‹ Leçons d'anatomie comparée de Georges CuvierChapitre 192 sur 367 · ARTICLE SIXIÈME. — CERVEAU DES OISEAUX · texte numérisé non relu

ARTICLE SIXIÈME. — CERVEAU DES OISEAUX

seul lobe comprimé latéralement, analogue du lobe médian des mammifères, et de chaque côté un petit appendice conoïde qui s’engage dans une anfractuosité du temporal. Il a des stries Iransverses, parallèles, serrées, [et qui marquent autant de sillons qui le partagent en lobules. Ces sillons, comme ceux des mammifères, se divisent en plusieurs ordres , suivant leur degré de profondeur. Ceux du premier ordre, ou les plus profonds, parviennent jusque sur lés jambes du cervelet; ils sont peu nombreux dans V autruche ; il n’y en a que deux, qui partagent le cervelet en trois lobules principaux ; l’un postérieur et inférieur, généralement petit ; l’autre supérieur et moyen, beaucoup plus considérable ; le troisième antérieur. Chacun de ces lobules est divisé en lobules secondaires par des sillons de second ordre, qui convergent vers les jambes du cervelet, mais sans arriver jusque près de la moelle. Enfin d’antres sillons, moins profonds encore, subdivisent les lobules secondaires en d’autres lobules plus petits. Cette distribution des sillons du cervelet est, en général, à peu près la même dans les autres cervelets que nous avons pu examiner.] I.’arhre du cervelet, tel que le montre une section longitudinale, est moins composé que dans les mammifères. Le centre du cervelet est creusé d’nn enfoncement qui communique avec le quatrième ventricule. La moelle allongée n’a ni éminences pyramidales et olivaires distinctes, ni pont de Varole, ni corps trapézoide ; elle représente une large surface unie. Les jambes du cervelet y pénètrent immédiatement, ou s’y confondent avec les corps rosliformes sans former de saillie. [Cependant, eommela moelle allongée se renfle manifestement à sa naissance, on devait présumer que les pyramides et les olives existent, et on retrouve, en effet, les premières sous celle espèce de membrane unie qui semble envelopper la moelle d’un côté à l’autre, à sa face inférieure. Dans le perroquet, leur saillie est même assez distincte. Elles s’entrecroisent d’ailleurs à

tout l’ancien texte de cet article, les mots de tubercules bijurneaux à ceux de couches optiques.

(t) M Serres décrit deux cordons qui occupent, selon lui, la place des olives, et qui s’épanouissent dans les tubercules bijumeaux. Ouv. cit., t. II, p. 197. Nous ne les avons pas clairement aperçus.

(a) C’est ce bourrelet qui constitue la première paire de tubercules dont il est question dans le passage suivant de la première édition qui terminait la description du cerveau des oiseaux, et que nous n’avons pas pu

conserver :

" Entre les corps canuelés et les couches optiques sont quatre éminences arrondies qui se voient mieux dans

autruche que dans les autres oiseaux. Les premières sont situéwc . . . ,

les . eu avant de la commissure anterieure, dans

ventt icules antérieurs mêmes; les autres sont en

rrieie de cette commissure, et font saillie dans le troi-

leur naissance. M. Serres a figuré cet entrecroisement dans Vautruche et le cosoar. Nous l’avons directement observé à la loupe dans le cerveau du moineau. Quant aux olives, leur contour se confond sans doute, comme dans beaucoup de mammifères, avec celui des pyramides (1) A la face supérieure delà moelle se voient, comme à l’ordinaire, les pyramides postérieures et les corps restiformes. Ces cordons, après avoir formé le cervelet, traversent la couche optique, et pénètrent dans le corps strié en même temps que les cordons antérieurs de la moelle.]

Le corps cannelé ou strié forme à lui seul presque tout l’hémisphère; il ne présente pas dans son intérieur de stries alternatives blanches et grises, est de la forme d’nn rein, et n’a point de queue : aussi les ventricules antérieurs ne se recourbent ils point en dessous, comme dans les mammifères, et il n’y a point par conséquent de corn ed’Am mon. [Cependant la paroi membraneuse qui ferme le venlrieiile eu arrière et en bas rappelle bien la disposition analogue, mais plus compliquée, du cerveau des mammifères.]

Les oiseaux n’onl point de corps calleux, ni de voûte, ni de cloison transparente. Lorsque l’on écarte les deux hémisphères, on voit qu’ils sont séparés selon tonie leur hauteur, et qu’ils ne s’unissent l’un à l’autre qu’en arrière, vers la commissure antérieure du cerveau. La face par laquelle ils se touchent présente des ligues rayonnantes blanches qui semblent venir de cette commissure, [mais qui, en réalité, naissent d’un bourrelet fibreux qui fait saillie à la face interne du corps strié, en avant de la commissure. Ce bourrelet est plus arrondi et plus saillant dans Vautruche que dans les antres oiseaux, et y forme comme un tubercule (2).] Celte surface est formée par une cloison mince qui sert de paroi aux ventricules antérieurs. Cette cloison est, comme à l’ordinaire, un repli de l’appendice du corps cannelé, [ou plutôt c’est une membrane fibreuse qui naît de la face

sième ventricule, à peu près au lieu où se trouve la commissure molle des mammifères. Ces tubercules n’out point d’analogues dans le cerveau do l’homme; mais nous leur en trouverons dans celui des poissons. »

Les deux autres éminences dont il est question dans ce passage sont les couches optiques elles-mêmes, méconnues alors par M. Cuvier. Quant à ce bourrelet d’origine ou de convergence d’une partie des libres de la membrane rayonnée, M. Serres (ouv, oit., p. 477) l’assimile au pilier antérieur de la voûte, qui s’attacherait au-devant de la commissure, et non plus en arrière comme dans les mammifères. Mais il faudrait supposer ici une transposition que rien n’aunouce. C’est précisément cette différence dans l'attache antérieure qui nous empêche d’assimiler à la voûte la cloison interne de l'hémisphere des oiseaux.

NEUVIEME LEÇON. — CERVEAU DES ANIMAUX VERTÉBRÉS

supérieure de ce corps, et descend à la face interne des hémisphères , en embrassant le pédoncule cérébral par ses piliers d'attache antérieur et postérieur. En arrière, elle limite une fente, par laquelle les ventricules latéraux communiqueraient ensemble et avec le troisième, si le plexus choroïde ne s’y opposait. Ce repli, par ses attaches et par son trajet, semble être l’analogue du grand repli ou de la circonvolution que nous avons nommée dans les mammifères circonvolution du corps calleux.]

La commissure antérieure se prolonge de chaque côté dans la substance des hémisphères, comme cela a lieu dans l’homme et dans les mammifères.

[Les couches optiques sont également , comme dans ceux ci, placées en arrière de cette commissure, séparées des corps striés par le cercle fibreux de l’orifice ventriculaire, et recouvertes par les hémisphères. Leur volume es fort petit, comparé à celui du corps strié. Une commissure postérieure, sous la forme d’une bandelette blanche, unit les couches optiques en avant de la large membrane qui s’étend au dessus de l’aqueduc de Sylvius, d’un tubercule bijumeau à l’antre.]

Le troisième ventricule est situé entre les couches optiques (1). Les lignes blanches qui les bordent supérieurement se prolongent, comme à l’ordinaire, pour servir de pédicule à la glande pinéalc : il est borné en avant et en arrière par les commissures.

Le fond du troisième ventricule communique dans l’entonnoir. Sa partie postérieure communique aussi avec le quatrième ventricule; mais la voûte placée sur cette espèce d’aqueduc n’est point surmontée par les tubercules quadrijumeaux, i.’esl une simple lame mince, qui n’csl autre chose que la valvule du cerveau prolongée davantage en avant, [et qui unit les tubercules bijumeaux. Quant à ces tubercules eux-mêmes, placés, dans les premiers temps de la formation de l’embryon des oiseaux, à la face supérieure de l’encéphale, ils subissent peu «à peu, à mesure du développement de l’organe, un mouvement de dedans eu dehors qui les écarte l’un de l’autre, et qui les fait comme pivoter autour de l’axe nerveux, pour venir se placer, dans l’animal adulte, presqu’à la base du

(r) 11 est étonnant qu’ayant, dans ce passage de la première édition, si bien déterminé les couches optiques des oiseaux, MM. Cuvier et Duméril leur aient rattaché encore deux parties aussi distinctes que les tubercules bijumeaux. Ils considéraient donc les couches optiques comme formées de deux parties ; l’une, interne ventriculaire; l’autre, externe, plus spécialement en rapport avec les nerfs optiques. C’est une opinion que M. Trcviranus a reproduite depuis la détermination de GitU.

cerveau et sous les hémisphères, ainsi que nous l’avons dit plus haut.]

Le quatrième ventricule est semblable à celui des mammifères, et contient aussi l’impression longitudinale appelée plume à écrire.

Les tubercules bijumeaux contiennent chacun un ventricule qui communique avec les autres dans l’aqueduc de Sylvius.

II n’y a point d’éminences ou tubercules maraillaires. [Les oiseaux ont tous, comme les mammifères, le tuber cinereum et une tige pituitaire. ]

B. Origine des nerfs.

[Les nerfs olfactifs se détachent de la pointe des hémisphères, en dessous, et on voit à la base du cerveau des traits blancs qui leur servent de racines, et qui se dirigent en dehors vers le lobe postérieur de l’hémisphère, lelong de l’espace perforé. Le nerf se termine, comme dans les mammifères, par un lobule e eux, et qui communique par un canal avec le ventricule antérieur, ainsi qu’on le voit dans les vautours ; dans Vautruche, dans le goéland.

Les nerfs optiques naissent du volumineux tubercule bijumeau et ils forment immédiatement leurchiasma. La troisième paire sort de la moelle allongée, ou des pédoncules du cerveau, au moment où ils s’enfoncent sous les tubercules bijumeaux. La quatrième vient, comme à l’ordinaire, de la valvule du cerveau, et la sixième naît à la partie médiane de la face inférieure de la moelle allongée, laissant entre scs racines et celles delà troisième l’espace occupé dans les mammifères par le pont de Varolc. Les autres nerfs de l’encéphale ne présentent point de différence dans leur origine; seulement, en raison de la forme bombée qu’a prise la face inférieure de la moelle, il faut chercher plus haut, sur sa face latérale, les filets d’origine des nerfs, à l’exception de ceux de l’hypoglosse. Le nerf spinal naît à peu près à la hauteur de la troisième vertèbre cervicale, et comme dans les mammifères, du cordon latéral de la moelle, au-dessous des racines supérieures des nerfs vertébraux (2). ]

(a) M. Serres dit n’avoir trouvé ce nerf que dans l'autruche, le casoar et la cigogne blanche; mais il existe dans tous les oiseaux. Nous l’avons vu dans l’aigle, le dindon et le canard. M. Biscboff (onv. cit., p. 3g) Pu ligure avec soin dans six espèces de genres différents; mais ce dernier auteur décrit le spinal comme naissant dans les oiseaux et dans les reptiles par des filets implantés au-dessus des racines supérieures des nerfs vertébraux. Son observation l’a évidemment trompé

ARTICLE SEPTIÈME. — CERVEAU DES REPTILES

ARTICLE VII

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