‹ Leçons d'anatomie comparée de Georges CuvierChapitre 249 sur 367 · NERFS DES ANIMAUX ARTICULÉS · texte numérisé non relu

NERFS DES ANIMAUX ARTICULÉS

quatre derniers dans la portion rétrécie de cet abdomen, qu’on appelle la queue. Les cordons longitudinaux qui réunissent les trois premiers de ces ganglions abdominaux sont doubles, et l’on aperçoit entre eux un filet médian qui indique l’existence d’un nerf particulier dont nous parlerons à la fin de l’article des insectes.

Dans les annuelles, la chaîne ventrale est réduite à deux ganglions; le premier, situé dans le céphalothorax, est une grosse masse arrondie, présentant de chaque côté quatre cônes réunis par leur base, et qui semble indiquer la fusion de quatre ganglions en un seul. Du sommet de chacun de ces cônes s’échappent les nerfs de la patte correspondante. La double corde longitudinale qui part de ce ganglion thoracique se rend dans l’abdomen, où elle forme un rendement terminal, doù sortent un grand nombre de nerfs pour tous les

organes qui y sont contenus.

On croit y avoir aperçu les nerfs stomato-gastriqncs, mais il n’y a point eqcorc de certitude à cet égard. ]

D. Larves d' insectes.

a. Coléoptères.

1» Larve de l’oryctes nasicome ( scarabeus nasicornis ) .

Nous décrirons eu particulier les nerfs de cette larve, parce qu’ils diffèrent essentiellement, par leur distribution, de ce qu’on observe dans les autres coléoptères.

Le cerveau est situé sous la grande écaille qui recouvre la tète immédiatement au-dessus de 1 origine de l’œsophage. Il esl formé de deux lobes rapprochés qui sont très-distincts en devant et en arrière. De la partie antérieure partent quatre nerfs, deux de chaque côté, qui vont se perdre dans les barbillons et dans les parois de la bouche.

Des parties latérales et un peu postérieures de ce cerveau sort une paire de nerfs qui, embrassant l’œsophage, se reporte en dessous pour formelle cordon nerveux que nous décrirons tout à l’heure.

De la face inférieure du cerveau, ou de celle qui appuie sur l’œsophage, nait une autre paire de nerfs qui se portent d’abord en devant , puis se recourbent en dedans et au-dessus de la ligne moyenne et supérieure de l’œsophage, en s’approchant l’un de l’autre. Lorsqu’ils sont en contact, ils se réunissent et. forment un petit ganglion qui produit un nerf unique, lequel, continuant de se porter en arrière, passe au-dessous du cerveau, suit l’œsophage jusqu'à l’estomac; arrivé là, il se renfle de nouveau en un ganglion qui produit quelques petits nerfs destinés à l’estomac, et un

ONZIÈME LEÇON. - SYST. NERV. DES ANIMAUX SANS VERTÈBRES

plus considérable qui continue de suivre la longueur du canal intestinal. On en voit sortir d’espace en espace des filets latéraux qui se perdent dans les tuniques de ce tube. Ce nerf est analogue à celui que Lyon ne! a décrit sous le nom de récurrent dans la chenille du cossus ligniperda.

La moelle épinière, que nous avons vue être produite par la paire de nerfs postérieurs du cerveau, est fort grosse à sou origine; elle forme un gros ganglion fusiforme qui peut avoir 5 millimètres de longueur sur un demi-millimètre de largeur. On remarque dans sa partie antérieure des étranglements, mais si rapprochés qu’ils ne paraissent que comme des sillons transversaux [qui indiquent huit ganglions intimement unis entre eux.] La partie postérieure de ce ganglion est lisse.

Des parties latérales de ce gros ganglion, qui dépasse de très-peu le troisième anneau du corps, parlent en divergeant un très-grand nombre de fdets nerveux. Ceux qui sont près de la tête remontent un peu; ceux qui viennent ensuite sont presque transverses; enfin, ceux qui suivent se portent de plus en plus en arrière. La longueur de chacun d’eux est en raison de leur distance de la partie antérieure de ce ganglion, de sorte que les deux filets les plus postérieurs sont aussi les plus longs.

2° Les nerfs de la larve du cerf-volant ( lucanus cervus) sont très-différents de ceux de la larve du scarabée nasicorue, quoique ces insectes soient très-rapprochés par leur genre.

Le cerveau est composé de deux lobes contigus presque sphériques ; ils produisent quatre nerfs en avant pour les antennes et les parois de la bouche : deux en dessous, qui se portent en devant pour retourner ensuite en arrière, passent de nouveau sous Je cerveau, et forment le nerf qu’on désigne sous le nom de récurrent; enfin, deux nerfs eu arrière, qui forment un collier autour de l’œsophage, et se rejoignent eu dessous pour produire le cordon nerveux du corps.

Ce cordon est formé de neuf ganglions qui s’étendent jusqu’au septième anneau du corps. Ces ganglions sont à des distances différentes les uns des autres; ils sont joints entre eux par des cordons nerveux très-grêles et rapprochés.

Le premier ganglion du côté de la tête est trèsgros, presque sphérique; le deuxième est suivi presque immédiatement du troisième, qui est de moitié plus petit, et qui n’en est distinct que par une espèce d’étranglement. Du premier partent de chaque côté quatre paires de nerfs : l’une remonte dans la tête; les trois autres se perdent en divergeant dans les muscles du ventre et dans ceux qui meuvent la tête. Le second ganglion, outre les deux nerfs qui l’unissent à celui qui suit, en produit deux autres qui se portent aussi eu arrière, et qui se perdent dans les muscles du quatrième anneau.

Le troisième ganglion et les suivants jusqu’au huitième sont semblables au second, avec celte différence qu’ils sont beaucoup plus distants les uns des autres, et que plus ils descendent, plus les filets qu’ils produisent deviennent longs; enfin, le huitième et le neuvième ganglion sont moins distants, et ce dernier est évidemment formé de deux ganglions tellement rapprochés qu’ils semblent n’en faire qu’un seul, dans la partie moyenne duquel on n’aperçoit qu’un petit étranglement. Il sort de ce double ganglion trois paires de nerfs qui sont très-allongés et qui se portent jusqu’aux environs de l’anus. [ Ainsi la chaîne ventrale est formée en réalité de dix ganglions de même que dans l’insecte parfait, comme nous le verrons par la suite.]

3» Les nerfs des larves de capricornes , d’hydrophiles, de carabes e t de slapkylins étant à peu près les mêmes, nous ne les faisons connaître que pour l’une d’elles, et nous prenons pour exemple celle du grand hydrophile [hydrophilus piceus).

Le cerveau se trouve placé dans la tête au-dessus de l’origine de l'œsophage : il est formé de deux lobes très-rapprochés. De sa partie antérieure il donne des filets aux palpes, aux antennes et aux parois de la bouche. De ses parties latérales partent deux cordons qui entourent l’œsopbage, et qui sont l’origine du cordon nerveux situé audessous. Il nait aussi de sa partie inférieure des nerfs récurrents.

Le cordon nerveux est composé de onze ganglions qui produisent chacun trois paires de nerfs, lesquels vont se perdre dans les muscles sans donner distinctement aux intestins.

Le premier ganglion est assez gros; il se prolongue en arrière par deux filets nerveux assez distants l’un de l'autre. Le second est à pèu près semblable; mais le troisième est le plus gros, et il est très-rapproehé du quatrième, qui ne donne qu’un seul filet en arrière. Tous les autres, jusqu’au dixième, n’offrent aucune particularité. Celui-ci n’est séparé du onzième que par un étranglement; du dixième sort de chaque côté un filet unique, et du onzième trois paires. La dernière paire est destinée aux rudiments des parties de la génération, qui sont très-distinctes dans ces larves, lorsqu’elles approchent de leur dernier terme d’accroissement. [ Les cordons sont séparés dans toute la longueur de la chaîne ventrale.]

4“ Le cerveau de la larve du dytisque bordé ( dytr'scus marginalis , L.) est presque sphérique, composé d’un seul lobe. De sa partie antérieure partent quelques filets nerveux pour les parties de la bouche, et de ses parties latérales, deux nerfs qui sont les optiques. Ceux-ci sont composés de deux parties très-distinctes par la forme. La première portion, ou celle qui lient au cerveau, est de forme ovale, plus pointue par l’extrémité qui tient au

ARTICLE DEUXIÈME. — CERVEAU ET NERFS DES ANIMAUX ARTICULÉS

cerveau. L’autre extrémité, qui est arrondie, produit un nerf grêle, lequel se rend directement à l’œil. Il est à peu près de même grosseur dans toute son étendue; mais il se renfle, à son extrémité libre, en un bulbe d’où partent les filets nerveux de l’œil.

Les deux cordons qui embrassent l'œsophage sont courts et gros; ils viennent de la face inférieure du cerveau, et se réunissent immédiatement au-dessous de l’œsophage en un gros ganglion, de figure carrée, qui produit en devant les nerfs des mandibules, et en arrière deux cordons qui se portent de la tête dans le corselet.

C’est entre ce premier ganglion de la moelle nerveuse et le deuxième qu’est la plus grande distance; elle est plus que double de celle qui existe entre les deux suivants. Le deuxième ganglion est arrondi; il produit latéralement deux paires de nerfs : l’antérieure, pour les muscles qui agissent sur la tête; la postérieure, pour ceux qui meuvent les pattes antérieures. En arrière sont deux cordons qui se portent dans la poitrine.

Le troisième ganglion est en tout semblable au deuxième ; il fournit des nerfs à la paire de pattes intermédiaires.

Le quatrième ganglion est aussi produit par les deux cordons qui viennent du précédent ; il est situé sur l’union de l’abdomen avec la poitrine; il est plus large que long; il produit latéralement deux paires de nerfs qui, parallèlement transversales, se perdent dans les muscles.

Les sept autres ganglions sont groupés les uns à la suite des autres, et laissent entre eux un si petit intervalle qu’à peine peut-on y apercevoirles deux filets nerveux qui les unissent. Ils vont aussi en décroissant de grosseur sans diminuer de largeur, à mesure qu’ils se portent en arrière. Tous fournissent latéralement une paire de nerfs très-longue et flottante dans l’abdomen, qui, pour la plupart, se terminent dans les muscles qui meuvent les anneaux. On en voit cependant une paire se porter dans les parties qui sont les rudiments de celles de la génération.

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