BES NERFS CERVICAUX
[ La première paire des nerfs cervicaux sort entre l’occipital et l’allas, et la dernière entre la première vertèbre dorsale et la dernière vertèbre cervicale. Il en résulte que le nombre des nerfs cervicaux est égal à celui des vertèbres du cou, plus un; ainsi, dans l’homme et le plus grand nombre des mammifères, on compte huit paires de nerfs cervicaux. ]
(r) Nous avons déjà dit que d’après M. Bisohoff, il n’y aurait pas d’hypoglosse dans les crocodiles, et que c’est un rameau du nerf vague qui en ferait l’olfice. Nous n’avons pas été à même de vérifier ce fait.
(a) Dans le premier volume de l’ Histoire des poissons, M. Cuvier décrit ce uerf, mais sans lui donner le nom d’hypoglosse, et en le désignant seulement comme le dernier des nerfs du crâne sortant de la moelle allongée après le nerf vague.
A. Dans l’homme.
Le tronc formé par la réunion des deux racines de la première paire cervicale ou nerf sous-occipital, perce la dure-mère au dessous de la courbure de l’artère vertébrale. Il glisse quelque temps dans l’épaisseur de celte membrane, et en sort sur le bord du trou occipital en arrière des condyles. Il se dirige alors vers l’échancrure de l’apophyse articulaire de la première vertèbre, où il passe audessous de l’arière vertébrale : après quoi il forme un ganglion par lequel sont produits de petits filets qui se distribuent dans les muscles droit et oblique de la tête. Le tronc se contourne ensuite au-devant do l’apophyse transverse; il communique par un rameau antérieur avec le grand sympathique, la paire vague, l’hypoglosse, la branche descendante du glosso-j haryngieu , et avec la seconde paire cervicale par un rameau postérieur. Il se dirige vers l’intervalle triangulaire des petits muscles de la tête, et se distribue à presque tous les muscles qui s’attachent à l’os occipital dans leur partie supérieure.
La seconde paire cervicale nait de la même manière que la précédente. Sortie par l’échancrure pratiquée entre la première et la seconde vertèbres cervicales, cette paire de nerfs, plus grosse que la première , fournit deux rameaux principaux : l’un antérieur, qui communique avec la branche inférieure du nerf sous-occipital, le grand sympathique, l'hypoglosse et la paire cervicale suivante; l’autre, postérieur, plus considérable, dont quelques filets s’unissent à la branche postérieure du sous-occipital, et à celle de la paire cervicale suivante; le reste du nerf se distribue dans les muscles de la partie postérieure du col, sous le nom de grand nerf occipital. Un des filels se porte en avant, communique avec l’hypoglosse, et se perd dans quelques-uns des muscles de l’os hyoïde et dans les glandes du larynx.
La troisième paire cervicale se divise comme toutes les autres en deux rameaux : l’antérieur est le pins gros. Il communique en haut et en bas avec les deux paires cervicales voisines, avec le sympathique et l’hypoglosse, enfin avec le rameau de la paire ou des paires cervicales suivantes qui produisent le diaphragmatique; après quoi, elle se divise en plusieurs branches.
L’une, le petit nerf occipital, se porte en arrière
(3) Dans la première édition, la première paire cervicale était décrite sous le nom distinct de nerf sous-occipital,, et les paires cervicales n’étaient numérotées qu’à partir de la seconde; il nous a paru plus conforme aux usages actuels de considérer le sons-occipital comme la première paire cervicale. Cela explique les changements de nombre que contient l’ancien texte dans cette nouvelle édition.
DIXIÈME LEÇON. — NERFS DANS LES ANIMAUX VERTÉBRÉS
dans les muscles du cou ; une autre en devant et de côté sur les parties latérales de l’oreille, où elle communique avec un rameau du nerf facial, c’est le grand auriculaire postérieur ; une troisième, le cutané moyen du cou, se porte vers la branche ascendante de la mâchoire, se distribue en partie dans la glande parotide, et en partie sur les téguments de l’oreille; une quatrième, le cutané inférieur du cou , se perd au-devant du cou dans le muscle peaucier. Toutes les autres branches se réunissent entre elles, et avec le nerf accessoire de la huitième paire, en formant ainsi un plexus nommé le plexus cervical, qui produit un grand nombre de filets sur les parties latérales du col, dont quelques-uns communiquent avec le grand sympathique.
Quant à la division postérieure du tronc de ce nerf, elle s’unit avec les nerfs cervicaux voisins, et se perd dans les muscles splénius, complexus, long dorsal, et transverse des vertèbres, ainsi que dans les téguments de la nuque.
La quatrième paire cervicale se divise, comme toutes les autres, en deux rameaux.
L’antérieur se partage en deux : le premier reçoit le filet de la paire précédente, puis se distribue dans le muscle angulaire de l’omoplate et dans le slerno-masloïdicn ; le second se bifurque. L’un de ses filets s'unit à la paire suivante, en donne quelques-uns qui se joignent au facial, et un autre plus marqué, qui constitue le nerf diaphragmatique ou phrénique ; l’autre filet de la bifurcation se joint à la quatrième paire, et s'unit en partie au nerf grand sympathique.
Le rameau postérieur se distribue dans les téguments et les muscles du cou en arrière.
La cinquième paire se partage en deux, comme tous les autres nerfs vertébraux, à la sortie du canal. Le postérieur se perd en partie dans les muscles du dos. L’antérieur, qui est le plus gros, communique avec la branche de la paire précédente qui forme le nerf diaphragmatique; elle communique aussi avec le grand sympathique, et se divise eu trois branches. Deux s’unissent àla paire suivante, et commencent la formation du plexus brachial; la troisième se porte vers l’omoplate, et se distribue vers les muscles de l’épaule.
La sixième, la septième et la huitième paires de nerfs cervicaux peuvent être considérées en commun. Elles communiquent toutes avec les parties voisines et avec le nerf grand sympathique. La sixième paire donne des filets aux muscles postérieurs du cou, à ceux de la partie antérieure de la poitrine : quelquefois elle concourt par un filet à la formation du diaphragmatique; enfin, elle se porte dans le plexus brachial. La septième se porte principalement pardeux gros troncs dans le plexus brachial ; le premier reçoit celui de la paire précédente, et donne des filets au muscle grand dorsal;
le second donne aussi un filet au muscle^rand pectoral. La huitième , enfin, produit de même deux gros troncs pour le plexus brachial, qui s’unissent plus tôt ou plus lard à celui de la septième. Le cordon inférieur fournit un ou deux filets pour les muscles sous-clavier et petit dentelé antérieur.
B. Dans les mammifères .
Les nerfs cervicaux ne présentent pas de différences remarquables. Us naissent de la même manière que dans l’homme. La grosseur et l’étendue des filets nerveux qu’ils produisent tiennent à l’augmentation ou ù la diminution respective et sont relatives au volume des organes auxquels ils sont destinés. Tous ont le même nombre de nerfs, à l’exception du paresseux à trois doigts, qui doit en avoir deux paires de plus, puisque, comme nous l’avons vu dans la troisième leçon, cet animal a neuf vertèbres cervicales, [ et à l’exception aussi des lamantins, qui doivent en avoir une paire de moins, puisqu’ils n’ont que six vertèbres du cou.]