‹ Leçons d'anatomie comparée de Georges CuvierChapitre 224 sur 367 · C. Dans les oiseaux et les reptiles · texte numérisé non relu

C. Dans les oiseaux et les reptiles

Nous n’avons également rien de remarquable à dire sur le nerf vague des oiseaux et des reptiles, quoique nous ayons fait la préparation de ce nerf dans plusieurs espèces. On voit évidemment qu’il se distribue aux poumons, au cœur, à l’œsophage et à l’estomac, et qu’il forme des plexus sur ces organes, comme en produit le nerf grand sympathique autour de toutes les artères du

tronc. A sa sortie du crâne, le nerf vague s’entrecroise avec le lingual et le glosso-pbaryngien; ils se séparent ensuite : le glosso-pharyngien est en arrière, le vague au milieu et le lingual en devant. Le nerf vague ne sort pas toujours par un trou unique, Il est formé de deux ou trois filets, qui se rejoignent ensuite en recevant un filet de communication du glosso-pharyngien et un peu plus bas du lingual; puis le nerf, augmentant un peu de diamètre, descend dans la poitrine.

[L’accessoire s’unit intimement au ganglion du nerf vague, et ne peut plus en être séparé; mais, aussitôt que le tronc commun est sorti dn crâne, il donne pour les muscles du cou un rameau postérieur qui correspond évidemment au rameau externe de l’accessoire des mammifères. Il fournit ensuite un fort rameau interne qui s’anastomose avec le glosso-pharyngien. Le nerf récurrent donne de nombreux filets à la partie inférieure du jabot, après quoi il remonte tout le long de la trachée-artère, pour se terminer dans les muscles du larynx.

L’accessoire se trouve dans tons les ordres de reptiles, et il s’y comporte comme dans les oiseaux. Il fournit également une branche postérieure pour les muscles du cou. Du ganglion dn nerf vague des grenouilles part un nerf pour les muscles des mâchoires et un autre pour la langue.

D’après M. Bischoff, l’accessoire de Vamphisbène ne se confond pas tout entier avec le vague; il s’accole bien à lui, et sort par le même trou dn crâne; mais il se sépare ensuite, et n’envoie qu’un très petit filet au vague. 11 se rend aux muscles du cou en s’anastomosant avec les deux premières paires cervicales.]

D. Dans les poissons.

Le nerf vague présente une disposition toute particulière dans les poissons, et cette différence tient à celle des organes delà respiration, auxquels ce nerf paraît le plus spécialement destiné. En effet, les branchies, ces poumons des poissons, se trouvent situées immédiatement au-dessous du crâne, de sorte que le trajet des nerfs est très-court ; de plus, comme la distribution du nerf se Fait presque aussitôt après sa sortie du crâne, il n’y a, pour ainsi dire, point de tronc commun.

Nous allons décrire d’une manière générale ce qui est commun dans la disposition de ce nerf : nous en ferons connaître ensuite les particularités dans les espèces.

[Le nerf sort du crâne par un trou de l’occipital latéral. Quelquefois, comme dans la carpe, il se renfle, tout près de son origine; d’autres fois, comme dans la perche, à une certaine distance, en

ARTICLE HUITIÈME. — NEUF GLOSSO-PHARYNGIEN.

un ganglion d’où sortent les différentes branches que le nerf fournit.]

Les branches du nerf vague se distribuent à trois parties distinctes; les unes, qui sont antérieures, plus grosses, et ordinairement au nombre de quatre de chaque côté, sont destinées aux branchies; elles représentent le nerf vague des mammifères. Les secondes, quisont beaucoup plus grêles, au nombrede deux ou trois de chaquecôté, se distribuent aux muscles qui meuvent la langue, dans la base des dents branchiales et à la surface de l’œsophage. Enfin, les troisièmes sont uniques de chaque côté; elles forment un très-gros nerf qui parcourt toute la longueur du corps du poisson, immédiatement au-dessous de cette ligne qu’on nomme latérale.

Les nerfs branchiaux se portent, en s’éloignant les uns des autres, vers chacune des branchies. Avant d’y arriver, ils se bifurquent. La branche postérieure va se glisser dans la gouttière qui règne le long de la convexité de l’os qui soutient la branehie, et dans son trajet, elle fournit une quantité considérable de petits rameaux aux replis en forme de peigne.

La branche antérieure se porte dans la gouttière semblable pratiquée dans la concavité du même osselet, et s’y divise de la même manière.

Les branches moyennes du nerf vague, que nous en avons distinguées par rapport à leur distribution, naissent quelquefois du même tronc que le dernier branchial, et se divisent ensuite en deux ou trois rameaux; mais, le plus ordinairement, ce sont autant de branches distinctes qui sortent du crâne par le trou commun. L’une de ces branches donne des ramifications aux muscles qui meuvent les branchies et à ceux qui agissent sur les dents du palais. Une autre beaucoup plus grosse se porte le long de l’oesophage, auquel elle se distribue de manière à pouvoir être suivie jusque sur l’estomac.

Enfin, la dernière branche du nerf vague, qui parait particulière aux poissons, est ce long nerf longitudinal de la ligne latérale du corps. Nous l’avons constamment rencontré dans tous les poissons, et sa distribution est à peu près la même dans tous. Quand on remonte à son origine, il est trèsfacile de reconnaître que c’est la branche la plus postérieure du nerf vague, qui, au lieu de descendre vers la gorge, se porte presque horizontalement en arrière et au dehors, de manière à devenir presque superficielle. Il n’est recouvert que par la peau, et maintenu par un tissu cellulaire lâche qui lui permet quelques sinuosités. Ce nerf est à peu près d’une grosseur égale dans toute sa longueur, de sorte qu’on pourrait le confondre très-facilement avec un tendon. [ Il reçoit de tous les nerfs de l’épine des filets particuliers différents des intercostaux, et il donne des filets à la peau et

à l’espèce de glande qui existe sous la ligne latérale, à travers les intervalles des couches musculaires.] Arrivé vers la queue, il se termine par une irradiation de filets très-menus qui se distribuent sur les rayons de la nageoire.

[Outre cette branche, le vague en fournit encore une autre qui s’unit dans le crâne, comme nous l’avons dit, â un rameau de la cinquième paire, pour constituer le nerf dorsal de Weber. Jusqu’à présent, on n’a rien trouvé d’analogue au nerf dorsal dans les reptiles ; cependant les pariétaux des sauriens sont percés d’un trou comme ceux des poissons. ]

Telle est en général la disposition du nerf vague dans les poissons. Les variétés qu’il offre tiennent à la conformation des espèces : ainsi, dans les poissons chondro-plérygiens, comme les raies, les squales, etc., ce nerf est beaucoup plus allongé, et tous ses rameaux proviennent d’un tronc unique qui ne se divise que lorsqu’il est arrivé vers l’organe auquel il doit se distribuer. Dans ces mêmes poissons, les deux nerfs longitudinaux se trouvent aussitôt situés du côté du dos et plus rapprochés.

Les autres différences ne sont point assez remarquables pour que nous les décrivions en particulier. [ bisons seulement que dans les poissons électriques, le nerf vague fournit les rameaux qui se rendent à l’organe spécial dont ces animaux sont pourvus. Dans la torpille, comme nous l’avons dit, le maxillaire inférieur y concourt aussi.]

ARTICLE VIII

DH NERF GLOSSO-PHARYNGIEN.

Nous avons indiqué de quelle manière se séparent de l’encéphale les filets qui forment ce nerf, et les motifs qui ont engagé les anatomistes modernes à le considérer comme une paire particulière : nous allons le suivre maintenant dans sa distribution.

Il sort du crâne par un trou différent de celui de la huitième paire, pratiqué dans l’épaisseur de la dure-mère. Le trou jugulaire dans lequel passe la veine du même nom sépare ces deux nerfs. Encore enveloppé par la dure-mère, il éprouve un petit renflement appelé ganglion pitre ur ou d'Andersk, duquel il se détache deux filets : l’un se porte en arrière [ dans la cavité du tympan; il est connu sous le nom de rameau anastomotique de Jacobson, se distribue aux parties environnantes, et communique avec les ganglions cervical supérieur, ôlique et sphéno palatin.] Le second filet, perforant la dure-mère, va s’unir à la paire vague.

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