‹ Leçons d'anatomie comparée de Georges CuvierChapitre 208 sur 367 · DU NERF OPTIQUE OU DE LA SECONDE PAIRE DE L’ENCÉPHALE · texte numérisé non relu

DU NERF OPTIQUE OU DE LA SECONDE PAIRE DE L’ENCÉPHALE

Nous ne décrirons encore ici le trajet du nerf optique que depuis le point où il se sépare de son entrecroisement jusqu’à celui où il entre dans le globe de l’œil pour former la rétine. Nous ferons connaître sa terminaison dans la leçon du sens de la vue.

Dans tous les animaux vertébrés, le nerf optique, après s’êire entrecroisé avec celui qui lui correspond, se rend directement à l’œil du côté opposé.

Dans les mammifères, les oiseaux et les reptiles, il est très-difficile de distinguer ces nerfs dans leur union; [on croit avoir reconnu que les fibres internes seulement du nerfoptiquedes mammifères se croisent avec celles du côté opposé, et que les fibres externes marchent directement depuis les tubercules quadrijumeaux jusqu’au globe de l’œil; on explique ainsi comment l’atrophie d’un œil se pro-

DIXIÈME LEÇON. — NERFS DANS LES ANIMAUX VERTÉBRÉS

page quelquefois sans effet croisé sur le nerf optique du même côté. Nous avons observé dans le lynx un petit sillon transversal qui partage le chiasina en deux parlies inégales, dont l’antérieure est la plus grande. Dans la marmotte , le chiasina est bordé en arrière par un petit ruban fibreux, qui s’étend en anse dii corps genouillé d’uil côté à celui de l’autre côté.]

Dans les poissons, et surtout dans leS poissons osseux, on voit manifestement que les nerfs optiques se croisent sans se confondre; ils sont à la vérité collés par de la cellulosité. On reconnaît et on démontre là très-facilement que le nerf optique du côté gauche va à l’œil droit, et vice vend. Dans les poissons cartilagineux, ce croisement est moins apparent.

[On a décrit dans les reptiles (1)* et notamment dans le caméléon, un entrecroisement des nerfs optiques analogue à celui dont nous avons parlé dans le hareng (2), et une arcade postérieure transversale comme on en voit dans la marmotte.]

Le nerf optique des gros animaux présente une structure très-remarquable. Son névrilème, ou l’enveloppe qui lui est fournie par la pie-mère, le partage intérieurement en un grand nombre de canaux longitudinaux qui Contienneht la substance médullaire. On parvient à relidre cette structure très-sensible eu faisant dissoudre la partie médullaire par la macération dans un liquide alcalin ; on souffle ensuite le nerf et on le fait dessécher. Des coupes de ce nerf ainsi préparé démontrent la disposition des canaux qui le parcourent.

[Dans un certain nombre de poissons osseux, les perches, les thons, l'espadon, la morue, le nerf optique n’est qu’un large ruban mince, enveloppé de névrilème et plissé longitudinalement sur luimême comme un éventail, pour remplir le tube que lui fournit la dure-mère, line Structure analogue se retrouve dans l’oeil de certains oiseaux (5). Le nerf optique dans les oiseaux de proie diurnes, et dans certains passereaux, échassiers ei palmipèdes, est plissé dans une partie seulement de son épaisseur. Ces plis sont plus ou moins profonds et plus ou moins nombreux, suivant les espèces; et lorsqu’on les écarte, ils forment des dentelures qui, dans l'aigle par exemple, donnent au nerf l’aspect d’un peigne.

On a supposé que ces plis de la substance médullaire des nerfs des oiseaux eldes poissons étaient destinés à augmenter l’intensité de la vision dans le même rapport que l’étendue de la surface; mais ii faut remarquer que ces lames sont composées de fibres médullaires, et que le nombre des fibres n’est pas plus considérable pour être disposées en lames que pour l’être en tubes cylindriques. ]

(i) Dilgès, Physiol. comp. de l’homme et des animaux, X. ï", in-8», 1838.

ARTICLE III

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