C. Dans les oiseaux
le plexus brachial des oiseaux est essentiellement formé par la dernière paire cervicale et les deux premières dorsales. Cet entrelacement ne forme qu’un seul faisceau, duquel partent tous les nerfs du bras.
Les premiers cordons qui sortent du plexus sont destinés aux muscles grand et moyen pectoraux, ainsi qu’au sous-clavier; ifs sont gros et au nombre de quatre.
II s’e'n détache ensuite un petit filet qui tient lieu du nerf axillaire, et qui se distribue aux muscles qui entourent la tête de l’humérus et à sa capsule articulaire.
Viennent ensuite deux gros cordons principaux qui sont destinés à l’aile.
L’un, antérieur, se porte sous la face interne ou inférieure de l’aile. Il donne d’abord des filets aux muscles biceps et deltoïde; puis, suivant le bord interne du biceps, il arrive au pli de l’avant-bras sans donner de rameaux remarquables. Parvenu au-dessus de l’articulation de l’avant-bras, immédiatement sous la peau, il se divise en trois branches. L’externe est la plus grêle; elle se perd en partie dans les muscles radiaux et dans la peau qui recouvre le pouceou l’aile bâtarde. La moyenne se glisse profondément au-dessus des muscles pronateurs, puis entre les adducteurs, auxquels elle se distribue; un des filets perce le ligament interosseux cl passe à la face supérieure. Enfin, la troisième branche ou l’interne passe comme le nerf cubital sur le condyle interne de l’humérus, dans les tendons des muscles qui s’y insèrent; elle se partage là en beaucoup de filets : l’un se porte sur la capsule articulaire de l’avant-bras avec le bras et dans la peau qui recouvre le coude ; quelques-uns sont
destinés aux muscles adducteurs du métacarpe; deuxaulres, enfin, plusremarquableset pluslongs, suivent le bord inférieur de l’aile sous la peati, et viennent se perdre dans celle qui recouvre les doigts à leur face interne, ainsi que dans les muscles interosseux. Il parait que ce nerf lient lieu en même temps de médian , de cubital et de musculo-cutané .
L’autre cordon principal du plexus brachial, ou le postérieur, se contourne autour de l’humérus, et vient se porter à sa face supérieure, en donnant d’abord des filets très-sensibles pour les muscles extenseurs du coude, puis deux autres très-remarquables encore, qui se distribuent comme une espèce de patte d’oie sousla peau et les membranes situées entre le bras et l’avant-bras. Ces branches paraissent tenir lieu du nerf cutané interne. Le tronc du nerf continuant de descendre le long du bras, et parvenu à l’articulation de l’avant-bras, se trouve placé à la face interne, mais vers le bord radial de l’avant-bras. Il percele tendon du muscle radial externe ; et arrivé à la face externe ou supérieure, ilse divise en deux branches : l’une, courte, qui se perd sous la peau qui recouvre la lace externe du cubitus; l’autre plus longue, située entre les deux os de l’avaut-bras sur la membrane interosseuse. Lorsqu’elle est parvenue à l’articulation du poignet, elle passe par une coulisse particulière, et se divise bientôt après en trois filets : l’un court pour le pouce, et deux autres pour chacun des doigts, à la face externe de'chaeun desquels ils se portent sous la peau jusqu’à leur dernière articulation, où l’on en aperçoit encore des traces.
Il est évident que ce cordon tient lieu du nerf radial , et que, par l’une de ses branches, il remplace le cutané interne. Celle description est faite d’après le canard et la cigogne ; nous présumons qu’il n’y a pas de différences dans les autres oiseaux.
[Nous nous sommes assuré, en effet, qu’elle convient à \'aiglc , au corbeau, à la poule ; seulement, dans ces trois espèces, le plexus brachial est fourni, comme dans les mammifères, par les trois derniers nerfs cervicaux et par le premier dorsal. Nous remarquons aussi que les nerfs cutanés sont trèsconsidérables, et proportionnés au grand volume des plumes de cette partie.]
D. Dans les reptiles.
[ Dans la tortue d’Europe, le plexus brachial, situé à la face interne de l’omoplate, est formé par les sixième, septième, huitième et neuvième paires cervicales. De celles-ci, les trois premières forment seules un réseau ; la quatrième, qui est la plus forte, et qui fournit, le nerf médian, ne communique avec le plexus que par une branche.
De ce plexus sortent 1» le cubital , qui donne
DIXIEME LEÇON. - NERFS DANS LES ANIMAUX VERTÉBRÉS
d’abord des nerfs cutanés et un rameau au grand rond, puis passe à la face externe de l’omoplate, et, arrivé au-deyant du premier tiers de l’humérus, se partage en quatre rameaux : un rameau cutané dorsal de la main, qui fournit des filets à toute la peau du bras et de l’avant bras ; un rameau pour les muscles extenseur commun, extenseur propre du pouce, et cubital externe ; un rameau pour |es muscles profonds de la main, qui s’anastomose avec le précédent; un rameau pour |e triceps brachial ;
2° Le nerf radial, qui passe à la face externe de l’omoplate, à peu près yers son milieu, descend au-devant de son articulation avec l’humérus, en cl'uina nt des filets au deltoïde et au grand dorsal, marche le long de la face interne de l’humérus, et $e répand dans les muscles extenseurs de la main.
Le nerf médian est le plus gros; il descend le long du bord postérieur de l’omoplate, donne des rameaux ait . grand pectoral, au grand rond, à 1 articulation scapulodiumérale et à la peau ; passe eptre les tnhérosités de l’humérus, donne des filets au triceps et au brachial interne, puis se partage 1° en branche externe qui passe entre les muscles rond pranatenr et radial interne, et se distribue aux muscles fléchisseurs de la main , et 2» en branche interne, qui court entre le radial et le cubitus, contourne le premier, se voit un moment à la face interne auprès du cubital profond, retourne en arrière, et forme les arcs de la paume de la main.
Dans le caïman à lunettes , le plexus brachial est composé des deux dernières paires cervicales et des deux premières dorsales. Les nerfs médian, cubital et radial se distribuent à peu près comme dans les mammifères. Les nerfs axillaires et thoraciques sont très développés, mais les nerfs uiusculo-culanés ne sont représentés que par de minces filets.]
Le plexus brachial du lézard est formé par les deux premières paires dorsales, et par les deux dernières cervicales, comme dans les crocodiles. L’avant-dernière cervicale ne fournit qu’une de ses branches au plexus, l’qutre se porte sur le col.
[ Du reste, la distribution des nerfs ressemble tout à fait à celle du caïman à lunettes; on remarque seulement que les nerfs radial et cubital sotil trèsgrêles comparativement au nerf médian. Il en est de même dans les sauvegardes, et probablement dans tous les autres sauriens.]
Dans la grenouille, les nerfs qui doivent se distribuer au bras proviennent d’un irès-gros cordon qui sort entre la seconde et la troisième vertèbre: c’est le plus gros cordon nerveux de tout le corps; il reçoit peu après un filet nerveux de la paire suivante, avec lequel il s’unit intimement. Ce cordon se dirige vers l’aisselle: il s’en détache une braitehe qui va an-dessus de l’épaule, et qui se perd
dans les muscles de cette partie. Le tronc continue de se porter vers le bras ; bientôt après il se bifurque. Mais, outre les' deux rameaux principaux qu’il forme, il s’en détache quelques filets qui se rendent aux muscles extenseurs de l’avantbras et à la capsule articulaire de la tête de l’humérus.
Des deux cordons nerveux, l’un se porte audevant de l’os du bras et représente le nerf médian; il s’en détache quelques filets pour les muscles et la peau. Arrivé au pli de l’avant-bras, le nerf plonge dans l’épaisseur des muscles ayee le tendon du muscle sterna-radicn, qui lient lieu du biceps, Il se divise ensuite en deux rameaux placés l’un au-dessus de l'autre : le plus grêle, entre les muscles fléchisseurs des doigts; le plus gros, sur le sillon qui indique la réunion des deux os de l’avant-bras. Ils passent sons les ligaments du çarpe ; et, parvenus à la paume de la main, le superficiel se perd dans la peau qui la recouvre, et le profond se partage à chacun des doigts, à peu près comme cela a lieu dans l’homme; il donne aussi quelques filets aux muscles de la main.
L’autre cordon nerveux représente le nerf radial,• il se contourne autour de l’humérus. II fournit d’abord au muscle extenseur de l’avant-hras; continuant de descendre autour, de l’humérus, il arrive au-devant de son articulation avec l’os unique de l’avant-bras, du côté radial. Il pénètre là dans l’épaisseur des muscles, puis il repasse à la face externe de l’avant bras : il se partage ensuite. L’un des rameaux se perd sous la peau; l’autre passe sur le dos de la main, où il se perd sur la convexité des doigts. On voit, d’après cette description, que les nerfs du bras de la grenouille ressemblent beaucoup à ceux de l’aile des oiseaux.
Dans la salamandre, les nerfs dn bras se distribuent comme dans la grenouille; mais leur plexus est formé par deux paires cervicales et par deux dorsales, si l’on peut regarder comme vertèbres du dos celles qui portent des rudiments de côtes.
il n’y a pas de nerfs brachiaux dans les serpents.
E. Pans les poissons.
Les nerfs de la nageoire pectorale des poissons osseux proviennent des deux premières paires vertebi aies. Ces deux nerfs naissent u une assez grande distance l’un de l’autre, et traversent le premier muscle qui sc porte de l’épine sur la première côte, et qui parait tenir lieu de sculène.[Le premier reçoit, connue nous l’avons vu, une branche du grand hypoglosse, et donne les nerfs externes de la nageoire pectorale et ceux de la membrane qui sépare la cavité branchiale de la cavité abdominale et qui fait l’office d’un diaphragme. La deuxième paire est destinée à la face interne de la nageoire pectorale. Ainsi, la première paire,