DES NERFS DORSAUX ET LOMBAIRES
A. Dans l’homme.
Les nerfs dorsaux sortent du canal de la moelle épinière par les trous que forment les échancrures correspondantes des deux vertèbres qui se touchent.
La première paire sort entre la première et la seconde vertèbre dorsale, et la dernière entre la douzième du dos et la première des lombes.
Tous, à leur sortie du trou intervertébral, se partagent en deux branches : une postérieure , plus petite, qui pénètre dans les muscles du dos et qui s’y distribue ainsi qu’aux téguments de celte partie; la branche antérieure, plus grosse, qui communique par un ou deux filets avec le nerf grand sympathique, et qui envoie quelques ramuseules aux muscles intercostaux et à ceux du devant de la poitrine et de l’abdomen, se glisse
492 DIXIÈME LEÇON. — NERFS DANS LES ANIMAUX VERTEBRES
ensuite dans l’intervalle compris entre deux côles les épines supérieure et inférieure de l’iléon, et se
pour se porter vers le sternum.
La première paire des nerfs dorsaux est très-remarquable, en ce qu’elle contribue à la formation du plexus brachial, en s’unissant à la dernière paire cervicale.
Les deux paires suivantes ont quelques ramuscules qui percent les parties latérales de la poitrine, et qui se portent de dedans en dehors sur les téguments du bras du côté interne.
[Toutes les autres paires donnent une branche postérieure dorsale, et une branche anterieure intercostale. C’est de la première à la cinquième paire que viennent les nerfs de la glande mammaire.]
La douzième paire se distribue en partie dans les muscles du bas-ventre et sous les téguments ; en partie dans les muscles carrés des lombes, grand dorsal, petit dentelé inférieur, et sous la peau des fesses.
Les nerfs lombaires varient pour le nombre à peu près comme les vertèbres. Ils sont ordinairement au nombre de cinq, quelquefois de quatre, rarement de six. Ils sont d’autant plus gros qu’ils proviennent d’une vertèbre plus inférieure, de sorte que le cinquième est ordinairement le plus volumineux.
A leur sortie des trous intervertébraux, ils se partagent comme tous les autres nerfs rachidiens en deux branches, l’une antérieure et l’autre postérieure. La première branche envoie un nombre de filets indéterminés, qui s’unissent à chacun des ganglions lombaires du nerf grand sympathique, et avec chacune des paires précédente et suivante; elle en donneattssi quelques-uns aux muscles du bas-venlre, carré des lombes, iliaque et à la peau. Ordinairement ces dernières ramifications sont flexueuscs, afin de pouvoir suivre les parties dans leur extension.
Quant à la branche postérieure, elle se perd dans les muscles de la partie inférieure de l’épine. Le nombre des rameaux et leurs divisions varient beaucoup.
[ Les principales branches de chacun des trois premiers nerfs lombaires s’unissent entre elles, et forment 1 e plexus lombaire ou crural , recouvert par le muscle psoas. Ce plexus fournit : l°!e nerf inguinal supérieur , qui vient principalement de la première paire lombaire, et dont une branche traverse l’anneau inguinal pour se perdre dans les téguments du scrotum ou des grandes lèvres;
2° Le nerf inguinal moyen, fourni principalement par la première et la deuxième paire lombaire, et qui se distribue dans le muscle iliaque, dans les muscles du bas-ventre et dans la partie supérieure du scrotum ;
5" Le nerf inguinal inférieur, qui vient des deuxième et troisième paires lombaires, passe entre
distribue par une branene externe dans la peau la partie supérieure et postérieure de la cuisse, et par une branche interne dans la partie antérieure et externe de la euissle jusqu’au genou ;
4° Le nerf honteux externe, qui naît de la deuxième ou de la troisième paire lombaire, traverse le psoas et se divise près de l’arcade crurale en deux rameaux : un externe qui se perd dans la peau de la partie interne et supérieure de la cuisse, et un interne qui sort par l’anneau inguinal, et se distribue dans le crémasler à la tunique du testicule et au scrotum ;
S» Le nerf crural ou fémoral antérieur; et G0 le nerf obturateur ou sous-pubien, dont nous parlerons parla suite;
7° Le nerf lombo-sacré, qui provient de l’union des quatrième etciuqdième paires lombaires, s'unit au plexus sciatique, au-devant de la partie latérale du sacrum, et donne le nerf fessier supérieur qui sort du bassin par l’échancrure sciatique, et fournit des filets au moyen et au petit fessier, et au fascia lata. ]
B. Dans les mammifères et les oiseaux .
Les nerfs dorsaux et lombaires sont absolument semblables dans ces animaux ; ils ne varient que par leur nombre. On s’en forme une idée en consultant les tableaux du nombre des vertèbres que nous avons donnés dans la troisième leçon.
[ On peut cependant dire qu’en général le plexus crural est plus distinct du sciatique qui vient après lui, dans les mammifères que dans l’homme, et que ces deux plexus sont encore plus séparés dans les oiseaux ; ce qui tient à ce que les trous par lesquels sortent les branches qui forment le nerf sciatique ne sont pas dans le même plan que celles du plexus lombaire et du plexus coccygien. Le plexus crural de V aigle et de la plupart des oiseaux n’est formé que de trois paires de nerfs; dans l'autruche on en compte quatre, et dans le casoar six; mais dans les gallinacés et les pigeons il n’y en a que deux.]