‹ Leçons d'anatomie comparée de Georges CuvierChapitre 170 sur 367 · TÊTE DES OISEAUX · texte numérisé non relu

TÊTE DES OISEAUX

avant d’un tubercule unique pour son articulation avec l’atlas, et vous aurez pris une première idée générale de la tête d’un oiseau. Pour en déterminer les pièces, il faut les examiner une à une, en les comparant toujours avec celles que nous avons déterminées dans les lézards.

Dans un jeune poulet on s’aperçoit d’abord que le demi-cône du bec n’est formé que d’un seul os, dont l’apophyse montante qui s’élève entre les deux narines jusqu’à l’os du Dont est fendue dans une partie de sa longueur, et assez élastique pour laisser au bec quelque mobilité, quuiqqj^fci articulation ne soit pas proprement une diarthrose. La fissure de cette tige montante se prolonge dans les jeunes sujets jusque vers le bas des narines, mais je ne l’ai jamais vue diviser entièrement l’os en deux parties, comme le dit M. Geoffroy. Un des premiers caractères des oiseaux consisterait donc dans cet énorme développement de l’inter-maxillaire. Il en résulte une réduction correspondante du maxillaire. Si ou le cherche à sa place naturelle, c’est-à-dire à la suite des côlés du précédent, on trouve deux os qui s’engrènent en avant sous la partie postérieure du palais, et donnent en dessus une lame qui forme la partie latérale et postérieure du plancher de la cavilé nasale, et qui se prolonge en arrière par une branche grêle, tormaut la partie antérieure de l’arcade que nous avons appelée zygomatique.

Lejugal, qui est tout entier en forme débranché grêle, constitue le leste de cette arcade qui se termine à l’articulation de cejugalau bas eten dehors du tympanique. Sur la jonction extérieure de l’inter-maxillaire et du maxillaire s’articule et s’élève un os, qui entoure toute la portion de la circonférence de la narine externe qui n’est pas entourée par l’inter-maxillaire, qui passe même sous l’apophyse montante de ce dernier pour former avec son correspondant le plafond des narines, et dont la partie supérieure repose surla partie antérieure du frontal. Au bord externe et supérieur de cet os, et à la partie voisine du frontal, s’en attache un autre qui descend pour former le bord antérieur de l’orbite, en laissant un vide entre lui et le précédent, et dont une lame prend une part plus ou moins considérable à la paroi antérieure de ce même orbite, et s’articule ordinairement avec une lame de l’ethmoïde, qui prend aussi part à celte paroi. C’est en dehors de cet os, dans une rainure, ou échancrure, qui est quelquefois fermée par une bride osseuse, que passent les conduits lacrymaux.

On voit qu’il n’y a ici que trois os pour en représenter quatre; savoir: l’inter-maxillaire , le nasal, le frontal antérieur et le lacrymal. Quel est celui qui manque? Les deux lames qui forment le haut de l’apophyse montante des inter-maxillaires représentent-elles les nasaux? Alors les deux

os qui entourent les narines en arrière seraient les frontaux antérieurs , et les deux autres les lacrymaux; et nous aurions une structure analogue à celle du caméléon. Ou bien ceux qui entourent les narines sont-ils les nasaux? Alors nous rentrerions dans la structure des iguanes et de la plupart des lézards : les os externes et plus voisins de l’orbite seraient presque comme on le voudrait, ou des frontaux antérieurs ou des lacrymaux.

Ce qui pourrait faire croire que c’est le frontal antérieur qui manque , c’est que dans les oiseaux il n’y a point, de frontal postérieur et que la paroi antérieure de l’orbite, à l’endroit où le frontal antérieur se trouve ordinairement, est manifestement formée en grande partie par une lame transverse de. l’ethmoïde, analogue à sa lame orbitaire ou papiracée dans l’homme (1).

Sur ce troisième os, qui serait alors le lacrymal, s’articule dans certains oiseaux, particulièrement dans ceux de proie diurnes, un sourcilier ou sur-orbitaire qui soutient le bord supérieur de l’orbite , comme nous en avons vu un dans le monitor. Dans d’autres oiseaux , c’est le troisième os lui-même qui se prolonge dans le haut en une apophyse sourcilière.

Le frontal des oiseaux n'est pas douteux. Il a sa forme et sa position ordinaire , couvrant les orbites et le chemin du nerf olfactif vers les narines, et s’étendant sur la partie antérieure du cerveau; il occupe un grand espace sur le crâne , à cause de la petitesse des pariétaux. Ceux-ci sont en arrière du frontal, en avant de l’occipital supérieur, et presque toujours en forme de deux rectangles traiisvcrses (2). Les temporaux sont au côté externe des pariétaux , s’avançant aussi sous les frontaux , occupant la région de la fosse temporale, donnant attache au muscle crotaphilc, et fournissant le bord supérieur de la cavité du tympan. La fosse temporale est en grande partie creusée dans le temporal, et limitée en arrière par une apophysespéciale, qu’on pourraitregarder comme analogue à la zygomatique , si elle ne restait pas très-éloignée de l’os jugal (ô); mais ce qui est très-remarquable et tient sans doute à la grandeur de l’orbite, l’apophyse post-orbitaire n’appartient point au frontal, mais bien à la grande aile du sphénoïde. Il y a quatre occipitaux comme à 1 ordinaire; le supérieur est le plus grand, l’inférieur ou basilaire le plus petit : c’est, à lui qu’appartient la plus grande partie du condyle ou tubercule articulaire unique de la tète. Les occipitaux

(î) M. Oken l’a remarqué, Isis, loc. cit.

(2) M. Geoffroy a voulu y voir des inter-pariétaux, parce qu’il prenait les temporaux pour des pariétaux.

(3) [ Il y a néanmoins quelques espèces où elle s’en rapproche beaucoup, comme nous le verrons plus loin.

forment la partie postérieure du bord de la cavité de la caisse. Tout le reste du bord de la partie fixe de cette cavité est formé par le sphénoïde ; car les oiseaux n’ont qu’un sphénoïde très-large faisant la base du crâne entre les deux oreilles, remontant, un peu de toute sa partie antérieure, qui est séparée de l’inférieure par un sillon, où s’ouvrent , au milieu , les extrémités antérieures des trompes d’Eustacbe , et sur les côtés les trous pour les vaisseaux; du milieu de cette partie antérieure s’avance une apophyse comprimée, pointue, qui marche en avant entre les deux arcades palatines, et, portant la lame verticale de l’elhmoïde, forme le bas de la cloison inter-orbitaire (4).

Le bas de la cloison postérieure de chaque orbite, au-dessous et en arrière du plafond que le frontal donne à cette cavité en avant du temporal, et au dessus de la partie antérieure et montante du sphénoïde, est un os particulier auquel appartient, comme je l’ai dit, l’apophyse post-orbitaire, ,et qui ne pent cependant être comparé qu’à la grande aile du sphénoïde ; c’est en avant de son bord interne et antérieur que passent l’ophthalmique et les petits nerfs de l’œil, et entre elle et le sphénoïde qu’est le trou pour le reste de la cinquième paire. Quant à la cloison inter-orbitaire, elle est d’abord en grande partie membraneuse, ainsi que la partie du frontal qui rentre pour fournir un plafond à l’orbite; mais il s’y montre promplemenl une lame osseuse qui s’insère par le bas dans une rainure de l’apophyse pointue du sphénoïde , et s’articule dans le haut entre les parties antérieures des frontaux et des os qui entourent les narines. Dans l’orbite, elle fournit antérieurement de chaque côté une lame transverse qui fait une partie de la cloison entre i’orbiteet le nez, en s’unissant avec l’osque j’ai appelé lacrymal; enfin, dans quelques oiseaux, elle se prolonge souvent dans le nez pour séparer les deux narines. Le nerf olfactif passe dans un sillon, et souvent dans un canal de chaque côté de son bord supérieur. 11 est manifeste que cette lame verticale est l’ethmoïde; à la longue, la partie qui se montre en dessus, entre les froutauxet les nasaux, est recouverte par ces quatre os et par les lames montantes de l’inler-maxillairc.

Dans les jeunes oiseaux il se trouve, comme dans les lézards, un grand espace membraneux à la partie postérieure de la cloison inter-orbitaire et à la partie interne des cloisons postérieures et du plafond des orbites. C’est alors par des trous

(4) M. Geoffroy a cru voir que cette apophyse pointue forme un os séparé dans la jeune autruche, 11 m’a paru qu’il avait etc trompé par une rupture accidentelle : l’unité du sphénoïde est encore plus sensible dans les oiseaux que dans les lézards.]

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