membraneux, du côté du crâne, entre l’orbitaire et le rocher, est plus grand; les branches montantes des intermaxillaires sont, plus longues et plus geôles, les frontaux antérieurs également plus allongés, et entre ces deux os sont des nasaux plus petits', aussi les trois ouvertures de l’extrémité du museau sont-elles plus grandes. Les maxillaires sont aussi plus grêles; mais ce qui est surtout remarquable et rapproche l 'axolotl de la syrèue, c’est qu’au lieu des deux larges vomers des salamandres, ou ne trouve ici au palais que deux petites plaques oblongucs, détachées du crâne, appliquées sous le sphénoïde, chargées de petiles dents en quinconce, et qui se continuent avec deuxlongs plérygoïdiens; ceux-ci, élargis et presque membraneux le long de leur attache avec le lympanique, atteignent ces vomers, et portent aussi en avant et à leur bord externe un petit groupe de dents. Leur bord interne ne louche pas au sphénoïde.

fa tète des amphiuma, et particulièrement de 1 amphiuma tridactylum (2) , est oblongue, moins aplatie que celle des précédents, et le museau, au heu d’être large et arrondi, est au contraire en ovale allongé ; la crête temporale se réunit à sa correspondante sur les' frontaux par un angle a'gu , pour former ensuite la crête sagittale, qui

(0 [Cuvier, toc. cil., p. 4r5 et pi. XXVII, fig.

(2) y. dans Cuvier, Mèm. du Mus. d'/iist. nat., XIV , pi. u, la tète des deux espèces. ■

lie va que jusqu’à moitié de la longueur du crâne ; deux autres crêtes très-aiguës se relèvent sur les côtes du crâne, et transforment’ ainsi les fosses temporales en une sorte de double gouttière occupant le dessus de la tête. Ces crêtes sont formées, d’arrière en avant, par le tympanique, par le pariétal et par le rocher.

Les occipitaux latéraux donnent chacun un condyle articulaire si saillant, que le trou occipital se trouve au fond d’une grande échancrure. Le rocher est grand , et forme avec l’occipital latéral une fenêtre ovale, large et arrondie, recouverte en partie par le tympanique , et fermée par une plaque ronde en forme de couvercle , et avant à son centre un petit tubercule. Le tympanique, le jugal et le plérygoïdicn sont à la même place que dans les salamandres; seulement le jugal , beaucoup plus épais , ne permet pas eu arrière l’union du plérygoïdicn avec le tympanique ; il donne une facette glénoïde en ovale contourné cl écbancré en dehors. Le lympanique occupe le dessus de la branche transversc , qui est aussi descendante, et arrive jusqu'à la facette glénoïde, mais sans y prendre part. Le plérygoïdicn, médiocre, lie touche qu’au jugal et un peu au sphénoïde. Ce dernier occupe le dessous de la tête comme dans les précédents, et sur les côtés du crâne existe , comme dans les salamandres , l’os analogue de l’aile orbitaire ; un espace membraneux le sépare du rocher.

Les frontaux principaux, en Josange très-allongé, viennent en avant toucher de leur pointe la branche montante de l’inter-maxillaire. Il n’y a pas de frontaux postérieurs; les antérieurs forment l’angle antérieur de l’orbite, et les os du nez, placés entre ceux-ci et les frontaux principaux, recouvrent en dessus le canal des narines. Les inter-maxillaires sont soudés en un seul os qui occupe tout le bout du museau , et sa forme ainsi que les dents dont il est armé le font ressembler à un rateau. Les maxillaires forls et épaisse terminent par une pointe libre en arrière; entre eux, en dessous, sont deux os longs , d’abord unis sur la ligne médiane, puis séparée par une longue pointe du sphénoïde, et que l’on nommerait les palatins, si par analogie avec ce que nous avons observé dans les genres précédents, on ne devait pas leur conserver le nom de vomers. Ces os portent chacun une longue rangée de dents, parallèle à celle des maxillaires.

Les dents de Vatnphiuma ont ce caractère tout particulier d’offrir à leur poiutc un éclat doré métallique.

La tête de la syrène (5) est un cône allongé, fort rétréci en avant par l’absence des maxillaires; le dessus de la tête est légèrement caréné, et une

(3) Cuvier, Loc.cit., p. 4ai,pl. XXVIt, fig. j-G.J

forte crête née des rochers et- des pariétaux entoure en arrière la face occipitale. Les condyles occipitaux ne sont pas saillants comme les précédents; ils sont rapprochés l’un de l’autre au bas du trou occipital. Les pariétaux occupent la plus grande partie du dessus du crâne, et s’étendent le long des frontaux cjui pénètrent entre eux en pointe; en dehors du pariétal est un rocher qui ferme tout le côté du crâne en arrière, uni à l’occipital latéral et au sphénoïde en dessous : c’est au point d’union de ces trois os que se trouve l’analogue de la fenêtre ovale, percée principalement dans le rocher. Sur la face supérieure de ce dernier os est comme collé obliquement un os allongé qui s’élargit en dessous presque comme une trompette, pour fournir une large facette à la mâchoire intérieure et que, par analogie avec ce qui se voit dans le proleus et le menobranchus , on peut regarder commeformédu lympanique etdujugal réunis (1).

Sur les côtés du crâne il y a en avant du rocher un espace membraneux; puis un os dans lequel sont percés le trou olfactif, plus en arrière le trou optique, et un autre trou, quelquefois une simple fente, pour la première branche delà cinquième paire. Le bord inférieur de cet os latéral se montre au palais, sur le côté du sphénoïde, où il donne attache en partie aux os qui portent les dents. U fait les fonctions de l’aile orbitaire du sphénoïde, et aussi quelques-unes de celles de l’ethmoïde.

Tout le dessous de la tèle est formé par un seul os , le sphénoïde , plat , lisse et semblable à une lame d’ivoire; il s’avance de sa pointe jusque entre les inter-maxillaires.

Les os qui terminent la tête, en avant et en dessus, sont les nasaux et les inter-maxillaires. Les deux premiers, longs et pointus en arrière, où ils s’engagent entre les frontaux, marchent à côté l’un de l’autre jusqu’au bout, du museau. En dehors de ceux-ci sont attachés les inter -maxillaires qui touchent à la pointe des frontaux; ils sont grêles, et descendent en s’élargissant pour former le bord antérieur de la mâchoire. Entre eux, au bout du museau, est une ouverture qui est fermée dans l’animal frais , et ne doit pas être regardée comme l’ouverture des narines. Celle-ci est percée de chaque côlé en dehors de 1 intermaxillaire; son plancher est entièrement membraneux, et son ouverture interne est , de chaque côté, près de la commissure des lèvres, entre la lèvre et les dents palatines; de sorte que dans la tête osseuse on ne voit que la paroi interne de cette

(1) [M. Cuvier le regardait comme étant le tympanique seulement, ne connaissant pas la suture qui partage l’os analogue du proteus.

(2) Cuvier, Lee. ci!., p. 428 et pi. XXVII, fig. 1 ,- 1 5.

(3) L’analogue de l’aile orbitaire.

cavité. On peut remarquer aussi que par cette position de l’inter-maxillaire , l’os nasal se trouve entièrement étranger au cadre de la narine externe. Un très-petit os, suspendu dans les chairs en dessous de la narine externe, est le seul vestige du maxillaire qui existe. Mais on trouve au palais, sous la partie antérieure et latérale du sphénoïde et de l’orbitaire, deux plaques minces tout hérissées de dents en crochets, disposées obliquement en quinconce et faisant la carde. La première plaque, plus grande, en porte six à sept rangées; la seconde en porte quatre. Ces plaques, dont nous avons vu les aualogues dans l’axolotl, peuvent être considérées avec égale raison comme des vestiges ou de vomers, ou de palatins, ou même de plérygoïdiens.

Les os île la tète de la syrène ont une blancheur et une dureté qui les font ressembler à de l’ivoire.

La têle du profeus (2) a les plus grands rapports avec celle delà syrène. Ses principales différences consistent : dans la disposition de ses dents , qui sont en rangées longitudinales, comme dans l’amphimna et les salamandres ; dans la densité de ses os, qui est bien moindre que dans la syrène; et dans l’existence du jugal et des plérygoïdiens. La tête est plus déprimée ; d’où résultent un rocher et un os orbitaire (3) moins élevés ; mais les occipitaux, les pariétaux , le sphénoïde, sont disposés comme dans la syrène. Le tympanique , qui du dessus du crâne descend obliquementen avant, a , de plus que celle-ci, une suture qui le sépare d’un véritable jugal , lequel donne , comme dans les salamandres et l’amphiuma, la facette articulaire pour la mâchoire inférieure (ï). Les frontaux sont plus longs et plus larges à proportion. Les nasaux, très-petits, ont en dehors les branches très-allongées des inter-maxillaires. Ceux-ci, garnis de dents, forment l’extrême pointe du museau; et en dedans d’eux , les vomers donnent de leur bord externe une ligne de dents parallèle à celle des inter-maxillaires, et qui se prolonge beaucoup plus en arrière. Ces deux vomers se rejoignent sur la ligne médiane en recouvrant le sphénoïde , et forment les côtés du museau en raison de l’absence des maxillaires. En arrière ils se continuent chacunavec le ptérygoïdien, qui porte aussi quelques dents Irès-petites, et qui s’attache au bord iuternedu tympanique en laissant un vide entre lui et la base du crâne.

La tête du menobranchus (5) est entièrement voisine de celle du proteus. Comme celui-ci, il a

(4) Cette suture parait avoir échappé à M. Cuvier' qui n’en parle pas, ni par conséquent de l’existence du jugal dans le proteus.

(5) Menobranchus la.tera.lis , Harlan. T. Cuvier, Règne animal , t. Il, p. icff]

ARTICLE QUATRIÈME

le crâne déprimé, les rochers peu élevés , le tympanique allongé et distinct du jugal i c*c simples rangées de dents, et des ptérygoïdicns touchant en arrière au jugal et au tympanique , et non au sphénoïde. Les principales différences sont dans les proportions des os. Les pariétaux paraissent se prolonger beaucoup plus sur le coté des frontaux. Le jugal s’évase en trompette pour donner la facette articulaire. Les inter-maxillaires ont leur branche dentaire plus longue; leurs deux branches montantes sont si rapprochées , qu’on ne voit entre elles aucuns vestiges d’os du nez; et les vomers, qui donnent une rangée de dents parallèle à celle des inter-maxillaires, ne se touchent que par leur pointe. Derrière la série des dents , ils laissent entre eux un espace membraneux , et plus loin ils sont séparés par le sphénoïde. Les ptérygoïdiens portent aussi quelqties dents. ]

ARTICLE IV

OSTÉOLOGtE DE LA TETE DES OISEAUX.

§ 1. Détermination des os de la tête.

La tête des oiseaux est construite sur le plan de celle des lézards, avec cette principale différence que le temporal fait encore partie du crâne, ce qui estdéterminé sans doute par la grandeur relative du cerveau.

Nous l’examinerons d’abord dans le poulet.

Chacun sait que la tête osseuse du poulet, ainsi que celle de la plupart desoiseaux, est en lorme de poire, le crâne étant élargi et arrondi en arrière, et se rétrécissant en avant pour former le bec qui s’aiguise en pointe; de chaque côté, en avant, est creusé un grand orbite, qui ne laisse entre lui et son correspondant qu’une cloison verticale.

Le demi-cône du bcc supérieur a, de chaque côté de sa base en dessus, un grand trou qui est la narine externe osseuse; en dessous, ce demi-cône a, plus en arrière, deux autres trous oblongs qui sont les narines internes; il se prolonge en arrière en quatre branches osseuses presque dans le même plan, dont les externes sont les arcades zygomatiques, les autres les arcades palatines et ptérygoïdiennes. Les premières vont par dehors, lesautres par dedans, joindre le bas d’un os qui s’articule au crâne, porte le bord antérieur de la membrane du tympan, etesl par conséquent l’os tympanique. Derrière lui est creusée la cavité du tympan, qui dans les oiseaux est plus vaste et mieux entourée parles os du crâne que celle des reptiles; ajoutez une région basilaire assez plane, un trou occipital presque tout à fait dirigé vers le bas, et garni en

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