‹ Leçons d'anatomie comparée de Georges CuvierChapitre 214 sur 367 · DIXIÈME LEÇON. - NERFS DAN · texte numérisé non relu

DIXIÈME LEÇON. - NERFS DAN

nuité du filet qui nous occupe ; il se glisse dans l’épaisseur des os entre le palatin et la convexité de l’apophyse ptérygoïde; il fournit là plusieurs filets, dont un très distinct descend sur le plancher des narines, et se porte jusqu’au canal palatin antérieur.

Telle est la distribution générale du nerf susmaxillaire dans les mammifères. On peut voir sur celte description succincte, prise d’après le chien . le lapin, le mouton et le veau , qu’il n’y a ici de différence avep l’homme que celle que devait nécessairement entraîner la conformation de la face.

[Ainsi quelques animaux ont les lèvres trèsprotracliles et douées d’une grande sensibilité; d’autres garnies de fortes moustaches ; quelques-uns ont le nez allongé en museau ou en trompe; dans tous ces cas, les nerfs qui se rendent à ces parties sont considérables. Dans l 'éléphant, par exemple, l’ophthalmique et le maxillaire supérieur ont de très-grandes proportions.]

III. JDtf nerf maxillaire inférieur , troisième branche de la cinquième paire , dans l’homme et dans les mammifères.

A. Dans l’homme.

Celle-ci est la plus grosse des trois branches que fournil le nerf trifacial; elle sort, comme nous l’avons vu, par le trou ovale du sphénoïde; elle paraît à la base du crâne, sur le rebord qui sépare la fosse temporale de la gutturale en dedans du muscle ptérygoïdien externe. Elle se divise presque aussitôt en deux troncs principaux; l’un supérieur, [formé par la petite racine du nerf trijumeau ou racine motrice] ; l’autre inférieur, [provenant de la grosse racine sensitive, ou du ganglion de Gasser.] Le premier se subdivise eu cinq rameaux, et le second en trois, en sorte que le nerf se trouve divisé en huit.

1. Le premier rameau, ou masse! crin, envoie quelques filets à l’articulation de la mâchoire et au crotaphite ; puis se portant au-dessus de l’échancrure qui existe entre les deux apophyses, il pénètre dans l’épaisseur du muscle-masseter, dans lequel il se distribue.

2. Le second rameau se sous-divise en temporal profond postérieur , qui se porte dans la partie postérieure et profonde du muscle crotaphite, et dont quelques filets percent l’aponévrose et s’anastomosentaveclefacial, et en temporal profond antérieur, qui sc porte aussi dans la même direction, mais un peu plus antérieurement; il s’anastomose souvent avec un filet du nerf lacrymal, comme nous l’avons indiqué.

3. Le troisième rameau, ou buccal, passe entre les deux muscles ptérygoïdiens, auxquels il donne quelques petits filets ; puis se portant au dehors

S LES ANIMAUX VERTÉBRÉS

du muscle buccinateur, il se divise en un grand nombre de filets, dont les uns se portent dans ce muscle, ainsi que dans ceux des lèvres en général, et les autres s’unissent au nerf facial.

4. [Le quatrième rameau, ou mylohyoïdien, accolé d’abord au nerf dentaire inférieur, se glisse entre l’os maxillaire et le muscle ptérygoïdien interne, puis sc distribue au muscle mylohyoïdien, et au ventre antérieur du digastrique.]

5. Le cinquième rameau, ou ptérygoïdien interne, est un des plus petits; il se porte dans le muscle ptérygoïdien interne et dans ceux du voile du palais.

6. Le sixième rameau ou dentaire inférieure, {qui commence les filets dépendant de la racine sensitive,] paraît être le tronc du nerf lui-même : aussi lui a-t-on longtemps conservé le nom de nerf maxillaire inférieur proprement dit. Il se glisse entre les deux muscles ptérygoïdiens, et se dirige vers le canal dentaire de la mâchoire inférieure; mais avant d’y pénétrer il s’anastomose avec le nerf lingual, et donne quelques filets aux glandes sousmaxillaires. Lorsqu’il est entré dans le canal, il se distribue dans les racines de chacune des dents et se continue en un filet qui sort par le trou meptonnier, et qui sc divise dans la lèvre inférieure en s’auastomosant avec les filets du nerf facial.

7. Le septième rameau, ou lingual, est destiné à la langue; il se porte avec le précédent entre les mpsplcs ptérygoïdiens. 11 s’accole là à un petit filet qui provient du nerf facial, et quia été nommé la corde du tympan : il se dirige vers la langue. Arrivé vers l’origine du muscle styloglosse, audessus de la glande maxillaire, il produit quelques filets qui souvent se réunissent et forment, avec une division de la cordp du tympan, un petit ganglion appelé maxillaire, duquel partent des filets qui percent cette glande, après quoi le nerf s’anastomose en arcade avec le nerf hypoglosse et se glisse entre le muscle hypoglosse et la glande sublinguale. Il pénètre dans l’epaisseur de la langue, et se distribue aux gencives et à la membrane muqueuse, ainsi qu’aux papilles de cet organe.

[Le ganglion maxillaire communique avec le grand sympathique au moyeu de filets qui rampent sur l’artère faciale.]

8. Enfin le huitième rameau est celui qui est le plus postérieur : il naît souvent de deux racines entre lesquelles passe l’artère méningée moyenne. Le tronc unique marche derrière le condyle de la mâchoire, au-devant du conduit auditif ; il donne beaucoup de ramuscules qui se portent sur les parties voisines. 11 se subdivise en une grande quantité de filets dont beaucoup s’unissent au nerf facial sur la partie externe dit muscle temporal, ce qui lui a fait donner le nom de temporal superficiel.

[Outre le ganglion maxillaire, la troisième bran-

ARTICLE QUATRIÈME. — NERï

che du trijumeau en fournit uti autre appelé ganglion otîque . Celui-ci est situé au côté interne du nerf, au-dessus de l’origine du temporal superficiel, et appliqué contre le dentaire inférieur; il est communément ovale et rougeâtre, et son plus grand diamètre est de 4 à 5 millimètres. 11 a pour racine sensitive des filets du glosso-pharyngien et du maxillaire inférieur; pour racine motrice, un filet du facial, et un autre provenant de la petite racine du trijumeau, et pour racine sympathique un ou deux filets du rameau carotidien externcdu ganglion cervical supérieur. Du ganglion otîque sortent des ramuscules qui se rendent à la membrane muqueuse du tympan et de la trompe d’Eustache, et un filet moteur pour le muscle interne du marteau et pour le muscle tenseur de la caisse du tympan.

B. Dans les mammifères.

Nous avons indiqué la disposition de cette branche dans les mammifères à sa sortie du crâne par le trou ovale. Elle fournit presque aussitôt après sa séparation un rameau assez gros, qui se porte dans les glandes parotide et maxillaire. 11 s’en sépare ensuite deux autres : l’un interne, qui se divise et qui se perd dans les téguments de la langue; l’autre externe, qui donne beaucoup de ramifications aux lèvres, qu’elles traversent, et à la peau de la face, où elles s'unissent aux filets du nerf sous-orbitaire et à ceux du nerf facial. Le plus gros filet, ou la continuation de la branche elle-même, pénètre dans le canal dentaire, s’y distribue aux dents, et se termine dans la lèvre en formant une patte d’oie qui vient du trou mentonnier. Les autres petits filets se retrouvent à peu près comme dans l’homme.

Dans le veau, aussitôt après sa sortie du crâne, le nerf maxillaire inférieur se diyisp en quatre portions principples La plus postérieure, qui est la troisième en grosseur, se porte derrière et sous le condyle de la mâchoire, où elle se divise en deux rameaux : l’un grêle, qui pénètre dans la glande parotide, où il se divise en beaucoup de filets qui s’unissent à ceux du nerf facial; l’autre rameau suit le contour de la mâchoire, et se porte au-devant du mufle; il s’unit en passant sur la joue avec la branche moyenne du nerf facial, dont il avait reçu déjà auparavant plusieurs filets anastomotiques.

La branche suivante du maxillaire inférieur est la plus grêle des quatre. Elle est très-longue, suit la branche de la mâchoire, et va se pprdre dans

( i } Muck l’a décrit dans une ou plusieurs espèces de chaque ordre de la classe des oiseaux. ( Dissert . cuiat. de gnnglio-ophthalmico et nervis ciliaribus animalium. Landishuti, i8z5, in-4°.)

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