‹ Leçons d'anatomie comparée de Georges CuvierChapitre 213 sur 367 · ARTICLE QUATRIÈME. - NERFS I)E LA CINQUIÈME PAIRE · texte numérisé non relu

ARTICLE QUATRIÈME. - NERFS I)E LA CINQUIÈME PAIRE

nom de ganglion sphêno -palatin ou de meckel. II part de ce ganglion beaucoup de filaments qui se portent dans des directions diverses, et qui forment des nerfs très remarquables : ils sont sujets à varier dans leur nombre, mais rarement dans leur distribution.

Il en part d’abord, du côté interne, quatre ou cinq filets qui, entrant par le trou sphéno-palatin dans les fosses nasales, se divisent en sphéno-palalins externes qui se distribuent dans la membrane olfactive, et en sphéno-palatin interne. [Ce dernier est plus volumineux ; il se porte sur la cloison, descend obliquement, puis marche vers le canal palatin antérieur, en distribuant des filets à la membrane muqueuse des narines. Il traverse le canal, et se termine par de nombreux filets dans la partie antérieure de la voûte palatine.]

En arrière du ganglion sphéno-palatin naît un filet qui, s’engageant dans le canal de la base de l’apophyse plérygoïde ou vidien, se porte en arrière vers la pointe du rocher. On a nommé ce nerf vidien, d’après l’auteur qui a le premier fait connaître sa distribution. A sa sortie du canal, le nerf se bifurque. L’une des branches rentre dans le crâne, passe par une petite rainure du rocher qui aboutit au canal de Fallope, où il s’unit au nerf facial. L’autre branche de la bifurcation du nerf vidien, molle et de couleur grisâtre, pénètre dans le canal de l’artère carotide, et s’anastomose avec le rameau carotidien externe du ganglion cervical supérieur.

Enfin, de la partie inférieure du ganglion sort le plus gros filet nerveux, qui parait être la continuation du tronc. Il s’engage dans le canal ptérygo-palatin en grande partie. Il se divise là en plusieurs filaments qui traversent de petits canaux osseux. Les uns se portent dans la membrane olfactive, et d’autres, en arrière, se perdent dans la membrane du pharynx près de l’orifice de la trompe d’Eustache. Le tronc, qui porte le nom de nerf palatin, sort par le trou palatin postérieur, et se portant en devant, il se divise en plusieurs rameaux sur la voûte du palais.

Après avoir donné les deux filets qui produisent le ganglion sphéno-palatin, la branche maxillaire se porte vers l’ouverture du canal sous-orbitaire; mais avant d’y entrer, elle fournit un petit rameau, appelé alvéolaire, qui se divise souvent en deux autres : l’un rétrograde, pénètre dans le sinus maxillaire, où il s’anastomose avec les nerfs dentaires ; l’autre se porte sur les alvéoles de la canine et des incisives, dans lesquelles il pénètre : il donne aussi beaucoup de filaments aux gencives.

Engagée dans le canal sous-orbitaire , la branche prend alors le nom de sa position. Il s en détache un rameau assez considérable qui se porte dans l’épaisseur de l’os, pénètre dans le sinus et se distribue dans les racines de presque toutes les dents.

Le tronc sort de l’os par le trou sous-orbitaire; parvenu sur la face, il se fait un épanouissement de tous ses filets qui se perdent dans la paupière inférieure, dans la lèvre supérieure, dans la peau, dans la membrane muqueuse de l’aile du nez, et dont un grand nombre s’unissent aux ramifications du nerf facial.

B. Dans les mammifères.

Nous avons déjà dit que les nerfs maxillaires sortent du crâne, dans le plus grand nombre de ces animaux, par un même trou situé dans la fosse moyenne au-devant de la pointe du rocher.

Parvenu au dehors du crâne, le tronc unique s’élargit beaucoup, et les filets qui le composent semblent s'entrecroiser de manière que, des deux rameaux qu’ils forment bientôt après, le postérieur ou sous-maxillaire paraît produit par les filets antérieurs, et le rameau antérieur ou sus-maxillaire par les filets postérieurs. Celte disposition est trèsremarquable dans les chiens, elle l’est beaucoup moins dans les ruminants.

La branche maxillaire supérieure se porte presque horizontalement de derrière en devant. Parvenue à la partie antérieure et inférieure de la fosse temporale, elle se divise en un grand nombre de filets; l’un des trousseaux, composé de quatre ou cinq filets considérables, se porte vers le trou sphéno-palatin. Là le trousseau se partage en deux. L’une des branches se porte dans la cavité des narines, et fournit un très-gros rameau qui va s’épanouir dans le tissu charnu du palais. Quelquefois, comme dans les ruminants, ce rameau se sépare du tronc, même avant qu’il entre dans le trou sphéno-palatin.

L’autre branche du nerf sus-maxillaire, qui entre par le trou sphéno-palatin, se glisse dans l’épaisseur de l’os de la mâchoire supérieure, envoie des rarauscules à toutes les dents, et sort par le trou sous-orbitaire pour s’épanouir en patte d’oie sur la face, et s’anastomoser avec le nerf facial.

Mais, outre ces deux nerfs principaux produits parla branche maxillaire supérieure, il est d’autres filets très-remarquables qui s’en détachent presque aussitôt après sa sortie du crâne.

Il s’en sépare d’abord un petit filet très grêle qui, après s’etre anastomosé avec un ganglion, dont nous allons parler, se porte dans l’épaisseur du muscle temporal, qu’il traverse; il perce ensuite la partie inférieure de l’orbite, et pénètre dans le nez.

Un autre filet beaucoup plus remarquable vient de la branche sphéno-palaline. Elle forme le ganglion sphéno-palatin, auquel aboutissent plusieurs autres filets, et entre autres celui dont nous venons de parler. Il s’en sépare ensuite un nerf plat qui, quoique beaucoup plus gros, paraît être la conti-

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