DES NERFS DE IA CINQUIÈME PAIRE, OU TRIJUMEAUX
Nous avons indiqué de quelle manière se partage le nerf de la cinquième paire dans les animaux à vertèbres : nous allons suivre maintenant à leur
sortie du crâne chacune de ses branches datts lés différentes classes, en commençant par la branché ophthalmique , ou celle qui se rend à 1 œil.
I. j) „ nerf ophthalmique , première branche de la cinquième paire dans l’homme et les mammifères.
A. Dans l’homme.
La première branche de la cinquième paire sort du crâne par la fente sphéno-orbitaire avec ia troisième, la quatrième et la sixième paire ; souvent même elle donne à la quatrième paire un rameau transversal très-remarquable. Avant de parvenir dans l’intérieur de l’orbite, et lorsqu’elle est eneore enveloppée de la dure-mère-, elle se partage en trois rameaux : l’un Se porte vers le bord nasal ; le second, vers là voûte ou le bord frontal, et le troisième, vers le bord temporal de l’orbite ; le second est le plus gros des trois.
Le rameau nasal est inférieur et interne ; il se divise en deux autres rameatlï, le nasal externe et le nasal interne ; [mais avant de se bifurquer, il fournit la longue racine du ganglion appelé lenticulaire ou ophthalmique que concourt aussi à former un rameau de la troisième paire. C’est un petit coi'ps -gris, de forme variable, situé au côté externe du nerf optique, et qui communique par un filet avec le ganglion cervical supérieur du grand sympathique]. C’est pat* ce ganglion que sont formés les nerfs ciliaires, lesquels sont disposés en deux faisceaux composés chacun de dix à douze filets qui se rendent obliquement dans le bulbe de l’œil, où nous aurons occasion de les examiner en traitant de cet organe.
[Le rameau nasal externe ou palpébral s’avance dans la direction primitive du nerf nasal le long de la paroi interne de l’orbite, sort de celte cavité au-dessous de la poulie cartilagineuse du grand oblique, puisse distribue à la peau de l’angle interne de l’œil, et de la racine du nez, en s’anastomosant avec le grand et le petit frontal, le sousorbitaire et le facial.]
Le rameau nasal interne ou cthmoïdal continue de se porter le long du bord nasal de l’orbite ; il entre dans le trou orbitaire interne intérieur, suit lé canal dont ce trou est l’ouverture, rentre dans le crâne au-dessous de la dure-mère , en ressort Vers le bord antérieur de la lame criblée, pénètre dans la membrane nasale, et se perd au-dessus des cornets supérieurs et sur les côtés de la lame verticale.
Le second rameau du nerf ophthalmique est ap-
(t) S. G. Fischer, amphibiorum nudomrn neurologue spec. prim., in- 4», i843.
(a) J. G. Fischer, oav. cit.
(3) Dans le premier volume dé V Histoire naturelle
des poissons, M. Cuvier annonce qu’il croit avoir aperça une anastomose de ce nerf avec le grand sympathique dans la morue. Buchner croit l’avoir également trouvée sur le barbeau.
DIXIEME LEÇON. - NERFS DANS LES ANIMAUX VERTÉBRÉS
pelé frontal. Il est situé entre le périoste de la voûte de l’orbite et le muscle relevenr de la paupière supérieure. Il se sépare presque dès sa naissance en deux ramuscules : l’un, appelé frontal interne ou petit frontal , se porte vers la poulie du muscle grand-oblique de l’œil, sort de l’orbite, entre cette poulie et le trou sus orbitaire, puis se rend au front, à la paupière supérieure et à la racine du nez. Quelques filets pénètrent dans les sinus frontaux et s'anastomosent avec quelques filets du frontal externe et du nasal. Le frontal externe se porte au dehors de l’orbite par le trou ou l’échancrure sus-orbitaire, et s’épanouit sur le front et sur la paupière supérieure en donnant des filets à la peau et au périoste environnant , et en s’anastomosant avec le facial.
Enfin, le troisième rameau du nerf ophlhalmique a été nommé lacrymal y il est situé vers le bord temporal ou externe de l’orbite, et se porte vers la glande lacrymale. Avant de parvenir à cette glande, il se divise en plusieurs filets : l’un perce la glande, se perd dans la partie externe de la paupière supérieure , et s’anastomose avec le rameau orbitaire du maxillaire supérieur; un autre se distribue presque entièrement dans la glande; un troisième, et quelquefois un quatrième, après avoir percé aussi la glande, se partagent en sept ou huit filaments, dont plusieurs passent dans la fosse temporale par la fente sphéno-maxillaire, et s’unissent à d’autres filets du nerf temporal profond : l’un d’eux perce l’os jugal, se porte sur la joue, et s’unit avec des filets du nerf facial.
B. Dans les mammifères.
C’est par la fente, ou plutôt parle trou sphénoorbitaire, qui est en même temps le trou optique, que parvient dans l’orbite la branche ophthalmique des mammifères. Elle se sépare des deux autres branches dans l’intérieur du crâne, et elle rampe dans l’épaisseur de la dure-mère avec la troisième, la quatrième et la sixième paire. Aussitôt qu’elle est arrivée dans l’intérieur de l’orbite, elle se partage, comme dans l’homme, en trois rameaux.
Celui du côté interne de l’orbite, qui correspond au nasal, est le plus gros des trois. Il se divise en cinq ou six ramuscules; les uns pénètrent dans les sinus frontaux par quelques petits trous de la voûte orbitaire, qui sont assez sensibles dans le mouton; d’autres, beaucoup plus gros, pénètrent dans la cavité nasale par le trou orbitaire interne. Enfermés dans un canal osseux, ils remontent dans le crâne par les grands trous de la lame criblée de l’ethmoïde que nous avons indiqués, puis ils en ressortent par les trous ethmoïdaux, pour se distribuer sur la membrane nasale : ils sont trèsfaciles à suivre dans les ruminants. Un ou deux autres se rendent dans la paupière supérieure.
L’un de ces ramuscules concourt à la formation du ganglion ophthal inique. De ce ganglion partent, dans le chien, deux filets ciliaires qui se divisent ensuite, et trois ou quatre filets dans le veau. Enfin, un ou plusieurs de ces ramuscules vont se terminer dans la glande de Harderns, dont nous parlerons à l’article du sens de la vue, en traitant des larmes. Ces nerfs sont surtout très-remarquables dans les ruminants.
Le rameau moyen de l’ophthalmique ou le frontal est supérieur. 11 est couché sous la voûte osseuse de l’orbite : il se divise en deux filets principaux. L’un, externe, fournit deux filaments qui se perdent dans la peau du sourcil, en s’anastomosant avec d’autres filets nerveux. Le filet interne donne unedivision très-remarquable, souvent très-grosse, qui, passant par l’échancrure ou trou surcilier, vient s’épanouir dans la peau du front.
Le troisième rameau du nerf ophthalmique ou lacrymal est composé d’un grand nombre de filets qui, quoique rapprochés, sont très-distincts : ils se perdent presque tous dans la glande lacrymale.
[Le ganglion ophthalmique existe dans tous les mammifères, quoiqu'il soit souvent très-petit, comme dans le cheval et le lapin; il est très-gros chez les carnassiers et les ruminants; il présente toujours les mêmes connexions, c’est-à-dire que sa grosse et courte racine est fournie par la troisième paire, et la racine longue et faible par l’ophthalmique.]
II. Du nerf maxillaire supérieur, seconde branche de la cinquième paire dans l1 homme et les mammifères.
A. Dans l’homme.
Sortie du crâne par le trou rond de l’os sphénoïde, cette branche fournit presque aussitôt un petit filet, le rameau orbitaire, qui entre dans l’orbite par la fente inférieure de cette fosse. Ce filet s’unit avec un autre qui appartient au nerf lacrymal, puis il fournit des ramuscules qui se rendent à la glande lacrymale et â l’angle interne de la paupière supérieure ; d’autres passent, ainsi que nous I avons indiqué, dans un petit canal de l’os de la pommette pour s’épanouir sur la joue, en s’anastomosant avec le nerf facial et le sous-orbitaire, et en arrière avec des filets temporaux du maxillaire inférieur.
La branche maxillaire supérieure arrivée dans l’intervalle qui existe entre la base des apophyses plérygoïdes et la partie supérieure de la tubérosité malaire, il s’en détache un ou deux rameaux qui, dans ce dernier cas. se réunissent presque aussitôt et forment un ganglion ou reuflement rougeâtre, de forme et de volume variables, qui se trouve situé au-devant du trou spliéno-palatin, et qui porte le