ARTICLE QUINZIÈME. NERFS DU MEMBRE ABDOMINAL
donnant les nerfs des muscles abducteurs de la nageoire qui sont analogues aux extenseurs dans les autres vertébrés, peut être considérée comme fournissant les nerfs radial et cubital , et la deuxième paire, donnant des nerfs aux muscles adducteurs qui sont analogues aux fléchisseurs dans les autres vertébrés, peut être considérée comme formant le nerf médian.
Dans les triijlos, le nerf de la deuxième paire vertébrale est remarquable par la grosseur qu’il prend en sortant du canal de l'épine, et par les grosses branches qu’il donne aux rayons libres placés sous la nageoire pectorale, et qui paraissent être des organes du tact.]
Dans les poissons cartilagineux, comme les raies, la distribution des nerfs brachiaux, ainsi que leur nombre, sont bien différents. Les vingt premières paires vertébrales sont reçues dans un canal cartilagineux derrière la cavité des branchies ; elles s’unissent là, et forment un gros cordon unique qui se porte vers la partie moyenne de la nageoire en traversant la barre cartilagineuse sur laquelle s’articulent les rayons.
Ce premier cordon continue de se porter en avant le long de la barre cartilagineuse, en décrivant un arc dont la concavité est antérieure. De ce gros cordon se séparent autant de filets qu’il y a de rayons de la nageoire ; tous ces filets se perdent dans les muscles et peuvent être suivis jusqu’aux bords de l’aile.
Les quatre ou cinq paires vertébrales qui suivent les vingt premières se réunissent de même en un gros cordon, qui se subdivise ensuite en sept ou huit filets par les rayons moyens de l’aile : ceux-là sont presque perpendiculaires à la moelle nerveuse que contient le canal vertébral.
Les paires de nerfs vertébraux, qui suivent jusqu’à environ laquarante-quatrième, s’unissent deux à deux, ot forment un cordon qui va percer la barre cartilagineuse de la partie postérieure de l’aile; ils se divisent dans les muscles de la même manière que les précédents, de sorte que la préparation des nerfs de l’aile de la raie présente une disposition très-singulière; [mais on retrouve encore ici les trois divisions principales des nerfs de l’extrémité antérieure : le premier cordon représente probablement le radial, le deuxième le cubital, et le troisième le médian.]
ARTICLE XV
DES NERFS Dü MEMBRE .ABDOMINAL.
A. Dans l’homme.
En faisant la description des nerfs lombaires et sacrés, nous avons indique déjà de quelle manière
sont formés les principaux troncs des nerfs qui se distribuent dansl’extrémitéinférieure; nousallons maintenant les suivre en particulier.
1» Du. nerf sous-pubien, ou obturateur.
Ce nerf provient du plexus des paires lombaires. La hauteur à laquelle il s’en détache n’est pas constante; il se porte vers le petit bassin en suivant le côté interne du tendon du muscle psoas, et il se dirige vers le trou sous-pubien, 11 fournit quelques filets an muscle obturateur interne, passe par le trou de la membrane obturatrice, et produit de nouveaux filets qui se perdent dans l’obturateur externe, après quoi il se partage en deux branches : l’une antérieure, l’autre postérieure.
La première se perd dans les muscles pectine, grêle interne et adducteurs, [et dans la peau de la partie interne de la cuisse et de l’articulation du genou. Les rameaux des adducteurs s’anastomosent avec le nerf saphène interne. ]
La branche postérieure, située plus profondément, se distribue à l’obturateur externe et aux abducteurs.
2° Du nerf fémoral antérieur ou crural.
C’est ordinairement par le plexus des quatre premières paires des nerfs lombaires qu’est formé ce cordon. Il suit l’artère fémorale dans son trajet sur la petite rainure que laissent entre eux les muscles iliaque et psoas, auxquels il donne quelques filets. Arrivé sous l’arcade inguinale, il se divise en un nombre considérable de rameaux [dont les uns se portent à la peau, les antres aux muscles et à la gaine des vaisseaux fémoraux.]
Il y en a ordinairement un pour le muscle droit antérieur; quatre ou cinq pour le triceps fémoral ; quelques-uns pour le couturier, dont plusieurs se portent ensuite sous la peau ; il en est pour le fascia lata, le pectine, le vaste interne, le grêle interne et le demi-tendineux.
Les deux filets les plus longs se portent sous la peau de la cuisse du côté interne : l’an, le nerf cutané interne du genou, suivant à peu près la direction de l’artère fémorale, s'épanouitàla hauteur du genou ; l’autre, le nerf saphène interne, est beaucoup plus gros; il descend jusque sur le pied, en suivant à peu près la veine saphène, dont il emprunte le nom ; il reçoit souvent un rameau du nerf sous-pubien vers le milieu de la cuisse; il se distribue principalement à la peau de la partie interne et postérieure de la cuisse et de la jambe.
5° Du nerf ischiadique ou sciatique.
C’est le plus gros des nerfs du corps. 11 est ordinairement produit par les deux dernières paires
DIXIEME LEÇON. - NERFS DANS LES ANIMAUX VERTÉBRÉS
des lombes et les trois premières du sacrum; il sort dü bassin entre les muscles jumeaux et pyramidal par 1 échancrure ischiatique. Il donnelà quelques iîlels pour les muscles obturateur interne, jumeaux et carrés de la cuisse. Situé ainsi à la partie postérieure, il descend de la tubérosité ischiatique vers le trochanter. Parvenu à la partie moyenne de la cuisse, ou plus bas vers le genou, il se partage en deux cordons qui continuent de descendre et qui passent sons le jarret ; ils prennent alors le nom : l’un, de poplité interna ou tibial; et l’autre, de poplité externe ou péronier.
Dans son trajet le long de la cuisse, le nerf sciatique fournit en outre de petites branches aux muscles demi-nerveux, demi-membraneux, au biceps, aux abducteurs de la cuisse.
Soils le jarret, il en donne d’autres aux muscles poplité, demi-tendineux, biceps et gastro-cnémiens.
Il produit la souvent aussi un rameau, qui quelquefois naît plus bas du nerf péronier, Ce rameau, se portant sous les muscles du tendon d’Achille, du côté du péroné, se distribue à la hauteur du pied, dans la peau qui recouvre cette partie; il se continue même sur le dos du pied jusqu’aux extrémités des orteils.
4» Du nerf tibial ou poplité interne.
C’est la division interne du tronc du nerf sciatique. Le cordon qu’il forme suit à peu près la longueur du muscle plantaire grêle dans la partie moyenne des muscles gaslro-enémiens, auxquels il donne beaucoup de rameaux ; il en fournit aussi au muscle poplité, dont quelques filaments accompagnent l’artère tibiaire proprement dite, ou celle qui entre dans l’os; il en donne encore aux muscles tibial postérieur, long fléchisseur du gros orteil et fléchisseur commun des orteils. En continuant de descendre, le tronc se porte vers la malléole interne. Il passe là dans la rainure pratiquée entre le tibia et le calcanéum avec les tendons des fléchisseurs. Parvenu sous la plante du pied, il se divise en deux branches : le nerf plantaire interne et le nerf plantaire externe. Le premier donne quelques filets aux petits muscles court fléchisseur des doigts, au transverse des orteils, aux courts abducteur et adducteur du gros orteil ; il se partage ensuite en quatre branches qui sedisfribuent aux muscles lombricaux, inter- métatarsiens et à la peau des quatre premiers orteils auxquels il donne des branches collatérales externes et internes, qui se distribuent à peu près comme le nerf médian à la main, eu formant aussi une arcade qui se joint au nerf poplité externe, ainsi que nous l’indiquerons.
[ Le nerf plantaire externe , plus petit que le précédent, se porte en avant cnlre l’accessoire du grand fléchisseur et le petit fléchisseur, et se divise en
branche superficielle et en branche profonde. La première donne des ramuseules au petit fléchisseur du petit orteil, aux lombricaux, et fournit ensuite les nerfs collatéraux externe et interne du petit orteil et l’externe du quatrième orteil. La branche profonde se perd dans l’adducteur du gros orteil, dans le fléchisseur du petit, et dans les interosseux des premier et deuxième métatarsiens.
Au-dessus du condyle interne du fémur, le nerf tibial donne le saphène externe. Ce nerf descend sur la face postérieure des jumeaux et vers le tiers inférieur de la jambe; il s’anastomose avec une branche du poplité externe. 1! longe le bord externe du tendon d’Achille, passe sous la malléole externe, suit le bord externe du pied, se porte sur sa face dorsale, et donne les deux collatéraux dorsaux du petit orteil et le collatéral externe du quatrième.]
5» Du nerf péronier ou poplité externe.
[ Il fournit d’abord une branche qui se distribue à l’articulation du genou, puis une autre qui se perd à la partie inférieure de la jambe, à la malléole exteroe et au talon, en s’anastomosant par un filet avec le saphène externe. Il donne ensuite le nerf cutané péronier, qui descend le long du gastro-cnémien externe, et se distribue à la partie externe et antérieure de la jambe.] Il se glisse ensuite le long du péroné, en fournissant des rameaux pour le musclcjambier antérieur, et sc contournant vers le tiers supérieur de cet os ; il se divise là en deux branches : le nerf musculo-culané et le nerf tibial antérieur.
[ Le premier et le plus externe descend entre les muscles péroniers et l’extenseur commun, auquel il donne des filets'; devient sous-cutané à la partie inférieure de la jambe; se partage au niveau de l’articulation du pied en deux branches, qui fournissent, l’une les nerfs collatéraux dorsaux externe et interne du gros orteil et l'interne du second, l’autre les nerfs collatéraux dorsaux du troisième et du quatrième orteil, l’externe du second et l’interne du cinquième; le collatéral externe de ce dernier provient du saphène externe.
Le nerf tibial antérieur ou imerosseux descend enlie les muscles jambier antérieur et extenseur commun, passe dans la gaine de l’extenseur propre du gros orteil, et se divise également en branches interne et externe qui donnent à l’articulation du tarse, aux interosseux et au pédieux. ]
B. Dans les mammifères.
Les nerfs lombaires et pelviques. qui sont destinés au membre abdominal, forment deux plexus avant de se distribuer à ces parties. En général ils sont les mêmes que dans l’homme, ou les dififé-