‹ Leçons d'anatomie comparée de Georges CuvierChapitre 172 sur 367 · ARTICLE QUATRIÈME. - TÊTE DES OISEAUX · texte numérisé non relu

ARTICLE QUATRIÈME. - TÊTE DES OISEAUX

on moins élastique en cet endroit. [Mous décrirons en detail toutes les parties d’où dépend le mécanisme du mouvement du bec à l’article de la manducation (1); nous n’indiquerons ici que les différences les plus générales dans le mode d’altaclie de sa partie supérieure.

Dans les oiseaux de proie, les passereaux, les gallinacés, et plusieurs échassiers , les os intermaxillaires et les nasaux, soudés au crâne , mais minces et élastiques, permettent au bec de légers mouvements; dans les grues , dans plusieurs palmipèdes, on trouve les os du nez articulés d’une manière mobile avec les lacrymaux et les frontaux; >1 n’y a que les branches moulantes des intermaxillaires qui se soudent, sur les frontaux et sur l’éthmoïde, mais elles sont d’ailleurs très-élastiques, et il en résulte un mouvement plus prononcé que dans les premiers; enfui, dans les crotophagas , les touracos, et surtout dans les perroquets, les inter-maxillaires, comme les nasaux, s’articulent d’une manière mobile et transversalement avec ceux du crâne, soit par le contact seul de leur bord et par diarlhrose, soit dans quelques espèces par trois charnières, dont deux correspondent aux angles externes des nasaux, et la troisième sur la ligne médiane aux inlcr-maxillaires. ]

Les fosses nasales des oiseaux ne forment point un canal dirigé d’avant en arrière, mais seulement une cavité qui occupe l’épaisseur de la hase du bec, et qui s’ouvre eu dessus par les deux narines, et en dessous par une fente que laissent entre elles les deux arcades palatines; elle n’est point séparée de l’orbite en arrière par une lame osseuse, mais il y a un espace plus ou moins grand qui n’est que membraneux. L’ouverture extérieure des narines est percée à la base de la surface convexe du bec; sa position, sa figure et sa grandeur varient beaucoup. [Elles sont largement ouvertes sur les côtés de la partie moyenne du bec dans les gallinacés , dans les brévipennes, dans plusieurs oiseaux de proie et passereaux , dans les grues , les goélands; elles sont situées à la naissance et à la partie supérieure du bec dans les perroquets et dans la plupart des échassiers et des palmipèdes ; les calaos et les loucans les onlsi reculées et si élevées qu’elles se trouvent au-dessus du bord anlérieur des orbites. La cavité nasale de tous les oiseaux à narines très-rapprochées de la naissance du bec est tout à fait verticale; il arrive même, dans les pélicans , dont les palatins sont soudes ensemble dans une longueur considérable, que I ouverture inférieure des fosses nasales est plus en avant que la supérieure, en sorte que le canal nasal est oblique d’arrière en avant et de haut en bas. L’ouverture externe des narines est au con-

(t) [/'.XVIe leçon, première partie.]

traire tout au bas de la base du bee dans les becs en ciseaux.

Dans les pélicans, les f requîtes, les cormorans, la narine, petite et située très-près de la racine du bee , est précédée d’un sillon qui règne tout le long de cet organe. Dans le genre des fous ou boubies, le sillon existe , mais ne conduit à aucun trou, et on ne trouve pas d’ouverture nasale extérieure : on pouvait penser que peut-être cette ouverture se confondait avec 1 espace membraneux qu’offre au-devant de l’orbite la tête osseuse des oiseaux; mais l’examen le plus attentif ne nous a fait, découvrir dans l’animal entier aucune narine extérieure, de sorte que c’est, tout un genre d’oiseaux qui ne respirent que par la bouche, et où l’air ne parvient dans leurs cavités nasales, d’ailleurs très-petites, que par les arrière-narines. Cette anomalie , qui se lie sans doute à quelqu’une des habitudes de ces oiseaux plongeurs, est certainement une des plus curieuses que présente l’organisation des animaux vertébrés.

L’ouverture inférieure des fosses nasales varie aussi , mais moins que l’extérieure ; très-longue dons la plupart des oiseaux, elle est déjà très-raccourcie dans les perroquets ; elle est petite dansles toucans , et plus encore dans les calaos ; elle est même ronde dans le buceros galeatus. Les palatins se rapprochent en arrière pour fermer l’ouverture de la cavité nasale; mais ils ne se soudent guère ensemble que dans les oiseaux à long bec et à narines reculées , comme les toucans , les calaos , les cigognes , les pélicans , les cormorans. Ces os, après s’êlre rapprochés, s’écartent de nouveau en s’élargissant, dans les perroquets , et forment une aile considérable qui se porte en arrière et en bas , jusqu’au niveau du bord inférieur de la mâchoire inférieure, pour donner attache aux muscles ptérygoidiens. Dans le nandou et les casoars, tout en se rapprochant en arrière, ils restent séparés par le vomer; mais dans V autruche ils ne viennent pas toucher à cet os : leur branche postérieure, grêle, s’appuie sur le ptérygoïdien seulement, eu sorte que c’est, le vomer qui limite en arrière l’ouverture des fosses nasales. Quelquefois, comme dans les vautours, les goélands, les pétrels, le bord interne du palatin donne une petite lame verticale qui entoure cette ouverture. Le vomei', que l’on voit souvent, comme dans les canards , venir sous forme de lame glisser sur la pointe du sphénoïde, est plus large et embrasse en partie celte pointe dans les brévipennes ; il est même presque divisé dans toute sa longueur dans le casoar de la Nouvelle-Hollande.

Les os ptérygoidiens sont généralement droits et libres dans leur trajet -.cependant dans les oiseaux qui ont une apophyse latérale du corps du sphénoïde , analogue à celle des sauriens, le ptérygoïdien s’articule avec elle d’une manière mobile,

par un tubercule né tantôt du milieu de son bord interne, comme dans les oiseaux deproienocturnes; tantôt de son extrémité palatine, comme dans les gallinacés , les canards; tantôt enfin de son extrémité tympanique , comme dans les brévipennes. Dans l'autruche, le ptérygoïdien s’élargit beaucoup près de son articulation avec les palatins.

Le tympanique conserve assez généralement la forme qu’il a dans les gallinacés ; seulement son apophyse antéro-supérieure et libre est plus longue dans les oiseaux de proie; mais peut-être at-elle acquis son maximum de développement dans quelques ardeas, dans le butor, par exemple, ou elle suit les contours inférieurs du crâne. L’on

peut remarquer que ce tympanique est peut-être celui de tous les os de la tête des vertébrés qui a le plus de surfaces lisses articulaires, puisqu’on en voit inférieurement trois et quelquefois quatre

arrondies pour l’articulation de la mâchoire inférieure ; une autre plate pour l’articulation du

ptérygoïdien, et une dernière concave pour l’articulation du jugal. Supérieurement , il a en général deux têtes arrondies pour s’articuler avec le temporal et le rocher.]

Les fosses orbitaires des oiseaux sont semblables aux impressions qu’auraient produitesdeux doigts en serrant le crâne dans un état de mollesse. Elles n’ont point de plancher osseux en dessous. La lame qui les sépare n’est quelquefois ossifiée qu’en partie. L’espace membraneux est même trèslarge dans quelques espèces; mais il n’y a rien de

constant à ccl égard.

[Les perroquets, la bécasse, et une espèce de canard (l’onos autumnalis), sont les seuls qui aient

un orbite entouré d’un cadre osseux complet; ce cadre est formé par une apophyse inférieure du lacrymal qui vient s’unir à l’apophyse post-orbitaire (1).

Les lacrymaux fournissent dans les oiseaux de proie diurnes, dans les brévipennes, une apophyse supérieure très-saillante qui se prolonge au-dessus de l’orbite, et va même rejoindre quelquefois, comme dans les autruches, les casears, et peutêtre aussi les manchots et les pingouins, un autre prolongement de l’angle post-orbitaire du frontal en donnant ainsi un plafond à l’orbite. Dans les

oiseaux de proie diurnes, dans la spatule , dans les canards, la partie inférieure du lacrymal s’élargit transversalement pour former avec une lame latérale de l’ethmoïdela paroi antérieure de l’orbite. Dans les oiseaux de proie nocturnes, cet os se comporte de la même manière, et se boursoufle considérablement, comme en général tous les os de la tête , ceux de l’extrémité du bec exceptés.

Dans les corbeaux, dans presque tous les passereaux, et dans le manchot, cette paroi antérieure de l’orbite est due tout entière à Petbmoïde, qui vient toucher le lacrymal d’ailleurs petit. Dans beaucoup d’autres oiseaux , les ardeas, par exemple , où cette lame latérale de Petbmoïde existe aussi, elle est plus petite et ne rejoint pas le lacrymal, de sorte que l’orbite communique largement avec la narine.]

2° Du crâne à l’extérieur.

[Les variations qu’éprouve le crâne suivent, mieux que celles de la face, l’ordre des familles.

On le trouve généralement lisse et arrondi dans les oiseaux de proie diurnes. Une fosse temporale, limitée, dans les vautours , par une légère crête fronlo-pariétale et par une crête occipitale, en occupe les côtes. L’apophyse zygomatique du temporal est petite; l’apophyse post-orbitaire médiocre. La partie moyenne de l’occipital forme une saillie assez marquée pour le cervelet. Le trou occipital est grand. Les occipitaux donnent inférieurement une sorte d’apophyse ou plutôt de lame para-mastoïdienne, à laquelle est fixée en partie la membrane du tympan ; une production osseuse, percée simplement d’un trou, réunit cette lame de l’occipital à une apophyse assez saillante du basilaire , ce qui agrandit et complète par le bas la cavité de la caisse. Dans la plupart des autres oiseaux ces productions des occipitaux et du basilaire sont plus ou moins saillantes, et en général séparées par une échancrure. Le rot des vautours, le messager serpentaire et les oiseaux de proie nocturnes ont une apophyse latérale au corps du sphénoïde.

L 'effraye a le crâne élevé, pyramidal; la partie moyenne du front creusée çn sillon; les fosses

(i) [M. Carus a cru y voir le véritable os zygomatique; mais il est bien certain que ce cercle n’est point dû à un os particulier, mais à un simple prolongement des apophyses dont nous venons de parler. En effet, dans plusieurs canards, et dans les perroquets jeunes, ces apophyses sont très-longues, saus cependant se toucher; puis dans Varias autumnalis » dans les perroquets adultes et dans la bécasse, elles finissent par sc rencontrer. Le véritable jugal est l’os auquel M. Cuvier assigne ce nom, quoiqu’on le trouve quelquefois divisé en deux, comme M. Geoffroy l’a remarqué dans l’autruche. On peut s’en

convaincre dans les calaos y où il ressemble tout à fait au jugal des mammifères et des reptiles par sou articulation avec le maxillaire, par sa largeur, et même par un tubercule qui va «à la rencontre de l’apophyse postorbitaire. Il est vrai que cet os n’atteint pas l’apophyse zygomatique du temporal; mais outre qu’il est bien près d’y atteindre dans les brévipennes e t les perroquets » l’exemple des paresseux et des fourmiliers» nous prouve que même dans les mammifères, cet os abandonne quelquefois le temporal.]

ARTICLE QUATRIÈME. -

temporales petites; l’apophyse post-orbitairc , très-grande, y descend jusqu'à toucher au jugal. Le basilaire est légèrement convexe. Le grand-duc a le crâne, vu par sa partie postérieure, deux fois aussi large que haut, ce qui tient à l’étendue des apophyses post-orbitaires. Le frontal donne une apophyse anté- orbitaire très-grande que l’on trouve aussi dans l 'effraye, mais plus petite et plus reculée, et formant pour ainsi dire une apophyse médio-orbitaire. La fosse temporale du grand-duc, portée t.rès en arrière, n’est presque plus qu’une fenle profonde. L’apophyse zygomatique du temporal est grêle. L’occipital donne un rebord trèssaillant pour le soutien de la membrane du tympan; mais il ne se termine pas en une tubérosité para-mastoïdienne.

Le crâne des passereaux est également arrondi et lisse. L’apophyse zygomatique du temporal est plus grande que la post-orbitairc, et lu fosse temporale est petite. Il y a néanmoins quelques exceptions. Ainsi, le crâne des martins-pêcheurs , et notamment celui de Valcetio torquala , est. fortement comprimé derrièrcles frontaux, d’où résulte une fosse temporale grande, et séparée de celle du côté opposé par une crête sagittale unique. Nous retrouverons celle structure dans plusieurs échassiers et palmipèdes.

Dans les trochilus, le frontal est creusé, sur la ligne médiane, d’un sillon qui se bifurque à la région pariétale, et chaque bifurcation contourne la région de l’oreille : c’est l’impression des cornes de l’hyoïde qui viennent, comme l’on sait, se loger sur la tête.

Dans les loxia clitoris, cocolhrausles , pyrrhuta, oryzivora, fasciala, etc. , l’apophyse zygomatique du temporal est très-longue et vient presque toucher au jugal.

Dans les calaos, une énorme production celluleuse des frontaux, qui se prolonge en avant presqu’à moitié du bec, couvre toute la partie supérieure du crâne, et souvent saille en arrière au delà de l’occipital. L’apophyse post-orbitaire louche presqu’au jugal qui envoie, comme nous l’avons dit , un tubercule à la rencontre de la précédente. La fosse temporale, assez petite dans les autres espèces, est rendue plus profonde dans le buceros galealus par un rétrécissement du ci-âne , qui produit une crête sagittale unique, comme dans les martins-pêcheurs. Le corps du sphénoïde donne deux apophy’ses semblables à celles qui , dans les oiseaux de proie nocturnes, s’articulent avec le ptérygoïdien ; mais ici elles sont loin d atteindre à cet os.

Le crâne des perroquets est plus aplati. La face occipitale offre de chaque côté une apophyse para- ■mastonle saillante en arrière. La fosse temporale est petite, et l’apophyse zygomatique du temporal assez longue.

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