‹ Leçons d'anatomie comparée de Georges CuvierChapitre 20 sur 367 · ARTICLE TROISIÈME. — PARTIES DURES DES 1NVER1ÉBKÉS · texte numérisé non relu

ARTICLE TROISIÈME. — PARTIES DURES DES 1NVER1ÉBKÉS

ou d’enfant, et elle finit par devenir un os parfait. Pendant ce temps, le bourrelet de sa base, entre les dentelures duquel passent les vaisseaux, se développe aussi. Ces dentelures, en giossissant, resserrent les vaisseaux, et enfin les obstruent alors la peau et le périoste du bois se t essec lent, meurent et tombent; et l’os, sc retrouvant à nu, ne tarde pas à tomber lui-même pour renaître de nouveau, et toujours plus considérable.

tes bois de cerf sont sujets à des maladies absolument semblables à celles des os ordinaires. On en voit dans lesquels la matière calcaire s est extravasée et a formé différentes exostoses; et d’autres où elle s’est trouvée trop peu abondante, et qui sont restés poreux, légers et sans consistance.

A ces différentes remarques, toutes relatives à des vertébrés dont le squelette, quoique plus ou moins dur, est véritablement osseux, nous devons en joindre quelques-unes sur certains poissons où il demeure toujours plus ou moins cartilagineux, et principalement sur ceux que l’on a nommés chondroptérygiens. Les molécules terreuses de ces poissons sc déposent de plusieurs manières, mais ne forment jamais de filets, ni ne prennent cette densité pierreuse de quelques os des mammifères.

Dans la plupart des os des raies et des squales, elles forment à la surface une couche de grains serrés, et le milieu demeure pur cartilage; ces grains se montrent uniformément partout; il n’y a point de rayons ni de centres d’ossification; par conséquent aussi point de suture au crâne ou aux mâchoires. Dans les os épais, comme les corps des vertèbres et certaines mâchoires, il y a aussi une lame grenue à la surface, mais l’intérieur du cartilage est souvent pénétré de phosphate, soit en lamelles formant, une cellulosité, soit en lames plus régulières disposées diversement; dans cerlains grands squales, le maximus , par exemple, ce sont des lames cylindriques, toutes concentriques, toutes séparées par des couches d’un cartilage tendre, toutes percées de pores comme des cribles, en un mot d’une régularité admirable. Quelquefois l’apparence totale semble liomofiène, quoique moins dure à l’intérieur qu’à la surlacc: cela est ainsi dans l’ange (squalus squaltna).

Le périoste est une membrane blanche, forte, qui adhère à loulc la superficie des os, excepté à leurs facettes articulaires : on lui donne le nom de périchondre lorsqu’il ne recouvre que des cartilages. Cette membrane a beaucoup de vaisseaux ; c’est par elle que passent ceux qui portent le sang aux cartilages et aux os.

On sait que la gélatine est contenue en nature dans le sang, et qu’elle fait une assez forte partie ‘lu sérum, ou de la portion de ce fluide qui tlehieure liquide lors de la formation du caillot. On sait également qu’il y a du phosphate de chaux <lans le sang, et surtout que le lait, nourriture

naturelle de l’homme et de plusieurs animaux a l’époque où leur ossification est le plus active, contient beaucoup de celte substance. Ainsi, on conçoit aisément d’où les os tirent leur nourriture; mais on n’est pas d’accord sur la manière dont le phosphate calcaire s’y dépose : les uns pensent qu’il transsude des parois des artères; d’autres, qu’il traverse simplement leurs extrémités ouvertes; d’autres enfin, que les artères s’ossifient, elles-mêmes. 11 serait peut-être plus probable qu’il se combine avec la gélatine du carlilage, et que cette combinaison a lieu surtout à l’époque où l’abondance du phosphate est plus considérable dans le sang, par le genre de nourriture que prend l’animal, ou par la disposition générale des organes qui agissent dans la formation de son sang. Oïl ne sait que trop qu’il y a des maladies dans lesquelles le phosphate calcaire se trouve enlevé aux os par des affinités plus puissantes; et d’autres où sa trop grande abondance porte la rigidité dans des organes auxquels elle est nuisible, ou produit des excroissances plus ou moins monstrueuses. Sa mauvaise proportion dans le corps vivant y cause les maladies les plus douloureuses el les plus incommodes.

Nous verrons ailleurs que les dents, quoique semblables aux os pour la composition chimique, ne croissent pas de la même manière, mais par couches comme les coquilles.

ARTICLE III

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