‹ Leçons d'anatomie comparée de Georges CuvierChapitre 184 sur 367 · COMPARAISON GENERALE DES DIFFERENTS SYSTEMES NERVEUX · texte numérisé non relu

COMPARAISON GENERALE DES DIFFERENTS SYSTEMES NERVEUX

En comparant ensemble tous les systèmes nerveux, on trouve qu’ils n’ont qu’une seule partie commune [c’est une masse plus volumineuse que le reste du système, placée le plus ordinairement à sa partie antérieure, et qu’on appelle le cerveau (1).

Le système nerveux se présente d’ailleurs, comme on l’a vu dans la première leçon , sous quatre formes principales propres à chacun des quatre grands embranchements du règne animal (2). Nous ajouterons seulement ici quelques détails aux caractères généraux qui en out été déjà donnés.]

Le cerveau des animaux vertébrés forme toujours une masse composée de plusieurs paires de tubercules, et qui se termine en arrière par un long Cordon médullaire. Ces tubercules présentent dans les diverses classes beaucoup de variétés, que nous expliquerons dans les articles suivants.

Dans les animaux sans vertèbres, il y a bien aussi des tubercules en avant de la partie correspondante au cerveau; mais ces tubercules sont beaucoup plus petits, et ne tiennent au cerveau que par des filets nerveux et séparés. Les filets latéraux du cerveau laissent entre eux un grand intervalle, dans lequel passe l’œsophage comme dans un collier.

La longue production de l’encéphale, nommée moelle allongée et épinière, reste dans les animaux vertébrés du côté du dos, au-dessus du canal intestinal ; elle est enfermée dans le canal des vertèbres. Les deux faisceaux qui la forment sont intimement unis, et on n’aperçoit de trace de leur distinction qu’un sillon longitudinal en avant et en arrière. Dans les animaux non vertébrés, lorsque cette production existe, elle ne se forme qu’audessous de l’oesophage par la réunion des deux cordons latéraux du cerveau. Ses deux faisceaux restent ord î na trement distincts dan s la plus grande partie de leur longueur, et ne s’unissent que d’espace en espace par le moyen des nœuds d’où parti) Dans la première édition, M. Cuvier avait comparé cette partie commune exclusivement au cervelet ; mais depuis longtemps il avait dans ses autres ouvrages changé cette détermination.

(»] Yoy. précédemment.

ARTICLE QUATRIÈME. - DESCRIPTION DU CERVEAU DE L'HOMME

tent les nerfs ; mais très-souvent aussi cette production n’existe pas.

Dans ceux des animaux invertébrés qui n’ont pas de production médullaire, c’est-à-dire dans les mollusques, les troncs nerveux partis du cerveau se renflent souvent en ganglions, ou se réunissent deux ou trois pour former un ganglion commun, et c’est alors de ces ganglions que parlent, du moins pour l’ordinaire, les filets qui se rendent aux parties.

Dans les animaux invertébrés qui ont une production médullaire double et noueuse, c’est-à dire les articulés, les nerfs naissent tous des nœuds ou ganglions de la moelle, ou de quelqu’un des ganglions antérieurs au cerveau.

Dans les animaux vertébrés, les nerfs de l’épine naissent de la moelle épinière par deux paquets de filets médullaires qui se réunissent après que le paquet postérieur a forilié un ganglion, ils se séparent ensuite en deux troncs, dont l’antérieur communique avec le nerf grand sympathique par un ou deux filets, et il y a encore un ganglion à l’endroit de cette réunion (1).

[Les nerfs de l’encéphale ne présentent point tous une pareille disposition; la 5% la 4e, la 6» et la 7e paire n’ont qu’un ordre de racines ; les nerfs des sens de l’odorat, de la vue et de l’ouïe paraissent être dans le même cas; niais d’autres, tels que la 5° paire, ont deux racines, l’une simple et l’autre ganglionnaire.

Les ne iis des animaux vertébrés président à des fonctions très-différentes. Les uns sont exclusivement conducteurs de sensation ; ce sont ceux qui naissent de la partie supérieure de la moelle, et à leur origine se renflent en ganglions; les autres, qui naissent de la partie inférieure, sont exclusivement conducteurs d'irritation pour la fibre musculaire. 11 paraîtrait y avoir dans les animaux articulés, ou du moins dans plusieurs d’entre eux, une disposition analogue, c’est-à-dire une double origine pour les nerfs de la moelle, et une fonction différente pour chacune de ces origines. Dans ces animaux, la chaîne ganglionnaire ventrale serait composée de deux cordons superposés : l’un inférieur, auquel appartiendraient exclusivement les ganglions; un supérieur plus fin, qui ne serait pas noueux, et qui donnerait seulement au niveau de chaque ganglion des filets nerveux qui se joindraient aux filets nés du ganglion lui-même. On n’a point observé de double origine aux nerfs des

(r) On lisait ici dans la première édition : « Les différents tubercules qui forment l’encéphale semblent eux-mêmes servir de ganglions, du moins à plusieurs nerfs qui eu sorteJlt . c(!]a est évident pour le corps cannelé, à l’égard du nerf olfactif; pour la couche optique, a l’égard du nerf du même nom. Le nerf de la cinquième paire a un tubercule particulier, très-marqué

mollusques; mais dans le bras du poulpe, doué à la fois de beaucoup d’agilité et de sensibilité, le cordon nerveux qui le pénètre se partage en deux parties accolées, l’une lisse, l’autre renflée ou noueuse d’espace en espace.]

Le nerf grand sympathique, qui se trouve constamment dans tous les animaux vertébrés, existet-il séparément dans les animaux invertébrés, ou bien faut-il regarder comme tels les deux filets nerveux qui réunissent tous les ganglions, et que nous avons nommés moelle épinière dans les articulés? Alors ces animaux-là n’auraient pas non plus de moelle épinière, et l’absence de celte production médullaire serait le caractère commun de tous les animaux invertébrés.

[Mais il n’y a rien à changer à la première détermination, et il existe aussi dans ces animaux un système de nerfs particuliers qui se rendent exclusivement aux viscères, que les auteurs qui récemment les ont fait mieux connaître ont appelés nerfs stomato-gaslriques, et qui, en raison de leur distribution tout à fait spéciale, peuvent être ajuste titre assimilés au nerf grand sympathique des animaux vertébrés. Nous les décrirons dans une des leçons suivantes.]

ARTICLE IV

DESCRIPTION DU CERVEAU DE l’hOMMK.

A. Cerveau de l’homme , vu à sa face supérieure.

Il présente, lorsqu’on a enlevé la calotte du crâne et la dure-mère, un ovale dont la longueur est à la largeur à peu près comme 4 à 5. Cet ovale est un peu plus étroit par devant; sa convexité est assez uniforme, et telle que la hauteur est à peu près moitié de la largeur.

Un sillon profond, dans lequel entre la faux, partage longitudinalement cet ovale en deux parties à peu près égales qu’on nomme hémisphères.

On ne voit point le cervelet a cette face supérieure, parce qu’il y est entièrement recouvert par le cerveau.

Les sillons sont très-nombreux et très-profonds. Il y en a qui ont jusqu’à 0m,02l de profondeur; ils se contournent de cent manières différentes.

dans les poissons. Celui de la huitième paraît avoir le sien dans l’éminence olivaire dans les mammifères. Celui de la troisième et celui de la quatrième n’eu ont pas de si évidents, à moins que les testes ne passent pour tels à l’égard de ce dernier. » — On sait que cette manière de considérer le cerveau sert encore de base à plusieurs des systèmes établis sur cet organe.

NEUVIÈME LEÇON. — CERVEAU DES ANIMAUX VERTÈBRES

Leurs intervalles ont la partie visible au dehors, large d’environ O1”, 01, plus ou moins : ces intervalles ont l’aspect d’un paquet de petits boyaux. On les connaît sous le nom de circonvolutions.

En comptant les sillons qui touchent à la ligne de séparation des deux hémisphères, on en trouve dix-huit ou vingt ; en comptant dans une direction transverse, on en trouve dix ou douze; mais ces nombres dépendent des lignes sur lesquelles on compte.

La face par laquelle les hémisphères se regardent est plane : on y voit des sillons comme à leur face convexe. Cette face a 0™,04 de hauteur. La faux n’étant pas aussi haute ne sépare pas entièrement ces faces, et les hémisphères s’unissent audessous de la faux par des vaisseaux et de la cellulosité.

En écartant les hémisphères l’un de l’autre, on voit qu’il y a au fond du vallon qui les sépare une espèce de pont de substance médullaire qui va de l’un à l’autre, en s’enfonçant sous eux. 11 n’occupe pas toute la longueur de ce vallon, mais laisse en avant un espace égal au tiers do sa propre longueur, et en arrière un autre double du premier. Il ne fait donc lui-même que moitié de la longueur des hémisphères : on voit qu’il se replie sous luimême à ses deux extrémités.

B. Cerveau de l’homme , vu par le côté.

Il présente à son contour supérieur une ligne courbe, assez semblable à une moitié d’ellipse; mais son contour inférieur est très-irrégulier. 11 y a d’abord une ligne concave, qui règne de l’extrémité postérieure en descendant jusqu’au milieu de la longueur totale, qui est aussi le point le plus bas. C’est sous cette ligne concave qu’est le cervelet, qui est entièrement situé sous le cerveau.

Le contour du cervelet, considéré ainsi de profil, équivaut à peine en aire au huitième de celui du cerveau. La partie du cerveau située au-dessus du cervelet est ce qu’on nomme le lobe postérieur du cerveau. Cette partie saillante vers le bas, qui termine la ligne concave dont nous venons de parler, est ce qu’on nomme le lobe moyen. Celle ligne se recourbe en avant, et, après y avoir continué a être convexe, se termine par un sillon profond dirigé en arrière, qui se dessine sur la face latérale du cerveau, et qui achève de distinguer le lobe moyen de l’antérieur. Celui ci occupe, en avant de ce sillon, h peu près un quart de la longueur totale du cerveau; mais en dessus, et vers la ligne moyenne, il se prolonge en arrière au côté interne du lobe moyen, jusqu’à l’enfoncement où est la glande pituitaire.

Celte face latérale du cerveau présente des sillons aussi nombreux et aussi irréguliers que la face supérieure.

[Quand on soulève les deux bords du sillon qui sépare les lobes antéuieur et moyen, on voit qu’ils recouvrent, comme deux lèvres, une portion du cerveau plus profonde, marquée de sillons rayonnants de bas en haut, et à laquelle Reil a donné le nom d'ile ou d'tnsufa.]

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