‹ Leçons d'anatomie comparée de Georges CuvierChapitre 17 sur 367 · ARTICLE DEUXIÈME. — DE LA SUBSTANCE DES OS · texte numérisé non relu

ARTICLE DEUXIÈME. — DE LA SUBSTANCE DES OS

SI

volonté. Cette différence de l’irritabilité, meme de celle qui est volontaire, d’avec la sensibilité proprement dite, est encore mieux prouvée par les expériences d'Arnemann, dans lesquelles un nert coupé et réuni a recouvré, au bout de quelque temps, la première de ces facultés, et non 1 autre. Les nerls et leurs fonctions ne dépendent de l'intelligence qu’autant qu’ils tiennent à l’arbre général des nerfs : mais ils paraissent pouvoir exercer par leur propre substance la partie purement physique de ces fonctions; et si elles dépendent d’un fluide, ce fluide doit pouvoir naître de lous les points de la substance médullaire. C’est l’opinion de Reil, et elle s’appuie sur des expériences déjà anciennes deStenon et d’autres, dans lesquelles la ligature d’une artère paralyse les muscles auxquels elle se rend.

Tout ce que nous venons de dires’applique également aux diverses classes d’animaux. Toutes sont irritables, et toutes celles où il y a des nerfs et des muscles distincts sont sujettes au galvanisme. M. de Humboldten a même tiré un moyen ingénieux de distinguer dans les plus petits animaux les nerfs d’avec les artères, ou d’autres parties, en se servant d’une aiguille d’or et d’une d argent qu’on applique l’une aux muscles, l’autre aux filets dont on veut reconnaître la nature, et qu’on fait se toucher par leur autre extrémité. Si c est. un nerf, des contractions doivent s’en suivre.

line fois qu’on a reconnu que le concours du nerf est nécessaire pour produire la contraction de ta fibre, et que de son côté la fibre charnue est seule susceptible de subir cet effet de la part du nerf, il resterait à savoir comment, par quel agint, par quel intermède, le nerf produit cet cftet sur elle. Ce qui fait la principale difliculté de celle question, est la force prodigieuse avec laquelle les muscles se contractent, et la grandeur des poids qu’ils peuvent soulever dans l’état de vie, tandis qu’immédiatement après la mort ils sont déchirés par des poids infiniment moindres. Cela porte à croire qu’au moment de l’action, non seulement la fibre se plisse, non seulement les Particules qui la composent tendent à se rapprocher dans le sens de sa longueur, mais encore que leur cohésion, ou la ténacité de la fibre, devient à 1 instant même beaucoup plus grande, sans quoi sa tendance à se raccourcir n’empêcherait pas sa rupture. Or, en supposant même, ce qui paraît au moins difficile, qu’on puisse imaginer des textures défibrés telles que l’accession d’un fluide ou d’une vapeur puisse lui donner cette tendance au plissement ou au raccourcissement, il faudra toujours convenir qu’il n’y a qu’un changement subit dans leur composition chimique, qui puisseen augmente! aussi vite et aussi fortement la cohésion. Nous avons déjà des exemples de la prodigieuse force avec biquelle les molécules des corps tendent à

prendre une nouvelle situation, pour peu que leur mélange chimique soit changé; et le plus connu de tous est celui que fournil l’eau qui se glace. La perle d’un peu de calorique dispose ses molécules à se solidifier en aiguilles; et elles le font avec tant, de force qu’elles fout éclater les vases les plus solides, ha fibre vivante et contractée n’est donc plus, absolument parlant, le même corps, n’a plus le même mélange chimique que la fibre lâche, et Ce sont les diverses causes irritantes qui opèrent sur elle ce changement par le moyen du nerf. Estce en perdant et en abandonnant au nerf quelqu’un île ses éléments, ou bien est-ce en recevant du nerf quelque élément nouveau, que la fibre change ainsi sa composition? car on ne peut choisir qu’entre ces deux partis. Quel est d’ailleurs cct élément qui passe de l’un à l’autre? existait-il tout formé dans l’un des deux, et est-il simplement transmis à l’autre? ou bien se forme-t-il à l’instant de l’irritation par composition? ou enfin se développc-t-il par décomposition? Voilà les questions dont il faut s’occuper : les nouvelles expériences galvaniques et celles que l’on a désignées plus anciennement sous le nom impropre de magnétiques , jointes aux découvertes de la chimie moderne, et suivies avec la délicatesse et la précision qu’on met aujourd’hui dans la physique, nous permettent d’en espérer la solution. Mais pour engager les hommes à se livrer à ces recherches, il lie faut pas les habituer à rapporter chaque effet particulier à une force propre et occulte.

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